20 Avr 2026

Pour une République démocratique en Iran

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Pour une République démocratique en Iran

Maryam Radjavi : Le Front « ni chah ni mollahs » est indispensable au renversement du fascisme religieux

Le dimanche 19 avril, dans une réunion en présence de Rudy Giuliani et de la Dr. Maria Ryan, Maryam Radjavi a passé en revue les événements récents et la solution à la crise actuelle en Iran et dans la région, en déclarant :

Je souhaite la bienvenue à M. Rudy Giuliani et à notre chère Dr. Maria Ryan, qui, dans les moments difficiles, sont demeurés aux côtés du peuple iranien et de sa Résistance, et qui depuis des années soutiennent l’avant-garde du peuple iranien à la Cité d’Achraf. Pendant les années où Maliki, sur ordre de Khamenei, massacrait les habitants d’Achraf en Irak, avant de les contraindre à se déplacer vers le camp Liberty — un lieu que vous avez qualifié d’abattoir — vous avez élevé la voix contre toutes les instances internationales.
Lors du transfert de l’Irak vers l’Albanie, vous les avez soutenus et avez été parmi les premiers à vous rendre à la rencontre des Moudjahidine du peuple en Albanie.
Nous n’oublions pas que vous avez tenu bon et combattu pour faire annuler l’étiquette terroriste collée à la demande des mollahs à cette résistance, et que vous avez contribué à renverser de nombreuses situations.
Et, durant toutes ces années, aux moments décisifs du soulèvement et de la résistance, ainsi que dans les efforts du peuple iranien pour la liberté, vous avez montré la ligne politique correcte. En particulier vous dénoncez depuis longtemps les alternatives fabriquées et factices, en particulier la dictature monarchique et sa SAVAK, et la manière dont elles font obstacle au soulèvement et au renversement. Avec des documents fiables, des analyses profondes et un courage qui vous est propre.
Je tiens également à remercier ici notre chère Dr Maria Ryan, qui, dans ce parcours difficile et semé d’embûches, a su, aux côtés du maire Giuliani, défendre les droits du peuple iranien, en particulier ceux des femmes iraniennes — ce qui revêt assurément une grande valeur aux yeux de notre peuple.

Mesdames et Messieurs,
Au cours de l’année écoulée, et plus particulièrement ces derniers mois, l’Iran a connu des événements majeurs sans précédent.
Le grand soulèvement de janvier, la répression sanglante de milliers d’insurgés par les Gardiens de la révolution, la mort de Khamenei et deux guerres dévastatrices ont conduit l’Iran à un point décisif pour sa destinée.
Ces événements ont mis en lumière d’importantes vérités, notamment les conséquences désastreuses de la complaisance et des concessions faites aux mollahs, l’incapacité du régime à se réformer et son besoin vital de réprimer la société, son programme nucléaire et son bellicisme ; des vérités que le maire Rudy Giuliani a maintes fois soulignées au fil des ans et que beaucoup ont niées.
Il a notamment été prouvé que les bombardements et la guerre étrangère ne permettront pas de renverser le régime. Ce régime n’abandonnera ni son programme nucléaire, ni ses forces supplétives, ni la répression intérieure.
Les récents développements ont également mis en lumière l’importance du pôle irremplaçable de l’équation iranienne, à savoir le peuple et sa résistance. Ce facteur est déterminant pour libérer l’Iran du joug du fascisme religieux et instaurer une république démocratique et pluraliste, avec la souveraineté populaire.

