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Oct 072020

Maryam Radjavi : Les obligations politiques et morales de l’UE

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Maryam Radjavi : Les obligations politiques et morales de l’UE

Discours à la visio-conférence au Parlement européen : 
« Iran : poursuite des crimes contre l’humanité »

Honorables députés,
Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de m'entretenir avec vous. J'apprécie l'attention soutenue que vous portez à la situation tragique du peuple iranien et à son désir de se libérer de la dictature religieuse.

Chers amis,
Des dizaines de prisonniers politiques sont dans le couloir de la mort en Iran. Les prisonniers politiques sont soumis à la torture. Aujourd'hui, vous pouvez entendre les familles des milliers de personnes tuées lors des récentes manifestations, appeler l'Europe et le monde à les soutenir. 
Ce régime est confronté à la colère et au mécontentement de la grande majorité du peuple iranien. En plus des milliers de manifestations, grandes et petites, cinq grands mouvements de protestations ont éclaté en Iran depuis janvier 2018 : les chauffeurs de camions, les enseignants, les infirmières, les étudiants, les ouvriers des usines et les travailleurs du pétrole se sont dressés à maintes reprises pour faire entendre leurs protestations. 
Par leurs activités, les unités de résistance et la jeunesse courageuse ont eu un grand impact pour briser le climat de terreur. Elles ouvrent la voie à d'autres protestations et soulèvements.

Mesdames et Messieurs les parlementaires,
La politique inhumaine des mollahs a de quoi surprendre certains. Pourquoi exécutent-ils un jeune champion national, Navid Afkari, malgré les protestations mondiales et nationales ? Pourquoi visent-ils les aéroports, les installations pétrolières et les pétroliers ? Et pourquoi n'abandonnent-ils pas leurs programmes nucléaires et de missiles, ou leurs guerres criminelles au Moyen-Orient ?

Conséquences désastreuses de la politique occidentale

Il ne reste plus aujourd'hui d'illusions sur la modération ou le changement d'attitude de ce régime. 
Il y a des années, la troïka européenne a mené un dialogue sur les droits de l'homme, un dialogue critique et un engagement constructif avec ce régime. Le résultat de chacune de ces politiques a tout simplement été désastreux.
Le JCPOA n'a conduit qu'à un renforcement du corps des pasdarans, à une plus grande répression du peuple iranien, à un renforcement du bellicisme en Syrie, en Irak et au Yémen, et à une augmentation du terrorisme en Europe et dans d'autres pays.
Cela est arrivé au point où, trois ans après l'accord nucléaire et la levée des sanctions, un soi-disant diplomate du régime a transporté une bombe en Europe. Puis, il l'a remise en mains propres à ses agents pour la faire exploser au rassemblement annuel de la Résistance iranienne à Paris. Avant cela, il s'était personnellement rendu à Paris en juin 2017 pour recueillir des informations sur les endroits pertinents pour mener à bien ce plan horrible.
Afin de se coordonner avec les responsables en Iran, il s'y est rendu au moins six fois au cours du premier semestre 2018. Aujourd'hui, il est emprisonné en Belgique et son procès aura lieu le mois prochain.
Ce qui était planifié était un grand crime contre l'humanité et l'une des plus grandes catastrophes terroristes en Europe. Dans mon témoignage, j'ai présenté des documents, en soulignant que ce plan criminel avait été préparé au sein du Conseil suprême de sécurité du régime dirigé par Hassan Rohani et exécuté sur ordre d'Ali Khamenei. Par conséquent, Khamenei, Rohani, Zarif et Alavi, le ministre du Renseignement du régime, doivent être traduits en justice. 
Mais la grande question reste la suivante : Pourquoi le régime s'est-il enhardi à engager directement l’un de ses diplomates dans une opération terroriste ? 
L'une des raisons est qu’il est désespéré face aux manifestations du peuple iranien et au rôle important de la Résistance dans les soulèvements.
Mais une autre raison est que le régime était convaincu qu'il ne paierait aucun prix pour un crime terroriste aussi important au cœur de l'Europe, en raison de la politique de complaisance en cours.
Comment l'UE pourrait-elle fermer les yeux sur les agents et les espions du régime qui se déplacent sur le sol européen ? Les services de renseignement européens ont signalé à plusieurs reprises que les ambassades du régime sont des centres d'espionnage et d'opérations contre les dissidents, en particulier l'OMPI.

Que faire ?

Chers amis,
L'opposition à la prolongation de l'embargo sur les armes du régime et l'inaction face aux violations des droits humains en Iran ne sont pas acceptables.
L’indifférence face aux mouvements constants des agents du ministère du Renseignement et de la Force Qods en Europe, tout en leur laissant les mains libres pour conclure des affaires, va contre les intérêts du peuple iranien et contre la paix et la sécurité dans le monde.
Les événements de l'année dernière ont montré que le peuple iranien est prêt à renverser le régime clérical et établir une république pluraliste fondée sur la séparation de la religion et de l'Étatl'égalité des sexes, l'abolition de la peine de mort, le respect des droits des groupes ethniques et un Iran non nucléaire
Dans ces circonstances, la sécurité de l'Europe, ses intérêts économiques à long terme et ses relations avec le Moyen-Orient, dépendent de sa décision de se tenir aux côtés du peuple iranien, et non des mollahs.

Honorables députés,
Au nom de la Résistance du peuple iranien, je propose une politique en trois volets :
Droits de l'homme pour le peuple d'Iran, embargo total pour la dictature religieuse, et reconnaissance de la Résistance du peuple iranien pour la liberté et la démocratie.
Je demande au Parlement européen d'exhorter le Conseil des ministres à adopter une législation contraignante pour expulser du sol européen les agents du régime iranien, fermer ses ambassades dans tous les États membres de l'UE et désigner le corps des pasdarans et ses mandataires en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen et dans d'autres pays comme des groupes terroristes.
Une mission internationale indépendante doit enquêter sur le massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988 en Iran et sur le massacre de plus de 1 500 manifestants par Khamenei lors du soulèvement de novembre 2019.
La mission doit également enquêter sur la situation dans les prisons et des prisonniers en Iran, en particulier des prisonniers politiques. Nous demandons la libération de tous les prisonniers politiques. 
Je remercie sincèrement les membres du Parlement européen et le rôle que joue cet organe dans la défense des droits de l'homme et la résistance du peuple iranien.
Merci beaucoup.

Maryam Radjavi

 

Présidente-élue du Conseil national de la Résistance Iranienne

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