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21 Juin 2026

Discours à la conférence internationale de l’Iran libre 2026

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Discours à la conférence internationale de l’Iran libre 2026

Maryam Radjavi : Le changement en Iran se fera avec les forces combattantes sur le terrain

Elle a réuni un autre groupe de personnalités politiques, militaires et diplomatiques de premier plan, parmi lesquelles le général James Jones (ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis), Bob Blackman (député britannique et président du Comité britannique pour la liberté en Iran), David Jones (ancien ministre britannique chargé du Pays de Galles), le général Keith Kellogg (ancien envoyé spécial des États-Unis pour l’Ukraine et la Russie), Sir Liam Fox (ancien ministre britannique de la Défense), Louis Freeh (ancien directeur du FBI), Anneli Jäätteenmäki (ancienne Première ministre de Finlande), Geir Haarde (ancien Premier ministre d’Islande), Ingrid Betancourt (ancienne sénatrice et ancienne candidate à la présidence de la Colombie) ainsi que Carla Sands (ancienne ambassadrice des États-Unis).
Étaient également présents le général Tod D. Wolters (ancien commandant suprême des forces alliées de l’OTAN en Europe), Margot Käßmann (ancienne évêque et ex présidente du Conseil de l’Église évangélique d’Allemagne), Kathleen Depoorter (députée belge), Iñigo Fernández García (sénateur espagnol), Linda Chavez (ancienne directrice de la communication de la Maison-Blanche), l’ambassadeur Robert Joseph (ancien sous-secrétaire d’État américain chargé du contrôle des armements et de la sécurité internationale), Lincoln Bloomfield Jr. (ancien secrétaire d’État adjoint américain aux affaires politico-militaires), ainsi que Struan Stevenson et Paulo Casaca (anciens députés européens).

Dans son allocution, Maryam Radjavi est revenue sur les quarante-cinq années d’histoire de ce mouvement, depuis la manifestation de 500.000 Téhéranais le 20 juin 1981 jusqu’à ce jour, afin de défendre la nécessité de disposer d’une force combattante sur le terrain pour rendre possible le changement politique. Affirmant que son mouvement avait opté pour la résistance à la dictature, elle l’a présenté comme l’héritier des aspirations démocratiques du peuple iranien depuis la Révolution constitutionnelle de 1906. Rejetant les options d’une guerre étrangère, de la complaisance avec le régime et du montage d’une alternative autour des vestiges de l’ancien régime, elle a estimé que le potentiel de mobilisation de la société iranienne et les impasses internes du pouvoir accéléraient la perspective d’un changement.

Les points clés du discours de Maryam Radjavi étaient les suivants :

• Comment les révélations du mouvement de résistance iranien sur le programme nucléaire, au cours des trois dernières décennies, ont conduit la stratégie de survie du régime dans une impasse ?
• Quelle réponse apporter à l’équation iranienne, marquée à la fois par le potentiel explosif de la société et les luttes de pouvoir au sein du régime des mollahs ?
• Pourquoi la Résistance iranienne appelle-t-elle à mettre un terme à la politique de complaisance avec le régime en place en Iran ?

Le texte intégral du discours de Maryam Radjavi est reproduit ci-après:

Mes chers compatriotes, honorables personnalités,

En ce 45e anniversaire de la résistance nationale du peuple iranien contre le fascisme religieux, je salue l’avant-garde qui a manifesté le 20 juin 1981, et tous les héros et martyrs des batailles continues, complexes, douloureuses et sanglantes menées au fil de ces longues années.
Cette résistance a débuté avec le cortège d’un demi-million de manifestants à Téhéran ce 20 juin 1981, qui a constitué un tournant politique majeur après l’arrivée au pouvoir de Khomeiny.
Le choix était clair : être ou ne pas être, liberté ou dictature, résistance ou soumission. Nous avons choisi de résister. Massoud [Radjavi, le dirigeant de la Résistance iranienne] a dit : « Je résiste pour la liberté, donc je suis. »
Il s’agit d’une résistance qui porte les aspirations les plus légitimes, les plus douloureuses et les plus profondes du peuple iranien depuis 120 ans et qui se poursuivra jusqu’à la victoire de la révolution démocratique.
Cette année marque le 120e anniversaire de la révolution constitutionnelle de 1906 en Iran contre la monarchie absolue et la tyrannie des chahs.