Les mollahs craignent qu’une nouvelle génération ne rejoigne l’OMPI

L’année dernière a été marquée par des progrès considérables pour la résistance iranienne, à tel point que les unités de résistance ont pu jouer un rôle majeur lors du soulèvement de janvier. Elles ont assuré la protection de la population insurgée lors de 630 opérations menées pendant le soulèvement. Elles ont également démontré leur capacité à organiser la jeunesse.
Par la suite, alors que la société iranienne était en deuil et en colère par suite du massacre effroyable des manifestants, les Moudjahidine du peuple ont lancé un assaut majeur contre le siège de Khamenei. 250 combattants de l’OMPI ont participé à une opération au cœur de Téhéran, dans le quartier le plus sécurisé du pays.
Cette opération a eu lieu cinq jours avant la récente guerre et plongé le régime dans la terreur. Car les mollahs savent mieux que quiconque qu’il n’existe pas de menace plus mortelle pour leur pouvoir qu’une force issue du sein même de la société.
Une force qui recrute des membres sur leur lieu de travail et de vie, dans leur environnement social, les protège de la vue du Corps des pasdarans, et leur permet de fabriquer de leurs mains les armes dont ils ont besoin.
Dans les faits, les unités de résistance sont désormais devenues les unités d’une armée de la liberté qui lutte contre les forces du régime.
Les mollahs craignent particulièrement qu’une nouvelle génération rejoigne les Moudjahidine du peuple ; une génération altruiste, désireuse de s’organiser en unités de résistance. Des jeunes qui font preuve d’un courage extraordinaire lorsqu’ils sont arrêtés, voire condamnés à mort.
Les treize prisonniers politiques exécutés par ce régime criminel pendant la guerre appartiennent à cette génération de victimes. Six d’entre eux étaient membres de l’OMPI. Ces deux dernières années, alors qu’ils étaient condamnés à mort, j’ai maintes fois montré leurs photos lors de conférences internationales, répété leurs noms et alerté le monde sur le danger de leur exécution. Malheureusement, aucune mesure concrète n’a été prise.
Les sept autres exécutés entre-temps étaient des insurgés arrêtés lors du soulèvement. Inspirés par les Moudjahidine du peuple et les unités de résistance, ils aspiraient à renverser le régime.
L’implication de nombreux jeunes dans le soulèvement a démontré que l’action de l’OMPI dépasse désormais le cadre d’un simple groupe. En effet, ce mouvement est devenu un enjeu social et populaire visant à déraciner le régime.
Par ces exécutions, les mollahs veulent entraver la progression d’une stratégie efficace visant leur chute. Ils savent mieux que quiconque que cette stratégie constitue leur principale menace et qu’elle finira sans aucun doute par les anéantir.
Le régime est désormais irrémédiablement affaibli et vulnérable. Le fils de Khamenei tentera d’imiter son père, mais il ne parviendra jamais à sauver la dictature religieuse.
En tout cas, comme l’a déclaré Massoud [Radjavi, le dirigeant de la Résistance iranienne] le jour de la nomination de Mojtaba Khamenei comme nouveau Guide suprême : « Notre guerre pour la liberté et l’indépendance contre la dictature religieuse et la monarchie se poursuivra sans relâche jusqu’à la victoire de la révolution démocratique du peuple iranien. »

