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24 Jan 2026

La dirigeante de l’opposition iranienne déclare à Newsmax : la rébellion est « inébranlable et irréversible ».

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La dirigeante de l’opposition iranienne déclare à Newsmax : la rébellion est « inébranlable et irréversible ».

Par John Gizzi

Alors que le gouvernement iranien a récemment bloqué l’accès à Internet et à toutes les communications électroniques depuis l’Iran, et que des informations ont ensuite fait état d’un apaisement du soulèvement qui durait depuis trois semaines, la dirigeante du plus grand groupe d’exilés iraniens a déclaré à Newsmax que la rébellion contre le régime théocratique en place depuis 47 ans se poursuivait « sans relâche ».

« Même aujourd’hui, les affrontements et les combats entre, d’un côté, le peuple et les jeunes rebelles et, de l’autre, les forces répressives du régime se poursuivent », a déclaré Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI).

Dans une interview exclusive accordée à Newsmax, Maryam Radjavi a insisté sur le fait que « la société iranienne est entrée dans une phase irréversible de sa vie politique ».

Au sujet du black-out des communications imposé par le régime et de la répression accrue des manifestants dans les rues à travers tout le pays, Mme Radjavi a déclaré : « Les soulèvements sociaux ne suivent jamais une trajectoire linéaire ou uniforme, et un déclin temporaire des manifestations de rue ne signifie jamais leur fin. »

Elle a cité comme exemple historique le renversement du chah d’Iran par les forces fidèles à l’ayatollah Khomeiny en 1979, qui a conduit à la dictature théocratique actuelle.

« Les manifestations ont connu de nombreux rebondissements », a-t-elle déclaré. « Le chah a même tenté d’organiser des contre-manifestations massives en mobilisant ses propres agents afin de créer l’illusion que la majorité de la société soutenait la poursuite de son [règne] — exactement la même tactique que celle employée aujourd’hui par le régime en place. »

Citant des chiffres indiquant que le régime actuel a jusqu’à présent tué 3 000 manifestants et arrêté 50 000 personnes, Radjavi a déclaré : « Ils ont massivement déployé des forces de répression et créé un climat de terreur. »

Cependant, elle a ajouté : « Les racines de ce soulèvement, ancrées dans la pauvreté absolue, la corruption structurelle et la demande du peuple de rejeter complètement l’ensemble du système, restent intactes. »

Faire confiance à l’Occident et à l’Europe

Tout au long de notre entretien, Mme Radjavi a insisté sur le fait que les insurgés iraniens devaient « faire cavalier seul ». « De notre point de vue, le principe fondamental et immuable est que le renversement du régime doit être mené par le peuple iranien lui-même et sa résistance organisée », a-t-elle déclaré. « C’est la seule voie pour renverser ce régime. Sans une résistance organisée et capable de le combattre, ce système brutal et médiéval ne tombera pas. »

Elle a ajouté que cela avait été le fondement de ce qu’elle a appelé « notre lutte acharnée » durant près de cinq décennies.

En ce qui concerne l’Occident, Mme Radjavi a souligné que « le peuple iranien attend des pays démocratiques, y compris les États-Unis, qu’ils ne se rangent pas du côté du régime iranien dans cette guerre injuste, qu’ils reconnaissent la légitimité de la lutte contre ce fascisme religieux et son Corps des gardiens de la révolution islamique [CGRI], qui sont les SS [nazis allemands] de notre époque, et qu’ils demandent des comptes aux dirigeants de ce régime ainsi qu’aux architectes et auteurs de ces massacres. »

Quant à l’implication directe d’autres pays aux côtés des insurgés, elle a déclaré : « Nous ne demandons pas aux États-Unis, ni à aucun autre gouvernement, de renverser ce régime. Cette responsabilité incombe au peuple iranien et à sa résistance. »

« L’expérience historique démontre clairement que la liberté n’est pas une marchandise importée ; elle ne peut être obtenue qu’en s’appuyant sur les forces internes et les sacrifices des fils et des filles de cette terre. »

Reconnaissant qu’« il est naturel que les pays occidentaux accordent la priorité à leurs propres intérêts », Maryam Radjavi a souligné que « notre message à leur intention est le suivant : ce régime agit en fin de compte contre votre sécurité et met en danger la paix. Tant qu’il restera au pouvoir, il n’abandonnera pas la répression et les massacres, pas plus qu’il ne mettra fin au terrorisme et au bellicisme ».

Quant à la crainte de nombreux Américains et Européens que l’Iran, libéré du joug de son régime actuel, sombre rapidement dans une situation pire encore, à l’instar de l’Irak après Saddam Hussein et de la Libye après Mouammar Kadhafi (que le président Obama a qualifié de « bordel »), Mme Radjavi ne s’en inquiète pas.

