Convention pour un Iran libre 2025 à Washington
Maryam Radjavi : Le changement en Iran, question cruciale de notre temps
Monsieur le ministre Mike Pompeo,
Chers compatriotes,
Partisans de la résistance
Personnalités estimées,
Je vous adresse à toutes et à tous mes salutations, vous qui avez consacré de longues heures à animer ce précieux rassemblement.
La tenue de cet événement est importante pour examiner la situation actuelle, sensible et dangereuse du peuple iranien et de la résistance.
J’adresse mes salutations à nos sœurs et frères d’Achraf-3 qui participent à ce rassemblement à distance.
Aujourd’hui marque le sixième anniversaire du soulèvement de novembre 2019 en Iran. Nous rendons hommage aux martyrs et aux héros de ce soulèvement et nous nous levons pour les applaudir.
Mes chers compatriotes,
La tenue de cet événement offre une bonne occasion de réfléchir à la question cruciale de notre époque : comment le changement est-il possible en Iran ? Il s’agit d’une transformation dont les conséquences ne se limitent pas à modifier le cours de l’histoire iranienne et à déterminer le destin de notre peuple ; elle a également de profondes répercussions sur la région et le monde.
Cette question repose sur l’hypothèse fondamentale que le renversement de la dictature religieuse est nécessaire et que le moment est venu.
Nous constatons tous que le règne des mollahs touche à son terme. Un régime dont la priorité absolue, pour préserver son pouvoir, a toujours été la répression, la prédation et l’embrasement de conflits ; mais cette même stratégie immuable est devenue aujourd’hui le bourbier de sa propre dislocation. Sa base sociale est exsangue, il est épuisé et impuissant à tous égards.
Dans la société iranienne, la grande majorité des femmes et des jeunes sont sans emploi ou disposent de faibles revenus. Ce sont les forces du soulèvement.
Les habitants des bidonvilles et des banlieues défavorisées, qui représentent un quart à un tiers de la population du pays, sont une poudrière. La main-d’œuvre iranienne, devenue l’une des moins chères au monde, aspire à bouleverser cet ordre établi. Et le peuple, dont la vie est bouleversée par une forte inflation, des pénuries d’eau et des coupures de courant, aspire à faire tomber le régime.
La tragédie de l’immolation par le feu du jeune Ahwazi innocent, Ahmad Baledi, est un exemple éloquent de la société iranienne prête à exploser, au point que le régime, affolé, a reculé et écarté et l’un de ses propres maires. Partout où l’on regarde, l’hostilité intense de la société iranienne envers le régime en place est palpable. Ces gens excédés, ouvriers, enseignants, infirmières et retraités et leurs milliers de mouvements de protestation annuels forment un torrent impétueux qui cherche à renverser le régime clérical.
Regardez cette mer de sang qui coule entre le peuple et le régime en place, notamment avec l’exécution de plus de cent mille membres de la résistance du peuple iranien. C’est dans ce contexte que des villes rebelles ont émergé dans l’Iran contemporain. C’est dans ces conditions qu’est née la force de résistance organisée, sous la forme d’unités de résistance.
L’incapacité du régime à mener la moindre réforme
Face à ces graves dangers :
– Le régime est incapable d’entreprendre la moindre réforme politique ou sociale.
– L’effondrement économique du pays est devenu incontrôlable.
– Et malgré les lourdes pertes engendrées par la guerre dans la région et la poursuite du programme nucléaire, Khamenei se refuse à y renoncer.
Il en résulte qu’un changement de régime est nécessaire. Mais comment et par quels moyens ? Une réforme de ce régime est-elle envisageable ? Faut-il chercher à le rationaliser ? Est-il possible de le contenir ? La guerre et l’intervention étrangère sont-elles la solution, ou bien une voie et une stratégie radicalement différentes ?
Il est peut-être utile de rappeler ce fait historique à notre auditoire distingué : les Moudjahidine du peuple (OMPI) ont été le premier groupe à déployer des efforts considérables pour réformer ce régime durant les deux premières années et demie de son pouvoir. Quelle a été la réaction du régime ? Sa réaction a été de faire assassiner au moins 54 membres de l’OMPI dans la rue, par balles et à l’arme blanche. Et encore, ces faits se sont déroulés avant le massacre dans tout le pays des Moudjahidines du peuple déclenché en 1981.
Des années plus tard, une vague de responsables de la torture et des exécutions des années 1980 a émergé, se faisant passer pour des réformateurs ou des modérés. L’actuel président de Khamenei en fait partie. Durant sa courte présidence, plus de 2300 personnes ont été exécutées.
La complaisance, obstacle à un changement démocratique
Examinons maintenant un autre exemple historique : la politique de complaisance des gouvernements occidentaux, dont l’histoire est longue, amère et instructive.
Pendant quatre décennies, les hommes d’État adeptes de cette politique ont prétendu modérer ou contenir le régime. Mais dans les faits, ils ont donné à Khamenei l’occasion de se rapprocher dangereusement de la bombe atomique. Il en a résulté qu’ils ont ouvert la voie à la montée de l’intégrisme religieux.
Et, plus grave encore, cette politique a bloqué toute possibilité de changement démocratique. Notamment en inscrivant cruellement l’OMPI sur des listes des entités terroristes, en bombardant les bases de l’OMPI dans la région frontalière irano-irakienne et en réquisitionnant les armes de l’Armée de libération nationale iranienne à la demande directe du régime, actions qui, selon le Washington Post, ont modifié à l’époque l’équilibre géopolitique de la région en faveur des mollahs.
La question est de savoir quelle est la solution pratique et s’il existe une force de changement et une alternative à cela ?
