Condoléances pour le décès de Reza Olia, maître de l’art et de la lutte pour la liberté en Iran
Maître Reza Olia, peintre et sculpteur, membre du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), artiste iranien engagé qui avait uni son art à une lutte persévérante et inébranlable pour la liberté et la justice, est décédé en Italie.
Je rends hommage à cette personnalité d’exception qui, dès les premières semaines suivant la fondation du CNRI, en fut un compagnon fidèle. Il n’a cessé de défendre les positions du Conseil et d’apporter un soutien sincère et constant à son président, Massoud Radjavi.
J’adresse mes plus sincères condoléances au président et aux membres du CNRI ainsi qu’à l’ensemble des artistes iraniens épris de liberté et engagés, pour la perte douloureuse de cet éminent maître de l’art et de la lutte. Il était véritablement un exemple rare et remarquable de ces artistes combattants dont le nom demeurera vivant et impérissable dans l’histoire de l’art iranien.
La fermeté de Reza Olia dans la défense des principes et son attachement indéfectible aux lignes de démarcation de la révolution démocratique du peuple iranien contre le chah et les mollahs étaient unanimement reconnus par les membres, les compagnons et les soutiens de la Résistance, qui en tiraient une grande fierté. À cet égard, il fut véritablement un maître et un éducateur pour les jeunes générations d’artistes.
Reza Olia s’est dressé contre deux dictatures, celle du chah et celle des mollahs. À travers ses peintures et ses sculptures, il a exprimé avec une force exceptionnelle ses liens affectifs profonds avec les héros de la Résistance face à ces deux tyrannies, avec les prisonniers politiques, les martyrs et les combattants qui ont sacrifié leur vie pour la liberté.
Depuis la création de la statue de Khosro Rouzbeh[1] qui orne l’une des places de Fiano Romano en Italie, jusqu’au monument dédié à Mohammad Hanifnejad, fondateur historique des Moudjahidine du peuple d’Iran, en passant par le tableau consacré à Moussa Khiabani et à Achraf Radjavi[2], grands martyrs de l’OMPI, ou encore le buste de Neda Agha-Soltan, martyre du soulèvement de 2009, et celle de Navid Afkari[3], qu’il avait dédié aux unités de résistance à l’occasion de l’anniversaire du soulèvement de novembre 2019, son œuvre a constamment porté la mémoire des combattants de la liberté et de la dignité humaine.
Le souvenir de Reza Olia ne s’effacera ni de l’histoire du combat du peuple iranien pour la liberté et la démocratie, ni de celle de l’art iranien. Son héritage continuera d’inspirer, génération après génération, les jeunes et les artistes qui se lèvent pour la libération de leur patrie et de leur peuple.
Une brève biographie
Reza Olia, artiste engagé et combattant, membre du Conseil national de la Résistance iranienne, sculpteur et peintre, s’est éteint dans l’après-midi du jeudi 9 juillet 2026, à l’âge de 87 ans. Il était hospitalisé depuis quelque temps en raison d’une affection rénale.
Reza Olia avait entrepris ses études à l’Académie des Beaux-Arts de Rome au début des années 1960. En raison de ses activités contre le régime du chah, il avait obtenu l’asile politique en Italie.
Il comptait plus de soixante années de lutte ininterrompue et inébranlable contre les dictatures du chah et des mollahs.
Dès la création du Conseil national de la Résistance (CNRI) en 1981, Reza Olia compta parmi ses compagnons et fidèles soutiens. Au cours des premières semaines suivant l’arrivée à Paris de Massoud Radjavi, président du CNRI, il avait tenu à le rencontrer.
Après l’assassinat de Mohammad-Hossein Naqdi, représentant du CNRI en Italie, en mars 1993, le gouvernement italien a pris officiellement en charge la protection de Reza Olia. Cette protection s’est poursuivie jusqu’à la fin de sa vie.
Il figure au nombre des plus célèbres sculpteurs iraniens. Parmi ses œuvres les plus connues, on peut citer les bustes de Khosrow Rouzbeh, écrivain communiste iranien exécuté, d’Enrico Berlinguer, dirigeant du Parti communiste italien, de Mohammad Hanifnejad, fondateur de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, d’Emad Ram, flutiste et chanteur iranien résistant, de Neda Agha-Soltan, martyre du soulèvement de 2009, de Marzieh étoile de la chanson traditionnelle iranienne, de Danielle Mitterrand, de Lord Slynn, juriste britannique, de Saba Haft Baradaran, jeune Moudjahidine du peuple assassinée par les agents des mollahs à Achraf 1, de Navid Afkari, de Reyhaneh Jabbari, jeune Iranienne exécutée pour s’être défendue contre son violeur, de Baktash Abtine, poète et réalisateur iranien mort en prison à Téhéran, et du Dr Manouchehr Hezarkhani, grand intellecruel iranien et président de la commission de la Culture du CNRI.
Plusieurs œuvres de Reza Olia sont conservées au musée de la Résistance. Il a également laissé plusieurs ouvrages, dont Les Filles d’Iran, consacré au destin de prisonnières politiques partisanes de la Résistance. Cet ouvrage dépeint les souffrances qu’elles ont endurées ainsi que leur résistance dans les prisons des mollahs. Il l’avait dédié à Aziz Rezai, la mère des martyrs Rezai et Pasionaria d’Iran.
[1] Ecrivain communiste défenseur de la liberté, exécuté le 11 mai 1958 par le chah
[2] Moussa Khiabani et Achraf Radjavi, dirigeants de la résistance à l’intérieur de l’Iran, tués par les gardiens de la révolution dans un combat inégal à Téhéran le 8 février 1982
[3] Champion de lutte de 27 ans, Navid Afkari a été arrêté en septembre 2018 pour avoir manifesté et exécuté le 12 septembre 2020
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