Message de Maryam Radjavi à une conférence parallèle au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève
Le lundi 28 septembre 2026, à l’occasion de la session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, une conférence consacrée à la dégradation alarmante de la situation des droits humains en Iran et à la vague d’exécutions qui frappe le pays s’est tenue à l’Office de l’ONU à Genève, en présence de personnalités politiques et de juristes de premier plan.
Parmi les intervenants figuraient notamment :
Alfred de Zayas, ancien expert indépendant des Nations unies sur la promotion d’un ordre international démocratique et équitable ;
– Ola Elvestuen, ministre norvégien de l’Environnement de 2018 à 2020 ;
– Christina Blacklaws, présidente du Barreau d’Angleterre et du pays de Galles de 2018 à 2019 ;
– Rémy Pagani, ancien maire de Genève et actuel membre du Conseil municipal de Genève ;
– Le Dr Henrik Hermansson, expert suédois en droits humains.
La conférence a également été marquée par la diffusion d’un message vidéo de Maryam Radjavi. S’adressant à la communauté internationale et aux participants, elle a déclaré :
« La courbe ascendante des exécutions et la répression brutale des soulèvements populaires révèlent le véritable visage du régime en Iran. Pourtant, la résistance organisée du peuple iranien ne s’est jamais arrêtée. Le moment est venu pour la communauté internationale d’entendre la voix du peuple iranien, un peuple qui aspire à une république démocratique, à l’égalité entre les femmes et les hommes, à l’abolition de la peine de mort et à la fin de la dictature. »
Au nom du Conseil national de la Résistance iranienne, elle a proposé la mise en place d’un mécanisme international visant à demander des comptes au régime iranien pour ses violations des droits humains :
1- Saisir le Conseil de sécurité des Nations unies du dossier des droits humains en Iran et du massacre de 1988 ;
2- Contraindre le régime à autoriser des visites internationales indépendantes dans les prisons ;
3- Engager des poursuites judiciaires contre les responsables du régime pour crimes contre l’humanité, sur la base du principe de compétence universelle ;
4- Faire de l’arrêt des exécutions une condition intégrée à l’ensemble des relations et accords internationaux conclus avec le régime iranien.
Vous trouverez ci-dessous le texte intégral du message de Maryam Radjavi adressé à cette conférence :
Un mécanisme international pour demander des comptes au régime en Iran
Défenseurs des droits humains,
Mesdames et Messieurs,
Je vous remercie d’avoir organisé cette conférence en soutien aux droits humains du peuple iranien.
Les violations des droits humain en Iran se sont intensifiées ces derniers mois. Parmi ces violations figurent les exécutions quotidiennes de prisonniers, en particulier de membres des Moudjahidine du peuple et de manifestants du soulèvement de janvier, les arrestations massives, la torture et les mauvais traitements des prisonniers politiques, ainsi que l’adoption d’une loi érigeant en infraction toute connexion ou coopération avec les médias étrangers.
La montée des exécutions en Iran
L’augmentation du nombre d’exécutions ces dernières années est alarmante.
• En 2022, au moins 646 personnes ont été exécutées.
• En 2023, au moins 864 personnes ont été exécutées.
• En 2024, au moins 1 000 personnes ont été exécutées.
• Et l’année suivante a connu une escalade choquante : 2 200 exécutions.
En 2026, outre les exécutions, pour la première fois depuis le massacre de 1988, plus de 50 personnes ont été exécutées pour des motifs politiques ces derniers mois, et plus d’une centaine se trouvent toujours dans le couloir de la mort.
La montée des exécutions est étroitement liée à la montée de la résistance et aux soulèvements populaires.
D’une part, l’Iran a connu des soulèvements à répétition. D’autre part, une nouvelle génération de jeunes courageux et dévoués s’est tournée vers les Moudjahidine du peuple.
Le courage dont ils ont fait preuve dans les jours précédant leur exécution a impressionné la population iranienne comme le reste du monde.
