Message à une conférence au parlement australien
À l’occasion du trente-huitième anniversaire du massacre des prisonniers politiques en 1988 en Iran et à la suite de l’augmentation des exécutions politiques, une conférence consacrée à la situation des droits humains en Iran, à la condamnation des exécutions et au soutien à la lutte du peuple iranien pour la liberté et la démocratie s’est tenue le mercredi 19 août 2026 au Parlement fédéral australien à Camberra.
Plusieurs parlementaires de divers partis, des personnalités politiques et des droits humains ainsi des représentants de la communauté iranienne y participaient.
La conférence s’est ouverte par la diffusion d’un message vidéo de Maryam Radjavi. Evoquant des documents et preuves attestant les violations massives des droits humains en Iran, elle a demandé au gouvernement australien, vu la persistance de ces exactions, de déférer le dossier des violations des droits humains commises par le régime iranien au Conseil de sécurité des Nations unies.
Le Dr Phil Glendenning, directeur fondateur d’Edmund Rice International et ancien président du Conseil australien pour les réfugiés, a ensuite remercié Mme Radjavi pour ses années d’efforts et de persévérance dans la défense de la liberté, de la démocratie et des valeurs humaines. Il a réaffirmé son soutien à la résistance du peuple iranien ainsi qu’au projet de gouvernement provisoire du CNRI.
Rob Mitchell, président de la Commission permanente de l’industrie, de l’innovation et des sciences de la chambre des députés, a ensuite remercié la communauté iranienne pour la continuité de ses activités et de ses efforts visant à faire connaître les questions relatives à l’Iran. Il a souligné l’importance de soutenir le peuple iranien et déclaré que le gouvernement australien et les responsables politiques du pays se tiendraient aux côtés de ce peuple et maintiendraient leur soutien.
Le sénateur Paul Scarr, président de la Commission permanente des privilèges parlementaires, élu de l’État du Queensland et membre du Parti libéral, figurait également parmi les intervenants. Tout en déclarant son soutien au plan en dix points de Maryam Radjavi et au projet de gouvernement provisoire après la fin de la dictature religieuse, il a souligné la nécessité de soutenir le peuple iranien.
Les intervenants ont demandé que les dirigeants du régime, ainsi que les responsables et les auteurs des violations massives des droits humains, des massacres et des exécutions commis en Iran au cours des quatre dernières décennies, rendent des comptes devant la justice internationale.
Vous trouverez ci-dessous le texte du message adressé par Maryam Radjavi à cette réunion :
Maryam Radjavi : Du massacre de 1988 aux exécutions d’aujourd’hui en Iran
Mesdames et Messieurs les parlementaires australiens,
Chers compatriotes en Australie,
Je suis ravie de vous voir.
Cette conférence est organisée pour marquer le trente-huitième anniversaire du massacre des prisonniers politiques en Iran. En juillet 1988, Khomeiny, fondateur de la dictature religieuse en Iran, a promulgué un décret ordonnant l’exécution des membres de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran dans les prisons de tout le pays.
Il a ordonné que les prisonniers de l’OMPI qui restaient fermes sur leurs positions soient exécutés sans délai. Il s’agissait de celles et ceux qui, malgré des années de torture et de mauvais traitements, refusaient d’abandonner la lutte pour la liberté du peuple iranien.
Par la suite, trente mille personnes, dont 90 % étaient membres de l’OMPI, ont été pendues. Cet ouvrage recense les noms de cinq mille membres de l’OMPI qui ont été massacrés.
Le régime a perpétué le schéma du massacre de 1988
Pourquoi le régime a-t-il commis cet effroyable crime ? Parce qu’il considérait, et considère toujours, l’OMPI comme la principale menace pour son existence, parce qu’il craignait d’être renversé, et cette crainte persiste encore aujourd’hui. Au cours des trente-huit dernières années, le régime a perpétué le schéma du massacre de 1988. À chaque fois, il réprime violemment la résistance et les soulèvements populaires.
Malgré tout, la Résistance pour renverser le régime se poursuit. Le peuple continue de se soulever pour manifester son mécontentement. Les unités de résistance, qui font partie du réseau organisé de l’OMPI dans les villes iraniennes, ont mené le mois dernier deux cents opérations anti-répression dans toutes les provinces du pays. Ces derniers mois, neuf membres de l’OMPI ont été exécutés. Des dizaines d’autres jeunes ayant pris part au soulèvement ont également été pendus.
