Eloge funèbre du Dr Mohammad-Ali Sheikhi prononcé par Maryam Radjavi
Dernier hommage au Président de la commission des Universités au sein du CNRI
C’est avec une profonde tristesse que nous annonçons le décès le 15 décembre du Dr Mohammad-Ali Sheikhi, président de la commission des Universités au sein du Conseil national de la Résistance iranienne. Le CNRI a ainsi perdu l’un de ses membres les plus précieux.
Les funérailles et l’inhumation ont eu lieu le 22 décembre 2025, suivies d’une cérémonie du souvenir organisée au siège du Conseil national de la Résistance iranienne, en présence de sa famille, de ses compagnons et des membres du Conseil.
Lors de cette cérémonie, Mme Maryam Radjavi a prononcé l’éloge funèbre de ce compagnon disparu, saluant sa mémoire ainsi que sa personnalité militante et scientifique :
Compagnons de la Résistance, membres honorables du Conseil national de la Résistance,
Chères sœurs et chers frères, mes chères filles, Maryam, Sara et Amitys !
La douleur de la perte du Dr Sheikhi est immense pour nous tous. Il y a quelques heures, nous l’avons conduit à sa dernière demeure et fait nos adieux à ce compagnon de longue date de la Résistance.
Je présente à nouveau mes condoléances pour la disparition de celui qui fut véritablement l’un des grands atouts scientifiques et politiques, à sa chère famille, à la communauté des enseignants et universitaires, à ses camarades du Conseil national de la Résistance iranienne et aux Moudjahidine du peuple d’Iran.
Mes condoléances également au président du CNRI, qui a perdu un ami fidèle et affectueux. Le Dr Sheikhi était de ces compagnons dont la place ne peut être facilement comblée.
Pour moi aussi, il était un soutien très solide, en toutes circonstances, surtout dans les moments difficiles. Je me souviens qu’à chaque réunion du Conseil, son affection sans réserve me touchait profondément. Je lui disais souvent combien il était une source de fierté pour nous, pour le CNRI et l’OMPI.
La fermeté du Dr Sheikhi dans le respect des principes et des lignes rouges du Conseil, alliée à sa sensibilité et à son humour, faisait de lui une personnalité unique, qui restera à jamais gravée dans nos mémoires.
Un joyau rare
Jusqu’à son dernier souffle, le Dr Sheikhi aura été un combattant, un insurgé. À mes yeux, un être capable de consacrer toute sa vie à la lutte et à la résistance est, dans notre époque et notre monde, un joyau rare. Et le Dr Sheikhi était de ces joyaux.
De sa jeunesse jusqu’au moment de son envol vers l’éternité, il a aspiré à un renouveau du monde. Il s’était dressé pour la liberté, refusant toute soumission et toute stagnation.
Il a mené une vie de combat et de résistance : des années de traque à Téhéran aux jours sombres d’exil au Gabon, en passant par la grève de la faim avec ses compagnons, puis les épreuves du 17 juin 2003 et toutes ces années de persévérance.
Le Conseil national de la Résistance, alternative démocratique à la tyrannie religieuse, est connu pour son combat acharné contre les pires ennemis du peuple iranien et pour sa fidélité sans faille aux principes d’indépendance et de liberté. En tant que membre du Conseil, le Dr Sheikhi incarnait toutes ces valeurs et cette constance.
Je voudrais ici répéter l’éloge de Massoud [Radjavi, le dirigeant de la résistance iranienne] à son sujet :
« Professeur Moudjahid, intègre et noble, éducateur et modèle de loyauté et de courage, au nombre des pionniers et porte-drapeaux de la révolution antimonarchique dans les universités et parmi les enseignants, éclaireur et guide. Le nom tabou des Moudjahidine du peuple a toujours été la part la plus ardente de son être. Il rejoint les martyrs et les justes. Il est désormais éternel et victorieux. »
Un défenseur acharné de l’OMPI
Malgré ses titres universitaires et son passé militant, le Dr Sheikhi était humble, simple et sans prétention. Il entretenait des relations chaleureuses avec les membres du Conseil et les sympathisants de la Résistance.
Dans les années 1970, il soutenait déjà l’OMPI et le mouvement révolutionnaire. Mais c’est dans les premiers mois après la révolution qu’il a « découvert » Massoud – découverte qui a été pour lui une réponse, une orientation, une lumière dans la tourmente.
Dans les premières années du régime de Khomeiny, il a pris des décisions hautes en risques, traçant sa voie. Car choisir ce chemin à cette époque avait un prix très élevé. Dès lors, il est devenu l’un des porte-drapeaux de la défense de Massoud et de l’OMPI.
Il a invité Massoud à s’exprimer à la faculté des Lettres puis à l’Université Meli, renonçant pour cela à toute position académique qu’il aurait pu obtenir sous le nouveau régime. Il aurait pu accéder aux plus hautes fonctions universitaires, mais il choisit de se dresser contre ce régime et de résister pour la liberté.
Le Dr Mohammad-Ali Sheikhi a été parmi les premiers à rejoindre le CNRI. Durant ses 44 années au sein du Conseil, sa ligne a été constante : défendre la Résistance contre le régime, ses alliés et ses agents.
