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10 Déc 2025

Discours dans une conférence au parlement européen pour la Journée des droits de l’homme

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Discours dans une conférence au parlement européen pour la Journée des droits de l’homme

Maryam Radjavi : En Iran les mollahs pendent chaque jour les droits de l’homme

Mesdames et messieurs les eurodéputés,
Chers amis,
La conférence d’aujourd’hui a lieu à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme. C’est le jour où les peuples refusent de laisser la torture, les pendaisons, la répression et la censure décider de leur sort. Des peuples qui, avant tout, luttent pour leur dignité.
Dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et tous les autres documents sur la liberté et les droits humains, chaque mot porte en lui le sang et la souffrance de ces mêmes peuples.
Le Pr. Kazem Radjavi, grand martyr de la cause des droits humains en Iran, a déclaré : « Nous écrivons l’histoire des droits humains avec notre propre sang. » Il a été assassiné à Genève, capitale européenne des Nations unies, par les agents criminels du régime des mollahs.

La répression au-delà des frontières

En Iran, les mollahs pendent chaque jour les droits humains. Le bilan de leurs crimes horribles n’a pas besoin d’être révisé chaque année. Ce dossier tragique est ouvert tous les jours de l’année, à toute heure du jour.
Rien qu’en novembre, 335 prisonniers ont été exécutés. Près de 2 millions de personnes sont arrêtées chaque année. Les mollahs ont même détruit les tombes des prisonniers politiques massacrés dans les années 1980.
Comme l’a déclaré le Dr Mai Sato, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation les droits de l’homme en Iran : « La destruction de ces sites viole le droit international et aggrave les souffrances des familles. »[1]

Le nombre d’institutions répressives en Iran est choquant. Mais Khamenei n’a pas limité la répression à l’intérieur de l’Iran. Il l’a étendue au-delà des frontières du pays.
Un exemple flagrant est la tentative d’assassinat terroriste contre le Pr. Alejo Vidal Quadras, ancien vice-président du Parlement européen, au cœur de Madrid en novembre 2023. Heureusement, il a échappé à une mort certaine.
Le 9 juillet 2025, le juge de la Cour nationale espagnole, dans son acte d’accusation officiel, a dévoilé le réseau des agents étrangers du régime à l’origine de ce crime. Selon le juge, le principal suspect s’est enfui en Iran.[2]

Dans une résolution contre la répression transnationale des défenseurs des droits humains, le Parlement européen a fermement condamné l’attaque terroriste organisée par le régime iranien contre le Dr Alejo Vidal-Quadras.[3]

Au Royaume-Uni, le rapport de la commission parlementaire du renseignement et de la sécurité dresse un tableau clair des menaces que représente ce régime. Parmi celles-ci figurent : les assassinats, les enlèvements, l’espionnage, l’intimidation et les agressions physiques contre les opposants.[4]

En France, le ministre de l’Intérieur a mis en garde contre le danger d’ « attaques ciblées » par le régime iranien contre ses opposants, en particulier ceux affiliés au Conseil national de la résistance. Il a déclaré que le régime utilise « des intermédiaires liés au crime organisé ». [5] En juillet dernier, douze pays européens ainsi que les États-Unis et le Canada ont publié une déclaration commune. Ils ont condamné les menaces proférées par le gouvernement iranien par le biais de ses services de renseignement sur leur territoire. [6]

Ces dernières semaines, des responsables allemands ont signalé que les Iraniens vivant en Allemagne sont victimes de harcèlement croissant des services de sécurité du régime iranien.
Dans le même temps, le bureau de représentation du CNRI en Allemagne a révélé qu’en 2025, plus d’une centaine de cas de menaces et de harcèlement à l’encontre d’exilés iraniens ont été enregistrés rien qu’en Allemagne. [7]

Malgré tout cela, les mollahs appellent ouvertement à l’exportation de la répression, de la terreur et de la persécution à l’étranger.
Dans un procès-spectacle que le régime mène depuis deux ans contre l’Organisation des Moudjahidine du peuple et plus d’une centaine de ses membres et responsables, le soi-disant juge a menacé que tout Iranien vivant à l’étranger qui assiste à une réunion de l’OMPI n’importe où dans le monde peut être poursuivi devant ce tribunal.

Une montée de la répression sans précédent

Par ailleurs, des condamnations à mort ont été prononcées à plusieurs reprises contre des partisans de l’OMPI. Actuellement, 18 prisonniers politiques ont été condamnés à mort pour leur appartenance à l’OMPI. Le régime exerce une pression croissante sur les prisonniers politiques ; certains sont emprisonnés depuis deux à trois décennies, notamment Saïd Massouri, Maryam Akbari et Gholam-Hossein Kalbi.
Néanmoins, les prisonniers mènent chaque semaine depuis près de deux ans la campagne des « Mardi contre les exécutions ».
Jamais auparavant les mollahs n’avaient eu autant besoin d’intensifier la répression, car jamais auparavant ils ne s’étaient sentis aussi proches d’être renversés.

Ce régime se trouve dans une impasse face au peuple iranien et à sa Résistance. Les unités de résistance, par leurs activités croissantes, témoignent de la volonté du peuple de mettre fin à la dictature religieuse et d’instaurer une république démocratique en Iran. Le peuple iranien rejette à la fois la dictature des mollahs et celle du chah.

Les demandes de la Résistance iranienne

Chers amis,
Nous nous sommes levés pour les droits humains, pour la liberté et pour la démocratie, pour la souveraineté populaire dans une république fondée sur des élections libres et pluralistes.
Une république avec la liberté d’expression, la liberté des partis, la liberté de réunion, la liberté de la presse et d’Internet.
Une république fondée sur la séparation de la religion et de l’État, où les libertés et les droits individuels et sociaux sont garantis conformément à la Déclaration universelle des droits de l’homme. La Résistance iranienne insiste sur la fin de toute forme de censure, la poursuite des responsables du massacre des prisonniers politiques, l’interdiction de la torture et l’abolition de la peine de mort.
Nous voulons un système judiciaire indépendant, fondé sur les normes internationales. Ce système doit respecter la présomption d’innocence, le droit à la défense, le droit de recours juridique, et doit abolir les lois de la charia des mollahs.

Nous appelons les membres du Parlement européen :
1. A mettre fin au silence du Service européen pour l’action extérieure et du Conseil des ministres concernant les violations des droits humains en Iran. Le silence sur la situation des 18 prisonniers politiques, dont le seul « crime » est de soutenir l’OMPI, ne doit pas durer.
2-Toutes les relations avec le régime doivent être subordonnées à l’arrêt des exécutions.
3-Il faut fermer les ambassades et les institutions affiliées au régime qui servent de centres de soutien à la répression transfrontalière.
4-Il faut inscrire le corps des pasdarans et le ministère du Renseignement du régime sur la liste des organisations terroristes.

[1] Déclaration du 15 novembre 2025 https://iranfocus.com/human-rights/55996-un-rapporteur-condemns-destruction-of-iranian-political-prisoners/

[2]  El Mundo, 9 juillet 2025

[3] https: //www. europarl.europa.eu/doceo/document/TA-10-2025-2048_EN.html

[4]  Rapport de la commission parlementaire du renseignement et de la sécurité, 9 avril 2025

[5] Le Figaro ; 23 juin 2025

[6] https://www.auswaertiges-amt.de/en/newsroom/news/2729232-2729232

[7]  Reuters, 20 novembre 2025

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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