31 Août 2026

Message à une conférence en Allemagne : Soutien à la solution démocratique en Iran

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Message à une conférence en Allemagne : Soutien à la solution démocratique en Iran

Le 31 août 2026, une conférence intitulée « Soutien à une solution démocratique pour l’Iran » s’est tenue en Allemagne à l’invitation de l’Union des associations iraniennes d’Allemagne et des membres du Comité allemand de solidarité pour un Iran libre.

Plusieurs députés, experts juridiques, personnalités religieuses et militants de la société civile allemande y participaient et sont intervenus sur la crise politique iranienne ainsi que sur les perspectives d’un changement démocratique. Parmi eux figuraient :

Carsten Müller, président de la commission des affaires juridiques du Bundestag allemand ; Leo Dautzenberg, Martin Patzelt et Thomas Lutze, anciens députés fédéraux ; Joachim Rücker, ancien président du Conseil des droits de l’homme des Nations unies ; Hans-Ulrich Seidt, ancien ambassadeur allemand ; Marion Böker, militante des droits humains ; Margot Käßmann, ancienne présidente du Conseil de l’Église protestante d’Allemagne ; ainsi que Christoph Degenhart, professeur de droit constitutionnel et ancien juge à la Cour constitutionnelle de Saxe.

La conférence a débuté par la diffusion d’un message vidéo de Maryam Radjavi. Elle y déclare que bien que les feux de la guerre étrangère se soient temporairement éteints, le principal conflit, celui qui oppose le peuple iranien au fascisme religieux, se poursuit sans répit.

Au cours de cette conférence, l’accent a également été mis sur la nécessité pour la communauté internationale de faire rendre des comptes aux responsables et auteurs des violations massives des droits humains, des massacres et des exécutions en Iran. Les participants ont appelé l’Allemagne et l’Europe à adopter une politique plus ferme à l’égard du gouvernement iranien et de ses organes répressifs.

Les principaux points du message de Maryam Radjavi étaient les suivants :

  1. Quelle est la situation de l’affrontement entre le peuple iranien et le régime, et où en est le soulèvement ?
  2. Quelle est la stratégie du régime iranien pour empêcher son renversement ?
  3. Quel est le plan du Conseil national de la Résistance iranienne pour le transfert du pouvoir au peuple et l’avenir de l’Iran ?

Voici le texte du message de Maryam Radjavi à cette conférence :

Maryam Radjavi: la guerre principale se livre entre le peuple iranien et la dictature religieuse

Monsieur Carsten Müller, Président de la Commission judiciaire du Parlement fédéral allemand,
Chers amis, chers compatriotes !
Je suis ravie de participer à cette conférence et de vous voir.
Les événements majeurs de l’année écoulée ont attiré l’attention du monde entier sur la situation en Iran. Les tensions et les conséquences de ces événements continuent d’affecter la politique et l’économie mondiales. Cette situation soulève d’importantes questions.
Entre autres questions, quelle direction la dictature religieuse en Iran finira-t-elle par prendre? Où en sont l’affrontement et le soulèvement du peuple iranien contre ce régime, et quelle en sera l’issue ?
La situation actuelle peut se résumer ainsi : bien que le feu de la guerre étrangère se soit éteint depuis un certain temps, la guerre principale, qui oppose le peuple iranien au fascisme religieux, se poursuit sans relâche.
D’une part, le crime du régime est d‘exécuter des membres des Moudjahidine du peuple et d’autres jeunes insurgés ayant participé aux soulèvements, et d’autre part, les opérations des unités de résistance et les protestations de la population excédée se poursuivent sans interruption.

