23 Mai 2026

Maryam Radjavi : Le régime iranien n’a jamais été aussi affaibli

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Maryam Radjavi : Le régime iranien n’a jamais été aussi affaibli

Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), explique pourquoi elle estime que le régime clérical iranien est confronté à une faiblesse sans précédent, évoque le rôle de la résistance organisée et de l’opposition dirigée par des femmes en Iran, et présente la feuille de route du CNRI pour une transition démocratique.
Dans cet entretien exclusif accordé à Tim Constantine, du Washington Times, Mme Radjavi présente son plan en dix points pour un Iran démocratique et appelle la communauté internationale à soutenir la lutte du peuple iranien en faveur d’un changement de régime.

Nous accueillons maintenant Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne et dirigeante de longue date du principal mouvement d’opposition iranien. Ingénieure métallurgiste de formation, Mme Radjavi a perdu sa sœur aînée aux mains du régime du chah, puis sa sœur cadette, son beau-frère et sa belle-sœur sous le régime de l’ayatollah, un sacrifice personnel immense dans la longue lutte de l’Iran pour la liberté. Depuis des décennies, Mme Radjavi milite en faveur d’un changement démocratique en Iran. Son plan en dix points, largement cité, préconise la tenue d’élections libres, la séparation de la religion et de l’État, l’égalité des genres, l’abolition de la peine de mort et un Iran non nucléaire. Mme Radjavi s’est adressée aux parlementaires aux États-Unis et en Europe et reste l’une des voix les plus influentes au monde pour réclamer un avenir démocratique en Iran

Q: Vous le savez, les analystes et les experts examinent le conflit entre les États-Unis et l’Iran et constatent les succès remportés par les États-Unis. Sur le plan militaire, ils ont causé d’énormes dégâts. Vous avez vu les relations évoluer dans le Golfe : celles des États-Unis semblent s’être encore renforcées, tandis que l’Iran semble désormais isolé. Les dirigeants ont été balayés, non seulement le Guide suprême, mais aussi bon nombre des hauts responsables, et pourtant le régime est toujours en place. Certains experts vous diront qu’il est même plus fort, que sa résilience est telle qu’il se trouve peut-être dans une position plus solide qu’avant le 28 février. Est-ce une analyse correcte ?

Maryam Radjavi : Oui, cette analyse est erronée. Le régime se trouve à son point le plus faible depuis 48 ans. Les crises majeures qui ont conduit au soulèvement de janvier n’ont pas seulement été laissées en suspens, mais se sont aggravées après la guerre. Cette analyse néglige deux réalités fondamentales :
Tout d’abord, les exécutions de ces dernières semaines témoignent de la profonde inquiétude du régime face à la jeunesse insurgée et aux unités de résistance. Cela reflète la force de la résistance et la faiblesse du régime. Comme vous le savez, rien que le mois dernier, au moins 23 prisonniers politiques ont été exécutés : huit membres de l’OMPI et des commandants d’unités de résistance, ainsi que 15 autres personnes ayant pris part au soulèvement. Des proches de ces victimes, qui avaient tenté de récupérer les corps des leurs, ont également été arrêtés.
Enfin, ces analyses sous-estiment le climat explosif qui règne dans la société et l’accumulation du mécontentement populaire en Iran. Le régime n’a aucun moyen de sortir de ces crises.
N’oublions pas qu’à peine un an avant la chute de la dictature du chah, certains la qualifiaient d’«îlot de stabilité », tandis que d’autres affirmaient que l’Iran n’était même pas encore entré dans une phase prérévolutionnaire. Pourtant, contrairement à ces analyses, la dictature du chah a été rapidement renversée.

Maryam Radjavi : Le régime iranien n’a jamais été aussi affaibli

Q : Vous avez évoqué les exécutions qui ont eu lieu là-bas ; selon les organisations de défense des droits de l’homme, il y en aurait eu plusieurs dizaines, et vous avez précisé que huit d’entre elles concernaient des membres de l’OMPI. Pourquoi pensez-vous que le régime iranien, tel qu’il existe aujourd’hui, procède à ces exécutions ? Mais surtout, quel message cela envoie-t-il au reste du monde ?

