• Accueil / Extraits / Maryam Radjavi : Les victimes du massacre de l’été 1988, la conscience tourmentée de la société iranienne
02 Sep 2026

Maryam Radjavi : Les victimes du massacre de l’été 1988, la conscience tourmentée de la société iranienne

Catégories // Extraits

Maryam Radjavi : Les victimes du massacre de l’été 1988, la conscience tourmentée de la société iranienne

Alors que se poursuit sans relâche la vague d’exécutions de prisonniers politiques ordonnées par le fils tyrannique de Khamenei, et à l’occasion du 38e anniversaire du massacre de 30 000 prisonniers Moudjahidine du peuple (OMPI) et autres dissidents politiques, nous rendons hommage à chacun de ces martyrs.
Ils restent la conscience tourmentée de la société iranienne, l’esprit indomptable de nos soulèvements inextinguibles et le pouls vivant de la résistance des générations de jeunes Iraniens qui se soulèvent pour la liberté.
C’est en vain que les mollahs ont dissimulé les listes de leurs noms ; c’est en vain qu’ils ont caché ou profané leurs fosses communes. Ces âmes restent les plus vivantes et les plus présentes dans la résistance historique du peuple iranien pour renverser la tyrannie religieuse.
Dans cette tempête de sang et de folie, d’innombrables héros ont parcouru les couloirs de la mort, avec pour dernier mot un salut de défi adressé aux Moudjahidine du peuple et à Massoud (Radjavi). Et à la prison d’Evine, à deux pas de la potence, les femmes Moudjahidine du peuple ont entonné un hymne annonçant la chute des tyrans.
On ne les oubliera jamais. Comme l’écrivait feue Simine Behbahani : « Chacune de ces étoiles murmurera leurs noms, nuit après nuit, … ».
Des figures emblématiques comme le jeune commandant Vahid Bani-Amirian et les Moudjahidine du peuple envoyés à la potence ces derniers mois, ont suivi exactement le même chemin.
Les vestiges du régime cherchent à terrifier une génération descendue dans la rue pour les renverser. Mais comme l’a dit Massoud [Radjavi] : « Misérables forces des ténèbres, misérables réactionnaires ! Ils ne voient pas qui ils affrontent : une génération qui a balayé à la fois la monarchie et le clergé, et qui est sortie aguerrie et inébranlable du massacre des prisonniers politiques. »

Les graines sanglantes de 1988

Les graines sanglantes semées à travers l’Iran par les Moudjahidine du peuple exécutés en 1988 fleurissent désormais sous la forme de soulèvements successifs. Par leur sacrifice désintéressé, ils ont jeté dans la société et l’histoire de l’Iran des fondations si profondes qu’elles ont :
• plongé le régime dans une instabilité chronique, ne lui laissant aucune autre issue que son renversement définitif.
• mis à nu les illusions d’une réforme du pouvoir, rejetant à la fois un retour à la monarchie dynastique et toute nouvelle forme de dictature.

La société et l’histoire iraniennes n’oublieront jamais les commanditaires, les instigateurs et les auteurs de cette terrible atrocité, ni ceux qui ont contribué à sa préparation, à sa justification ou à sa dissimulation.
Des plus hauts responsables du régime aux commissions de la mort, en passant par les responsables du ministère du Renseignement, les religieux de Khamenei subventionnés par le pouvoir, ainsi que les soi-disant réformistes et les hommes politiques qui ont mené la campagne de déni ou ont cyniquement tenté de rejeter la responsabilité sur les victimes des Moudjahidine du peuple eux-mêmes : tous seront tenus pour responsables.
En 2024, le rapport exhaustif de Javaid Rehman, alors rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, affirmait sans équivoque de hauts responsables de l’État se sont entendus, ont comploté et se sont activement engagés à planifier, ordonner et commettre des crimes contre l’humanité et un génocide à l’encontre des ressortissants de leur propre État. Malgré l’existence de preuves accablantes – à ce jour –, les individus pénalement responsables de ces violations graves et extrêmement graves des droits humains et de ces crimes au regard du droit international restent au pouvoir et continuent d’exercer leur contrôle. »

Justice pour les victimes du massacre

La campagne en faveur de la justice a débuté dès les toutes premières semaines qui ont suivi le déclenchement des exécutions. Elle a été lancée par des télégrammes urgents envoyés par Massoud Radjavi, le dirigeant de la Résistance iranienne, au Secrétaire général de l’ONU, dénonçant le décret inhumain de Khomeiny pour l’exécution massive des Moudjahidine du peuple. Entre le 23 juillet 1988 et mars 1989, il a adressé dix télégrammes au Secrétaire général de l’ONU, dénonçant ce crime majeur et appelant à une intervention internationale immédiate.
Le 25 aout 1988, il a révélé le premier décret de Khomeiny, puis a dévoilé son deuxième décret ordonnant un massacre, en décembre.
Depuis lors, parallèlement à des centaines d’informations et de révélations, la Résistance iranienne a publié 24 volumes documentant ce massacre afin de garantir que les preuves de ces crimes contre l’humanité soient conservées avec précision et fiabilité. Une liste documentée de plus de 5000 noms de membres de l’OMPI massacrés constitue l’un de ces volumes.
Ce mouvement en faveur de la justice, qui se poursuit, reste partie intégrante de la lutte du peuple iranien pour renverser le régime et assurer la victoire d’une révolution démocratique.

