12 Déc 2025

Discours à la Mairie d’Ypres en Belgique

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Discours à la Mairie d’Ypres en Belgique

Maryam Radjavi : Nous luttons contre une dictature religieuse profondément hostile à l’humanité et à la paix

Chère Madame Desomer,
Honorable Maire d’Ypres,
Permettez-moi de m’adresser à vous comme à ma chère sœur. Je vous remercie sincèrement pour vos paroles chaleureuses.
C’est également un honneur pour moi que M. Yves Leterme soit parmi nous aujourd’hui, lui dont les valeurs politiques et humaines se sont forgées dans cette région, non loin d’Ypres. Il a toujours conservé son admiration et son attachement pour Ypres, ville symbole de paix.

Pour la paix et la dignité

Madame la Maire,
Ypres est une ville dont l’histoire continue de parler au monde entier. Chaque soir à 20 heures, elle nous rappelle les leçons de la guerre et offre de l’espoir à ceux qui luttent pour la dignité, la paix et la liberté. Une ville qui, à travers le souvenir d’effroyables batailles, d’une destruction totale et de soldats anonymes tués par le gaz moutarde, est devenue un rappel moral du coût de la guerre et de la valeur de la paix. Le monde n’oubliera jamais les sacrifices consentis par Ypres. Alors, saluons Ypres ; saluons ceux qui ont sacrifié leur vie pour la paix et la liberté sur cette terre. La détermination à reconstruire, dont ont fait preuve des générations de femmes et d’hommes d’Ypres, est vraiment admirable.
Dans quelques instants, j’aurai l’honneur d’assister à la cérémonie du Last Post à la Porte de Menin. Là, je déposerai des fleurs pour les soldats qui ont donné leur vie sur cette terre. Les tombes de ces héros restent inconnues dans toute cette région. Cette cérémonie, qui a lieu chaque jour depuis 96 ans, est plus qu’un simple hommage aux victimes de la guerre : c’est un cri de l’histoire pour les enfants innocents de l’humanité qui ont souffert, et en même temps un hommage qui leur est rendu. Levons-nous donc et observons une minute de silence en l’honneur de ceux qui ont perdu la vie ici lors de cet événement tragique.

La dignité, un concept profond dans la résistance

Eminentes personnalités,
En ce moment, je voudrais parler de mon pays, l’Iran, où 30 000 prisonniers politiques ont été massacrés en 1988. Ce livre contient les noms d’une partie des victimes de ce massacre. Leurs proches continuent de réclamer justice et de rechercher les tombes qui leur ont été refusées. Ils ont été pendus à travers l’Iran sur ordre de Khomeiny, le fondateur de la dictature religieuse, puis enterrés dans des fosses communes. Plus douloureux encore, quiconque cherche leurs tombes ou honore leur mémoire est persécuté.
Ma visite au musée In Flanders Fields, plus tôt dans la journée, n’était pas seulement une simple visite pour moi. À chaque pas, à chaque image, à chaque son, j’ai ressenti la douleur et l’espoir des personnes qui ont combattu et sont mortes ici il y a cent ans. Les histoires émouvantes présentées dans ce musée font revivre le passé dans nos cœurs. Dans ses salles, règne un silence plus lourd que n’importe quel mot et un message plus fort que n’importe quel discours, soulignant les valeurs de la paix et de la dignité humaine.
J’utilise le terme « dignité humaine » car ce concept profond est au cœur de notre Résistance historique.
Depuis plus de quatre décennies, nous luttons contre une dictature religieuse profondément hostile à l’humanité et à la paix. Plus de cent mille membres de cette Résistance ont donné leur vie dans la lutte pour mettre fin à ce régime barbare.

Les droits humains lapidés en Iran

Mais au-delà des massacres, le régime a également visé la dignité humaine de notre nation :
– en humiliant les femmes,
– en pratiquant la discrimination religieuse,
– en imposant des règles religieuses,
– en niant les droits des minorités ethniques et
– en rejetant le droit du peuple iranien à la liberté et au libre choix, y compris la liberté des femmes de choisir leurs vêtements.
C’est pourquoi nous continuons à répéter : Non au voile obligatoire, non à la religion obligatoire et non au gouvernement imposé.
Notre mouvement mène un combat difficile pour la liberté, la dignité, l’égalité des genres et les droits humains. Hier, c’était la Journée internationale des droits humains. Notre combat est celui des droits humains, des droits qui sont bafoués chaque jour en Iran.
Notre objectif est une république fondée sur la séparation de la religion et de l’État, l’égalité des genres et l’abolition de la peine de mort. Notre combat est également pour la paix. C’est pourquoi nous aspirons à un Iran non nucléaire vivant en paix et en coexistence avec le monde.
Tant que ce régime responsable d’exécutions et de massacres restera au pouvoir, la paix dans la région et dans le monde sera menacée. Ce régime a passé une grande partie de son histoire à mener des guerres, pratiquer le bellicisme et le terrorisme.
Hier au Parlement européen et aujourd’hui ici, je le répète : la liberté de l’Iran est une nécessité pour le monde entier.
Dans cette ville de paix, nous appelons chacun à reconnaître la lutte du peuple iranien pour mettre fin au régime, ainsi que le courage de sa jeune génération à affronter la répression.

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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