28 Jan 2026

Comment mon pays, l’Iran, peut devenir une république démocratique pacifique et non nucléaire

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Comment mon pays, l’Iran, peut devenir une république démocratique pacifique et non nucléaire

Le 27 janvier 2026, The Scotsman a publié une tribune de Maryam Radjavi, figurant ci-dessous :

Égalité des genres, séparation de la religion et de l’État, abolition de la peine de mort, indépendance judiciaire, non-nucléaire et pacifique : l’Iran peut devenir un pays radicalement différent si le régime brutal actuel est renversé.

Par Maryam Radjavi

Au cours du soulèvement qui a débuté dans les derniers jours de 2025, mes compatriotes à travers l’Iran ont envahi les rues, et avec un courage extraordinaire et le sacrifice de leurs fils et filles courageux, ils ont démontré au monde entier qu’ils étaient prêts à payer le prix fort pour renverser ce régime et réaliser leurs aspirations à l’établissement d’une république démocratique et laïque.

La question centrale à laquelle l’Iran est confronté aujourd’hui n’est plus de savoir si le régime au pouvoir va tomber, mais plutôt quand il va tomber, ce qui suivra son effondrement et si le chaos remplacera un siècle de dictatures monarchiques et religieuses.

La réalité est que l’Iran, tant son peuple que ses dirigeants, ne reviendra pas au statu quo d’avant le soulèvement. Les causes du mécontentement sont toujours présentes, et les crimes sans limites commis par le régime ont rendu la société encore plus explosive. Un retour au passé pour un pays qui a payé un si lourd tribut humain n’existe que dans l’imagination d’un régime qui a épuisé sa capacité de survie.

La résistance iranienne à un régime brutal

Les expériences récentes montrent clairement que le système des religieux au pouvoir, le «velayat-e faqih », s’est profondément érodé, vidé de sa substance et fragilisé. Dans le même temps, elles ont mis à nu une réalité fondamentale : l’affaiblissement du régime ne conduira pas automatiquement à sa chute.

De même, la théocratie au pouvoir ne s’effondrera pas sous la pression extérieure et ne sera pas renversée par une guerre étrangère. Seul le peuple iranien peut provoquer un changement de régime, grâce à une résistance organisée, nationale et prête au combat, capable d’affronter sur le terrain l’un des appareils répressifs les plus brutaux au monde aujourd’hui : le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). C’est précisément la mission à laquelle les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) s’est consacré au cours des 45 dernières années, en particulier ces dernières années.

Mais cela ne s’arrête pas là. La préparation à la période de transition est tout aussi décisive. Depuis des années, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) se concentre sur la préparation politique, juridique et exécutive du « lendemain » du renversement.

L’existence d’une alternative démocratique reconnue, dotée d’un programme clair et d’une structure bien définie, ainsi que d’un réseau solide et actif à l’intérieur du pays et d’un vaste réseau de scientifiques, de spécialistes et d’entrepreneurs à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran – permet le transfert de la souveraineté de la dictature au peuple de manière démocratique, ordonnée, calme et systématique, sans vide politique.

Elections libres et équitables

Selon les plans du conseil, immédiatement après le renversement, un gouvernement provisoire sera formé avec un mandat limité, transparent et assorti d’un délai précis pour organiser des élections libres, équitables au suffrage universel en vue de la constitution d’une Assemblée constituante dans un délai maximal de six mois.

Avec la formation de cette assemblée, dont le mandat ne dépassera pas deux ans, toute l’autorité politique sera transférée aux représentants élus par le peuple afin d’établir un gouvernement provisoire et de rédiger la constitution de la nouvelle République d’Iran, qui sera ensuite soumise à un référendum national. Cette feuille de route n’est pas une rhétorique abstraite ; elle est le fruit de décennies de travail intellectuel, juridique et pratique.

Cependant, une telle préparation n’a aucun sens sans une base solide à l’intérieur du pays. La présence de l’OMPI en Iran aujourd’hui n’est ni symbolique ni une question de propagande. Lors du soulèvement de janvier, les unités de résistance ont joué un rôle décisif dans l’extension des manifestations, en affrontant les forces répressives et en protégeant les manifestants, au prix de nombreuses vies humaines.

Cette présence est le fruit de plus de six décennies de lutte incessante contre deux dictatures : celle du chah et celle des mollahs. Quelque 100 000 membres et sympathisants de ce mouvement ont été exécutés ou sont morts sous la torture.

En 1988, sur la base d’une fatwa émise par Khomeiny alors guide suprême du régime, tous les prisonniers restés fidèles à leurs convictions et refusant de renoncer à leurs croyances ont été exécutés en l’espace de quelques semaines ; 90 % d’entre eux étaient des membres de l’OMPI.

Soutenir la résistance

Au cours du récent soulèvement, les jeunes organisés ont joué un rôle central dans l’amplification des manifestations. En transmettant des messages, en reliant les manifestations locales aux vagues nationales, en entretenant l’esprit de résistance et en augmentant le coût de la répression, ce réseau joue un rôle central dans la poursuite et l’intensification des soulèvements.

L’engagement coûteux et concret du Conseil envers les principes démocratiques est le secret de sa longévité en tant que coalition la plus longue de l’histoire contemporaine de l’Iran. Dès le début, il a rejeté toute forme d’exclusivisme, mettant l’accent sur l’unité entre les forces engagées en faveur d’une république.

Les principes fondamentaux d’un futur Iran : égalité totale entre les genres, séparation de la religion et de l’État, abolition de la peine de mort, indépendance du pouvoir judiciaire, liberté des partis et des médias, reconnaissance des droits des minorités ethniques iraniennes et un Iran non nucléaire et pacifique – ont été formulées dans le Plan en dix points du Conseil pour un Iran libre, et présentées au peuple iranien et à la communauté internationale.

En revanche, le fait que d’autres comptent sur une intervention militaire étrangère ou espèrent une « implosion spontanée » au sommet du CGRI constitue une dangereuse illusion. Le CGRI est la colonne vertébrale de ce régime, et sa désintégration ne peut se produire qu’à la suite d’un changement fondamental dans l’équilibre des forces sur le terrain. Ce n’est qu’à ce stade, et pas avant, que les défections aux niveaux inférieurs de l’armée acquièrent une réelle importance.

La libération par la résistance organisée

Tant que ce régime restera au pouvoir, il n’abandonnera jamais la répression et ne cédera ni aux réformes ni à la persuasion. La libération ne pourra venir que d’un soulèvement et d’une résistance organisée.

Tout en évitant toute intervention militaire, la communauté internationale a à la fois la capacité et la responsabilité d’augmenter le coût de l’anarchie pour le régime. Cela implique notamment de placer le CGRI sur la liste noire, de lever l’immunité de ses dirigeants et de poursuivre les responsables de crimes contre l’humanité et de génocide en vertu de la compétence universelle.

De plus, le monde doit couper les sources de financement du régime, garantir un accès libre à Internet et, surtout, reconnaître le droit des jeunes Iraniens et des unités de résistance à s’opposer au CGRI.

Maryam Radjavi est la présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne pour la période de transition visant à transférer la souveraineté au peuple iranien. Elle est présente sur X/Twitter @Maryam_Rajavi 

https://www.scotsman.com/news/opinion/columnists/how-my-country-iran-can-become-a-peaceful-non-nuclear-democratic-republic-5491187

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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