Examinons à présent le bilan des tués et des arrestations dans les soulèvements :
• Le soulèvement de décembre 2017-Janvier 2018 : des dizaines de tués et au moins 8000 arrestations.
• Le soulèvement de novembre 2019 : 1500 tués et plus de 12.000 arrestations.
• Le soulèvement de 2022 : Plus de 750 tués et 90.000 arrestations.
• Le soulèvement de janvier 2026 : des milliers de morts et au moins 50.000 arrestations
Ces chiffres révèlent le système brutal de répression et de massacres qui règne en Iran. Pourtant, cette machine à tuer n’a pas réussi à mettre fin aux soulèvements populaires ni à la Résistance organisée. Elle n’a pas été capable de les arrêter.
Ces quatre dernières décennies ont été marquées par le silence des gouvernements du monde face aux crimes du régime.
Plutôt que de donner ma propre explication, je voudrais citer des propos de M. Marc Trévidic, ancien juge d’instruction antiterroriste à Paris, diffusés le 10 septembre dernier sur Radio Présence à Toulouse.
Il a déclaré : « Lorsque je travaillais au parquet antiterroriste au début des années 2000, j’ai été témoin d’un étrange rapprochement entre la France et l’Iran. La France souhaitait signer de nombreux contrats lucratifs avec l’Iran, notamment dans le secteur du pétrole et du gaz. Le régime iranien a posé une condition : nous devions arrêter ses opposants. Nous avions notamment l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) à Auvers-sur-Oise… On nous a dit qu’il s’agissait également de terroristes. Il s’agissait d’un détournement du système judiciaire à des fins politiques. »
Cette accusation a servi de prétexte à une répression accrue et à davantage d’exécutions de membres et de sympathisants de l’OMPI.
Crimes contre l’humanité
Mesdames et Messieurs,
Ces dernières années, les instances internationales des droits humains ont de plus en plus souvent qualifié les violations systématiques des droits humains en Iran de crimes contre l’humanité.
Dans son rapport de 2024, le Pr. Javaid Rehman, rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Iran, a déclaré que le massacre de 1988 constituait la pire violation des droits humains de notre époque et l’a qualifié de génocide et de crime contre l’humanité.
En 2025, l’Assemblée générale des Nations unies a, pour la première fois, évoqué le massacre de prisonniers politiques de 1988 dans sa résolution sur l’Iran.
La mission d’établissement des faits des Nations unies sur l’Iran, dans ses rapports de 2024 et 2026, qualifie la répression des soulèvements du peuple iranien de crimes contre l’humanité.
Tout récemment, Amnesty International a également confirmé cette conclusion dans son dernier rapport.
Notre résistance, qui dure depuis plus de quatre décennies contre le fascisme religieux au pouvoir, vise à instaurer une république démocratique où personne ne bénéficiera d’un quelconque privilège en raison de sa religion ou de son origine.
Nous nous engageons à respecter les conventions internationales, la liberté d’expression, de réunion, d’association et de parti, l’égalité entre les femmes et les hommes, l’indépendance totale du pouvoir judiciaire, ainsi que la reconnaissance du principe de la présomption d’innocence, du droit à la défense et de l’abolition de la peine de mort.
Au nom du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), je voudrais proposer la mise en place d’un mécanisme international visant à demander des comptes au régime iranien pour ses violations des droits humains :
1. Saisir le Conseil de sécurité de l’ONU de la situation des droits humains en Iran, y compris le massacre de prisonniers politiques de 1988, et prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à l’impunité des responsables de ces crimes.
2. Exiger du régime iranien qu’il autorise des visites internationales indépendantes de ses prisons.
3. Poursuivre les responsables du régime iranien pour crimes contre l’humanité, en vertu du principe de compétence universelle.
4. Intégrer la demande de stopper les exécutions en Iran dans l’ensemble des relations politiques, économiques et internationales avec le régime iranien.
- Étiquettes : CNRI, Maryam Radjavi, mollahs en Iran, violations des droits humains