Crimes contre l’humanité

C’est en grande partie grâce à ces efforts constants que le Rapporteur spécial des Nations unies, dans son rapport historique de 2024, a qualifié ces massacres de « crimes contre l’humanité » et de « génocide ».
Par ailleurs, les États membres de l’ONU ont, pour la première fois, officiellement reconnu les exécutions extrajudiciaires et arbitraires de 1988 dans la résolution annuelle de l’Assemblée générale consacrée à l’Iran. Cela marque une étape décisive dans la quête de justice pour les victimes du massacre de 1988.
La communauté internationale ne peut rester indifférente au rapport du Rapporteur spécial sur ce massacre ni à ce qui a été déclaré à ce sujet dans la résolution de l’Assemblée générale.
Les gouvernements occidentaux doivent tenir compte du consensus clair qui se dégage de leurs propres assemblées législatives, notamment des résolutions soutenues par la majorité du Congrès américain et des déclarations publiées par les parlements du monde entier.
Les massacres et les violations systématiques et persistantes des droits humains en Iran constituent l’autre face de la médaille des menaces que fait peser le régime sur la paix mondiale. Des décennies d’expérience montrent que le silence face à de telles atrocités ne fait qu’encourager ce régime cruel.
Cette tyrannie, faite d’exécutions et de massacres, a bâti ses fondations sur un océan de sang. C’est précisément pour cette raison qu’elle ne durera pas.

Le document de la défaite de Khomeiny

Dans son décret de 1988 autorisant les atrocités de masse, Khomeiny écrivait : « Ceux qui restent fidèles à leur engagement de Moudjahidine mènent une guerre contre Dieu et sont condamnés à mort. »
Ce décret constitue le document explicite de la défaite de Khomeiny —l’aveu de son échec et celui de ses bourreaux face à une génération restée inébranlable jusqu’au bout.
Des milliers de Moudjahidine du peuple emprisonnés ont été conduits à la potence, mais cette génération inébranlable en est sortie triomphante et sans concession ; elle s’est multipliée et a tenu bon. Aujourd’hui, cette même génération, fidèle à son engagement, fait partie des rangs des unités de résistance, déterminée à mettre fin aux derniers vestiges de ce régime.

Massacre permanent

Le massacre des prisonniers politiques de 1988 a été commis sur un décret de Khomeiny visant à éliminer l’OMPI. Pourtant, cette atrocité ne s’est pas arrêtée en 1988. À ce jour, les dirigeants du régime continuent d’appliquer le décret de Khomeiny.
Mostafa Pourmohammadi, membre des « commissions de la mort » de 1988 et récent candidat du régime à la présidence de la République, a souligné cette continuité en déclarant : « Nous sommes en pleine guerre contre les Moudjahidine du peuple », avant d’ajouter : « Nous n’avons pas encore réglé nos comptes avec l’OMPI. »
Le code pénal du régime et les verdicts de ses tribunaux révolutionnaires restent directement inspirés de ce décret. L’exécution implacable de membres des Moudjahidine — qui a atteint 11 cas pour la seule année écoulée — s’inscrit dans le prolongement direct de ce décret.
La récente vague d’exécutions a également emporté un grand nombre de jeunes ayant participé aux soulèvements.
Réalisées en violation flagrante du droit international et du droit à un procès équitable, ces exécutions bafouent ouvertement les droits humains fondamentaux et les normes humanitaires. Elles ne sont pas motivées en premier lieu par le bien-fondé juridique des affaires des accusés, mais par le besoin désespéré du régime de procéder à des exécutions.
J’appelle la communauté internationale à exercer sa compétence universelle afin de traduire en justice les responsables du massacre de prisonniers politiques, qui occupent tous des fonctions au sein du régime et ont été identifiés par la mission d’enquête des Nations unies.

Le moment est venu pour le Conseil de sécurité de l’ONU de créer un tribunal international chargé de juger les responsables des violations des droits humains en Iran — depuis le génocide de 1988 et les crimes contre l’humanité jusqu’aux massacres de manifestants lors des soulèvements de novembre 2019, de l’automne 2022 et de janvier 2026.
Nous appelons tous les gouvernements à subordonner leurs relations diplomatiques et commerciales avec ce régime à la suspension immédiate des exécutions et à la libération de tous les prisonniers politiques. Ils doivent veiller à ce que tout accord international conclu avec ce régime prévoie un arrêt contraignant et vérifiable des exécutions, et oblige le régime à accorder aux représentants de l’ONU un accès sans entrave aux prisonniers politiques et aux centaines de prisons et centres de détention dans tout le pays.

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

En savoir plus

Suivez-nous