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Jan17

Maryam Radjavi à l’Assemblée nationale française - Bouleversements au Moyen‐Orient : quelle approche de la France et de l’Europe ?

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Maryam Radjavi à l’Assemblée nationale française - Bouleversements au Moyen‐Orient : quelle approche de la France et de l’Europe ?

Une conférence s’est tenue le mardi 17 janvier 2017 à la salle Victor Hugo de l'Assemblée nationale à Paris pour aborder « les développements au Moyen-Orient, les approches française et européenne. »

Maryam Radjavi était l'oratrice principale de la conférence. Plusieurs députés, dont Dominique Lefebvre, Michel Terrot, Brigitte Allain, Pascal Deguilhem, Philippe Gosselin, ainsi que l'ambassadeur Lincoln Bloomfield, ancien Secrétaire d'Etat adjoint américain, et le Dr Alejo Vidal Quadras, ancien Vice-Président du Parlement Européen, ont pris la parole. Voici le discours intégral de Maryam Radjavi :

Honorables parlementaires,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,

Je vous présente tout d’abord mes meilleurs vœux pour 2017. Nous sommes réunis alors qu’une année riche en évènements s’annonce. Des élections en France, une mascarade électorale en Iran, des évènements sans précèdent au Moyen Orient et dans le monde. Nous pouvons former des vœux pour que ces évènements soient dans l’intérêt du peuple iranien, mais aussi du peuple français et des peuples de la région et du monde.

Comme vous le savez, la Résistance iranienne a réussi à transférer tous les habitants de Liberty en Europe, notamment en Albanie. Je voudrais remercier le Comité parlementaire pour un Iran démocratique et l’ensemble des parlementaires qui ont participé dans cette campagne. L’installation d’un si grand nombre de personnes est financièrement très lourde pour la Résistance ; surtout pour soigner les malades et les blessés qui ont été longtemps privés de soin. Mais nous allons surmonter ces difficultés grâce au soutien du peuple iranien et de nos amis.

Mesdames et Messieurs,

En Iran, l’année commence avec de grands soucis pour le régime iranien. Avec la mort de Rafsandjani, s’effondre l’un des deux piliers du régime, rapprochant ainsi la théocratie de sa fin. Pendant 38 ans, Rafsandjani a joué un rôle crucial dans la répression, l’exportation du terrorisme et la quête de la bombe atomique.

Il a toujours été le numéro 2 du régime qui a préservé l’équilibre interne du pouvoir. La dictature religieuse devient donc plus fragile dans sa totalité. Khamenei et les factions les plus agressives vont se replier davantage et se tourner vers l’exportation de l’extrémisme, du terrorisme et des projets nucléaires.  

La théocratie affaiblie craint des troubles, surtout à l’approche de la mascarade électorale du mois de mai. Le souvenir de la révolte de 2009 fait peur au pouvoir. Le mécontentement populaire et les mouvements sociaux se multiplient. Les milliers de manifestations et de grèves de l’année dernière vont prendre de l’ampleur comme celles des ouvriers, des retraités, des enseignants, des personnels hospitaliers, des étudiants et des familles de prisonniers politiques.

L’affaiblissement du régime et du Guide suprême encourage le peuple. De plus en plus, les prisonniers politiques font entendre leur voix, des voix qui circulent largement grâce aux réseaux sociaux. Les familles des victimes osent réclamer des comptes pour tous les crimes du régime, surtout pour le massacre de 30.000 prisonniers politiques en 1988.

Les Iraniens réclament la fin des exécutions mais aussi la fin de la dictature. Pour l’anniversaire de Cyrus le Grand, qui a écrit la première charte des droits de l’Homme, des milliers de manifestants ont appelé à un avenir sans les mollahs. Il y a quelques semaines, pour la journée des étudiants, les manifestants ont réclamé la libération des prisonniers politiques.