MR : En procédant à ces exécutions, le régime cherche à prévenir un soulèvement. Il sait que la guerre finira par prendre fin et que la situation sociale, déjà explosive, ne fera que s’aggraver, laissant présager des soulèvements de plus grande ampleur. C’est pourquoi, d’une part, il cherche — selon son propre calcul — à terroriser la population, en particulier les jeunes, afin de les dissuader de poursuivre leurs manifestations et leur rébellion.
D’autre part, il vise à empêcher les jeunes de rejoindre les unités de résistance et à freiner leur expansion, car ces unités jouent un rôle important dans l’organisation, la propagation et le maintien des soulèvements.
Cependant, ce que le régime ne comprend pas, c’est qu’il est confronté à une génération qui n’est absolument pas disposée à tolérer la répression et l’étouffement imposés par les mollahs. C’est une génération qui a trouvé sa voie dans la résistance organisée et qui est prête à payer le prix qu’exige cette voie. Comme l’a dit Thomas Paine : « Nous avons le pouvoir de recommencer le monde à zéro.»

Maryam Radjavi : Le régime iranien n’a jamais été aussi affaibli

Q : Vous n’avez cessé de répeter que le renversement du régime nécessite une véritable résistance sur le terrain. Vous avez clairement indiqué qu’il fallait une présence sur le terrain. À quoi cela ressemblerait-il concrètement ? Comment cela se déroulerait-il dans la réalité ? Et quelle alternative crédible existe si cette tentative de renversement aboutissait ?
MR : L’alternative précise — et la solution qui a fait ses preuves dans la question iranienne — réside dans un changement initié par le peuple iranien lui-même, par le biais d’une résistance organisée et d’unités de résistance.
Notre stratégie spécifique pour renverser le régime repose sur la combinaison de deux éléments : le soulèvement populaire et la résistance organisée, notamment les unités de résistance. Ces deux éléments ont fait leurs preuves et sont observables dans la pratique.
D’une part, la situation sociale est bien plus explosive qu’au moment du soulèvement de janvier dernier, et il ne fait aucun doute que des soulèvements de plus grande ampleur se profilent à l’horizon.
D’autre part, la résistance organisée est bien mieux préparée que par le passé. Rien que pendant le soulèvement de janvier, les unités de résistance ont mené 630 opérations contre des centres de répression pour défendre les manifestants. Le 23 février, 250 combattants de l’OMPI ont lancé une attaque contre le siège de Khamenei, fortement gardé. Grâce à leur expansion tant quantitative que qualitative, les unités de résistance sont devenues des unités organisées d’une armée de libération.
Outre les groupes de résistance, il existe à travers tout le pays un vaste réseau social bien organisé de partisans de l’OMPI, qui joue un rôle efficace dans les soulèvements. Leur combat dans les villes et leur résistance dans les prisons ont eu un impact profond sur la société. Par exemple, six membres d’une unité de l’OMPI sous le commandement de Vahid Bani-Amerian, ont chanté un hymne en chœur à l’intérieur de la prison quelques jours avant leur exécution. Ces images émouvantes sont aujourd’hui devenues virales. Les chaînes de télévision internationales les ont diffusées à plusieurs reprises. La télévision française, en diffusant ces images, les a décrites comme un symbole puissant de la résistance et de la dignité du peuple iranien. J’ai ici leurs photos. C’est la cour de la prison où ils se tenaient pour chanter ensemble.
Comme je l’ai répété à maintes reprises, un véritable changement en Iran nécessite une force organisée et prête au combat sur le terrain. Les soi-disant « alternatives » fabriquées de toutes pièces dans les réseaux sociaux ou des apparitions télévisées soignées n’ont aucun rôle significatif à jouer. Elles ne sont que les vestiges de l’ancienne dictature, qui aspirent à ramener l’Iran vers le passé. Mais un peuple qui sacrifie sa vie ne le fait pas pour un retour au passé, mais pour un avenir démocratique. Il convient également de souligner que la promotion d’une alternative artificielle, articulée autour du fils du chah et des vestiges de l’ancienne dictature, constitue l’un des leviers du régime pour contrer le soulèvement et la résistance organisée

Q : Même si le différend entre les Etats-Unis et l’Iran ne date que de quelques mois, vous menez ce combat depuis très, très longtemps. Quel est votre plan ? Avez-vous un projet précis pour l’avenir de l’Iran ? Et en cas de changement de régime, à qui ressemblerait la transition ?

