03 Avr 2026

Nous ne recherchons pas le pouvoir, mais le transfert du pouvoir au peuple iranien

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Nous ne recherchons pas le pouvoir, mais le transfert du pouvoir au peuple iranien

Alors que les conflits et l’instabilité s’intensifient, Maryam Radjavi, l’une des figures de proue de l’opposition iranienne, propose une feuille de route allant de la chute du régime à la tenue d’élections, et insiste sur le fait que le pays rejette à la fois la théocratie et la monarchie, qu’elle considère comme deux formes concurrentes de dictature.

Au cours des cinquante dernières années, aucun pays n’a été autant à l’origine de crises et de tensions dans la région et dans le monde que l’Iran. Quelle en est la raison et quelle est la solution ?
Maryam Radjavi : La dictature religieuse en Iran n’a pas sa place au XXIe siècle. C’est un régime médiéval qui n’a ni la capacité ni la volonté de répondre aux demandes de son peuple. Le peuple réclame son renversement, et ce régime ne peut survivre que par la répression interne, l’exportation du terrorisme et le bellicisme. Nous avons toujours dit que ce régime est irréformable et qu’il cherche à se doter de la bombe atomique, et que s’il renonçait à ces politiques ne serait-ce qu’un seul jour, il serait rapidement renversé par le peuple iranien.
Il y a plus de vingt ans, j’ai déclaré au Parlement européen que la solution pour l’Iran ne résidait ni dans la politique de complaisance ni dans une guerre étrangère, et j’ai souligné que la complaisance mènerait à la guerre — ce qui s’est désormais produit malheureusement. De plus, les deux conflits qui ont eu lieu ont montré que la guerre étrangère n’entraînera pas de changement de régime. C’est le peuple et sa résistance qui parviendront à renverser ce régime.

Une fois le régime renversé, quelle sera l’étape suivante ?
MR : Le Conseil national de la Résistance iranienne, qui est une coalition de forces démocratiques (opposées à la fois au chah et à la théocratie), a présenté une feuille de route claire ces dernières années. Le gouvernement provisoire commencera ses travaux immédiatement après le renversement, dans le cadre du plan en dix points du CNRI. La tâche principale de ce gouvernement sera d’organiser des élections libres pour une Assemblée constituante dans un délai maximal de six mois.
Par la suite, le gouvernement provisoire démissionnera, et les représentants élus du peuple au sein de cette assemblée nommeront un nouveau gouvernement. Cette assemblée rédigera la Constitution de la nouvelle république.
Le plan en dix points du Conseil met l’accent sur des élections libres, les libertés individuelles et sociales, l’égalité totale entre les femmes et les hommes ainsi que la liberté des femmes en matière d’habillement, d’éducation et d’emploi, la séparation de la religion et de l’État, l’autonomie des minorités ethniques opprimées, la dissolution des Gardiens de la révolution et de tous les organes répressifs, l’abolition de la charia des mollahs et de la peine de mort, un Iran sans nucléaire, ainsi que la paix et la coexistence. Le gouvernement provisoire garantira le transfert ordonné et pacifique de la souveraineté à son propriétaire légitime : le peuple iranien.

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Quelles actions votre mouvement de résistance mène-t-il actuellement en Iran et quel rôle a-t-il joué dans le soulèvement de janvier ?
MR : L’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK), principale composante du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) et la plus grande organisation politique d’Iran, dispose d’un vaste réseau à l’intérieur du pays. Les unités de résistance de l’OMPI ont mené 4 092 opérations anti-répression l’année dernière. Le 23 février, 250 combattants de l’OMPI ont lancé un assaut contre le siège de Khamenei à Téhéran — qui est en fait la zone la plus fortement protégée de tout l’Iran.
Les unités de résistance de l’OMPI ont joué un rôle clé dans l’organisation du soulèvement et la définition de ses revendications. Grâce à leur aide, certaines villes ou certains quartiers ont été libérés pendant plusieurs heures, voire un à deux jours. Dans de nombreux cas, elles ont mené les affrontements contre les forces répressives. Elles ont mené 630 opérations contre ces forces afin de protéger les manifestants, ce qui a grandement contribué à l’expansion du soulèvement. Deux mille membres des unités de résistance ont disparu pendant le soulèvement et on ignore encore combien ont été arrêtés et combien ont été tués.
Ces derniers jours, quatre membres de l’OMPI ont été exécutés en Iran. Quel est le message véhiculé par ces exécutions ?
MR : Ces exécutions criminelles — perpétrées en pleine guerre — montrent que la principale préoccupation du régime est le soulèvement et la résistance organisée à l’intérieur de l’Iran. Si l’on examine la déclaration du pouvoir judiciaire du régime concernant l’exécution de ces quatre membres de l’OMPI, il y est clairement indiqué qu’ils étaient impliqués dans le soulèvement et œuvraient au renversement du régime. Actuellement, un grand nombre de prisonniers politiques risquent la peine de mort pour des chefs d’accusation similaires. Les condamnations à mort d’au moins 17 d’entre eux ont été confirmées par la Cour suprême du régime et ils risquent d’être exécutés à tout moment.