Montée de la répression via le climat de guerre

Les massacres et les tueries continuent depuis plus de quarante ans sous ce régime. Ces jours-ci coïncident avec le 38e anniversaire du massacre de 30 000 prisonniers politiques à l’été 1988, dont plus de 90 % étaient membres des Moudjahidine du peuple. Mais la flamme de la liberté et de la lutte ne s’est jamais éteinte. Cette guerre a débuté le 20 juin 1981 et dure depuis plus de 45 ans. En réalité, la guerre étrangère qui a commencé le 28 février constitue une parenthèse dans la guerre entre le peuple iranien et le régime.
Le grand soulèvement de janvier 2026 et le massacre de milliers de personnes par le régime ont bouleversé le monde. Durant ce soulèvement et les jours suivants, des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées. Parmi elles, 2 000 membres et sympathisants des Moudjahidine du peuple ont disparu.
Profitant du climat de guerre, le régime a intensifié ses opérations de contrôle et de répression. Le chef du pouvoir judiciaire du régime a annoncé que son appareil avait adopté une « posture pleinement adaptée à la guerre». Les commandants des Gardiens de la révolution ont annoncé qu’un « ordre de tirer » avait été donné contre toute personne qui proteste. La mise en œuvre de cette politique brutale, qui se poursuit encore aujourd’hui, témoigne de la profondeur du conflit entre la société iranienne et le régime.
Depuis le début de la guerre, le 28 février 2026, la mesure défensive la plus vitale mise en oeuvre par le régime contre le peuple, outre les exécutions brutales, consiste dans la mobilisation de ses agents qu’il maintient dans les rues. Cette campagne sur la voie publique, qui dure depuis six mois, vise à contrer les soulèvements populaires. Récemment, le ministre des Affaires étrangères du régime, Araqchi, a déclaré : « Je crois que la rue a été un véritable miracle et que ce qui nous a permis de tenir le coup… outre les missiles… c’est la rue. » Ces rassemblements de rue à eux seuls confirment à la fois la fragilité du régime et la gravité de la menace que représentent les soulèvements.

La stratégie du régime pour empêcher son renversement

En résumé : la stratégie du régime pour empêcher son renversement consiste à exécuter des membres des Moudjahidine du peuple et des personnes arrêtées pendant le soulèvement, à maintenir un climat de guerre et à maintenir ses agents dans les rues.
Mais dans le camp du peuple iranien et de sa résistance, malgré la répression du régime, la résistance et la contestation s’amplifient.
Les opérations des unités de résistance contre la répression continuent sans répit et sont passées à un nouveau niveau.
Dans plus de 60 prisons du pays, des détenus protestataires observent une grève de la faim chaque mardi dans le cadre du mouvement « Non aux exécutions ». Ouvriers, retraités, infirmières et victimes de spoliations descendent dans la rue. Ils scandent avec courage : « Assez de bellicisme, notre table est vide !» Et ils crient : « Ce n’est que dans la rue qu’on obtiendra nos droits ! »
En réalité, le régime est engagé dans une guerre pour sa survie et ne peut changer cette situation létale, il tente donc de la camoufler.
Le régime attribue le fait de ne pas avoir été renversé à une puissance qu’il ne possède pas. Toutefois, chacun peut clairement constater sa faiblesse fondamentale, notamment dans son approche du mémorandum d’entente qu’il a signé avec les États-Unis le 17 juin.
Ce protocole d’accord a procuré de nombreux avantages politiques et économiques aux mollahs. Cependant, la dictature religieuse est si fragile et manque tellement de moyens qu’elle considère sa mise en œuvre comme une perte de pouvoir.
La guerre et les querelles qui font rage au sommet de l’État depuis des mois, et qui s’enveniment de semaine en semaine, témoignent de l’impasse du régime. Son nouveau guide suprême croit que la fin de la guerre et l’acceptation de l’accord anéantiront le pouvoir en place. Mais les hauts responsables affirment qu’ils ne sont pas en mesure de diriger le régime sans un accord. Les deux, en fait, ont raison. Quelle que soit la voie qu’il emprunte, ce régime se retrouvera face à un soulèvement et son renversement.

"Maryam Rajavi delivers a keynote message to a conference in Germany focused on Iran, democracy, and regional developments.