« Ce qui distingue fondamentalement la situation de l’Iran de celle d’autres pays de la région, tels que l’Irak ou la Libye, qui ont sombré dans le chaos et la violence sectaire, c’est l’existence d’une alternative démocratique qui a fait ses preuves depuis longtemps et qui dispose d’un programme clair et articulé », a-t-elle expliqué. « Cette alternative empêche un vide du pouvoir et évite une catastrophe après la chute du régime. »

Par « alternative démocratique », Radjavi entend la constitution élaborée par son organisation, qui inclut le projet du CNRI visant la séparation de la religion et l’État, adopté il y a quarante ans, qui interdit toute forme de discrimination religieuse et garantit que « nul ne peut bénéficier de privilèges ou subir de restrictions en matière de droits politiques, civils, judiciaires, éducatifs ou sociaux sur la base de ses croyances ou de son absence de croyances ».

En outre, la constitution du CNRI garantit un pouvoir judiciaire « totalement indépendant de toute religion ou idéologie, et seules les lois promulguées par l’organe législatif légitime [élu] ont une validité juridique ».

«Ni chah ni mollah»

Toute discussion avec Maryam Radjavi et le CNRI au sujet d’un gouvernement iranien après le renversement de l’ayatollah Khamenei conduit inévitablement à évoquer la figure de l’opposition qui a été très présente récemment dans les interviews télévisées et dans la presse à travers le monde : Reza Pahlavi, 67 ans, fils du chah d’Iran déchu, mort en exil en 1983.

« Depuis 45 ans, nous avons clairement et à plusieurs reprises déclaré que notre politique repose sur le principe « ni chah ni mollah », a déclaré Mme Radjavi. « Le peuple iranien ne veut pas revenir en arrière ni passer d’une dictature à une autre. Il aspire à une république laïque et démocratique fondée sur le vote du peuple, et nous tendons la main à tous ceux qui appellent au rejet total de ce régime et à l’établissement d’une république fondée sur la séparation de la religion et de l’État. C’est un principe que nous avons toujours défendu et que nous mettrons en pratique. »

Au sujet du père de Pahlavi, elle a rappelé que « le chah dirigeait le pays à travers un système à parti unique, s’appuyant sur le sinistre appareil sécuritaire de la SAVAK, la torture et l’exécution des dissidents. Son véritable héritier était l’ayatollah Khomeiny, qui a poursuivi dans la même voie sous le couvert de la religion ».

À propos de ceux qui réclament le retour de la monarchie sous la direction de celui qu’ils appellent le prince héritier Reza Pahlavi, Mme Radjavi a déclaré : « Non seulement ils n’ont pas pris leurs distances par rapport aux crimes de la monarchie ni les ont condamnés, mais les projets qu’ils proposent pour l’avenir représentent une fusion entre le système du chah et le régime clérical. Ils concentrent les pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire et sécuritaire entre les mains d’un seul individu, une forme hideuse de néofascisme. »

Insistant sur le fait que sous la monarchie iranienne précédente, « de profondes blessures ont été infligées aux minorités ethniques iraniennes, notamment aux Azéris, Kurdes, Arabes et Baloutches », Mme Radjavi a déclaré que cela « a laissé derrière lui un héritage de nettoyage ethnique et de déplacements forcés de population. Pour cette raison, la société iranienne n’acceptera jamais un retour à une telle tyrannie ».

Y aura-t-il des défections au sein des Gardiens de la révolution ?

On a longtemps considéré comme acquis que, pour garantir le succès d’une révolution, il fallait que les Gardiens de la révolution, tout-puissants (et brutaux), désertent en masse. Maryam Radjavi voit les choses différemment.

Selon elle, les Gardiens sont le « principal pilier de survie » du régime et sont indissociables du système du velayat-e faqih [système de gouvernance iranien] et de Khamenei lui-même. Ni l’un ni l’autre ne peuvent survivre sans l’autre. Toute stratégie visant à attirer certaines factions du CGRI ou à le réorienter n’est qu’un mirage et un piège délibérément tendu par le régime à certains éléments de l’opposition.

« La défection des forces militaires ne se produira pas à la suite d’appels infondés lancés depuis l’étranger. L’équation iranienne est à la fois historique, politique, sociale et militaire. Sur les plans historique, politique et social, les conditions sont réunies pour un changement. Ce qu’il faut, c’est une force de combat sur le terrain qui, combinée à un soulèvement organisé, crée un équilibre qui sape l’efficacité de la machine militaire du régime.

« C’est à ce moment-là que les défections dans les rangs inférieurs et les simples soldats des forces armées du régime prendront une ampleur considérable. »

John Gizzi est chroniqueur politique en chef et correspondant à la Maison Blanche pour Newsmax.

https://www.newsmax.com/john-gizzi/iran-maryam-rajavi-uprising/2026/01/22/id/1243076/

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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