Devant les tribunaux des mollahs, ils ont courageusement déclaré s’être soulevés pour renverser le régime, et juste avant leur exécution, ils ont chanté en chœur des chants de liberté à l’intérieur de la prison.
Je tiens à souligner les propos de Mehdi Khanaki, membre de l’OMPI. Âgé de 26 ans et diplômé en droit, il a été pendu récemment, le 22 juillet. Dans l’une de ses dernières lettres, Mehdi écrivait : « En tant que membre d’une unité de résistance issue de notre patrie asservie, je m’engage à rester fidèle à la liberté, à la justice et à la libération de l’Iran. » Mehdi et les autres qui ont été exécutés incarnent la jeune génération iranienne qui s’est engagée dans la lutte pour renverser le régime.
Le régime tire parti de la situation de guerre qui perdure depuis environ quinze mois, en s’en servant comme d’un prétexte pour s’attaquer à son principal ennemi : le peuple iranien et sa Résistance.

Une impasse fatale
Dans ce contexte de guerre, le régime au pouvoir tente également de dissimuler sa faiblesse fondamentale.
Sa démonstration de force creuse n’est qu’une supercherie de grande envergure.
Les profondes divisions au sein de l’élite au pouvoir constituent un signe évident de l’impasse fatale dans laquelle se trouve le régime. Aujourd’hui, en Iran, seuls ceux qui souhaitent le maintien de la dictature prônent la guerre.
D’un côté, il y a le régime en place. De l’autre, les vestiges du régime du chah qui, par des exagérations et des mensonges médiatiques, tentent de ramener l’Iran à l’ancienne dictature monarchique renversée.
Ils ont déclaré que leur objectif était de rétablir la SAVAK, la police secrète du chah. Il s’agit de ce même organe responsable de la torture et de l’assassinat de milliers d’opposants.
Ils ont également déclaré que leurs objectifs comprenaient la répression des minorités ethniques et l’instauration de la loi martiale et de l’état d’urgence. Cependant, leur impact politique le plus significatif a été d’aider le régime actuel à se maintenir au pouvoir.
Un pays dont la population paie un si lourd tribut pour la liberté, comme en témoigne le massacre de 1988, ne tolérera ni la dictature actuelle ni un retour au passé.
À cet égard, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) a brandi l’étendard de la paix et de la liberté. Le CNRI, coalition regroupant l’OMPI et d’autres groupes, a été créé il y a 45 ans. Il incarne l’aspiration de la majorité du peuple iranien à une république démocratique fondée sur la séparation de la religion et de l’État, ainsi que sur des élections libres.
L’arrêt des exécutions
Depuis des années, la Résistance iranienne mène un combat pour que justice soit rendue aux victimes du massacre de 1988. Dès les premières semaines qui ont suivi le début des massacres, le dirigeant de la Résistance, Massoud Radjavi, a adressé des télégrammes au Secrétaire général de l’ONU , dénonçant le décret secret à l’origine du massacre ainsi qu’une campagne d’arrestations et d’exécutions à grande échelle.
Grâce à ces efforts, l’Assemblée générale des Nations unies a, pour la première fois l’an dernier, intégré la question du massacre des prisonniers politiques de 1988 dans sa résolution.
En 2024, le professeur Javaid Rehman, rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, a publié un rapport très important sur le massacre de 1988, le qualifiant de crime contre l’humanité et de génocide.
Nous attendons de la communauté internationale, et en particulier du Parlement et du gouvernement australiens, qu’ils prennent l’initiative d’adopter des mesures efficaces contre les massacres et les exécutions en Iran.
Il s’agit notamment pour les gouvernements :
• de poursuivre les criminels au pouvoir en Iran, en vertu du principe de compétence universelle ;
• de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies de dossier du massacre des prisonniers politiques de 1988, comme crime contre l’humanité, ainsi que des autres crimes majeurs du régime contre le peuple iranien.
• Inclure dans tout accord international, la fin des exécutions en Iran comme une des revendications essentielles de l’ensemble du peuple iranien.

