08 Fév 2026

Conférence à Berlin réunissant personnalités éminentes et députés fédéraux allemands

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Conférence à Berlin réunissant personnalités éminentes et députés fédéraux allemands

Maryam Radjavi : Le soulèvement de janvier a clairement montré que le renversement du régime des mollahs est inévitable

Chers amis,
Je suis heureuse d’être parmi vous aujourd’hui à Berlin.
Tout d’abord, je tiens à rendre hommage à la Pr. Rita Süssmuth. Son décès est une perte immense pour moi-même comme pour les membres de la Résistance iranienne. Pendant deux décennies, elle a été une défenseure inébranlable des droits du peuple iranien pour la liberté et la démocratie ; une grande partisane de la Résistance et pour moi, personnellement une sœur chère à mon cœur et de grande noblesse d’âme.
C’était une penseuse dont les discours, les écrits, les livres et, surtout, l’action politique ont tracé une nouvelle voie, sans compromis vis-à-vis de la politique de complaisance avec les dictatures. Elle faisait partie de ces rares personnalités influentes dont le monde d’aujourd’hui a véritablement besoin. Je vous invite à observer une minute de silence en sa mémoire.

Une transformation profonde

À aucun moment dans la longue histoire de l’Iran, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, la situation n’a été aussi critique et turbulente qu’aujourd’hui.
L’Iran et la région du Moyen-Orient sont au cœur d’une profonde transformation. Cette transformation est évidente dans les échecs stratégiques du régime dans toute la région, dans la guerre, dans le grand soulèvement de janvier et, plus particulièrement, dans le massacre à l’échelle nationale du peuple iranien par le régime. Il s’agit d’un séisme qui est toujours en cours. Malgré ses crimes, Ali Khamenei est incapable de préserver la dictature religieuse.

Le soulèvement était prévisible

Aujourd’hui, toute discussion sérieuse sur l’Iran et son avenir tourne autour de trois questions fondamentales :
Premièrement : le changement de système politique iranien est-il devenu inévitable ?
Deuxièmement : si un tel changement est nécessaire, comment peut-il se faire ?
Et troisièmement : comment éviter le chaos après le renversement du régime ?
Le soulèvement de janvier a apporté des réponses claires et décisives à ces questions. Au cours de cette révolte, les masses se sont soulevées dans les 31 provinces de l’Iran. Les slogans étaient sans équivoque politiques. Dès les premières heures, ils visaient la dictature et le peuple exigeait ouvertement le renversement de Khamenei.
Le soulèvement de janvier diffère des manifestations précédentes sur deux points essentiels :
Premièrement, il était bien organisé.
Deuxièmement, des jeunes insurgés ont activement affronté les Gardiens de la révolution pour défendre les manifestants et ont réussi à plusieurs reprises à les désarmer.

Les événements de ce soulèvement ont révélé des signes indéniables que le renversement du régime est inévitable.
En premier lieu, le soulèvement était prévisible. Le dirigeant de la Résistance iranienne, Massoud Radjavi, avait déclaré le 18 novembre, plusieurs semaines avant le début des manifestations, que « le camp du peuple est à deux doigts du soulèvement ».
Les responsables du régime eux-mêmes ont averti à plusieurs reprises que la colère du peuple était sur le point d’exploser. Pourtant, le régime n’a pas été capable de prendre la moindre mesure pour apaiser le mécontentement populaire. ET malgré ses poses de réformistes, le président du régime a pris quatre mesures importantes au cours de son bref mandat qui ont attisé davantage la colère de la population : une forte augmentation du prix du carburant, une hausse du prix du blé, la suppression des subventions sur les produits de première nécessité et la dévaluation de la monnaie nationale.
Sentant les pas de la révolte approcher, il recouru à une répression massive.
En second lieu, le bazar de Téhéran, point de départ des manifestations cette fois-ci, a démontré que le bazar souffre du maintien du statu quo, d’autant plus qu’il entend le président du régime admettre ouvertement dans des forums officiels qu’il n’a « aucune solution » aux crises que traverse le pays.
En troisième lieu, l’événement le plus important, à savoir le massacre massif de la révolte de janvier, démontre que le processus de renversement de ce régime a pris un chemin et inévitable.
Au cours de ce soulèvement, le régime a mis en œuvre une campagne de répression soigneusement planifiée et coordonnée, portant rapidement un coup brutal aux gens ordinaires dans la rue. Son but principal était de terrifier la population pour qu’elle rentre chez elle.
Il a commis des atrocités effroyables : tirant dans la tête et le torse de civils non armés, exécutant à bout portant des manifestants blessés, prenant d’assaut des hôpitaux et tuant des adolescents, filles et garçons, et des enfants innocents.
Ces événements ont démontré que le régime a perdu sa capacité à gouverner et ne peut se maintenir qu’au prix de massacres de masse.
En quatrième lieu, dans ce bain de sang sans limite et cruel, Khamenei a créé les conditions d’un soulèvement encore plus important et plus explosif.
Aujourd’hui, même les soi-disant « réformistes », qui ont défendu le système pendant des années, déclarent ouvertement que la réforme au sein de ce pouvoir est dans une impasse et stérile.
Le soulèvement de janvier a répondu à la question de savoir comment le changement peut se faire en Iran. Car il a démontré que, même sous une répression implacable, un soulèvement de masse peut émerger en conjonction avec une force organisée.

