26 Nov 2016

Discours en direct du discours de Maryam Radjavi à la conférence « Appel à la justice »

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Discours en direct du discours de Maryam Radjavi à la conférence « Appel à la justice »

Une conférence s’est tenue le samedi 26 novembre 2016 à Paris, en présence de Maryam Radjavi. Dans son discours elle a déclaré :

Monsieur le Premier ministre Ghozali,
Mesdames et messieurs les Ministres,
Mesdames et messieurs les parlementaires et maires
Mesdames et messieurs les juristes, les porte-parole et les envoyés de la grande nation syrienne et de la ville héroïque d’Alep. 
Je vous salue tous.

Cette conférence se tient alors que le mouvement de la Résistance est sorti victorieuse et la tête haute de son grand projet. Je veux parler du transfert hors d’Irak en toute sécurité des membres de l’OMPI qui étaient au camp Liberty, vers l’Europe. Il s’agit du transfert de la majeure partie de ce mouvement de libération du peuple d’Iran. Dans cette opération périlleuse, notre résistance a infligé une défaite au régime du Guide suprême, faisant échouer de multiples plans dans le domaine politique et du renseignement. Des attaques terroristes et des bombardements à la roquette ont été neutralisés les uns après les autres. Et cette réussite est l’un des signes les plus importants de la période de faiblesse que traverse la dictature religieuse.

A présent, les mollahs qui avaient tiré des plans sur la comète pour éliminer tous les habitants du camp Liberty, se retrouvent frustrés. Il ne se passe pas un jour sans qu’ils ne parlent et ne prêchent sur le danger de voir se renforcer les Moudjahidine du peuple à l’intérieur de l’Iran.

Face à eux, la volonté d’airain des membres de l’OMPI, ces résistants qui ont fait preuve de persévérance durant quatorze années à la Cité d’Achraf et au camp Liberty avec une détermination cent fois plus forte et avec une perspective cent fois plus brillante. L’OMPI entre dans une nouvelle phase, celle de la marche en avant.

Comme l’a dit Massoud Radjavi : « les Moudjahidine du peuple restent toujours des moudjahidine du peuple, de la prison d’Evine à la cité d’Achraf, au camp Liberty et n’importe où ailleurs dans le monde, ce sont des combattants de la liberté et des membres de la grande armée de libération du peuple iranien, forts de leur endurance et de leur solidité, indépendamment des conditions, des moments ou du lieu. »

Nous n’avons pas oublié et gardons toujours à l’esprit les 141 femmes et hommes au noble courage qui sous le coup des attaques des criminels envoyés par Khomeiny et Al-Maliki (ancien PM irakien) sont tombés martyrs en Irak, ainsi que les neuf membres de l’OMPI pris en otages. Renvoyer les dossiers de ces crimes devant la cour pénale internationale et réclamer les biens pillés des Achrafiens, s’inscrivent au nombre des droits du peuple d’Iran. Et il nous est impossible de renoncer à ces droits.

Chers amis,
Parmi les signes marquant une période en faveur de la Résistance, on note la montée des protestations et des grèves populaires à Téhéran et dans les grandes villes du pays.

Parfois en une semaine, des gens viennent manifester dix fois devant le parlement des mollahs. Des groupes de commerçants ont fait grève dans diverses villes, les étudiants aussi. Des prisonniers politiques à la prison d’Evine de Téhéran, à Gohardacht dans la ville de Karadj et dans d’autres villes ont lancé des grèves de la faim.

Ceux qui ont perdu leurs biens à cause du pillage des institutions financières des mollahs, manifestent devant les centres gouvernementaux. Dernièrement le ministre de l’Intérieur de Rohani a annoncé que dans la seule ville de Machad, des groupes ont manifesté 200 fois dans la rue contre ces rapines.

Ces cris de colère visent les fondements du régime. Le problème ne se limite pas aux licenciements abusifs, le problème ne se limite pas aux salaires non versés, le problème ne se limite pas aux multiples formes de discriminations et à la répression. Le problème essentiel, c’est un pouvoir qui génère constamment des malheurs, de la corruption et des destructions.

Ce que les Iraniens disent aujourd’hui c’est qu’il faut que ça change, il faut passer de la dictature, de la misère et d’un monde arriéré, à la liberté, au progrès et au bien-être.

