20 Juin 2026

Discours de Maryam Radjavi pour un Iran libre à Paris

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Discours de Maryam Radjavi pour un Iran libre à Paris

Seule l’armée de la liberté mène à la libération de l’Iran
Pour l’anniversaire déclenchement de la résistance le 20 juin 1981

Le sommet « Iran Libre 2026 » s’est tenu à Paris le samedi 20 juin 2026, en présence de nombreux soutiens et de personnalités politiques internationales. Cette rencontre coïncidait avec le 45ᵉ anniversaire du déclenchement de la résistance nationale en Iran, la Journée des martyrs et des prisonniers politiques, ainsi que l’anniversaire de la création de l’Armée de libération nationale iranienne.
Cette conférence a réuni un large éventail de responsables politiques actuels et anciens, venus des États-Unis et d’Europe, parmi lesquels Charles Michel (ancien président du Conseil européen et ancien Premier ministre belge),

– Boris Johnson (ancien Premier ministre du Royaume-Uni)
– Petre Roman (ancien Premier ministre de Roumanie)
– John Bercow (ancien président de la Chambre des communes britannique)
– Dmytro Kuleba (ancien ministre ukrainien des Affaires étrangères)
– John Baird (ancien ministre canadien des Affaires étrangères)
Alejo Vidal-Quadras (ancien vice-président du Parlement européen) et Robert Torricelli (ancien sénateur américain).

Des parlementaires de plusieurs payas étaient également présents, notamment:

– La baronne O’Loan (Chambre des lords du Royaume-Uni)
– Carsten Müller (Bundestag allemand)
Christine Arrighi (députée française)
– Naike Gruppioni (députée italienne)
– Judy Sgro (députée canadienne)
Dominique Attias, ancienne présidente de la Fédération des Barreaux d’Europe

Dans son intervention lors du sommet, Maryam Radjavi a exposé la vision du mouvement pour l’avenir d’un Iran libre.

Elle a déclaré qu’au cours des quatre dernières décennies, ni les négociations ni la guerre n’ont apporté de réponse à la menace que représente le fascisme religieux.

Elle a souligné que le changement en Iran doit être porté uniquement par le peuple iranien et sa résistance organisée.

Dans son allocution, Maryam Radjavi est revenue sur les quarante-cinq années d’histoire de ce mouvement, depuis la manifestation de 500.000 Téhéranais le 20 juin 1981 jusqu’à ce jour, afin de défendre la nécessité de disposer d’une force combattante sur le terrain pour rendre possible le changement politique. Affirmant que son mouvement avait opté pour la résistance à la dictature, elle l’a présenté comme l’héritier des aspirations démocratiques du peuple iranien depuis la Révolution constitutionnelle de 1906. Rejetant les options d’une guerre étrangère, de la complaisance avec le régime et du montage d’une alternative autour des vestiges de l’ancien régime, elle a estimé que le potentiel de mobilisation de la société iranienne et les impasses internes du pouvoir accéléraient la perspective d’un changement.

Les points clés du discours de Maryam Rajavi étaient les suivants :
• Les engagements du gouvernement provisoire annoncé par le Conseil national de la Résistance iranienne, conformément au plan en dix points de Maryam Radjavi, durant la période de transfert de la souveraineté populaire.

• Pourquoi l’Armée de libération nationale et les unités de résistance sont-elles, selon ce mouvement, la seule force capable de provoquer un changement politique en Iran ?

• Pourquoi la vision du CNRI pour un Iran libre insiste sur le mot d’ordre « ni chah ni mollahs » ?

Voici le texte intégral du discours de Maryam Radjavi :

Chers Compatriotes !
Nous célébrons aujourd’hui le 45e anniversaire de la résistance nationale, journée des martyrs et des prisonniers politiques et anniversaire de la création de l’Armée de libération nationale iranienne.
Quarante-cinq années de résistance acharnée d’un peuple contre la bête immonde de la tyrannie religieuse constituent le plus grand atout pour la liberté ; c’est ce mouvement que Massoud [Radjavi, le dirigeant de la Résistance iranienne] a fondé et qui va tourner la page la plus sombre de l’histoire iranienne contemporaine.
Massoud a déclaré : « Khamenei est mort et le peuple s’éveille à la vie. La nation iranienne et ses enfants courageux se préparent à la guerre principale, avec un soulèvement et le renversement du régime. La guerre des guerres pour mettre fin à cent années de tyrannie et célébrer l’avènement de la liberté et d’une république démocratique. »

Paix et liberté

Le fils de Khamenei, complice de son père dans les massacres de plus d’un quart de siècle, est aujourd’hui l’héritier des ruines de la tyrannie religieuse. Mais il s’agit d’un gouvernement d’urgence voué à la chute. C’est la dernière étape du régime.
Nous disons aux vestiges de la dictature religieuse : quelle que soit la direction que vous empruntez, le soulèvement et le renversement vous y attendent.
Face aux rebelles et aux villes insurgées d’Iran, vos cités de missiles ne peuvent rien.
Face à un soulèvement organisé, vos mises en scène le soir dans les rues ne sauront résoudre vos problèmes, et les exécutions quotidiennes de prisonniers politiques ne sauveront pas votre régime.