La troisième voie
Il y a 21 ans, j’annonçais au Parlement européen que la solution à l’Iran ne résidait ni dans la complaisance ni dans la guerre, mais dans la troisième voie ; à savoir, un changement de régime par le peuple iranien et sa résistance organisée.
J’avais également clairement indiqué que toute forme de complaisance avec le régime l’encouragerait dans sa politique et, à terme, contraindrait les pays occidentaux à la guerre. Cette prédiction s’est avérée exacte, point par point.
Avec le déclenchement de la guerre ces derniers mois, il est devenu évident que la politique de complaisance a échoué. Et il est devenu évident que la guerre ne causera pas la chute du régime.
Aujourd’hui, les politiques mises en place de longue date et présentées comme des solutions se sont effondrées ; mais elles ont fait obstacle à la véritable solution. Cependant le cours de l’histoire révèle enfin une solution qui a été systématiquement dissimulée et censurée. Cette même solution authentique, populaire, indépendante et libératrice ; ces mêmes voie et conduite qui sont restées fermes et dignes au milieu des tempêtes de massacres, de tueries et de diabolisations.
Une solution qui répond à l’aspiration de longue date du peuple iranien. Cette aspiration est le rejet de toute forme de dictature, qu’elle soit monarchique ou religieuse. Selon les expériences répétées dans les années passées, la principale fonction des pantomimes en série des vestiges de la dictature du chah est de fournir des armes aux mollahs pour attaquer l’alternative démocratique.
Mais malgré les manœuvres, la volonté du peuple iranien est une révolution démocratique et l’établissement d’une république démocratique, et ils y parviendront.
Le soulèvement de novembre
Aujourd’hui marque l’anniversaire du grand soulèvement de novembre 2019, qui a ébranlé les fondements de la tyrannie religieuse. À l’époque, le président du régime Hassan Rohani avait déclaré : « Ils étaient organisés, avaient tout planifié et étaient armés. » Oui, ils étaient organisés. Mais désormais, ils viendront vous affronter de façon bien plus organisée et bien plus préparée.
Lors du soulèvement de novembre, Khamenei était si effrayé qu’il a affronté cette tempête dévastatrice en tuant au moins 1500 insurgés.
Mais le phénomène saisissant qui a émergé au cœur du soulèvement a été celui de centaines de milliers de jeunes intrépides et combatifs qui se sont levés pour renverser la tyrannie religieuse. Et c’est là une manifestation de la grande armée de la liberté du peuple iranien.
Ces jeunes insurgés ont libéré des zones de villes rebelles comme Chiraz, Bandar Mahshahr et Shahriar, et ont visé environ 1900 centres du régime lors d’attaques.
L’existence d’une telle force combattante au cœur de la société est la caractéristique majeure des soulèvements continus en Iran et répond à la question fondamentale de savoir comment un changement de régime est possible.
Cette force combattante est plus terrifiante pour le régime que toute autre puissance au monde. Khamenei a eu recours à la peine de mort pour la combattre, condamnant à mort l’un après l’autre des prisonniers partisans de l’OMPI.
En juillet dernier, deux Moudjahidine du peuple ont été exécutés, Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani. Actuellement, il y en a 17 autres dans le couloir de la mort, accusés d’appartenir à l’OMPI. Parmi ces condamnés, l’ingénieure Zahra Tabari et le champion de boxe Javad Vafa’i-Sani.
Leur courage et leur sacrifice, ainsi que l’esprit combatif des Moudjahidine du peuple condamnés à mort, incarnent l’esprit inébranlable de la génération insurgée qui est descendue dans l’arène pour renverser la tyrannie religieuse.
Non, la réponse ne réside pas dans le spectacle, l’agitation et le tapage médiatique. La réponse réside dans des personnes désintéressées comme les Moudjahidine du peuple à la cité d’Achraf-3 qui ont tout consacré à la révolution. Des femmes et des hommes qui inspire la sincérité, la transparence et la fidélité aux serments, à la jeunesse assoiffée de liberté ; avec leurs soixante années d’expérience politique, organisationnelle, de lutte pour ouvrir la voie vers la liberté. La réponse réside dans les unités de résistance qui incarnent la volonté de changement du peuple iranien.
Oui ce sont eux qui déterminent le destin d’une révolution, des personnes déterminées, prête à se sacrifier.
Comme le dit Massoud [Radjavi], elles franchissent à toute vitesse les dernières étapes du soulèvement, en se battant bec et ongles.
Notre programme pour l’Iran de demain
Chers amis et chers compatriotes,
Notre projet pour l’Iran de demain ne se limite pas à des mots sur du papier. Il est le fruit de cette lutte et de ces souffrances. C’est pourquoi il garantit à notre peuple un avenir sans torture, sans exécutions, sans la charia des mollahs, sans discrimination religieuse, sans discrimination sexuelle et sans discrimination ethnique.
La guerre avec les pays voisins cédera la place à la paix et à la coexistence. Et au lieu du funeste programme nucléaire, nous aurons un programme pour le développement démocratique, économique et social de l’Iran.
Nous voulons un pays doté d’une république démocratique et d’élections libres. Un pays fondé sur la séparation de la religion et de l’État, la participation égale des femmes à la direction politique et l’autonomie des minorités ethniques.
Comme je l’ai dit à maintes reprises : nous ne luttons pas pour le pouvoir. Notre objectif est de rendre la souveraineté au peuple iranien. Conformément à la résolution du Conseil national de la Résistance, après le renversement du régime, un gouvernement provisoire d’une durée maximale de six mois organisera des élections pour l’Assemblée constituante chargée de rédiger la constitution de la nouvelle république.
Pour atteindre cet objectif, je tends la main à tous mes compatriotes et j’appelle tous les gouvernements à reconnaître la lutte du peuple iranien ainsi que le combat de la jeunesse insurgée contre les gardiens de la révolution.
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