MR : Nous, la résistance iranienne, avons présenté une feuille de route politique claire pour la période qui suivra la chute du régime actuel. Conformément au plan officiel du Conseil, une fois le régime renversé, un gouvernement provisoire désigné par le Conseil organisera, dans un délai maximum de six mois, des élections libres et équitables pour élire une assemblée constituante et une assemblée législative nationale, transférant ainsi la souveraineté au peuple. Le gouvernement provisoire démissionnera ensuite, permettant à l’assemblée constituante de former un gouvernement chargé d’administrer le pays.
Les fondements politiques de cette transition sont exposés dans le plan en dix points de la Résistance : l’instauration d’une république fondée sur la séparation de la religion et de l’État, le pluralisme, la liberté des partis et des médias, l’abolition de la peine de mort, l’égalité des genres, l’indépendance du pouvoir judiciaire, l’autonomie des nationalités opprimées et un Iran non nucléaire.
En conséquence, nous mettons l’accent sur une république fondée sur la liberté et la démocratie. Comme l’a déclaré Abraham Lincoln dans votre propre histoire, le principe fondamental est que le gouvernement doit être « du peuple, par le peuple, pour le peuple ».

Q : Le régime actuel a la réputation d’opprimer les femmes, et pourtant, depuis 2017, ce sont les femmes qui semblent être en première ligne des manifestations sur le terrain en Iran. Et parallèlement, quand je regarde votre groupe, non seulement vous, mais aussi l’ensemble des dirigeants de votre organisation sont des femmes. Est-ce une coïncidence ? Et comment se fait-il que les femmes jouent un rôle aussi important dans un pays qui a toujours cherché à les maintenir dans un état de subordination ?

MR : Je tiens à le dire clairement : ce n’est pas du tout une coïncidence. Le rôle prépondérant et actif joué par les Iraniennes lors des récents soulèvements nationaux n’est pas le fruit d’une évolution soudaine ou spontanée. C’est le résultat de 48 années de lutte acharnée menée par les femmes iraniennes sur les scènes politique et sociale, ainsi que sur les champs de bataille, où les femmes de l’OMPI ont joué un rôle de pionnières.
Sous ce régime, des milliers de militantes courageuses et de membres de l’OMPI ont été arrêtées, torturées et exécutées.
Aujourd’hui, un millier de femmes siègent au Conseil central de l’OMPI, assumant un rôle de premier plan dans la gestion des responsabilités à tous les niveaux de ce mouvement. De plus, les femmes représentent 52 % des quelque 450 membres du Conseil national de la Résistance iranienne. Ainsi, le rôle de premier plan des femmes a été institutionnalisé au sein de la résistance et sert de tremplin pour parvenir à une véritable égalité entre les genres. C’est une source d’inspiration et de motivation pour les femmes de tout l’Iran.
Selon le programme du CNRI et son plan en dix points, l’égalité des femmes et leur pleine participation à tous les domaines de la société — en particulier à la direction politique — garantiront la démocratie et le développement dans l’Iran de demain.

Q : À la suite du décès du Guide suprême du régime iranien, Ali Khamenei, vous avez annoncé la formation d’un gouvernement provisoire. Et pour être tout à fait franc, certains critiques ont estimé que cette décision était prématurée. Pourquoi avez-vous jugé important de faire cette annonce à ce moment-là, de mettre en place ce gouvernement à ce moment-là, et qu’est-ce qui confère sa légitimité au gouvernement provisoire ?

Le gouvernement provisoire s’inscrit dans le cadre d’un plan préétabli par le Conseil national de la résistance iranienne pour la période de transition. Son annonce, à un moment où le régime est en proie à une profonde fragilité et à une grande instabilité, met en évidence l’existence d’une alternative crédible, capable de transférer le pouvoir au peuple iranien de manière ordonnée, pacifique et démocratique après le renversement du régime.
En ce qui concerne la légitimité, il faut reconnaître que, dans un contexte de répression — où des élections libres sont impossibles — la légitimité d’une force politique se mesure à son niveau de participation active à la résistance et à son attachement aux principes démocratiques et à leur pratique. La légitimité du gouvernement provisoire trouve ses racines dans 45 années de lutte ininterrompue contre la tyrannie religieuse et dans le sacrifice de plus de 100 000 martyrs.
Ce gouvernement repose sur un programme politique clair et rendu public, fondé sur des principes tels que les élections libres, l’État de droit, la séparation de la religion et de l’État, et l’égalité entre les genres.
Il convient de souligner que le gouvernement provisoire ne cherche pas à se substituer à la volonté du peuple ; il vise au contraire à faciliter sa concrétisation. Nous avons toujours affirmé que nous ne briguons pas le pouvoir pour nous-mêmes, mais que nous avons l’intention de le transférer au peuple iranien.
Le mandat du gouvernement provisoire consiste à organiser, dans un délai maximal de six mois, des élections libres en vue de la formation d’une assemblée constituante. Il démissionnera immédiatement après, permettant ainsi aux représentants élus du peuple de mettre en place un nouveau gouvernement chargé d’administrer le pays.