Mesdames et Messieurs,

Le peuple n’a pas bénéficié de l’accord nucléaire. Au contraire, cet accord a seulement enrichi le guide suprême et les gardiens de la révolution, il a servi à financer leurs aventures criminelles en Syrie et dans la région.

Justement, le monde commence à réaliser qu’en Syrie le rôle du régime des mollahs, des pasdaran et de leurs milices comme le Hezbollah, n’est pas de combattre l’extrémisme et Daech, mais de sauver le dictateur de Damas. Ils sont la source principale du développement du terrorisme et de l’instabilité dans la région. En réalité par leur présence en Syrie, ils veulent garantir leur domination néfaste.

Il y a quelques jours, Khamenei a dit que si les forces du régime ne se battent pas en Syrie, elles devront arrêter l’ennemi à Téhéran. Et quand il y a un cessez le feu, le régime des mollahs cherche de toutes ses forces à le saboter.

Selon les leaders de l’opposition syrienne, la seule partie qui ne voudra jamais la paix, c’est le régime iranien qui n’accepte aucune option sauf le maintien de Bachar Assad au pouvoir. Tant que les pasdaran et leurs milices seront sur le sol syrien, il n’existera aucune solution politique. Il faut donc commencer par les chasser de Syrie si l’on veut la paix. Il faut ajouter que le premier perdant d’un cessez-le-feu ou de la paix en Syrie, c’est le régime iranien.

Mesdames et Messieurs,

C’est l’inaction du gouvernement américain qui est la cause principale de la prolongation de la tragédie syrienne et de la domination des mollahs sur ce pays. Le régime iranien a compté sur la complaisance occidentale pour développer l’exportation de l’extrémisme au nom d’un islam instrumentalisé.

Je tiens à rendre hommage à la politique du Président François Hollande face à l’abandon par les Etats-Unis de la Syrie.

La fin du mandat du président américain laisse peu d’espoir au régime de Téhéran de garder les mains libres dans une situation qui s’est intensifiée depuis l’invasion de l’Irak en 2003, et dont le Guide suprême a été le principal bénéficiaire en Irak, comme en Syrie… Nous espérons que cette opportunité, chère aux mollahs, va bientôt prendre fin. Mais il est certain que rien ne sera plus comme avant.

Compte tenu de l’échec de la politique de complaisance, il faut un changement de politique pour arrêter les souffrances et les vagues d’exil des Syriens. Pour instaurer la paix et la tranquillité dans la région et dans le monde, il faut faire preuve de fermeté face au terrorisme des Pasdaran et leur rôle destructeur.

Dans cette perspective et alors que l’élection présidentielle se prépare en France, j’invite l’ensemble des responsables politiques français à tenir compte de ces réalités et surtout à ne pas miser sur l’Iran des mollahs qui appartient déjà au passé. Je les invite à compter avec les forces de l’avenir pour un Iran qui ne sera pas un facteur de trouble mais de stabilité dans la région.

Pour éradiquer l’extrémisme, on ne peut pas s’allier à d’autres extrémistes. L’extrémisme au nom de l’islam, sous la forme du sunnisme ou du chiisme, ne présente aucune différence dans la barbarie, car aucun ne représente l’islam mais sont une forme de fascisme religieux. C’est pourquoi, au nom d’une politique sécuritaire, on ne peut pas s’allier aux mollahs.
De même, au nom d’intérêts économiques, on ne peut pas oublier les principes et fermer les yeux sur les violations des droits humains et des droits des femmes en Iran.

L’Iran a aujourd’hui une alternative fondée sur un projet démocratique qui respecte les religions, les croyances, les libertés, la séparation de la religion et de l’Etat et l’égalité hommes-femmes. Cette alternative mérite d’être écoutée. La solution qu’elle propose pourra ouvrir une époque nouvelle au peuple iranien et à l’ensemble des peuples de la région et bien sûr à l’Europe.

Il suffit de rester fidèle aux valeurs de la démocratie.

Je vous remercie. 

Maryam Radjavi

 

Présidente-élue du Conseil national de la Résistance Iranienne

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