Chambre des députés italienne : la crise iranienne et la solution démocratique pour l’avenir
Jeudi 16 juillet, le Parlement italien a accueilli une conférence intitulée « La crise iranienne : une solution démocratique pour l’avenir ». ette conférence s’est tenue en présence de Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne pour la période de transfert de la souveraineté au peuple iranien.
A ses côtés se trouvaient le vice-président du Parlement italien, plusieurs députés et sénateurs, ainsi que de personnalités internationales de premier plan. La conférence était animée par Mauro Bazzucchi, rédacteur en chef du quotidien public italien Il Dubbio. Fabio Rampelli, vice-président du Parlement italien, a prononcé le discours d’ouverture de la conférence.
Ont également participé et pris la parole lors de cette conférence le sénateur Giulio Terzi, président de la Commission de la politique européennes et ancien ministre des Affaires étrangères de l’Italie, le sénateur Marco Scurria, secrétaire de la Commission de la politique européenne, la députée Naike Gruppioni, membre de la Commission des affaires étrangères, ainsi que Rudy Giuliani, ancien maire de New York, et Patrick Kennedy, ancien membre du Congrès américain.
Les intervenants ont évoqué l’évolution de la situation en Iran ainsi que l’extension des manifestations et de la résistance organisée. Ils ont souligné la nécessité pour la communauté internationale de soutenir l’aspiration du peuple iranien à la liberté, à la démocratie et à la souveraineté populaire.
Condamnant la répression, les exécutions et les violations massives des droits humains par le régime au pouvoir en Iran, ils ont affirmé que la politique de complaisance à l’égard de ce régime n’avait eu pour seul résultat que l’aggravation de la répression intérieure, l’exportation du terrorisme et l’instabilité régionale.
Les intervenants ont également insisté sur la nécessité d’adopter une politique ferme à l’égard du régime iranien, de soutenir la lutte du peuple iranien pour la liberté et de reconnaître son droit à établir une république démocratique fondée sur la séparation de la religion et de l’État, l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que l’abolition de la peine de mort.
Au cours de cette conférence, une déclaration signée par la majorité des membres des deux chambres du Parlement italien a été remise à Maryam Radjavi.
Maryam Radjavi, dans son intervention, a exposé les dimensions de la crise qui frappe l’Iran, la solution démocratique pour l’avenir du pays et le transfert de la souveraineté au peuple iranien.
Dans une partie de son discours, Maryam Radjavi a déclaré :
« Aujourd’hui, la dictature religieuse est prise dans une impasse particulièrement difficile. Malgré cela, elle ne s’est pas écartée le moins du monde de sa stratégie traditionnelle. Elle continue de mettre en avant la même stratégie néfaste, fondée sur la répression du peuple iranien, le programme de fabrication de la bombe atomique et l’exportation de la guerre et du terrorisme. »
Les principaux points du discours de Maryam Radjavi ont été les suivants :
1. Comment les unités de résistance et l’armée de la liberté ont-elles réussi, malgré une répression sévère et les coupures d’Internet, à maintenir vivant l’espoir du changement parmi la population ?
2. Pourquoi l’activité des vestiges de la dictature du chah constitue-t-elle un facteur de déviation de la lutte du peuple iranien ?
3. Quelles mesures concrètes et fermes la communauté internationale, et plus particulièrement le gouvernement italien, peuvent-elles adopter pour se tenir aux côtés du peuple iranien et de la Résistance iranienne ?
Vous trouverez ci-dessous le texte intégral du discours de Maryam Radjavi:
Maryam Radjavi : La déclaration de la majorité des parlementaires italiens est le modèle brillant d’une bonne politique
Honorables parlementaires italiens,
Amis valeureux de la résistance du peuple iranien,
Je suis heureuse de vous rencontrer dans la maison de la démocratie italienne.
Tout d’abord, au nom du peuple iranien et de sa résistance, je tiens à exprimer ma gratitude pour le soutien de la majorité des députés et sénateurs italiens, qui ont souligné dans leur déclaration la nécessité d’une solution réaliste, démocratique et populaire à la crise iranienne.
Au nom de la résistance organisée du peuple iranien pour la paix et la liberté, je suis venue aujourd’hui pour appeler l’Italie et l’Union européenne à se ranger aux côtés du peuple iranien. En juillet de l’an dernier, j’avais déclaré ici-même dans ce parlement que Khamenei veut retarder l’inévitable renversement de son régime au prix de la destruction du pays.