Ni guerre ni complaisance

Je salue les dizaines de milliers d’Iraniens qui sont venus hier à Paris sur la place Vauban et dans les environs, mais dont la manifestation s’est heurtée à une interdiction injustifiée. Je salue en particulier la jeune génération qui a fait entendre au monde sa voix. Les vestiges du régime ont voulu à coups de marchandage faire taire cette voix. Mais leur voix – la plus légitime de l’Iran au cœur de Paris – a retenti plus fort que jamais.
Heureusement, les Français et leurs honorables représentants ont montré – et déclaré haut et fort – qu’ils s’opposent à la politique de concessions avec le régime et qu’ils se tiennent aux côtés de cette résistance, du Conseil national de la Résistance et des unités de résistance.
Qui plus est, Madame la députée Christine Arrighi a déclaré hier ici-même : « je suis meurtrie par cette France. » Elle évoquait l’interdiction de la liberté d’expression et de la liberté de réunion à Paris. Elle a ajouté : « Nous disons non à la guerre, non à la complaisance, et non aux négociations sans fin jusqu’à ce jour. Mais oui au soulèvement, oui au peuple iranien en soutenant sa résistance indépendante pour le renversement de ce régime impitoyable. »
Je voudrais également rappeler les propos tenus hier ici même par d’éminentes personnalités qui traduisent chacun la puissance du soutien à cette alternative et au mouvement du peuple iranien pour renverser la dictature.
M. Charles Michel, l’ancien président du Conseil européen, a tout résumé en un mot. Il a dit que la complaisance n’avait pas pu arrêter Hitler, ni faire obstacle à ce régime. Il a ajouté que les unités de résistance, avec courage et au péril de leur vie, portent l’espoir et la volonté d’un Iran démocratique. Mesdames et Messieurs, le peuple iranien a le droit de choisir. C’est là le point essentiel.

Quelle solution à la crise en Iran

Mesdames et Messieurs,
Aujourd’hui, à l’un des moments les plus sensibles de l’histoire de l’Iran, la question décisive est de savoir quelle est la solution à la crise et comment ce régime peut et doit être renversé?
Durant toutes ces années, lorsque la Résistance iranienne affirmait qu’une vipère ne peut pas accoucher d’une colombe, lorsque nous disions que dans le tunnel obscur du régime du guide suprême, ou du fascisme religieux, il ne faut chercher ni changement de comportement, ni modération, ni réforme, et qu’il ne faut pas pratiquer la complaisance, les gouvernements du monde ne l’ont pas accepté.
Mais à présent, les expériences amères et sanglantes ont simplifié beaucoup de choses.
Entre autres, que des hypothèses telles que l’effondrement spontané du régime ou son renversement par des frappes aériennes et une guerre étrangère, et la création d’alternatives virtuelles et robotiques autour des survivants de la dictature du chah, ne servent que les intérêts des mollahs au pouvoir.
En revanche, une vérité est apparue clairement : la seule solution à la crise actuelle est un changement de régime, et ce changement est possible grâce au soulèvement du peuple et de sa résistance organisée.

La force du changement

L’essentiel est que le changement en Iran exige une force motrice. Une force capable de lutter sous une répression maximale. Une force qui, aux côtés du soulèvement populaire, écartera les Gardiens de la révolution de la voie du peuple iranien.
Regardez ces ouvrages :
Ce livre contient les noms et une série de photos de 20 000 Moudjahidine du peuple, hommes et femmes, tombés pour la liberté. 20 000 sur 100 000 martyrs. L’autre livre contient les noms et les photographies de plus de 5000 Moudjahidine du peuple pendus lors du massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988.
Bien sûr, l’histoire n’est pas terminée et même continue. Nous naviguons sur le navire de la résistance, voguant sur un océan de souffrance et de sang et nous avançons.
Comme Massoud [Radjavi], nous disons que nous sommes plus forts de la mort, les exécutions et les massacres. Chaque fois que l’on nous fauche, nous renaissons, chargés de bourgeons plus féconds et vigoureux. Nous nous dressons et continuons à saper les fondements de l’ennemi que constitue la dictature religieuse.
Quant à la diabolisation de la résistance iranienne, elle ne connait pas de répit.
En juin 2003, à la même époque, 12 gouvernements ont été incités à se retourner contre nous en nous inscrivant sur des listes d’organisations terroristes et en montant contre nous un dossier judiciaire de 100 000 pages, dont l’annulation par les tribunaux a pris 15 ans.
Au final, nous sommes sortis victorieux et blanchis de toutes ces épreuves. Mais le régime des mollahs a bénéficié d’au moins deux décennies de plus. Par le biais des agissements d’individus comme Chalabi, des préparatifs ont été faits pour le désarmement des Moudjahidine du peuple en Irak et la saisie de 14 de leurs bases le long de la frontière iranienne. Mais nous n’avons pas renoncé.
Les unités de résistance à travers l’Iran ont intensifié leurs efforts attirant une jeunesse consciente et combative qui se consacre entièrement à la liberté de son peuple et de sa patrie. Il s’agit du facteur organisé le plus important dans les soulèvements.

