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17 Juil 2026

Discours à la conférence « L’Iran au-delà de la guerre : la force du peuple comme solution »

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Discours à la conférence « L’Iran au-delà de la guerre : la force du peuple comme solution »

La conférence internationale intitulée « Iran : au-delà de la guerre, les droits humains et la souveraineté populaire comme solution » s’est tenue à Rome, en Italie, avec la participation de Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, ainsi que de plusieurs anciens Premiers ministres et ministres, sénateurs, députés, personnalités politiques et défenseures des droits humains de premier plan de divers pays.
La conférence était présidée par Antonio Stango, président de la Fédération italienne des droits humains.
Parmi les intervenants figuraient notamment :

Paolo Gentiloni, Premier ministre italien (2016-2018), commissaire européen à l’Économie (2019-2024).
Carlo Cottarelli, Premier ministre désigné d’Italie en 2018, directeur du département des finances du Fonds monétaire international (2008-2013).
Guy Verhofstadt, Premier ministre belge (1999-2008).
Sénateur Giulio Terzi, président de la Commission des politiques européennes du Sénat italien, ministre italien des Affaires étrangères (2011-2013).
Liam Fox, ministre britannique de la Défense (2010-2011), ministre du Commerce international (2016-2019) et président du Parti conservateur britannique (2003-2005).
Ambassadeur Joachim Rücker, président du Conseil des droits de l’homme des Nations unies en 2015, ambassadeur de l’Allemagne auprès du Conseil des droits de l’homme (2014-2016) et ambassadeur d’Allemagne en Suède (2008-2011).
Dr Hans-Ulrich Seidt, ambassadeur d’Allemagne en Afghanistan et en Corée du Sud (2005-2012), chef de l’Inspection du ministère allemand des Affaires étrangères (2014-2017).
Au cours de cette conférence, les intervenants ont souligné la nécessité de soutenir l’aspiration du peuple iranien à la liberté et à l’instauration d’une république démocratique. Ils ont fermement condamné la politique de répression du régime iranien, les violations massives des droits humains ainsi que la vague croissante d’exécutions en Iran. Ils ont également appelé à mettre fin à l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces crimes et à adopter une politique de fermeté contre le régime iranien.
Dans son intervention, Maryam Radjavi a dénoncé l’aggravation des crises et les impasses qui assaillent le régime au pouvoir en Iran :

Maryam Radjavi : La résistance pour raviver le droit à la souveraineté populaire en Iran

Eminentes personnalités,
Chers amis,
C’est un plaisir de me trouver parmi vous. Cette conférence est une excellente occasion d’examiner la question de l’Iran, qui a occupé, ces derniers mois, une place de premier plan au sein de l’attention internationale.
Depuis 1979 et le renversement du chah par une révolution populaire, suivi de l’usurpation du pouvoir par Khomeiny, les événements liés à l’Iran ont, au cours des 48 dernières années, constitué, de manière intermittente, l’un des enjeux les plus importants, ayant des répercussions considérables sur l’évolution de la situation dans la région et dans le monde.
Parmi ces événements :
– La prise d’otages à l’ambassade américaine,
– La guerre de huit ans contre l’Irak,
– L’émergence d’une résistance nationale et sa confrontation avec la tyrannie religieuse,
Les terribles massacres et exécutions de prisonniers politiques,
– Les efforts du régime pour se doter de l’arme nucléaire,
– L’intervention du régime dans la région,
– Et ses opérations terroristes hors d’Iran, notamment dans le centre de Rome où il a assassiné Mohammad Hossein Naqdi, représentant du Conseil national de la Résistance iranienne en Italie, dont nous saluons la mémoire.