Poursuite de la répression et du bellicisme
Dans les mois qui avaient suivi, il s’était engagé sur la voie de la destruction pour préserver son régime. D’abord en massacrant sauvagement des milliers de jeunes lors du soulèvement de janvier, puis en plongeant le pays dans la guerre. Aujourd’hui, la dictature religieuse est au bord du gouffre. Cependant, elle n’a en rien dévié de sa stratégie habituelle.
Elle poursuit la même stratégie funeste qui consiste à opprimer le peuple iranien, à construire l’arme nucléaire et à exporter la guerre et le terrorisme.
Après la signature du mémorandum d’entente mettant fin à la guerre avec les États-Unis, le nouveau dirigeant du régime a immédiatement exprimé son mécontentement. Il a écrit que, fondamentalement, il avait une opinion différente. Son mécontentement et l’opposition de diverses factions à ce mémorandum d’entente révèlent une vérité importante. Comme l’a dit Massoud Radjavi, le dirigeant de la Résistance iranienne : « Sans la guerre, ce régime n’a ni avenir ni chance. »
Renoncer à la répression et à la guerre
Ces quatre dernières décennies, la politique dominante en Occident a consisté à tenter de modifier le comportement du régime. Mais elle s’est avérée contre-productive, car elle a mené à la guerre.
Cette question est désormais particulièrement importante : quelle est la bonne politique à adopter ?
Le cours des événements montre que
– Tant que ce régime existera, la région ne connaîtra ni paix ni tranquillité.
– Quels que soient les moyens financiers et les contrats commerciaux qu’il obtiendra, il continuera d’attiser les conflits.
Et c’est une erreur de croire qu’un jour ce régime renoncera à son hostilité envers la société iranienne et la communauté internationale pour s’engager sur la voie de la paix et de la coexistence. Cela ne s’est pas produit en 48 ans et ne se produira jamais.
Il ne s’agit pas d’un acte de folie ou de fanatisme aveugle, mais d’un calcul politique.
Les vestiges du régime savent mieux que quiconque que renoncer à la répression, à la guerre, au terrorisme et à la bombe nucléaire entraînera rapidement leur renversement.
Abbas Araghchi, l’actuel ministre des Affaires étrangères du régime, a déclaré : « Si nous reculons, il sera difficile de prévoir jusqu’où nous devrons reculer », avant d’ajouter : « C’est là, à mon avis, le plus grand défi à affronter. »
Je tiens à souligner qu’une politique qui ignore ce défi létal auquel le régime est confronté ne saura résoudre le problème iranien.
Car elle ne comprend pas que ce régime est assis sur une poudrière, alimentée par le mécontentement et la colère de la société iranienne.
Elle ne tient pas compte du conflit profond et insoluble qui agite ce pouvoir quant à la nécessité de mettre fin à la guerre ou de la poursuivre, une guerre qui menace son existence même.
Elle ne considère pas la paix comme la corde de pendaison du régime qui, s’il était contraint de choisir, préférerait de loin la guerre à la paix.
Et surtout, elle ferme les yeux sur le fait qu’un mouvement organisé d’unités de résistance, en synergie avec les soulèvements, est la véritable force de changement en Iran.
L’idée que l’incapacité du régime à être renversé par la guerre signifie qu’il s’est renforcé est totalement erronée. C’est l’image que le régime lui-même cherche à projeter.
Les tensions et les dangers chroniques auxquels il est confronté aujourd’hui, et notamment la colère populaire qui a éclaté lors du soulèvement de janvier, est bien plus importante qu’auparavant. L’économie du pays est en chute libre. L’inflation, le chômage et la pauvreté sont endémiques.
Sur le plan politique, le fils de Khamenei n’aura jamais l’influence de son père pour contenir les conflits internes du régime qui devient de plus en plus instable.
C’est le peuple qui gagnera sa liberté
Comme le monde entier l’a constaté, une jeune génération a émergé lors du soulèvement de janvier, aux côtés des unités de résistance, pour affronter les gardiens de la révolution et les miliciens du Bassidj.
Plus soudée et organisée qu’auparavant, elle se prépare à affronter les forces répressives lors de futurs soulèvements. Oui, le peuple est capable de gagner sa liberté.
Je voudrais rappeler les paroles du grand penseur italien Giuseppe Mazzini : « Aucune nation ne mérite la liberté et ne peut la conserver longtemps si elle ne la conquiert pas elle-même. Les révolutions doivent être faites par le peuple et pour le peuple. »
Dans ces circonstances, nous appelons l’Union européenne et l’Italie à élaborer une nouvelle politique qui tienne compte de ces réalités.
