Message à une conférence au Parlement britannique : Droits humains et transition démocratique en Iran
Le 9 septembre 2026, une conférence intitulée « Vers un Iran libre : droits humains, responsabilité et changement démocratique » s’est tenue au Parlement britannique.
Des membres de la Chambre des communes et de la Chambre des lords, des experts juridiques et des représentants de la communauté iranienne y participaient. Ils ont pris la parole sur les violations des droits humains en Iran, les exécutions et la répression politique, les perspectives d’un changement démocratique et le rôle de la résistance organisée du peuple iranien.
Parmi les intervenants figuraient la baronne O’Loan, Jim Shannon, Bob Blackman, Lord McCabe, Sammy Wilson, Robert Ward, Matthew Goodwin-Freeman, la Dre Jocelyn Scott et la professeure Sarah Chandler. Dowlat Norouzi, représentante du Conseil national de la Résistance iranienne au Royaume-Uni, assistait également à cet événement.
Un message vidéo de Maryam Radjavi a ouvert les travaux. Dans son intervention, Mme Radjavi a déclaré que le thème de la conférence, à savoir les droits humains et leur lien vital avec le changement démocratique, constituait la question fondamentale de l’Iran d’aujourd’hui.
Le peuple iranien, et en particulier sa jeunesse, s’est levé pour renverser le fascisme religieux et instaurer une république libre et démocratique.
Dans son discours, Maryam Radjavi a mis l’accent sur trois questions majeures concernant la situation en Iran :
• Comment les jeunes Iraniens résistent-ils à la répression et aux exécutions perpétrées par le régime ?
• Pourquoi le régime des mollahs a-t-il échoué à empêcher les protestations populaires et les soulèvements de la jeunesse ?
• Quelle responsabilité incombe à la communauté internationale et au Parlement britannique dans le soutien au peuple iranien et à sa Résistance ?
Vous trouverez ci-dessous le message de Maryam Radjavi adressé à cette conférence :
Maryam Radjavi : Fermer les yeux sur les exécutions en Iran est au cœur de la politique de soutien au régime des mollahs
Mesdames et Messieurs les membres de la Chambre des communes et de la Chambre des lords,
Je vous adresse mes salutations.
Cette conférence a pour thème les droits humains et leur lien essentiel avec la transition démocratique, qui constitue de nos jours l’enjeu majeur de l’Iran.
Aujourd’hui, le peuple iranien, et en particulier ses jeunes, se mobilise pour mettre fin à la dictature religieuse et instaurer une république libre et démocratique.
Mehdi Khanaki faisait partie de ces jeunes. Agé de 26 ans et diplômé en droit, il était membre des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI).
Son crime était de se battre pour renverser le régime. Il a été arrêté le 10 février 2026 et exécuté le 22 juillet 2026. Ses paroles reflètent les objectifs et les convictions de la jeune génération iranienne qui s’est tournée vers l’OMPI. Dans une lettre, il écrivait: « Mon seul espoir est de détruire les murs de la prison de Ghezel Hessar. Je veux détruire toutes les prisons construites par le chah et héritées par le régime des mollahs, pour que plus personne ne soit jamais retenu captif. Chaque jour de retard m’emplit de honte et de tristesse. »

Récemment, des prisonniers politiques ont adressé des messages pour célébrer le soixante et unième anniversaire de la fondation de l’OMPI.
Deux jeunes femmes, Arghavan Fallahi et Forough Taghipour, ont écrit depuis la prison d’Evine : « Nous sommes la Génération Z. Nous sommes contre la dictature et contre la dépendance. Nous sommes contre le chah et les mollahs. Le jour n’est pas loin où ce régime chancelant, qui exécute, sera renversé. »
L’échec face à la volonté de la jeunesse iranienne
Ces paroles courageuses mettent en évidence une réalité : la vague d’exécutions de prisonniers politiques, les arrestations massives et les autres mesures répressives n’ont pas réussi à freiner la jeunesse iranienne.
Le régime est confronté à de nombreux problèmes. Il doit faire face à un conflit international, à une économie en ruine et à de violentes luttes entre ses factions internes.