Deux facteurs faisant obstacle au renversement

Si les soulèvements successifs et l’existence d’un vaste réseau organisé d’unités de résistance et de combattants déterminés ont prouvé la volonté sociale et militaire de renverser le régime, deux facteurs ont cependant joué un rôle d’obstacle dans le mouvement du peuple iranien pour renverser le régime.
Le premier est la politique internationale, notamment européenne, qui a ignoré la principale force de changement en Iran. Par conséquent, elle n’a pas encore renoncé à l’espoir de parvenir à un accord avec ce régime cruel et adopte des stratégies erronées. Le second est le rôle des vestiges de la dictature du chah, qui agissent dans l’intérêt du régime en perturbant les soulèvements, en semant la discorde parmi les opposants, en lançant des slogans fascistes et en appelant à attaquer les villes iraniennes. Le fils du chah n’a aucune influence ni aucune place en dehors des mises en scènes télévisées et virtuelles. Comme le décrivait un jour le quotidien allemand Tageszeitung, « il ressemble davantage à un bouffon de cour, même s’il n’a pas de cour ». Son existence se résume à reconstruire la SAVAK et à susciter la controverse, à travers les attaques perpétrées par ses agents contre les dissidents iraniens et les journalistes étrangers. Mais comme l’a déclaré le dirigeant de la Résistance iranienne, Massoud [Radjavi] :

« La grande leçon à tirer des deux guerres et du soulèvement de 2025-2026 est que le retour au fascisme monarchique n’est rien de plus qu’un mirage. »

Le mot d’ordre de paix et liberté

Dans le contexte tumultueux de l’année écoulée, le Conseil national de la Résistance iranienne, sous le mot d’ordre de paix et liberté et après l’annonce d’un gouvernement provisoire, a adopté une politique efficace qui a bénéficié d’un large soutien social et international de la part des Iraniens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Les efforts déployés ces dernières années par les Moudjahidine du peuple à l’intérieur de l’Iran ont permis de construire une solide structure sociale et militaire de résistance dans les villes iraniennes, au prix d’arrestations et d’exécutions de leurs membres dévoués à l’intérieur de l’Iran.
Durant les jours du soulèvement de janvier 2026, les unités de résistance ont réussi à infliger de lourds revers aux pasdarans lors de 630 opérations militaires, notamment en soutenant les insurgés contre la répression cruelle du régime.
De telle manière que le Corps des pasdarans a annoncé dans un communiqué le 26 juillet dernier que les Moudjahidine du peuple ont toujours été les ennemis jurés du régime et ont joué un rôle efficace et marquant dans les soulèvements de ces dernières années, notamment le soulèvement de janvier 2026.
Comme vous le savez, cinq jours avant le début de la guerre, les Moudjahidine du peuple ont mené une opération d’envergure contre la résidence et le siège de Khamenei.
La capacité de cette résistance s’est particulièrement illustrée par sa capacité à transformer l’énergie explosive et contestataire de la société iranienne en une force de combat organisée.

Le programme pour l’Iran de demain

Le Conseil national de la Résistance iranienne a élaboré un plan pour le transfert pacifique, ordonné et démocratique du pouvoir au peuple iranien après la chute du régime.
Ce processus de transfert du pouvoir prévoit la formation d’un gouvernement provisoire pour une durée maximale de six mois, dont la tâche principale sera d’organiser les élections libres de l’Assemblée constituante. À l’issue de ces élections, la souveraineté sera transférée aux représentants du peuple au sein de cette assemblée.
L’existence d’une résistance organisée, d’un plan de transfert du pouvoir, d’un gouvernement provisoire doté d’un mandat limité, d’élections libres pour une république démocratique et d’un plan en dix points apportent une réponse claire aux inquiétudes concernant un vide du pouvoir après le changement de régime.
En conclusion, je tiens à remercier l’Union des communautés iraniennes en Allemagne pour la réussite de cette conférence. Je salue également les parlementaires et personnalités membres du Comité allemand de solidarité pour un Iran libre. Je les remercie pour leurs efforts en faveur du soutien à la résistance pour la liberté et la démocratie en Iran.

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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