Aujourd’hui les mollahs, des deux factions du régime, ont échoué dans leurs objectifs majeurs sur l‘accord nucléaire. Tout le monde se souvient combien les six puissances mondiales, en particulier les USA, ont cédé du terrain dans les négociations nucléaires et se sont contentés d’un pas en arrière des mollahs. A cette époque, j’ai averti à plusieurs reprises contre ces concessions injustifiables, la non application des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, et le refus de mettre fin aux projets nucléaires antipatriotiques du régime des mollahs. Mais cet accord qui pouvait être l’occasion pour le régime de dépasser ses crises, donne aujourd’hui un résultat contraire. D’une part Khamenei le qualifie de « véritable préjudice ». D’un autre côté les promesses de Rohani sur la période de l’après-accord se révèlent totalement vides.

Un an après la levée des sanctions, la faim et la misère écrasent plus durement la population que par le passé. En même temps, des contradictions internes et externes, la corruption financière, des scandales des mœurs et des règlements de compte entre les factions du pouvoir font surface et aujourd’hui les mollahs ne sont plus capables, comme par le passé, de contrôler totalement les factions internes, pas plus que de contenir les protestations sociales.

Par conséquent les mollahs sont tombés dans une telle impasse qu’ils tirent eux-mêmes la sonnette d’alarme sur leur manque d’avenir. Mais avec leurs manifestations quotidiennes, les Iraniens se préparent et s’exercent. A quoi s’exercent-ils ? Au renversement du régime du Guide suprême et au grand soulèvement pour la liberté.

Dans ces conditions, le régime tente de conserver la politique faillie de complaisance de l’occident avec lui. Il veut la poursuite de la politique menée par les gouvernements occidentaux et principalement avec les Etats-Unis et l’Union européenne qui durant les années passé a aidé au maintien de la dictature religieuse en Iran et de la belligérance et du terrorisme au Moyen-Orient.

Maintenant qu’aux Etats-Unis un nouveau gouvernement se met en place, le peuple iranien et sa Résistance, ainsi que les nations de la Région, attendent des Etats-Unis qu’ils révisent la politique qu’ils mènent depuis trois décennies, en particulier depuis seize ans.

La politique américaine vis-à-vis de l’Iran et de la Région durant cette période, était basée sur le rapprochement avec l’Iran et a généré d’innombrables catastrophes. De la destruction de l’Irak à l’éclatement de la Syrie dans le sang, jusqu’à la fermeture de la voie du changement en Iran.

Ce n’est pas par hasard que les mollahs au pouvoir parlent de cette période comme de l’âge d’or et craignent l’avenir. Les acquis offerts aux mollahs par la politique erronée des Etats-Unis ont été tellement déterminants pour renforcer leur pouvoir honteux qu’aujourd’hui ils n’hésitent pas à dire clairement que le nouveau gouvernement américain pourrait devenir le « gouvernement de l’horreur ». Cette peur est telle que Khamenei a déclaré : « nous réfléchissons à la manière de franchir le pays à travers des difficultés éventuelles ».
De l’autre côté, les agents et les lobbies des mollahs s’activent pour tenter d’empêcher cette évolution de prendre corps ou de la retarder.

De fait, en ce qui concerne le facteur étranger, qu’est-ce qui a plus aidé le régime du Guide suprême que la complaisance du gouvernement américain ?
Regardons ce qui s’est passé :
Le bombardement et le désarmement des Moudjahidine du peuple en Irak qui étaient en tête des exigences des mollahs.
L’ouverture de la voie aux Pasdaran pour occuper l’Irak progressivement.
Laisser ce régime faire de l’Irak un tremplin pour répandre son terrorisme et sa belligérance dans la région.
Violation de l’engagement de protéger l’OMPI à Achraf et à Liberty.
Le silence et l’inaction face aux massacres répétés des Moudjahidine du peuple en Irak.
La main tendue à la tyrannie religieuse pendant le soulèvement populaire pour la liberté en Iran et des concessions au régime des mollahs dans les négociations nucléaires.
Est-ce que la répression de la population en Irak et en Syrie par les mollahs n’ont pas permis le développement de Daech ?