Si cette politique reste inchangée, c’est la tyrannie religieuse qui en tirera profit pour poursuivre sa répression et ses exécutions sauvages. Depuis début 2026, le nombre d’exécutions s’élève à environ un millier. Parmi elles, des dizaines de prisonniers politiques, notamment des membres des Moudjahidine du peuple et des insurgés du soulèvement, dont je possède les photos.
De même, la répression des minorités religieuses se poursuit avec notamment la fermeture de dizaines d’églises et des arrestations de chrétiens. Hier, des experts de l’ONU ont condamné la confiscation du complexe de l’Eglise évangélique Saint Pierre à Téhéran et l’expulsion des 27 membres des minorités chrétiennes arméniennes et assyriennes qui y résidaient.
En conclusion, si l’Union européenne souhaite jouer un rôle positif au Moyen-Orient et entretenir des relations actives au bénéfice des peuples des deux parties, elle n’a qu’une seule voie à suivre : soutenir la résistance du peuple iranien.
Je dois dire qu’en ignorant le peuple iranien et sa résistance organisée, l’Europe s’est privée du levier le plus efficace dans sa politique envers l’Iran. Heureusement, ces derniers jours, le gouvernement britannique a inscrit le Corps des gardiens de la révolution sur la liste des entités terroristes. Notre résistance réclamait cette décision depuis des années.
Maintenant que l’ensemble du continent européen, à une ou deux exceptions près, a officiellement reconnu le caractère terroriste du Corps des gardiens de la révolution, il est temps pour l’Europe, y compris l’Italie, de reconnaître la lutte du peuple iranien pour renverser le régime et le combat des unités de résistance contre le Corps des gardiens de la révolution.
La bonne politique
L’ironie de l’histoire est qu’aujourd’hui, le fils du chah, contre la volonté du peuple iranien, milite pour un retour au passé.
Ces agissements, perpétrés au moyen de mensonges et de tromperies à la télévision et sur Internet, ont été largement dénoncés et discrédités ces derniers mois, notamment en Europe.
Il ne fait aucun doute que l’adoption par l’Union européenne d’une politique juste à l’égard de l’Iran et son soutien à la résistance organisée du peuple iranien ne laisseront aucune place aux dérives.
Honorables parlementaires italiens,
En optant pour la fermeté face à la dictature terroriste en Iran, l’Italie et l’Union européenne ne doivent pas fermer les yeux sur les crimes de ce régime et octroyer une impunité à ses dirigeants, sinon il intensifiera ses crimes en Iran et à l’étranger.
Je tiens à préciser que l’Europe gagnera en crédibilité au Moyen-Orient lorsqu’elle jouera un rôle efficace et actif au cœur même de la crise dans cette région, à savoir en Iran. Cela revient à reconnaître la volonté du peuple iranien de renverser le régime et d’instaurer une république démocratique.
Ce que nous voulons
Une république démocratique fondée sur la séparation de la religion et de l’État, l’égalité entre les femmes et les hommes et l’abolition de la peine de mort, un Iran non nucléaire, exempt d’armes de destruction massive, fondé sur la paix, la coexistence et la coopération internationale et régionale.
Une république démocratique est l’objectif du gouvernement provisoire annoncé par le Conseil national de la Résistance iranienne. Le mot d’ordre de la résistance et du gouvernement provisoire est « paix et liberté ».
En Iran, seuls les vestiges des mollahs et du chah souhaitent la guerre.
Notre résistance est fière d’avoir été le fer de lance de la paix tout au long de l’histoire de ce régime. Comme lors de la guerre Iran-Irak dans les années 80, notre résistance a forcé Khomeiny à accepter un cessez-le-feu et, dans les années suivantes, a dévoilé le programme de fabrication de l’arme nucléaire du régime. Nous annonçons depuis 22 ans que la solution iranienne n’est ni la complaisance ni la guerre, mais la troisième voie, qui consiste à changer le régime par le peuple et sa résistance organisée.
Aujourd’hui, je souligne que la condition préalable à une paix et une sécurité durables dans la région est le renversement de ce régime, et c’est la responsabilité du peuple iranien, par ses soulèvements et l’armée de la liberté.
Heureusement, la déclaration de la majorité des parlementaires des deux chambres italiennes constitue un exemple éloquent d’une politique juste à l’égard de l’Iran. Ils ont affirmé que le soutien au gouvernement provisoire et au mouvement de résistance est une étape nécessaire à l’instauration de la démocratie et de la stabilité en Iran, ainsi qu’à la réalisation de la paix et de la coexistence dans la région et dans le monde.
J’espère que le gouvernement italien et l’Union européenne feront preuve de la même clarté et du même réalisme que les parlementaires italiens.
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