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24 Mar 2012

Discours de Maryam Radjavi à la conférence international de Paris

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Discours de Maryam Radjavi à la conférence international de Paris

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Je voudrais tout d’abord remercier le comité français pour un Iran démocratique pour avoir organisé cette conférence. Je voudrais aussi présenter mes condoléances aux familles des victimes des attaques terroristes, en France ainsi qu’à la communauté juive et au peuple français.

Cette tragédie est la conséquence de l’intégrisme qui sévit sous le couvert de l’islam. L’intégrisme dont le cœur bat à Téhéran et à Qom. Cela fait 25 ans que nous avertissons le monde sur le danger de l’intégrisme.

En tant que femme musulmane, je dois souligner que ces crimes n’ont rien à voir avec l’islam.
Dans le Coran, au verset Maedah on peut lire :
Si on verse injustement une goute de sang d’un être humain, c’est comme si on tuait l’humanité. Et quand on sauve un être humain, c’est comme si on sauvait l’humanité.

Le mois dernier, dans un discours, Khamenei a dit que le régime équipe et finance le Hezbollah libanais.
Peut-on apporter un signe plus évident sur la source principale du terrorisme et de l’intégrisme ? Ce régime masque l’intégrisme et le terrorisme avec l’islam. C’est pourquoi, le seul moyen de l’affronter est une alternative qui prône l’islam tolérant et démocratique. Et l’OMPI représente cette alternative démocratique qui est l’antithèse de l’intégrisme. L’islam de miséricorde de liberté de l’égalité de fraternité et de coexistence pacifique avec toutes les religions.

Si vous le permettez je vais continuer en persan.

Chers amis
En ce 5e jour de la nouvelle année iranienne et du printemps, je vous adresse à nouveau mes vœux, ainsi qu’à mes compatriotes en Iran et à l’étranger. En plus de mes salutations les plus cordiales, j’adresse aussi mes voeux aux femmes et aux hommes courageux qui se battent pour le renversement du régime du guide suprême et l’éclosion du printemps de la liberté et de la démocratie en Iran. J’espère que la nouvelle année verra tous les peuples de la région libérés du fascisme religieux au pouvoir en Iran.
Je suis très heureuse de retrouver dans une telle occasion nos chers amis venus d’Amérique et de divers pays d’Europe. Cette conférence se tient à la veille de l’anniversaire de l’attaque sauvage des forces irakiennes contre les Achrafiens sans défense, le 8 avril 2011, un crime contre l’humanité perpétré selon le plan et les ordres du guide suprême, en coordination avec la force terroriste Qods et dans le but d’éliminer dans le sang tous les militants de la liberté à Achraf.

Ce jour-là, les assaillants ont écrasé au moins 22 Achrafiens avec leurs blindés. 36 héros de la liberté sont tombés mais le plan de Khamenei pour anéantir son opposition a échoué. L’attaque du 8 avril était en fait la réplique la plus forte de Khamenei au soulèvement du peuple iranien qui avait fait trembler la totalité du régime à peine de deux mois auparavant. Sous cet aspect, ces événements reflétaient à la fois le besoin urgent du régime des mollahs de détruire la résistance, la subordination du gouvernement irakien et l’attitude irresponsable du gouvernement américain qui a violé ses engagements avec chacun des Achrafiens et qui mène une politique qui satisfait la tyrannie religieuse des mollahs.

Nous savons tous que quelques heures avant le début du massacre du 8 avril, une unité américaine qui se trouvait à Achraf, a quitté ce camp de la manière la plus inattendue. Depuis ce jour une question est restée sans réponse : qui a donné l’ordre de ce retrait ? Où est le commandant de cette unité pour qu’il puisse témoigner de ce qui s’est passé ?
Au fait pourquoi l’enquête sur ce massacre qu’avait demandée le Haut commissariat aux droits de l’homme n’a pas été menée ? Et pourquoi les délégations du Congrès américain et du Parlement européen qui avaient demandé de se rendre à Achraf pour enquêter sur ces événements, n’ont pas eu l’autorisation de s’y rendre ?
La vérité c’est que l’attaque contre Achraf, était en fait le reflet d’une grande crise, celle de l’Iran.

Le régime du guide suprême a abouti à une impasse. D’une part il y a dans le pays une faille profonde et incurable au sommet du pouvoir, le danger imminent d’un soulèvement à travers l’Iran et une faillite économique totale.

