Message à la conférence « les droits humains en Iran » à l’ONU – Genève
Maryam Radjavi : Le silence face aux violations des droits humains en Iran, encourage Khamenei dans son bellicisme et sa production de la bombe atomique
Honorables invités, Mesdames et Messieurs,
Nous nous réunissons aujourd’hui à un moment où les droits de l’homme en Iran requièrent de toute urgence l’attention du monde. Le peuple iranien subit une sévère répression et les crimes commis à son encontre sont choquants.
Depuis le début du mois de juillet, au moins 450 personnes ont été exécutées en moins de trois mois. Au cours des 14 derniers mois, 1 850 personnes, dont 59 femmes, ont été exécutées.
Les médias officiels appellent ouvertement à la répétition des grands crimes du passé, notamment le massacre des prisonniers politiques de 1988, crime qualifié de génocide et de crime contre l’humanité par les Nations unies.
Des violations au-delà des exécutions et de la prison
La campagne de répression du régime clérical vise en particulier les membres et les sympathisants de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, qui font l’objet d’arrestations, de persécutions et de diverses restrictions.
Dans un tribunal qui juge en leur absence l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran et 104 responsables et membres de la Résistance iranienne, depuis 2023 à Téhéran, un soi-disant expert du régime a déclaré que toutes les conditions nécessaires pour prouver l’accusation de baghi (rébellion contre le régime), s’appliquent pleinement à l’OMPI. Il a déclaré que la peine pour baghi est la mort, sans exception.
En juillet, deux prisonniers, Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani, ont été exécutés sous l’inculpation d’appartenance à cette organisation. À l’heure actuelle, quatorze autres prisonniers risquent d’être exécutés pour le même motif.
Permettez-moi de vous rappeler que des prisonniers tels que Maryam Akbari Monfared sont détenus depuis plus de 15 ans, simplement pour avoir réclamé justice pour les victimes du massacre de 1988.
En Iran, un mouvement social en pleine expansion brandit désormais le slogan « Non aux exécutions ». Récemment, les habitants de Semirom ont manifesté et fait grève après l’exécution brutale d’un des leurs, le prisonnier politique Mehran Bahramian.
Dans les prisons, 87 semaines se sont écoulées depuis le lancement de la campagne « Non aux mardis des exécutions« . Dans le cadre de cette campagne, des détenus de 52 prisons organisent des grèves de la faim tous les mardis.
Chaque année en Iran, un million et demi à deux millions de personnes sont arrêtées. Les violations des droits humains en Iran vont bien au-delà des exécutions et des emprisonnements. Les détenus sont privés des conditions de vie et d’hygiène les plus élémentaires. Leur droit aux soins médicaux est systématiquement violé, et certains en sont morts. La situation des prisonnières est encore pire, en particulier à la prison de Qarchak de Varamine.
Le nécessaire soutien international aux droits des protestataires
Chers amis,
Ceci n’est qu’une partie de l’horrible tableau des violations des droits humains en Iran. Les crimes du début des années 1980 – en particulier le massacre de 1988 – restent impunis et se répètent aujourd’hui dans les prisons et les rues d’Iran.
Les gouvernements et les organes des Nations unies doivent mettre fin à cette impunité injuste. Comme l’a souligné le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran en 2024, les États devraient utiliser la compétence universelle pour lancer des mandats d’arrêt à l’encontre de Khamenei et des autres responsables de ces atrocités.
En gardant le silence sur les violations des droits humains en Iran, Khamenei s’enhardit à poursuivre son projet belliciste et de fabrication de bombes. Le 23 septembre, il a promis de ne pas abandonner l’enrichissement de l’uranium à 60 %.
Face à ce régime brutal, la communauté internationale doit défendre les droits et les libertés des manifestants, des jeunes qui se soulèvent et des membres des unités de résistance dans leur lutte contre le corps des pasdarans, comme le souligne la Déclaration universelle des droits de l’homme.
La lutte du peuple iranien pour la liberté est aussi une lutte pour la paix dans la région et dans le monde. Il incombe à la communauté internationale de les soutenir et de reconnaître leur lutte pour la liberté, la justice et les droits humains.
- Étiquettes : Droit de l’homme, exécution, Maryam Radjavi, Peuple Iranien

