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01 Mai 2009

« Lord Slynn aimait à dire qu’il avait rejoint la Résistance iranienne » – Maryam Radjavi

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« Lord Slynn aimait à dire qu’il avait rejoint la Résistance iranienne » – Maryam Radjavi

« Lord Slynn est l’héritier des nobles figures courageuses de l’histoire qui ont refusé de laisser la dignité et l’essence de la liberté dans chaque être humain sombrer dans l’oubli.

Il croyait profondément que l’humanité est responsable de son propre destin. Il était toujours vivant et plein d’énergie. Ses valeurs ont constamment influencé ses amis où qu’il soit, même de loin. Il ne fait aucun doute qu’après son décès, nous et tous ceux qui le connaissaient, continuerons d’être plus que jamais inspirés par lui », a déclaré Maryam Radjavi lors d’un vibrant hommage à la mémoire de ce grand homme décédé le 7 avril.

La présidente élue de la résistance iranienne avait réuni autour d’elle dans une cérémonie du souvenir le 25 avril au siège du CNRI à Auvers-sur-Oise, sa veuve, Lady Odile Slynn, sa famille, ses amis et des personnalités, notamment l’ancien premier ministre Mme Edith Cresson, Lord Dholakia, l’ancien secrétaire d’Etat Alain Vivien, le député Jean-Pierre Brard, l’avocat Malcolm Fowler, Mme Anissa Boumediene, le président des nouveau droits de l’homme Pierre Bercis ou le maire de Magny en Vexin Jean-Pierre Muller.

De droite ou de gauche, juristes, parlementaires, élus, défenseurs des droits de l’homme et simples citoyens amis de la Résistance iranienne, ils étaient venus très nombreux. Tous se sont retrouvés dans les valeurs qu’incarnait Lord Slynn et ont salué avec émotion le portrait de juste que chacun des orateurs a tracé de lui.

Voici l’intervention de Mme Radjavi :

Chère Odile
Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie sincèrement d’être venus en ce triste jour. Nous pouvons trouver un certain réconfort quand nous sommes tous réunis. Je vous présente à tous mes condoléances, à ses collègues juristes et parlementaires, ainsi qu’à la population britannique. On ne sait pas trop à qui il faut présenter ses condoléances, car Lord Slynn appartenait à tous, au peuple de Grande-Bretagne, à l’Europe et aux Iraniens et leur Résistance.

Aujourd’hui, nous rendons hommage à Lord Slynn of Hadley, un modèle de dignité humaine de notre temps, une source d’honneur pour le Royaume-Uni dans son rôle de juge à la Chambre des Lords, une source de fierté pour l’Europe grâce à ses services rendus à la justice européenne, une source d’inspiration pour la Résistance iranienne et les résidents d’Achraf, et un chaleureux ami et défenseur de la lutte du peuple iranien pour la liberté et la démocratie. Si nous nous attardons sur la tristesse de sa perte, nous ne cesserons de le pleurer.

Mais si nous réfléchissons aux valeurs qu’il symbolise, les valeurs qu’il a créées et qui sont encore vivantes parmi nous, alors il faut être ferme et plein d’énergie pour poursuivre son chemin. Lord Slynn reste une éternelle source d’inspiration pour tous ceux qui cherchent la justice, pour ceux qui s’opposent sans relâche à l’injustice et défendent les droits des opprimés et de ceux accusés à tort pour des intérêts politiques, ce qu’il a toujours honni. Son soutien aux pauvres et aux démunis s’affiche dans le nombre d’associations humanitaires qu’il a fondées. Il était modeste, généreux, courageux, dévoué à son objectif, infatigable, et amoureux des beautés de la vie tandis qu’en même temps, il se révoltait contre l’injustice.

Oui, Lord Slynn est l’héritier des nobles figures courageuses de l’histoire qui ont refusé de laisser la dignité et l’essence de la liberté dans chaque être humain sombrer dans l’oubli.

Il croyait profondément que l’humanité est responsable de son propre destin. Il était toujours vivant et plein d’énergie. Ses valeurs ont constamment influencé ses amis où qu’il soit, même de loin. Il ne fait aucun doute qu’après son décès, nous et tous ceux qui le connaissaient, continuerons d’être plus que jamais inspirés par lui.

Le peuple britannique et son système judiciaire doivent lui être reconnaissants pour l’honneur qu’il leur a apporté. Les peuples d’Europe et le droit européen lui doivent une reconnaissance internationale et le respect de la justice en Europe. La Résistance iranienne et les résidents d’Achraf chériront sa mémoire comme le défenseur de leurs droits dans l’arène internationale. Quand je pense à la noblesse de son esprit, cela me donne encore plus de force.

En 2003, ici même, je discutais avec lui de la nécessité de défendre Achraf sur un plan légal. À cette époque, il n’y avait pas de solution pour cette bataille. Mais il a courageusement choisi de représenter les résidents d’Achraf et il s’est rendu là-bas à ce titre. Il a été tellement impressionné par la sincérité et l’attachement des résidents d’Achraf à la démocratie, qu’il a décidé de se dédier à leur cause.

Ce qu’il a fait a dépassé la défense ou le soutien à la Résistance. Il aimait à dire qu’il avait rejoint la Résistance. Il portait un amour sincère pour les résidents d’Achraf, hommes, femmes et jeunes qui défendent passionnément et ardemment leur cause.

Lorsque la Cour européenne de justice a annulé l’étiquette de terrorisme contre l’OMPI, Lord Slynn a déclaré : nous devons tout d’abord féliciter les mères des martyrs. Cette victoire leur appartient. Elles en ont payé le prix fort.

La dernière fois que je l’ai vu, c’était pour le Nouvel An avec notre chère Odile. Sa maladie avait terriblement progressé. J’ai insisté pour qu’il prenne un peu de repos. Mais il a refusé de le faire. Il a répondu avec passion : « Ne me demandez pas de prendre du repos. Je veux faire tout ce qui est nécessaire pour mettre fin à cette inscription injuste de l’OMPI sur la liste. » Sa vie féconde nous enseigne une leçon importante : L’être humain bénéficie d’une force illimitée pour assumer la responsabilité de défendre la liberté, la justice et les valeurs humaines.

Je ne doute pas que les collègues de Lord Slynn au Comité parlementaire britannique pour la liberté en Iran, dans l’action juridique intentée pour lever l’interdiction de l’OMPI, les juristes et les personnalités distinguées qui ont offert, dans leur défense de la Résistance iranienne, une nouvelle image de l’Europe, poursuivront son chemin. Par-dessus tout, nous avons la chance d’avoir Odile avec nous.

Aujourd’hui, ce n’est donc pas seulement un jour de tristesse, mais aussi un jour d’hommage aux valeurs humaines, afin de commémorer l’amour de la liberté et la justice, et de louer l’engagement pour la justice et les droits de l’homme. L’hommage à Lord Slynn incarne toutes ces valeurs.

Je voudrais terminer mes propos en me référant à un grand acquis des résidents d’Achraf ; la résolution du 24 avril du Parlement européen. Le Dr Alejo Vidal-Quadras, vice-président du Parlement européen qui a déployé beaucoup d’efforts pour son adoption, ne peut pas être avec nous aujourd’hui en raison d’engagement électoral. Mais il m’a demandé, en son nom et celui de ceux qui ont parrainé cette résolution, de dédier la résolution du 24 avril du Parlement européen à Lord Slynn. Oui, au nom de Lord Slynn, elle lui est dédiée pour sa grande lutte en faveur des droits des résidents d’Achraf.

Je suis sûr que son esprit repose en paix.

Encore une fois, je vous remercie tous.

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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