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Message de Maryam Radjavi à la conférence des femmes juristes en Argentine

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Message de Maryam Radjavi à la conférence des femmes juristes en Argentine

Les 14 et 17 novembre 2016, Buenos Aires en Argentine a reçu la conférence de la Fédération internationale des femmes juristes.

Des juristes éminentes d’Amérique du nord et d’Amérique latine, d’Afrique et d’Europe y participaient. Une délégation de la commission des Femmes du CNRI y était invitée. Les débats ont porté sur les raisons de l’inégalité hommes/femmes à travers le monde dans la loi et la pratique dans le domaine des droits fondamentaux. Des solutions juridiques et légales diverses y ont été proposées.
Maryam Radjavi a adressé à la conférence un message saluant l’initiative de la fédération.

Madame la Présidente
Mes chères sœurs,
Je vous salue de la part des femmes iraniennes qui combattent pour se débarrasser d’une dictature intégrisme.
Je voudrais exprimer ma gratitude à Madame Elena Alverdine, Présidente de la conférence de la Fédération internationale des femmes juristes ainsi que l’Association des femmes juristes d’Argentine pour cette belle initiative. Vos efforts sont des sources d’encouragement pour toutes les femmes désireuses d’établir un monde respectueux d’égalité.
Le sujet central de cette conférence, le droit des femmes sur leur corps, est un droit naturel et absolu visant à libérer les êtres humains. C’est pourquoi la privation de ce droit constitue la base d’une idéologie rétrograde qui enchaine les femmes et au-delà, toute l’humanité.
A notre époque, c’est d’abord l’intégrisme islamiste qui vise les femmes. De Boko Haram aux Talibans en Afghanistan en passant par Daech. Mais le foyer majeur de propagation de l’intégrisme au Moyen-Orient reste le régime des mollahs en Iran.
Ce régime est connu pour son terrorisme et son programme de fabrication de la bombe atomique. Mais son élément fondamental est la contrainte religieuse qui consiste à priver les femmes de leurs droits fondamentaux.
Les lois les plus importantes de ce régime, y compris dans le code civil et le code pénal, légalise la violence faite aux femmes. Par exemple en diminuant l’âge légal du mariage des filles à 13 ans, le droit unilatéral des hommes au divorce, le droit des hommes d’empêcher les femmes de travailler, de contrôler leur déplacement, de fixer le prix du sang (indemnisation d’un dommage physique) pour une femme à la moitié de celui d’un homme et l’exemption de la peine du Talion pour un père ou un grand-père qui tue sa fille ou sa petite-fille.
Ces lois ont ouvert la voie aux violences brutales contre les femmes, comme les crimes d’honneur où les filles sont victimes de la colère ou du soupçon des hommes de leur propre famille.
Ce n’est pas étonnant si jusqu’à présent les mollahs se sont abstenus de signer le CEDAW.
Il y a deux ans, la jeune Reyhaneh Jabari a été pendue par le régime des mollahs. Son crime était d’avoir résisté à une agression sexuelle d’un agent des services de renseignement, le tuant en état de légitime défense.
Vous avez peut être entendu parler de l’effroyable lapidation des femmes. Ce châtiment qui remonte à des milliers d’années a été remis à l’ordre du jour par les mollahs au XXème siècle et a contaminé d’autres pays musulmans.
Le voile est obligatoire pour les femmes et elles doivent le porter sur les lieux de travail, dans les cours, les hôpitaux, dans la rue et même en voiture, sinon elles sont punies d’amendes, de coups de fouet et de prison. Pour imposer le voile, il y a deux ans, des agents du pouvoir ont agressé à l’acide plusieurs femmes à Ispahan, une grande ville du centre de l’Iran.
Les mollahs posent beaucoup d’obstacles aux femmes pour accéder au marché du travail. Ils veulent diminuer leur nombre dans les universités en intensifiant la politique de ségrégation sexuelle.
Cette misogynie systématique et ce machisme en production constante, sont un mécanisme de contrôle de la société et de maintien au pouvoir.
Mais les Iraniennes n’ont jamais plié. Depuis l’instauration de la dictature des mollahs, les femmes ont joué un rôle clé dans l’opposition à ce régime.
Leur rôle d’avant-garde dans le mouvement de la Résistance a développé le concept d’égalité dans toute la société. Nous voulons la participation égale des femmes à la direction politique de la société dans un Iran libre.
C’est en raison de leur participation à la lutte contre cette tyrannie religieuse que des dizaines de milliers de femmes ont été exécutées ou torturées, comme dans le massacre de 30.000 prisonniers politique de l’été 1988.
Aujourd’hui, un mouvement pour la justice s’est levé en Iran ; il réclame que les dirigeants du régime iranien soient traduits en justice pour cet immense crime.
J’appelle la conférence de la Fédération internationale des femmes juristes de Buenos-Aires à soutenir ce mouvement pour la justice ainsi que la lutte des femmes iraniennes contre la barbarie au pouvoir en Iran.

Je vous remercie

Maryam Radjavi

 

Présidente-élue du Conseil national de la Résistance Iranienne

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