Est-ce que laisser la voie libre à l’envoi de renforts des pasdaran en Syrie n’a pas engendré toutes ces catastrophes ? La destruction d’un pays et le massacre de centaines de milliers de personnes, une vague de millions de réfugiés, le terrorisme et l’insécurité au cœur de l’Europe et des Etats-Unis.

Cela fait des années que nous le disons et nous le répétons à nouveau : la plus grande erreur des Etats-Unis dans la Région a été la complaisance avec les mollahs. Désormais, plus les Etats-Unis prendront leurs distances avec cette politique et plus le Moyen-Orient se dirigera vers la paix et la tranquillité.

Tout comme l’Union européenne peut à un certain niveau avoir de l’influence positive sur la situation en Iran et dans toute la région en subordonnant ses relations politiques et commerciales avec ce régime à l’arrêt des exécutions.

Permettez-moi de résumer ce que nous attendons avec notre peuple et les nations de la Région, de la communauté internationale. Ce que nous demandons c’est simplement qu’elle mette fin à sa politique de concessions au régime du Guide suprême. Notre demande c’est qu’elle mette fin au silence et à l’inaction face aux crimes de ce régime en Iran et dans la Région. A la place, qu’elle respecte la lutte du peuple iranien pour la liberté.

Chers amis,
Avec la montée des tensions internes et internationales du régime des mollahs, le mouvement pour la justice en faveur des prisonniers politiques massacrés, défie le pouvoir dans le pays et à l’étranger.

Ces derniers mois, la Résistance iranienne, en s’appuyant sur les efforts de ses membres et de ses sympathisants en Iran a pu trouver de nouveaux noms jamais publiés de martyrs ainsi que des renseignements sur les bourreaux, dont une partie a été rendue publique. Sur le plan international, le Comité pour la justice en faveur des victimes du massacre de 1988 a annoncé à Genève le début de ses travaux. Une résolution commune du Congrès américain a été adoptée pour condamner le massacre des prisonniers politiques de 1988, et les appels lancés par divers groupes parlementaires en Europe sont tous autant de pas précieux qui je l’espère nous permettrons d’avancer plus rapidement pour atteindre notre objectif final.

Cette quête pour la justice vise les fondements de la dictature religieuse. C’est pourquoi le régime du Guide suprême se révèle fragile face à lui. Cette quête pour la justice interpelle toutes les victimes de la répression. Il faut savoir clairement ce qui s’est passé à Kahrizak (sud de Téhéran), le centre de torture privé de Khamenei, surtout en 2009, ce qu’y ont subi les jeunes emprisonnés et ce qui s’est passé pour les médecins assassinés qui étaient en relations avec Kahrizak.

Les crimes de guerre dans le conflit Iran-Irak de huit années mené par Khomeiny, les exécutions continues de nos compatriotes arabes, les tueries par groupes entiers de nos compatriotes sunnites et des minorités opprimées baloutches et kurdes ; les malheurs de nos compatriotes bahaïs qui sont réprimés en raison de leur croyance, et les meurtres en série des années 1990.

Oui, il faut ouvrir tous les dossiers de ces trois dernières décennies.
Sous le régime des mollahs, il y a nombre de gémissements enfouis dans les gorges brisées, des flots de sang innocent versé et des droits innombrables violés. Désormais il est temps de demander justice, de raviver ce sang et ces droits et surtout le premier de ces droits : le droit à la liberté et à la souveraineté populaire.
Oui, au cœur de cette quête pour la justice, on trouve le renversement des tyrans. Le mot d’ordre de cette quête pour la justice est le renversement du régime du Guide suprême dans son ensemble. Et c’est le but principal du peuple iranien. On peut et on doit y parvenir.

Chers amis,

Aujourd’hui, plus que jamais, Khamenei fait dépendre la survie de son pouvoir putréfié du massacre de la population en Syrie. Il a essayé de maintenir l’occupation de ce territoire et ces bains de sang sous le prétexte de la défense des sanctuaires sacrés, mais il a échoué. Aujourd’hui, il n’arrive même pas à unir les bandes internes du régime sur la poursuite de cette sale guerre. La guerre en Syrie n’a aucun rapport avec le peuple iranien ni les intérêts de l’Iran.