La solution à la crise iranienne

Au cours de l’année écoulée, le déclenchement de deux guerres, le grand soulèvement de décembre-janvier et l’effroyable massacre de milliers de jeunes gens pendant ce soulèvement ont plus que jamais attiré l’attention sur l’Iran. Cela a remis au premier plan cette question fondamentale : « quelle est la solution ? » et la manière de résoudre ce défi permanent et de longue date qui a mis en danger la région et le monde et pris le peuple iranien en otage.
C’est un sujet que j’aimerais aborder brièvement.
Il ne fait aucun doute que cette solution ne signifie ni la stagnation dans le présent et la continuation du régime actuel, ni un retour au passé et la restauration de la dictature renversée du chah. Cette solution est porteuse d’un avenir, celui de l’instauration d’une république démocratique.
Les régimes actuels et précédents se trouvent dans l’incapacité de poursuivre leur action en raison d’une impasse politique et historique.
Les historiens qui ont étudié en profondeur les tendances politiques et sociales des années 1970 reconnaissent que la dictature du chah était dans une impasse avant d’être renversée.
Il avait alors tenté de se maintenir au pouvoir et de préserver son régime par des méthodes plus autoritaires, notamment le recours accru à la torture et aux exécutions, ainsi que l’instauration d’un État à parti unique, mais en vain.
Quant à la situation de la dictature religieuse, elle est aujourd’hui manifeste pour tous. Ce régime ne s’est maintenu qu’en assassinant les mécontents et en exposant le pays à des guerres étrangères, ce qui, bien entendu, ne peut durer.
En conclusion, toute forme de dictature n’a pour conséquence que la poursuite des catastrophes engendrées par la situation actuelle.
À cet égard, il est bon de rappeler que pendant quatre décennies, les décideurs politiques des gouvernements occidentaux n’ont pas voulu prêter attention au fait qu’un régime incapable de répondre aux besoins de la société iranienne, en guerre contre son propre peuple et confronté à une résistance profonde et permanente, a besoin d’une guerre étrangère et de l’exportation de crise au-delà des frontières iraniennes pour se protéger d’un renversement.
Aujourd’hui, les mollahs sont dans une telle impasse qu’ils ont même transformé les funérailles de leur leader en une manœuvre politique et sécuritaire d’une semaine pour masquer la fragilité du régime et ses conflits internes. Afin de prendre l’ascendant sur les crises et les guerres étrangères, ils se tournent vers les programmes nucléaire et balistique.
Le bellicisme de ce régime et ses programmes nucléaires et balistiques sont l’autre face d’une dictature inhumaine. Par conséquent, on ne peut envisager aucune autre solution que le renversement du régime.

La force du changement en Iran

La perspective d’un changement en Iran repose sur des réalités objectives, notamment :
– Une fracture sociale sans précédent
– La pauvreté et des crises économiques, sociales et environnementales chroniques auxquelles le régime est incapable de remédier
– L’échec des stratégies qui ont assuré la survie du régime pendant des décennies
– L’intensification des conflits internes concernant la survie du régime
– Enfin, l’existence d’une résistance organisée à l’échelle nationale visant à renverser le régime.
Tout ceci démontre que la seule solution est une voie qui garantit le renversement du régime, et que la seule voie pour renverser le régime est la résistance et le soulèvement organisé du peuple iranien.