Q : Dans un passé récent, la chute de dirigeants oppressifs, comme en Libye, par exemple, ou peut-être encore mieux en Irak avec Saddam Hussein, a entraîné le chaos et l’instabilité partout. Si un changement de régime devait avoir lieu en Iran, serait-il possible d’emprunter une voie différente ? Cette instabilité pourrait-elle être évitée ?
Une telle menace n’existe pas en Iran. Ni les expériences de l’Irak et de la Libye ne s’appliquent à l’Iran, ni un scénario « à la Chalabi » n’est envisageable, ni un retour à une dictature monarchique. Il y a plusieurs raisons à cela :
Tout d’abord, il existe en Iran une volonté sociale profonde et puissante de changement de régime et d’instauration de la liberté et de la démocratie. Depuis 45 ans, une résistance ininterrompue vise à renverser le régime. Cette lutte de longue haleine constitue un facteur d’unité entre les différentes composantes de la société iranienne.
Il convient de noter qu’en Irak et en Libye, il n’existait aucune alternative crédible. La chute de ces régimes est due en grande partie à l’effondrement soudain des structures étatiques. En revanche, le changement en Iran trouve ses racines profondes dans le peuple et dans une résistance organisée, soutenue par une alternative politique et un gouvernement provisoire.
En Iran, il existe une force d’opposition dotée d’une structure, d’un programme et de réseaux bien définis, qui dispose d’une feuille de route claire pour « l’après » le renversement du régime. Un gouvernement provisoire à durée déterminée a été proposé, avec pour mandat explicite d’organiser des élections libres. En d’autres termes, un mécanisme a été mis en place pour éviter tout vide du pouvoir.
Il convient également de souligner que l’Iran possède une identité nationale ancienne et une structure sociale solide et profondément enracinée qui remonte à plusieurs milliers d’années. Ce n’est pas un pays issu des redécoupages mondiaux qui suivent les conflits majeurs.

Q : Vos détracteurs affirment que, bien que vous ayez une forte présence et que votre organisation bénéficie d’un large soutien à l’étranger, ils s’interrogent sur l’ampleur réelle de votre popularité à l’intérieur des frontières iraniennes. Existe-t-il des preuves concrètes ? Pouvez-vous citer des exemples illustrant que le CNRI bénéficie d’un soutien sur le terrain ?
MR : Commençons par les agissements du régime lui-même, à savoir les exécutions qui se poursuivent. Si l’OMPI n’avait aucune base sociale en Iran, pourquoi le régime clérical s’obstinerait-il à exécuter ses membres ? Comme je l’ai mentionné, huit membres de l’OMPI ont été exécutés au cours des trois dernières semaines seulement. Au total, plus de 100 000 membres de la résistance ont été exécutés par ce régime. Dans le livre que vous voyez ici, les noms de 20 000 d’entre eux ont été répertoriés dans un contexte de répression sévère. On y voit leurs noms et leurs photos.
Par conséquent, si la résistance n’avait pas de base en Iran, elle n’aurait pas tenu 60 ans — en fait, elle n’aurait même pas survécu six ans.
Les unités de résistance ont mené plus de 4 000 opérations anti-répression au cours de la seule année écoulée. Peut-on imaginer qu’une telle ampleur d’opérations puisse exister sans une large base sociale ?
Rien que pendant le soulèvement de janvier, 2000 membres de l’OMPI ont disparu, été tués ou emprisonnés. Pourtant, en même temps, on constate qu’un nombre croissant de femmes et de jeunes rejoignent les rangs des unités de résistance.
De hauts responsables du régime, dont Ali Khamenei, ont reconnu à plusieurs reprises que la principale menace à l’intérieur de l’Iran est l’OMPI et que celui-ci joue un rôle central dans l’incitation aux soulèvements. Depuis 45 ans, le slogan « Mort à l’OMPI » est un élément incontournable des cérémonies officielles et religieuses du régime.
Au cours des deux dernières années, le régime a organisé à Téhéran un soi-disant procès par contumace— qui se tient toutes les deux semaines — visant 104 membres de la résistance. Son objectif est de porter des accusations afin d’enrayer la tendance croissante des jeunes à rejoindre le mouvement. Dans le cadre de ce « procès », des condamnations à mort ont été prononcées contre moi et d’autres membres.
Il convient également de rappeler que, grâce à son réseau interne, ce mouvement de résistance a été le premier à dévoiler le programme nucléaire secret du régime en 2002, et qu’il a procédé à plus de 130 révélations de ce type depuis lors.
Enfin, c’est précisément cette base sociale nationale qui a permis à la résistance de conserver son indépendance financière jusqu’à aujourd’hui.