Chers compatriotes,
Pour commencer aujourd’hui, permettez-moi de souligner à nouveau que la Résistance iranienne qui a recherché la paix et la liberté durant près de 50 ans, constitue depuis 35 ans, avec plus de 133 révélations, en particulier sur les installations nucléaires secrètes de Natanz et Arak en aout 2002, le principal obstacle empêchant le régime des mollahs de se doter de la bombe atomique. La Résistance iranienne accueille favorablement tout accord mettant fin à la guerre et aux souffrances du peuple iranien. A part les vestiges du chah et des mollahs, personne en Iran n’a voulu ni ne veut de guerre.
Les efforts pour produire l’arme nucléaire, le bellicisme et les ingérences dans les pays de la région font partie de la stratégie de la dictature religieuse pour se maintenir en place et elle n’y renoncera pas. La guerre sert de bouclier au régime face aux soulèvements populaires. La paix et le cessez-le-feu sont pour lui, comme l’avait dit Khomeiny, un calice de poison. Le renversement du régime relève du peuple iranien et de sa résistance organisée, en nous basant sur le principe d’indépendance qui nous est le plus cher.

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Le salut du peuple iranien passe par une seule voie

Le fait que le fils de Khamenei, moins de 24 heures après la signature du protocole d’accord l’ait contesté en disant « en principe nous avions un autre avis », trahit la profonde division au sommet du régime ainsi que l’ampleur de son instabilité et de ses vacillements.
Je dis aux mollahs au pouvoir : déposez à terre le bouclier de la guerre, des exécutions et des massacres contre les soulèvements. Vous verrez alors ce que le déchaînement de la haine refoulée du peuple infligera à ce régime en décomposition.
La véritable guerre est celle menée par le peuple iranien contre ce régime agonisant, qui se trouve dans une impasse et se heurte à des obstacles irrémédiables.
Un régime qui fait subir la faim à des dizaines de millions d’Iraniens. Certains ne se nourrissent que de pain sec, et n’ont même pas le strict nécessaire pour survivre.
Il n’y a qu’un seul moyen de sauver le peuple iranien : renverser ce régime cruel par une révolution démocratique. Et c’est un sort auquel il ne pourra échapper.

Les tentatives du régime pour empêcher la grande manifestation de l’Iran libre montrent combien il redoute ce destin.
Le tribunal administratif de Paris a déclaré aujourd’hui, en se fondant sur des rapports des services des renseignement, que la manifestation du 20 juin est exposée à des risques d’attaques de la part du régime iranien et des vestiges de la monarchie. La SAVAK aurait menacé de commettre un attentat à la bombe contre cette manifestation et aurait « appelé ses partisans à entraver le déroulement du cortège ».
Les vestiges du chah sont des complices et des instruments du régime iranien dans sa confrontation avec  le peuple iranien et sa résistance.

Il tremble devant toute action portant la marque des Moudjahidine du peuple et du Conseil national de la Résistance iranienne, car il considère ce mouvement comme sa ligne rouge la plus cruciale et la menace la plus grave pour son existence.
Dès le début, Khomeiny avait clairement déclaré le 25 juin 1980 qu’il ne redoutait ni les Etats-Unis, ni l’Union soviétique, ni les autres Etats, mais les Moudjahidine du peuple à Téhéran. Il voyait exactement dans l’OMPI, l’antithèse de son islam de façade. C’est pourquoi le mot d’ordre « A bas les Moudjahidine du peuple » est devenu le slogan principal de son régime et qu’il a fini par lancer le décret de massacre de tous les Moudjahidine du peuple restés fidèles à leurs convictions.
Ces quarante dernières années, ni la négociation ni la guerre n’ont permis de contrer la menace du fascisme religieux.
Nous avons déclaré que le fascisme religieux et l’intégrisme sous le couvert de l’islam, constituaient la plus grande menace pour le monde actuel. Mais nous n’avons pas été entendus.
Aujourd’hui, nous affirmons qu’un Iran pacifique et non nucléaire n’est possible qu’avec le renversement du régime des mollahs par le peuple et sa résistance organisée. La souveraineté populaire, la préservation de l’intégrité territoriale de l’Iran, la coexistence et la paix avec les pays voisins et de la région, tout cela dépend de l’instauration d’une république démocratique.