D’autre part, à l’étranger, le processus de renversement de la dictature syrienne déstabilise de manière irrémédiable le régime de Téhéran. Pour échapper à cette situation mortelle, les mollahs ont eu davantage recours au terrorisme et au bellicisme. La multiplication sans précédent des exécutions en Iran pour atteindre le nombre de 670 l’an dernier, l’accélération de la course à la bombe atomique et la participation directe à la tuerie du peuple syrien, constituent des facettes de cette politique. Mais au cœur de cette politique, il ya les efforts pour attaquer Achraf et éliminer la résistance organisée qui possède la clé du changement en Iran. En fait, pour échapper à leur renversement, les mollahs se sont lancés dans la guerre contre le peuple iranien, la guerre contre les peuples de la région et la communauté internationale. Pour contrer ce bellicisme néfaste qui met en danger la paix et la sécurité du monde, il est nécessaire d’adopter une politique de fermeté. La politique occidentale vis-à-vis de ce régime s’est avéré un échec.

Vous voyez que face au danger du régime iranien, le gouvernement américain cherche à grossir les effets des sanctions internationales et d’autre part cette évaluation sans fondement voudrait faire croire que les mollahs n’ont pas encore pris de décision sur la fabrication de la bombe atomique. Au fait, quand une troupe en armes se met en marche à quelques lieues de distances, assurer que « non, il n’y a pas de mouvement de troupe », sert les intérêts de qui ?

Face aux crimes contre l’humanité en Syrie aussi, les gouvernements occidentaux ont adopté une attitude passive, alors que les mollahs, avec l’aide du gouvernement irakien, envoient sans relâche des armes au pouvoir de Bachar al-Assad. Finalement la politique des Etats-Unis et de l’Union européenne, qui consiste à satisfaire les demandes du régime contre Achraf et le maintien inacceptable de l’OMPI dans la liste noire, a agi dans le sens des intérêts du régime de Téhéran.

L’humiliation et le recul face au fascisme religieux sont une des faces de la politique de complaisance. L’autre face, ce sont des attaques virulentes contre le front des défenseurs du changement en Iran.

Tout le monde peut voir qu’aujourd’hui il existe un courant puissant au sein des politiciens, des hauts dignitaires et des hauts commandants militaires des gouvernements de ces 20 dernières années aux Etats-Unis qui considèrent l’instauration de la démocratie comme une solution efficace au problème iranien. Au congrès et au Sénat américain également ce courant dispose depuis plusieurs années d’un crédit et d’une importante base.

La majorité des membres de 30 parlements de pays européens ont également apporté ces dernières années leur soutien à ces objectifs.