Les 30 et 31 mars, quatre membres des unités de résistance — condamnés à mort comme de nombreux autres membres de l’OMPI — ont été brutalement exécutés, ce qui témoigne de la peur et de la terreur que ce régime éprouve face à cette résistance.
Quels sont les éléments qui attestent du soutien du peuple iranien au Conseil national de la Résistance iranienne ?
MR : Bien qu’il soit impossible de mener un sondage d’opinion libre, le premier indicateur du soutien populaire est l’ampleur de la résistance. Le Conseil national de la résistance est la coalition la plus durable de l’histoire de l’Iran, puisqu’elle résiste au régime depuis 45 ans sans une seule journée d’interruption. Plus de 100 000 membres de la résistance ont été exécutés. À l’heure actuelle, un nombre croissant de prisonniers politiques sont condamnés à mort pour appartenance à l’OMPI.
Le CNRI, s’appuyant sur le réseau de renseignement de l’OMPI en Iran, a révélé les secrets ultra confidentiels du régime, notamment ceux concernant les sites nucléaires de Natanz, d’Arak et de Fordo. Rien de tout cela n’aurait été possible sans un large soutien populaire. C’est précisément pour cette raison que la première exigence du régime envers les pays étrangers est la restriction des activités du CNRI et de sa principale composante, l’OMPI. Tous les membres du mouvement — y compris ceux qui participent à ses programmes à l’étranger — sont qualifiés par le régime de « mohareb », un terme qui, en vertu de la législation en vigueur, est passible de la peine de mort. Le régime a orchestré une vaste campagne de diabolisation contre la résistance, qui a coûté des centaines de millions d’euros.

Pourquoi Reza Pahlavi et le retour à la monarchie ne constituent-ils pas une solution appropriée ?

MR : Il incarne un régime déchu qui a régné en recourant à la torture et à l’assassinat de ses opposants, ainsi qu’à la SAVAK, une police secrète tristement célèbre ; son père a fui le pays alors que des millions d’Iraniens scandaient « À bas le chah ». Non seulement il ne condamne pas les crimes de son père, mais il en tire une fierté. Son programme pour l’avenir consiste à rétablir une dictature monarchique.
Il qualifie les minorités ethniques opprimées de séparatistes et appelle à leur répression. Le peuple iranien a montré, à travers ses manifestations et en scandant « À bas le tyran, qu’il soit chah ou mollah », qu’il s’oppose fermement à toute forme de dictature, qu’elle soit monarchique ou religieuse. Il aspire à un gouvernement issu de son propre vote libre.

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Êtes-vous candidate à la présidence d’un Iran réformé ?
MR : Aujourd’hui, je ne pense qu’à libérer mes compatriotes de la dictature religieuse. Ma principale mission est de redonner espoir et confiance à mes compatriotes et de panser les blessures que ce régime inhumain a infligées à notre société. Comme je l’ai souligné à maintes reprises, nous ne cherchons pas à accéder au pouvoir ni même à en obtenir une part. Notre objectif est le transfert du pouvoir au peuple.

https://www.theparliamentmagazine.eu/partner/article/we-seek-not-power-but-the-transfer-of-power-to-the-iranian-people?previewkey=7c913cfe5ec47f75e4baf2c097840274

 

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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