La nécessité de reconnaître la lutte des jeunes insurgés contre le Corps terroriste des pasdarans

Chers amis,
Il y a vingt-deux ans, dans un discours lors d’une réunion au Parlement européen, j’ai clairement souligné que ni la complaisance, ni la guerre ne constituaient la solution à la crise iranienne.
La seule solution réside dans le renversement du régime par le peuple iranien et sa résistance organisée.
L’échec et les conséquences néfastes de la politique de complaisance ont été prouvés depuis longtemps. La complaisance a été l’un des plus grands obstacles au changement en Iran.
L’inscription sur liste noire de l’OMPI par les gouvernements occidentaux à la demande du régime en est un exemple typique. Il en va de même pour le bombardement des bases de l’OMPI dans la région frontalière de l’Irak et le désarmement de l’Armée nationale de libération en 2003, actions qui ont entravé une force prête à renverser le régime ou, à tout le moins, à constituer un obstacle majeur à son agression régionale, tout cela au profit du fascisme religieux.
Les événements de l’année écoulée en Iran, et au cours des deux dernières décennies dans la région, ont également démontré qu’une guerre étrangère ne peut résoudre la crise iranienne, provoquer un changement de régime ou le remplacer par un système démocratique.
La désignation du Corps des pasdarans comme organisation terroriste était une mesure nécessaire pour mettre fin à la politique de complaisance, même si elle a été prise avec plusieurs années de retard.
La Résistance iranienne insistait sur ce point depuis des années. Les événements du soulèvement de janvier sont désormais reconnus comme la preuve évidente que le renversement du régime est inévitable et que la lutte des jeunes insurgés contre le Corps terroriste des pasdarans doit être officiellement reconnue.

Promouvoir un retour au passé sert les intérêts du régime

Au-delà de la répression sauvage du soulèvement de janvier, le peuple iranien a dû faire face à un autre facteur destructeur.
Ces derniers mois, certains cercles et médias ont tenté, par le biais d’opérations de montage et de fraude en ligne, de présenter le fils de l’ancien chah comme une alternative.
Des enquêtes menées par les médias et les institutions chargées de la cybersécurité ont mis au jour les réseaux politiques et de renseignement qui se cachent derrière la création de faux comptes sur les réseaux sociaux et l’amplification artificielle de ce courant.
En dehors du monde virtuel, ce courant n’a dans la réalité aucune capacité organisationnelle ou structurelle sur le terrain, en particulier à l’intérieur du pays.
Cette stratégie, quel que soit son objectif déclaré, a nui dans la pratique au soulèvement.
Le fils du chah refuse non seulement de prendre ses distances avec la dictature à parti unique honnie de son père, mais ses projets visent en fait à la restaurer, complétée par des éléments d’autoritarisme clérical.

Les perspectives d’avenir

Certains se demandent : que se passera-t-il après la chute du régime ? Quelles garanties pour éviter le chaos ? Cette question est particulièrement pertinente compte tenu des expériences douloureuses vécues par l’Irak et la Libye au cours de ce siècle.
Dans le cas de l’Iran, cependant, de multiples facteurs peuvent orienter la période post-régime vers une voie ordonnée et démocratique. Le plus important d’entre eux est l’existence d’une alternative démocratique crédible et établie de longue date : le Conseil national de la Résistance iranienne.
Cette alternative s’appuie sur un vaste réseau national à l’intérieur de l’Iran. Il n’est donc pas question que cette résistance reparte à zéro le « premier jour » après la chute du régime.
Elle a également la capacité de servir d’axe unificateur entre les différentes forces et partis politiques, en rassemblant diverses minorités ethniques et adeptes de diverses religions autour d’un objectif commun : l’instauration d’une société démocratique.
Aujourd’hui déjà, dans la pratique, le Conseil national de la Résistance entretient des relations étroites avec de nombreux groupes de résistance, partage des principes fondamentaux, notamment le rejet clair de la monarchie et de la dictature religieuse, et mène des actions communes.
En ce qui concerne le programme de l’avenir, permettez-moi d’être claire : selon le plan du CNRI, plusieurs mesures immédiates et essentielles doivent être prises après le renversement du régime.
La plus urgente est la formation d’un gouvernement provisoire avec un mandat maximal de six mois, chargé d’organiser des élections pour une Assemblée constituante.
À la suite du soulèvement de janvier, nous assistons pour la première fois à des réactions politiques extraordinaires qui reflètent l’acceptation internationale de la chute imminente du régime.
Je fais notamment référence aux positions adoptées par de hauts responsables allemands qui, avec réalisme, ont souligné que la fin du régime approchait.
Une fois ce régime renversé, un Iran libre et démocratique pourra exploiter pleinement son potentiel en matière de relations politiques et économiques équitables et devenir un pilier de paix et de stabilité dans la région et entre la région, l’Europe et le monde.
Maintenant que les dirigeants mondiaux ont entendu la voix du soulèvement sanglant en Iran, on s’attend à ce qu’ils répondent positivement aux revendications légitimes que j’ai soulevées hier lors du grand rassemblement des Iraniens :

1. Reconnaitre la lutte du peuple iranien pour renverser le régime, ainsi que le combat mené par la jeunesse insurgée et les unités de résistance contre les agents et les forces répressives de Khamenei.
2. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit prendre des mesures pour mettre fin aux exécutions des manifestants arrêtés détenus et des prisonniers politiques, et soutenir la campagne nationale « Non aux exécutions ».
3. Prendre des mesures pour garantir au peuple iranien l’accès à un Internet libre et non censuré.
4. Saisir le Conseil de sécurité de l’ONU du dossier de Khamenei et des autres dirigeants du régime afin qu’ils soient jugés par un tribunal international pour crimes contre l’humanité et génocide, et engager des poursuites judiciaires devant les tribunaux nationaux en vertu du principe de compétence universelle.
5. Fermer les ambassades du régime et expulser les diplomates et agents du régime, du Corps des Pasdarans et du ministère du Renseignement.
6. Couper complètement les sources de financement du régime clérical

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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