18 Fév 2009

Iran, le vent du changement

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Iran, le vent du changement

Interview de Maryam Radjavi par Fausta Speranza

Limes, revue italienne de géopolitique, 28 janvier 2009 – L’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), n’est plus une organisation terroriste pour l’UE. La situation de l’opposition iranienne. Entretien avec Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne.

Iran, le vent du changement «Le vent du changement souffle sur l’Iran» : Avec cette expression, la présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, Mme Maryam Radjavi, exprime à Limes toute sa satisfaction de la décision de l’Union européenne de retirer de la liste noire des organisations terroristes l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), l’organisation militante de l’opposition au régime des mollahs en Iran.

À la fin de janvier 2009 la mesure voulue par la Grande-Bretagne en 2002, après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, a donc été inversée. Dans la foulée des mesures extraordinaires prises contre le terrorisme, l’OMPI avait aussi été incluse dans la liste noire. Elle a été fondée en 1965 dans le but de renverser l’ancien régime du chah, se référant à un islam modéré. Aujourd’hui, elle lutte contre ce que Maryam Radjavi appelle «le régime fasciste religieux des mollahs» à Téhéran. Selon plusieurs décisions de la Cour européenne (la dernière datant du 4 décembre 2008) « il n’existe pas de preuves sérieuses et crédibles» pour parler d’actes de terrorisme. C’est ainsi que se referme le chapitre européen, mais il reste la liste noire des États-Unis. Maryam Radjavi, qui représente le réseau de l’opposition à l’étranger, parle d’une inscription « plus injustifiée que jamais » et demande au nouveau président des Etats-Unis Obama d’ « écarter l’option de la complaisance avec les mollahs et de retirer l’OMPI de la liste noire».

Maryam Radjavi dénonce « le recours à tout type de pressions politiques et diplomatiques » par Téhéran pour maintenir l’interdiction sur l’organisation qui dénonce les crimes et les graves violations des droits de l’homme par les dirigeants iraniens. Quand elle parle de «politique de complaisance », Maryam Radjavi parle aussi des « intérêts économiques mesquins» de nombreux pays européens, qui ont retardé la décision concernant l’OMPI et, qui surtout, contredisent les sanctions imposées pour les questions d’énergie nucléaire. À cet égard, le même jour que l’Union européenne a approuvé la décision sur l’OMPI, l’Allemagne a annoncé un demi-tour : le gouvernement allemand, selon la presse, a ordonné un arrêt des garanties publiques sur les prêts accordés à des entreprises pour l’exportation vers l’Iran. Il l’a fait après qu’une augmentation importante des exportations allemandes vers l’Iran en 2008 ait été signalée, malgré le durcissement des sanctions. Parmi les plus grands détracteurs de l’envolée des exportations allemandes vers l’Iran se trouvent les États-Unis et Israël, qui estiment que jusqu’à la fin du mois de novembre 2008, les exportations vers l’Iran ont augmenté de 10,5% sur une base annuelle, jusqu’à 3,58 milliards de dollars.

De temps en temps la confrontation entre Téhéran et les grandes puissances mondiales du groupe des ‘5 +1’ (Les USA, la Grande-Bretagne, la Chine, la Russie, la France et l’Allemagne) s’échauffe sur le programme nucléaire de l’Iran, et maintenant on attend de voir comment vont évoluer les choses avec l’administration Obama. A Bruxelles, on a souligné que la porte du dialogue avec Téhéran « est toujours ouverte » alors qu’on applique à la lettre les sanctions prévues par la résolution 1803 des Nations unies. Jusqu’à présent, Maryam Radjavi a accusé la communauté internationale de ne pas être en mesure de sortir de l’option de la « carotte » offerte par l’Union européenne et du «bâton» redouté des États-Unis.

Le Conseil national de la Résistance iranienne est né en 1981 et a son siège à Paris. Son fondateur est Massoud Radjavi, mais pour des raisons de sécurité, on ne sait où il se trouve. Maryam Radjavi, par contre, qui est la présidente-élue, intervient en public, entourée toute fois de mesures de sécurité. Chaque année, elle réunit à Paris, près de 7000 Iraniens en exil. Elle réaffirme que la solution à la crise iranienne n’est ni «la politique de concessions au régime des mollahs, soutenue ces deux dernières décennies par l’Occident en général et l’Union européenne en particulier, ni la guerre et l’intervention militaire étrangère ». La troisième voie, selon le CNRI, « est un changement démocratique dans le pays avec l’appui de la population iranienne et de la résistance organisée ». On verra si c’est la voie qu’empruntera Obama et s’il aura une autre troisième voie.

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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