Face à ceux qui ont renoncé à la lutte sous la pression et les complots, il s’est levé avec courage et détermination pour défendre les positions du Conseil. Il était la voix tranchante du CNRI et de la Résistance.
Ses liens et son affection sincère pour l’OMPI ont été la constante de toute sa vie. Dès les premières années, il a mis sa maison de la rue Amirabad Chomali à Téhéran à la disposition de l’Association des étudiants musulmans sympathisants de l’OMPI, en faisant un centre d’activités et de coordination avec le secteur étudiant et le secteur des enseignants universitaires.
Peut-être vous souvenez-vous qu’après son arrivée à Paris, il a choisi de porter le prénom de « Amir ». Pourquoi Amir ? Parce que ce nom lui rappelait Amir Moïnfar, étudiant à l’École polytechnique et sympathisant audacieux de l’OMPI, arrêté après le 20 juin 1981 et fusillé à Evine le 16 septembre 1981.
Pendant deux ans avant son arrestation, Amir était responsable, dans les associations des étudiants musulmans, des relations avec les enseignants sympathisants de l’OMPI et les groupes et partis politiques. Le Dr Sheikhi admirait profondément son caractère révolutionnaire, son détachement et sa chaleur, et après son martyre, il a toujours conservé sa mémoire vivante.
Son affection pour ses frères et sœurs de l’OMPI était remarquable. Lorsque les Moudjahidine du peuple étaient assiégés à la cité d’Achraf et au camp de Liberty sous les bombardements, il était inquiet pour eux, demandant de leurs nouvelles à chaque instant.
Il croyait fermement aux femmes Moudjahidine du peuple et à leur rôle croissant à la direction du mouvement. Je me souviens qu’il y a environ quatre ans, lorsque Zahra (Merikhi – Secrétaire générale de l’OMPI) a présenté ses nouvelles adjointes et co-responsables issues de la jeune génération de l’OMPI, il était très heureux et m’a dit à plusieurs reprises : « Quelle belle décision, courageuse et porteuse d’avenir ! Je sens que l’avenir de l’OMPI est assuré. »
Fidélité et sacrifice
L’histoire du Dr Sheikhi est celle de tout être humain noble et conscient qui entre dans le champ de bataille pour renverser la tyrannie religieuse, offrant tout son capital et sa vie, adoptant la voie de la fidélité et du sacrifice, atteignant la plénitude de l’humanité et l’apogée des qualités populaires.
Je pense en ce moment à ma chère Massoumeh, feu Massoumeh Joshaghani, prisonnière résistante dans les geôles de Khomeiny. Le régime l’avait emprisonnée pour arrêter son mari, le Dr Sheikhi, et l’a torturée dans la section 209 de la prison d’Evine.
Massoumeh raconte dans ses mémoires comment une professeur de l’Université Sharif, détenue avec elle, disait que les interrogateurs lui avaient montré une liste d’universitaires où le nom du Dr Sheikhi figurait en tête. Elle a beaucoup souffert, mais en prison, elle s’est sentie plus déterminée et a écrit qu’elle remerciait Dieu d’être aux côtés de femmes si résistantes et dévouées. Elle admirait profondément les femmes Moudjahidine du peuple et citait souvent des noms comme la Dr Shourangiz Karimian à qui elle a dédié son livre, Fazilat Allameh, Akram Bahadori, Elaheh Orouji, Zohreh Qaemi et bien d’autres.
Dans les premières années du régime, le Dr Sheikhi s’est dressé contre l’assaut barbare des bandes de Khomeiny contre les universités sous le prétexte de « révolution culturelle » et a fondé le groupe des enseignants engagés. Ce coup d’État anti-culturel de Khomeiny a été la première étape du plan de répression et de purge des enseignants, ainsi que du massacre massif des étudiants. Durant toutes ces années, il a été la voix de la justice pour leur sang versé, le porte-parole de leurs revendications progressistes.
Son rêve et son combat étaient pour la liberté de l’Iran et pour des universités administrées par des conseils d’étudiants et d’enseignants, lieux d’épanouissement du savoir et de la liberté.
Aujourd’hui, le Dr Sheikhi n’est plus, mais les valeurs qu’il a créées par une vie de lutte, de persévérance et de sacrifice resteront vivantes dans les rangs de cette Résistance et au sein de sa famille, membre de la grande famille de la Résistance. Les membres du CNRI, avec une détermination décuplée, poursuivront le combat pour la liberté du peuple iranien, fidèles à son engagement.
Et vous, compagnons de la Résistance, ainsi que les Achrafiens et les courageux membres des unités de résistance, que le Dr Sheikhi aimait tant, et les étudiants insurgés, vous suivrez assurément sa voie.
Saluons la mémoire du Dr Mohammad-Ali Sheikhi !
Saluons celles et ceux tombés dans la voie de la liberté de l’Iran !
« Ô toi, âme apaisée, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée. Entre parmi Mes serviteurs et entre dans Mon paradis. » (Coran, l’Aube, v. 27-30)
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