Il est clair que les attaques que lancent aujourd’hui certaines autorités anonymes américaines aux personnalités qui défendent la démocratie en Iran, traduisent en fait l’échec de la politique de complaisance. Ces attaques sont dénuées de toute équité et de toute justice et n’ont aucune morale. Mais si l’on regarde plus loin, lorsque le rideau se lève, on s’aperçoit que deux politiques s’affrontent. D’un côté, une politique qui veut le maintien du régime des mollahs. Par conséquent face aux menaces du fascisme religieux, son terrorisme et sa bombe atomique, elle tente de cacher ses faiblesses et sa lâcheté par des gestes et des paroles creuses. Une politique qui par excès de lâcheté pourrait demain perdre et laisser les mollahs avoir la bombe atomique en Iran.
Mais de l’autre côté, il existe un courant qui demande le renversement des mollahs. Un front de personnalités de renom aux Etats-Unis qui cherchent par des efforts sincères et responsables à changer une politique dépassée. C’est pour cela qu’ils sont la cible des attaques des tenants à courte vue de cette politique. Au cœur de l’affrontement entre ces deux politiques se trouve la Résistance du peuple iranien. Des personnalités qui incarnent justement la défense de la démocratie, ont reproché à maintes reprises au gouvernement américain d’avoir transgressé ses engagements sur la protection des habitants d’Achraf.
La question est la suivante : Est-ce que violer des engagements, piétiner les principes moraux, ignorer les lois internationales et mener une politique qui fait gagner le fascisme religieux en Iran, répondent aux intérêts fondamentaux des Etats-Unis et du monde entier ou bien c’est l’appel à corriger cela qui sert ces intérêts ? La faute principale de ces hommes d’honneur c’est qu’ils demandent la fin du programme atomique des mollahs, leur renversement et d’empêcher l’instauration d’un Iran atomique qui menace la paix et la sécurité du monde.
Leur faute c’est de s’être continuellement opposés aux plans et aux exigences du régime contre Achraf et ses résidents. Nous nous souvenons que l’ambassadeur John Bolton dans une de ces conférences, avait dit en toute franchise dans un discours sur la bonne politique à mener vis-à-vis de l’Iran : Achraf fait partie de la solution pour l’Iran, et non du problème de l’Iran. Ces personnalités ont aussi dit à haute voix la réalité du camp Liberty. Elles ont demandé pourquoi le camp Liberty ne répond pas aux normes humanitaires internationales.
C’est pour cela que des autorités anonymes aux Etats-Unis qui s’efforcent de cacher la situation au camp Liberty, ont été excédées par ces déclarations. Elles demandent pourquoi le maire Rudy Giuliani s’oppose à la transformation du camp Liberty en prison. Au fait, dire une vérité manifeste serait-il un crime ou sa dissimulation ? Et si ce camp était doté de conditions acceptables, pourquoi 21 de ces personnalités qui s’étaient dit prêtes à visiter ce camp, n’ont pas été autorisées à s’y rendre ?
La grande faute de ces personnalités c’est aussi d’avoir protesté contre l’injustice et la violation de la loi concernant la résistance iranienne, à savoir le maintien de l’OMPI sur la liste du terrorisme. Elles ont répété cette vérité criante que le maintien de l’OMPI sur cette liste est illégitime et inacceptable d’un point de vue moral et légal.
Nous nous souvenons que le général Shelton est allé encore plus loin et a écrit une fois que le refus de retirer la marque de terroriste de l’OMPI était une trahison à la démocratie. Et permettez-moi de répéter les paroles du ministre Tom Ridge : Si l’on veut voir un Iran démocratique, un changement de régime est notre seul espoir. Et le potentiel d’instaurer la démocratie en Iran se trouve dans un groupe d’opposition qui s’est engagé pour un changement démocratique, à savoir l’OMPI qui a dû affronter depuis des dizaines d’années de vastes génocides.
De leurs côtés, des porte-parole et la presse sous contrôle du fascisme religieux à Téhéran se sont joints aux attaques contre ces personnalités. Des agents connus du régime aux Etats-Unis ont aussi ajouté leur part à ces attaques. Est-ce que les tenants de cette politique dépassée aux Etats-Unis n’ont pas honte de parler de concert avec le fascisme religieux en Iran ? Mais bientôt, le peuple et l’histoire se feront les arbitres pour dire que ces personnalités ont notamment rendu les plus grands services à la paix et à la sécurité du monde.
Ce n’est pas par hasard si les législateurs américains, européens et anglais ont exprimé leur colère contre cette campagne de diabolisation. Comme le dit le proverbe : « Si vous n’aimez pas un message, tuez le messager ».
Alors souvenons-nous de l’appel lancé par le juge Mukasey aux Américains : le temps est venu que nos paroles et nos actes se fassent sur la base de nos principes et de nos croyances. Lorsque les générations futures demanderont ce que nous avons fait pour défendre le bien et la résistance face au mal, ils devront trouver une réponse qui laisse en paix nos consciences et les leurs.

Et enfin, il y a cette grande demande de la juste conscience américaine qui a été faite par Patrick Kennedy et qui résonne dans les oreilles : la question c’est de savoir si nous en tant que bon êtres humains, dans quel camp nous nous trouvons, le camp du droit ou du non droit ? Et c’est lui qui a crié que la défense d’Achraf est une épreuve pour toute l’humanité libre, aux Etats-Unis, en France, en Allemagne et où que ce soit.