La vraie force du changement

La voie vers la liberté de l’Iran ne passe pas par une guerre étrangère ; elle ne réside pas dans l’attente d’un effondrement spontané du régime ; la voie vers la liberté de l’Iran ne passe pas par une alternative factice et virtuelle.
La véritable force du changement se trouve sur le terrain, émanant du peuple qui aspire à une société libre et juste ; cette même jeunesse dévouée et informée qui rejette à la fois le chah et les mollahs, aux côtés d’une résistance organisée forte de 61 années d’expérience dans la lutte contre deux dictatures.
Cinq jours avant le début de la guerre récente, à l’aube du 23 février, 250 combattants des Moudjahidine du peuple ont lancé un raid sur le siège de Khamenei, en plein cœur de Téhéran. Quelques semaines auparavant, lors du soulèvement de janvier, les unités de résistance avaient mené 630 opérations contre les forces et les centres répressifs du régime.
Vous vous souvenez tous qu’en 2003, à Achraf, en Irak, environ 20 000 armes légères et lourdes ainsi que 20 000 tonnes de munitions avaient été saisies à l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). Ces derniers avaient confisqué ces armes au régime de Khomeiny lors d’une centaine d’opérations de l’Armée de libération nationale iranienne (ALNI), ou bien les avaient achetées avec leurs propres deniers.
Dans un communiqué officiel du 17 mai 2003, le CENTCOM avait annoncé la saisie à l’OMPI de 2139 chars et véhicules blindés de transport de troupes, de canons, d’obus d’artillerie et de DCA. Au fait pour quel raison les armes de l’OMPI et de l’ALNI ont-elles été saisies et à qui cette saisie a profité ?
Si l’ALNI avait conservé ses armes et munitions près de la frontière iranienne, les soulèvements populaires en Iran de 2017/2018, 2019, 2023 et 2026 aurait sans aucun doute connu un sort différent. Car, comme l’a dit Massoud [Radjavi], l’Armée de libération est le seul chemin menant à la liberté.

Une république démocratique

Mes chers compatriotes,
Lors du soulèvement de janvier, les insurgés dans la rue ont suivi la voie de l’Armée de la Liberté. Devant les tribunaux des mollahs, ils ont proclamé haut et fort qu’ils s’étaient soulevés pour renverser le régime, mais ceux qui disposaient d’un appareil de désinformation et de mensonges, à coups de milliards, ont cherché à s’approprier le soulèvement et à le faire passer pour une tentative de retour à une dictature monarchique. En pratique, cela a entièrement profité à Khamenei. Et cela a entièrement servi à réprimer le soulèvement.
Les partisans du chah ont défilé dans les rues d’Europe, en arborant l’emblème des tortionnaires de la SAVAK et de la « Garde éternelle ». Ils promettent d’instaurer la loi martiale. Nos compatriotes kurdes sont bombardés de missiles par les Gardiens de la révolution, et les survivants du chah les accusent de séparatisme. Mais nous affirmons que l’autonomie est un droit inaliénable des composantes ethniques de l’Iran, victimes d’une double oppression.
Oui, l’avenir de l’Iran, la paix et la liberté en Iran reposent sur l’instauration d’une république démocratique.
L’annonce par le Conseil national de la Résistance iranienne d’un gouvernement provisoire visant à transférer la souveraineté au peuple par le biais d’élections libres pour une Assemblée constituante et législative dans un délai de six mois a pour but de réaliser ce transfert.

Mon engagement

Maintenant, si vous vous demandez ce qui garantit qu’une république adhérera à de tels idéaux, cherchez la réponse dans les générations qui se sont illustrées par leur amour de la liberté au cours de 61 années de lutte contre le chah et les mollahs.
Les Moudjahidine du peuple qui ont été exécutés, m’avaient écrit à maintes reprises depuis leur prison : « Nous tiendrons bon jusqu’au bout. »
Aujourd’hui, en réponse à ces victimes des exécutions et du massacre de 1988, en réponse à tous les prisonniers résistants, et en réponse à la génération qui s’est levée pour vaincre le régime, et en particulier devant le peuple iranien, je tiens à rappeler :
Chaque goutte de sang versée de vos corps durant ces 48 années noires,
Chaque coup de fouet reçu,
Chaque minute passée en prison dans les cachots et les salles de torture,
Chaque parcelle de votre vie ruinée par la pauvreté, le Covid-19 et la politique belliciste du régime,
Accroît ma responsabilité et celle de tout le mouvement de résistance.
Mon engagement est un pacte irrévocable pour la liberté de tout le peuple iranien, de toute ses composantes ethniques, de toute croyance, de toute opinion, de toute religion et de tout culte.
Mon engagement est de défendre la liberté, l’honneur et l’indépendance de l’Iran contre toute dictature et dépendance ; Et cela aussi passe par un chemin tortueux parsemé de souffrances et d’épreuves. Mais nous n’avons pas peur !
Nous resterons fidèles à ce serment.
C’est mon engagement et notre engagement.
Notre engagement envers le peuple iranien et notre engagement envers Massoud [Radjavi], jusqu’à notre dernier souffle et notre dernière goutte de sang.

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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