Mais son plus grand défi réside dans la jeune génération, prête à tout sacrifier pour renverser la tyrannie. De jeunes manifestants qui poursuivent courageusement leurs actions contre la répression malgré une répression sans précédent.
Depuis les soulèvements de janvier 2026, des dizaines de prisonniers politiques ont été pendus. Beaucoup de manifestants ont été condamnés à mort, dont un nombre considérable de membres et sympathisants de l’OMPI. On ignore toujours ce qu’il est advenu de nombreux partisans de l’OMPI qui avaient pris part au soulèvement.
Je tiens à souligner que ces condamnations à mort sont le résultat de procès inéquitables qui ne respectent pas les normes juridiques internationales. Elles privent systématiquement les accusés de leur droit à la défense.
L’échec à empêcher les protestations populaires
Les conditions de détention dans les prisons où sont incarcérés les manifestants sont épouvantables. Ces établissements sont surpeuplés. Les prisonniers manquent de nourriture et de médicaments et n’ont pas accès à des soins médicaux.
Malgré cela, le régime ne parvient pas à mettre fin aux manifestations d’une population en colère. Les manifestations se sont multipliées dans les rues ces dernières semaines. Infirmières, jeunes demandeurs d’emploi et retraités, tous descendent dans la rue pour manifester.
Au sein des prisons, les détenus participent à la campagne « Non aux exécutions » depuis 137 semaines dans 62 établissements.
Pour empêcher un soulèvement, le régime mise sur la guerre. Malgré les concessions qui lui ont été concédé dans le protocole d’accord, il a attaqué des navires dans le détroit d’Ormuz et ôté tout crédit à cet accord.
L’une des causes fondamentales de l’effondrement économique du pays réside dans le fait que le régime consacre la majeure partie des recettes nationales à la guerre et à la répression.
Le peuple iranien ne veut pas de la guerre. Le mot d’ordre du Conseil national de la Résistance iranienne est « paix et liberté ».
En Iran, seuls le régime et les vestiges de l’ancienne dictature veulent la guerre. Ils y voient leur seule chance. Ils veulent rétablir l’ancienne dictature et sa police secrète brutale, la SAVAK. Le chah a pris le pouvoir à la suite d’un coup d’État militaire et a régné en recourant à la torture. Aujourd’hui, son fils déclare à la télévision qu’il est fier de tout ce que sa famille a accompli.
Le devoir de la communauté internationale
De longues années d’expérience montrent que le fait de fermer les yeux sur les exécutions et la résistance du peuple iranien est au cœur d’une politique qui a soutenu le régime pendant plusieurs décennies. Il est désormais temps que le monde se range aux côtés du peuple iranien.
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Un nouveau gouvernement a récemment pris ses fonctions au Royaume-Uni. Nous espérons qu’il adoptera une nouvelle politique. Une politique qui mette fin à la politique de complaisance et rejette la guerre. Une politique qui considère le peuple iranien comme la seule force de changement. Nous avons besoin d’une politique qui soutienne l’aspiration du peuple iranien à une république démocratique. Une république où la torture et les exécutions seront interdites, où la séparation de la religion et de l’État sera respectée, et où l’égalité totale entre les femmes et les hommes sera garantie.
Le Parlement britannique peut faire un premier pas en reconnaissant la Résistance iranienne et le gouvernement provisoire proposé par le CNRI. Plus de 600 députés soutiennent déjà le projet démocratique du CNRI.
Un autre pas consiste à prendre des mesures concrètes contre le régime, notamment :
1 – Subordonner toutes les relations diplomatiques et commerciales à l’arrêt des exécutions.
2 – Recourir à la justice internationale pour juger les responsables du massacre de 1988 et des tueries récentes.
3 – Veiller à ce que tout accord international prévoie un arrêt effectif et vérifiable des exécutions.
Honorables parlementaires,
Vos efforts, menés sous la houlette de M. Blackman, ont permis d’inscrire le Corps des pasdarans sur la liste noire. J’espère que vos efforts contribueront désormais à mettre fin aux exécutions et à favoriser la mise en place d’une politique fondée sur des principes en soutien à la résistance du peuple iranien.
- Étiquettes : CNRI, Maryam Radjavi, mollahs en Iran, régime Iranian