Maryam Radjavi : Le régime iranien n’a jamais été aussi affaibli

Q : Je ne suis pas sûr que tout le monde en Occident se rende compte de l’ampleur de la diversité ethnique en Iran. Et si la diversité peut être un atout considérable, elle pose aussi certains défis. Vous avez évoqué tout à l’heure votre plan en dix points. Dans ce plan, avez-vous prévu des mesures concrètes pour répondre aux différentes revendications ou aux différents besoins de tous ces groupes ethniques au sein d’une même nation ?

MR : C’est précisément par la reconnaissance et le respect des droits de toutes les communautés que l’on parvient à préserver l’intégrité territoriale et l’unité nationale de l’Iran. C’est pourquoi nous défendons l’autonomie interne des minorités ethniques opprimées telles que les Baloutches, les Kurdes, les Arabes et les Turkmènes.
Depuis de nombreuses années, le Conseil national de la Résistance iranienne a adopté un plan global visant à instaurer l’autonomie au Kurdistan iranien. Ce plan constitue un modèle avancé d’autonomie démocratique au Kurdistan d’Iran.
À l’inverse, ceux qui refusent de reconnaître les droits légitimes de ces minorités ouvrent, dans les faits, la voie à la division et à la fragmentation du pays. Une ligne de conduite que le peuple iranien rejette catégoriquement.

Q : Nous avons parlé du CNRI, nous avons parlé de votre organisation et de ses membres, nous avons parlé de l’action sur le terrain. Il reste une question : qu’attendez-vous de la communauté internationale pour soutenir vos efforts ?

MR : Comme je l’ai récemment déclaré lors d’une réunion au Parlement européen : Le peuple iranien attend de la communauté internationale qu’elle subordonne tout engagement ou accord diplomatique à l’arrêt immédiat des exécutions et à la libération des prisonniers politiques.
De plus, les violations des droits de l’homme commises par le régime doivent être portées à l’attention du Conseil de sécurité des Nations unies, afin que ses dirigeants puissent être tenus pour responsables de crimes contre l’humanité.
Les ambassades du régime doivent être fermées, et les agents et membres du ministère du Renseignement et du Corps des gardiens de la révolution doivent être expulsés de tous les pays.
Les moyens techniques nécessaires doivent également être mis en place pour garantir au peuple iranien un accès libre et sans restriction à Internet.
Enfin, il est essentiel de reconnaître un changement de régime par le peuple iranien et sa résistance organisée, ainsi que le gouvernement provisoire annoncé par le Conseil national de la Résistance iranienne.

Q : Mme Radjavi, avant de nous quitter, auriez-vous quelque chose d’autre à dire à notre public?
Permettez-moi de dire encore quelques mots et de rappeler qu’il y a quarante ans, la Résistance iranienne, forte de sa profonde compréhension de la nature de la dictature religieuse en Iran, soulignait que ce régime était incapable de se réformer et que la seule solution résidait dans son renversement.
Notre programme peut se résumer ainsi : liberté, égalité et séparation de la religion et de l’État.
Notre lutte et nos sacrifices ne visent pas à accéder au pouvoir, ni même à en partager une partie. Notre seul objectif est d’instaurer la souveraineté populaire et la démocratie.
Merci encore.

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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