Chers amis,
Comme vous le savez, jusqu’à présent, trois groupes de résidents d’Achraf ont été transférés vers le nouveau camp. Ce transfert s’est malheureusement transformé en un déplacement forcé avec des harcèlements et de fortes pressions. Il y a quatre jours, après l’arrivée du troisième groupe d’Achrafiens à Liberty, Bardia Amir-Mostofian qui était ingénieur est décédé d’un arrêt cardiaque à cause de la fatigue et des pressions dues à la longe fouille.
C’est pourquoi je veux encore dire à ses amis à Achraf et à Liberty et aux membres de sa familles dont certains sont ici avec nous : Bardia est vivant et présent et son chemin et son but pour la liberté du peuple iranien triompheront à coup sûr. Je salue Bardia qui a persévéré jusqu’au dernier moment pour la liberté de son peuple et de sa patrie.
Au camp Liberty, contrairement aux multiples insistances du HCR, les résidents ne sont pas libres de leurs mouvements. Ils sont aussi privés des visites de leurs familles et de leurs avocats. Pire encore, c’est la présence injustifiable des forces armées dans le périmètre privé du camp qui est une source d’insécurité pour les résidents.
Il y a deux jours, la police armée est entrée soudain, sans aucune raison, dans les lieux de repos de nos sœurs dans ce camp, ce qui a provoqué beaucoup d’angoisse et de tensions.
C’est un des dangers que la présence injustifiable et dangereuse des forces armées peut produire à l’intérieur du camp. Pourquoi l’ONU n’a pas encore forcé l’Irak à respecter ces endroits privés ?
Nous annonçons tous ici que la poursuite de cette situation est totalement inacceptable et intolérable. J’averti que la présence des forces armées à l’intérieur du camp crée un fort potentiel de catastrophe humanitaire. Nous persistons pour obtenir le respect de ces droits minimums et nous n’accepterons pas le maintien de cette situation.
Concernant les conditions de vie dans le camp, je dois souligner que la superficie nécessaire aux résidents, la situation sanitaire et les installations et les services ne répondent toujours pas aux normes contrairement à toutes les promesses. C’est une situation insupportable et difficile imposée aux résidents.
En bref, malgré tous les engagements de l’ONU et des USA, ce que le gouvernement irakien a livré au nom du camp Liberty n’est qu’un lieu chaotique et déplorable encerclé par des interdictions et la présence de la police.
Cependant, il ne fait aucun doute qu’avec patience et ténacité, les combattants de la liberté vont changer cet endroit insupportable.
Comme Massoud Radjavi, le leader de la Résistance iranienne l’a déclaré récemment : Si on parle de l’essence humaine et de l’élément déterminant que sont les membres de l’OMPI au bout de dix ans, comme le monde et tous les peuple peuvent en témoigner, Achraf est au sommet et a été recrée, elle est devenu éternelle et immortelle.
Où a-t-elle été recrée ? Dans chacun et chacune des Achrafiens et de leurs amis sympathisants en Iran et partout dans le monde et dans toute l’histoire.

Chers amis,
Pour arriver à une solution pacifique, la Résistance iranienne insiste aussi sur la nécessité d’obtenir un minimum de garanties dans le nouveau camp. D’autant plus que de nombreux points, comme la longue durée des entretiens du HCR montrent que ce lieu n’est pas un camp de transit.
C’est pourquoi
– Il faut que la police et les forces armées se retirent complètement du camp Liberty et que les accords signés à cet égard soient respectés.
– Les résidents doivent bénéficier de leurs droits de transférer leurs biens meubles au nouvel endroit afin de pouvoir les vendre ou les transférer vers un autre lieu.
– Les obstacles posés par le gouvernement irakien pour la construction des infrastructures doivent être immédiatement levés afin de permettre aux résidents de subvenir à leurs besoins les plus nécessaires comme la construction d’un bâtiment pour le repos des malades ou construire des chemins de circulation pour les malades.
– Le rythme du processus de détermination du statut de réfugié des résidents par le HCR et leur transfert vers des pays tiers doit s’accélérer.
J’appel le gouvernement américain, l’UE, Mme Clinton et la Baron Ashton à soutenir l’application des garanties minimales dans le nouveau camp.
On attend de l’ONU qu’elle revienne à ses devoirs authentiques pour défendre les opprimés et les victimes ou au moins rester neutre entre les résidents d’Achraf et le gouvernement irakien.
Je veux donc avertir que la bonne volonté et la tolérance des résidents d’Achraf et de Liberty a été extrêmement généreuse. Mais il faut se méfier des intentions suspectes et néfastes du gouvernement irakien.
Oui, il s’agit de persévérance face à la dictature des mollahs qui a recours au bellicisme et à la répression pour sauvegarder son pouvoir fragile.
Les résidents d’Achraf et la Résistance iranienne tiendront bon, de toutes leurs forces, face à ce régime.
Les mollahs au pouvoir doivent savoir qu’ils emporteront leurs rêves d’anéantir ou de voir capituler les combattants de la liberté et enchainer le peuple iranien dans leurs tombes.
Avec la solidarité internationale, cette nouvelle année sera l’année de l’échec du fascisme religieux en Iran.

Je vous remercie

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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