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La réponse à l’équation iranienne

Regardez maintenant la génération qui a rejoint les unités de résistance !
Voyez ces jeunes rebelles qui, devant les tribunaux des mollahs, proclament fièrement s’être soulevés pour renverser le pouvoir ! Voyez Vahid Bani-Amerian et son unité héroïque qui, depuis le cœur des prisons, ont galvanisé la société iranienne et suscité l’admiration du monde entier !
Ils ont été exécutés en avril dernier. Il leur aurait suffi de prononcer un seul mot contre l’OMPI pour échapper à la peine capitale. Mais ils ont déclaré aux bourreaux : Nous ne marchanderons pas avec vous au sujet de nos idéaux, de nos convictions ou de nos vies.
Je tiens à affirmer qu’avec une résistance aussi organisée sur le terrain et une alternative éprouvée depuis 45 ans sur les scènes nationale, régionale et internationale, l’équation iranienne a trouvé sa solution. Et ce, dans un contexte où le régime des mollahs est plus faible et impuissant que jamais.
Khamenei, qui avait consolidé son pouvoir incontesté pendant 37 ans, a disparu, et son fils est incapable de le remplacer. Près de la moitié des membres de l’Assemblée des experts, que son père avait constituée, n’ont même pas voté pour lui. Politiquement, il se trouve dans une impasse fatale ; il perçoit la paix comme un gibet, et la guerre comme une issue de secours.
Vous avez vu qu’il a rejeté le récent protocole d’accord dès les premières heures avec cette phrase : « en principe j’avais un autre avis ».
Le nouveau guide suprême du régime a dit n’avoir autorisé la signature qu’au titre de l’engagement et de la responsabilité que son président Pezeshkian et membres du Conseil suprême de sécurité du régime ont assumés – un engagement « dans la préservation des droits de du peuple iranien et du front de résistance. »
Par « droits du peuple iranien », il entend les lignes rouges du fascisme religieux, et par « front de la résistance », il entend l’insistance sur ces mêmes politiques bellicistes régionales. Ces mêmes lignes rouges et lignes politiques qui sont indispensables à la survie du fascisme religieux.
D’un autre côté, tous les facteurs économiques, sociaux et politiques qui ont conduit au soulèvement de janvier se sont aggravés, tout comme le potentiel explosif de la société iranienne.
Par conséquent, cette résistance et cette alternative doivent être soutenues et reconnues.

La certitude du renversement

Imaginez ce qui se serait passé si cette résistance n’avait pas révélé les programmes et installations nucléaires secrets du régime ?
Je fais référence aux révélations ayant débuté en 1991, notamment concernant les sites d’Arak et de Natanz en 2002. La Résistance iranienne, avec ses 133 révélations sur les projets nucléaires et balistiques du régime, a été le facteur le plus important durant ces années pour empêcher les mollahs de se doter de la bombe atomique. Le régime affirme toujours que la cause et l’origine de ses problèmes, depuis 1979 et surtout depuis le tournant du 20 juin 1981, sont les Moudjahidine du peuple, l’OMPI.
Parmi les deux milliards de musulmans dont Khomeiny se considérait le chef, l’OMPI défendait un islam tolérant et démocratique, garantissant l’égalité des droits entre les femmes et les hommes. Notre islam ne se caractérisait pas par la distinction entre femmes voilées et non voilées, ni entre musulmans, juifs et chrétiens, ni entre chiites et sunnites, ni entre Perses, Kurdes et Baloutches.
Mais le fruit principal de ces 45 années de résistance est un mouvement vivant et dynamique qui a fait de la lutte contre la tyrannie religieuse l’esprit même des générations successives. Oui, c’est un mouvement qui a inscrit sur le front du régime la certitude de son renversement.