La paix ne sera possible qu’avec le renversement du régime

Chers amis,
Lors du récent conflit, les pays de la région ont amèrement constaté que, malgré de nombreux efforts de négociation et de concessions, le régime a finalement déclenché une guerre de destruction contre eux.
Au cours des quarante dernières décennies, nous avons averti à maintes reprises que la paix dans la région ne peut être possible qu’avec le renversement de ce régime par le peuple iranien et sa résistance. Aujourd’hui, cela se vérifie clairement.
Des négociations sont en cours et nous espérons qu’elles permettront de transformer le cessez-le-feu en une fin définitive du conflit. La résistance iranienne, qui a été la première à révéler les projets et installations nucléaires du régime au cours des trente dernières années, se félicite de de tout abandon du programme d’armement nucléaire par ce dernier. Pour un régime dont la survie repose sur son programme nucléaire, ses forces supplétives et la répression interne, cette évolution marquerait un pas de plus vers son renversement.
Ce programme sinistre a déjà englouti deux mille milliards de dollars d’actifs iraniens. Le peuple iranien, principale victime de ce programme, plongé dans la misère et la faim, s’y est opposé à maintes reprises.
Un autre enseignement des récents événements est l’instrumentalisation par le régime des vestiges de la monarchie et du fils du chah pour détourner et écraser le soulèvement. Le soulèvement de janvier se déroulait bien à ses débuts et prenait de l’ampleur chaque jour. Les unités de résistance et les réseaux de l’OMPI le faisaient progresser étape par étape, selon un plan et un programme précis.
L’arrivée opportuniste et suspecte du fils du chah et ses appels les 18 et 19 janvier ont donné au régime l’occasion de perpétrer des massacres.
Khamenei a aplani les dissensions internes du régime quant à la gestion du soulèvement, en privilégiant une répression maximale. Sans cela, le soulèvement aurait pu prendre de l’ampleur et devenir plus problématique pour la dictature religieuse.
Le fils du chah, en alimentant l’espoir d’une chute rapide du régime dès le début des bombardements, a induit en erreur les puissances étrangères et a contribué à la passivité de la population.
Son programme d’urgence et ses déclarations ne laissent aucun doute : il cherche à rétablir la même dictature et la même sinistre police politique, la SAVAK. La semaine dernière, il a déclaré sans ambages à la télévision suédoise être fier des agissements de son père et de son grand-père, alors qu’ils ont eu, avec une police secrète sanguinaire et un système à parti unique, un bilan honteux de massacres et de répression.
Toute propagande en faveur de l’ancien régime détruit le dynamisme populaire en faveur d’un changement de régime, car les gens se demandent pourquoi consentir des sacrifices pour renverser un dictateur si c’est pour en ramener un autre.
En influençant son entourage, le régime contrôle ses actions et sa politique, et le place sous son emprise. Les parties prenantes, par le biais de manipulations en ligne et de programmes télévisés visant à créer des alternatives avec le fils du chah, et via la diffusion de fausses informations et de films mensongers, le présentent comme celui qui comblerait le vide du pouvoir une fois le régime renversé. Mais, un modèle à la Chalapi [comme en Irak] ne pourra pas se reproduire.
Les vestiges de la monarchie ne constituent pas un enjeu d’avenir pour l’Iran, ni un concurrent pour le Conseil national de la résistance, mais bien un enjeu actuel qui entrave la lutte pour le renversement du régime. C’est pourquoi la formation du camp du peuple « ni chah ni mollahs » est indispensable pour renverser le fascisme religieux.
Le front « ni chah ni mollahs » est un vaste front dans lequel chacun peut s’engager.
Il a pris aujourd’hui une ampleur considérable dans la pratique. Aujourd’hui le peuple iranien et ses minorités ethniques opprimées s’opposent au fascisme religieux avec le mot d’ordre « ni chah ni mollahs ».

Mesdames et Messieurs,
Nous avons la vision qu’avec le renversement du fascisme religieux par le peuple et sa résistance organisée, l’Iran deviendra un foyer de paix et de tranquillité dans la région. Cette même vision rejette la dictature du chah et des mollahs.
Après les événements marquants de l’année écoulée, j’espère que les décideurs abandonneront définitivement les politiques erronées des quarante dernières décennies et se garderont de toute orientation ou perspective qui consisterait à composer avec le régime et à ignorer la résistance iranienne.
Je terminerai mon intervention en évoquant deux événements inoubliables, dont nous commémorons aujourd’hui les anniversaires :
Le 19 avril 1972, marque le martyre du premier groupe de membres du bureau centrale de l’OMPI : Ali Bakari, Nasser Sadeq, Ali Mihandoust et Mohammad Bazargani, fusillés sur ordre du chah.
Et le 19 avril 1975, marque le crime odieux de la SAVAK du chah sur les collines d’Evine. Il s’agit des exécutions sommaires des martyrs Bijan Jazani, Hassan Zia Zarifi, Aziz Sarmadi, Saïd Kalantari, Abbas Soraki, Mohammad Choupanzadeh et Ahmad Jalil Afshar, ainsi que du commandant moudjahidine du peuple Kazem Zolanvar et de Mostafa Javan-Khoshdel.
Ces deux événements témoignent de la cruauté de la dictature du chah et symbolisent le sacrifice d’une génération qui a permis la chute de ce régime.
Les souffrances et le sang versé — dont Khomeiny a certes confisqué le fruit — ont laissé une empreinte durable qui demeure le soutien de la lutte de notre peuple pour la liberté. Nous saluons la mémoire ces héros tombés martyrs.

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Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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