Vous voyez que dans la manifestation de milliers d’Iraniens en hommage à Cyrus le Grand à Pasargades, on entendait le slogan : « ni Gaza, ni le Liban, je donne ma vie pour l’Iran », ce qui signifie que nul n’ignore que les guerres du Guide suprême en Irak, en Syrie et au Yémen servent à maintenir la répression en Iran et à sauvegarder la dictature religieuse.

Je le répète : face aux mollahs, nous et notre peuple nous nous tenons aux côtés de la nation syrienne courageuse qui garde la tête haute. Ses enfants innocents sont nos enfants et nous souffrons de leurs douleurs. Nous pleurons sur la destruction de ses villes et nous sommes profondément inquiets pour ses réfugiés et ses déplacés sans abris. Nous nous considérons comme des habitants d’Alep noyée dans le sang. Oui, Alep, un foyer de la civilisation du qui a su durer 6000 ans et qui aujourd’hui sous les bombardements effroyables fait preuve d’endurance et incarne la souffrance et la ténacité de l’humanité. Alep ne pliera pas et sera à nouveau libre et prospère. Et malgré les plans de tous les criminels qui s’acharnent sur la Syrie et malgré la politique honteuse de complaisance, la Syrie n’est pas seule. La Syrie a une place dans le cœur de tous les peuples du monde et il ne fait aucun doute qu’elle sera victorieuse et libre.

Chers amis,
Dans la crise que traverse le Moyen-Orient, toute solution pour mettre fin à la guerre, l’insécurité et précisément la question de Daech, passe par la fin des ingérences du régime iranien dans la région, et en particulier en Syrie. Collaborer avec les mollahs pour combattre Daech est une catastrophe, car cela renforce le régime iranien et son terrorisme et nourrit Daech sur le plan politique et social. Le combat contre Daech ne peut se dissocier du combat contre les mollahs et les pasdarans. Plus les mollahs seront rejetés plus Daech se rapprochera de sa fin.

Nous appelons à l’aide toutes les nations de la Région pour chasser ce régime de tout le Moyen-Orient. Nous appelons aussi les gouvernements occidentaux de s’abstenir d’apporter la moindre aide à ce régime en crise. Nous leur disons de ne pas servir de béquille au régime et aux pasdaran avec le commerce et les échanges. A la place nous leur demandons de reconnaitre la résistance du peuple d’Iran pour un changement de régime et l’instauration de la liberté et de la démocratie.

Chers compatriotes,

Ce mouvement s’appuie sur la souffrance et le dévouement de son peuple. Il s’agit du principe qui a constamment éclairé le chemin du mouvement de la résistance. Lutter, infatigablement, ouvrir la voix avec son dévouement et ses sacrifices, et utiliser la formidable volonté humaine, c’est le chemin de la victoire.

C’est une cause brillante, sur la voie de laquelle Massoud Radjavi a placé ce mouvement et qui forme les Moudjahidine du peuple, génération après génération. De ceux qui se sont dressés pour résister depuis des années, jusqu’aux jeunes, filles et garçons, pleins d’enthousiasme qui s’insurgent aujourd’hui pour rendre possible l’impossible. Cette volonté est une force qui malgré la situation de crise de la Région et dans le monde, a rendu jusqu’à présent notre mouvement plus solide et plus capable. C’est cette volonté qui désormais avec les évolutions en Iran et dans le monde, aide encore plus que par le passé ce mouvement à aplanir la voie de la victoire au peuple iranien.

Oui, il n’y a que la victoire qui attend ces hommes et ces femmes.
Celles et ceux qui ne veulent rien pour eux-mêmes et qui veulent tout obtenir pour leur peuple. Soyez-en sûrs. Et avec le moral, de l’endurance et de l’enthousiasme, préparez-vous dans les foyers de luttes, dans le millier d’Achraf, à renverser la tyrannie religieuse.

Oui, un millier d’Achraf, pour instaurer la liberté et la souveraineté populaire et pour une république de liberté et d’égalité fondée sur la séparation de la religion et de l’Etat, l’abolition de la peine de mort et l’égalité entre les femmes et les hommes. Ce sera le jour de la liberté du peuple iranien, de la paix et de la tranquillité dans la Région et ce jour viendra assurément.

Vive le peuple iranien et ses martyrs !
Vive la liberté !

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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