Le gouvernement provisoire

Chers amis,
Le gouvernement provisoire annoncé par le Conseil national de la Résistance iranienne incarne cette résistance et cette solution pour une république démocratique qui rejette les dictatures du chah et des mollahs.
Ce gouvernement a pour mission principale de transférer le pouvoir au peuple et d’organiser des élections libres et équitables pour former une Assemblée constituante dans un délai maximal de six mois.
Après la formation de cette assemblée, le pouvoir sera transféré aux représentants élus du peuple. L’Assemblée constituante sera chargée de rédiger et d’approuver la constitution de la nouvelle république.
J’ai déjà dit que nous ne cherchons pas à conquérir le pouvoir, mais que nous sommes prêts à le prendre aux tyrans que sont les mollahs et le chah pour le transférer à son véritable propriétaire qu’est le peuple iranien. Pour nous, après 61 ans de lutte, il s’agit d’une apogée et de la perspective la plus glorieuse.
Nous ne cherchons pas à conquérir le pouvoir, nous cherchons à transférer la souveraineté au peuple iranien.
C’est là mon engagement envers tous les martyrs, les Moudjahidine du peuple et les combattants de la liberté, envers Massoud [Radjavi] et l’ensemble du peuple iranien.

Le jour où je déposai ma tête aux pieds de la liberté,
Je fis le sacrifice de ma vie pour elle
Dans l’espoir d’atteindre enfin son étreinte
Je cours, sans relâche sur ses traces, tout entière vouée à la liberté

Les vestiges de la dictature du chah

Au cours de cette lutte acharnée et sanglante pour renverser le régime et transférer le pouvoir au peuple, les vestiges de la dictature du chah constituent un facteur de dissuasion et de destruction. Un quotidien officiel des mollahs écrivait sans ambages : Les agissements des monarchistes sont perçus comme une « opportunité » et une « bénédiction » par la République islamique. Leur objectif était de diviser l’opposition et d’induire la communauté internationale en erreur quant à l’alternative. Le journal écrivait : « En semant la discorde au sein de l’opposition, ils ont rendu à la République islamique un service qu’aucun autre groupe n’a su lui rendre. » Il a ajouté que ce courant « peut contribuer à la survie de la République islamique. C’est un service que la famille royale rend au peuple iranien » (Journal Vatan Emrooz, 1 février 2025).
Maintenant, les agents de la SAVAK ont déclaré qu’avec l’interdiction de la manifestation de la résistance iranienne à Paris, ils avaient atteint leur objectif. Oui c’est un objectif que partagent les agents de la SAVAK, le ministre des affaires étrangères du régime et ses gardiens de la révolution. Mais le peuple iranien s’est levé pour rejeter toute forme de dictature et qu’il ne veut ni du chah ni des mollahs.
Le survivant du chah affirme sans ambiguïté vouloir instaurer un changement en Iran avec l’aide des Gardiens de la révolution et de l’appareil de sécurité et de renseignement du régime, qui continueront à jouer un rôle décisif à l’avenir. Il utilise la manipulation d’images et de vidéos comme soutien social et considère la torture et le meurtre des Moudjahidine du peuple et autres résistants par le chah son père comme un « honneur », selon ses propres termes.
Mais il faut dire que sur le terrain de la lutte réelle et des soulèvements successifs, il n’y a plus de place pour la lutte pour le pouvoir entre le chah et les mollahs.

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Notre mot d’ordre : paix et liberté

Mesdames et Messieurs,
Pour terminer, permettez-moi de résumer :
1- Aux yeux du peuple iranien, ni le vote de l’assemblée des experts réactionnaires ni l’intronisation du fils de Khamenei n’ont de validité ni de légitimité. Ce dernier est complice des crimes de son père durant les trente dernières années.
2- L’histoire ne va pas revenir en arrière pour rétablir le règne des vestiges de la tyrannie du chah en Iran. Comme disent les Iraniens, cela revient à brasser du vent !
3- Le Conseil national de la Résistance iranienne et le Gouvernement provisoire luttent pour transférer la souveraineté au peuple iranien et instaurer une république démocratique. Le slogan de la Résistance et du Gouvernement provisoire est « Paix et liberté ».

La résistance iranienne accueille favorablement tout accord mettant fin à la guerre et aux souffrances du peuple iranien.
Les efforts pour produire l’arme nucléaire, le bellicisme et les ingérences dans les pays de la région font partie de la stratégie de la dictature religieuse pour se maintenir en place et elle n’y renoncera pas.
Je l’ai dit et répété, le renversement du régime des mollahs et l’instauration de la liberté et d’une république démocratique relèvent de notre responsabilité, de celle de notre peuple et de l’armée de la liberté.
La paix et la liberté triompheront en Iran.

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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