Les caractéristiques d’une alternative viable

Répondons maintenant à la question suivante : quelles caractéristiques une alternative digne de ce nom doit-elle posséder pour pouvoir renverser le régime et instaurer un changement démocratique ?
Le changement en Iran exige une force qui :
Premièrement, doit être déterminée à combattre les Gardiens de la révolution, pilier du régime du Guide suprême, et à en assumer le prix.
Deuxièmement, elle doit être issue de la société iranienne et s’implanter durablement dans les villes iraniennes.
Elle ne doit dépendre d’aucun gouvernement ni d’aucune puissance étrangère.
Troisièmement, elle doit être organisée et composée de jeunes éclairés et combatifs qui ont choisi la lutte et sont prêts à se sacrifier pour elle.
L’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran et ses unités de résistance, qui possèdent ces caractéristiques et ces capacités, constituent une force décisive pour le changement en Iran.
Ces dernières années, malgré la répression et les innombrables arrestations, les unités de résistance ont réussi à s’implanter dans la lutte contre le Corps des gardiens de la révolution et la milice du Bassidj et à s’étendre dans les villes les plus importantes d’Iran.
Lors du soulèvement de décembre-janvier, les unités de résistance ont visé les centres du régime avec 630 attaques. Cinq jours avant la récente guerre du 28 février, 250 combattants dévoués et courageux des Moudjahidine du peuple ont lancé un raid sur le siège de Khamenei dans l’endroit le plus sécurisé au cœur de Téhéran.
Le régime sait d’expérience que la plus grande menace pour son existence réside dans la synergie entre les manifestations populaires et la résistance organisée.

Restaurer le droit à la souveraineté populaire

Nous n’attendons pas que les puissances et les gouvernements étrangers apportent des changements en Iran. Au contraire, nous nous sommes levés pour restaurer le droit à la souveraineté populaire et le droit du peuple à la dignité et à la liberté.
Le gouvernement provisoire annoncé par le Conseil national de la Résistance iranienne, avec le mot d’ordre de paix et de liberté, s’inscrit dans cet objectif.
Il s’agit également de réaliser le programme en dix points de la résistance, à savoir une république fondée sur la séparation de la religion et de l’État, l’égalité entre les femmes et les hommes, l’autonomie des minorités ethniques opprimées et un Iran non nucléaire.

Comme l’a décrit le parlementaire italien Leoluca Orlando, il s’agit du « modèle iranien de démocratie »[1]

, et j’ajouterais, un modèle non pas sur le papier, mais né des souffrances et du sang de centaines de milliers de combattants et de Moudjahidine du peuple qui ont sacrifié leur vie pour la liberté en Iran.

Le cas le plus récent et la peine de mort prononcée contre une jeune femme de 25 ans. Elle s’appelle Arghavan Fallahi. Elle est détenue depuis des mois en isolement cellulaire et sous la torture et son père aussi est incarcéré.
Nous sommes à la veille du 38e anniversaire du massacre de 30 000 prisonniers politiques exécutés en 1988 sur ordre de Khomeiny, fondateur du régime. Plus de 90 % d’entre eux étaient membres des Moudjahidine du peuple (OMPI) et avaient refusé de renoncer aux positions de l’OMPI pour la liberté en Iran. C’est la seule et unique raison de leur exécution.
Aujourd’hui, cette résistance se manifeste chez les prisonniers politiques et dans la jeune génération qui y adhère. Babak Alipour, né en 1991 à Amol et diplômé en droit, en est un exemple. Il fait partie des huit Moudjahidine du peuple exécutés à la prison de Qezel Hessar en mars et avril dernier.

Pendant son isolement cellulaire, il avait écrit dans un message : « Tout ce que nous voulons, comme la liberté inconditionnelle, une société sans discrimination, l’égalité des genres et la justice, ne peut se réaliser qu’en renversant ce régime, et il n’y a pas d’autre solution. »
C’est le résumé du message d’une génération innombrable qui s’est mobilisée pour changer le destin de l’Iran, et c’est cette volonté des femmes et hommes libres qui tournera la page sombre de l’histoire de l’Iran.
C’est une voie déjà parcourue par beaucoup, qui incarne les combats et les souffrances de plusieurs générations au cours de ces quatre dernières décennies.

Ces jours-ci, nous avons déploré la perte du Pr. Reza Olia, peintre et sculpteur éminent et membre honorable du Conseil national de la Résistance. Modèle de fidélité à l’idéal de liberté du peuple iranien, il a été un défenseur inébranlable et infatigable de la Résistance iranienne en Italie, et c’est pourquoi nous saluons sa mémoire.

[1] Leoluca Orlando, eurodéputé italien membre de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, à une conférence le 22 avril 2026

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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