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03 Sep 2016

Maryam Radjavi appelle à traduire en justice les dirigeants du régime iranien pour le massacre de 1988- Intervention au colloque des associations iraniennes en Europe- Paris -3 septembre 2016

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Maryam Radjavi appelle à traduire en justice les dirigeants du régime iranien pour le massacre de 1988- Intervention au colloque des associations iraniennes en Europe- Paris -3 septembre 2016

Je demande à mes compatriotes, hommes et femmes, de se lever en soutien et en solidarité afin d’étendre le mouvement pour la justice.

Mesdames et Messieurs,
Chers amis
Je suis très heureuse d’accueillir les représentants des associations iraniennes. Nous nous sommes réunis pour faire entendre le cri du profond mécontentement de la société iranienne.

Ces dernières semaines, une vague puissante s’est levée dans la société iranienne contre le régime du guide suprême, au cœur de cette indignation se trouve le massacre de 30.000 prisonniers politiques en 1988. En vérité, le peuple iranien a fait de ce phénomène l’axe de ses protestations contre les tueries commises par ce régime et l’axe de ses revendications pour la liberté.

Retournons à cette époque effroyable.

Il y a exactement 28 ans, à l’époque où Khamenei était président du régime, Rafsandjani président du parlement et vice-commandant en chef des forces armées, et Rohani son adjoint, des dizaines de milliers de prisonniers politiques sont dans les maisons d’arrêt du pays.

Certains ont été arrêtés à l’âge de 15-16 ans à peine. Après sept longues années, ils sont devenus de jeunes adultes de 23-24 ans. Certains ont fini leur peine, et d’autres ne sont plus qu’à quelques mois de leur libération.

Mais à la place de la liberté, c’est l’ombre de la mort qui recouvre l’ensemble des prisons du pays. Les délégations de Khomeiny interrogent les prisonniers un par un. La question principale est s’ils soutiennent toujours les Moudjahidine du peuple ou non ? En quelques semaines, les prisons vont être le théâtre de pendaisons massives.

Dans les couloirs de la mort, des prisonniers marchent vers la potence en criant « Vive Massoud Radjavi ! », d’autres chantent l’hymne de la liberté.

Combien sont-ils ? Dans les premiers jours, des milliers. Dans les semaines qui suivent, plusieurs milliers et en quelques mois, plus de 30.000.

Leur endurance illumine ce chapitre de l’histoire de l’Iran, ne vieillit pas, échappe au temps qui passe.

Voici la prison d’Arak. Le directeur dit aux prisonniers : « ne croyez pas que vous survivrez jusqu’à ce que le peuple viennent à vous avec des bouquets de fleurs. » Ghassem Bastaki, un champion de lutte, lui répond : « Quand les gens viendront avec des fleurs, nous sommes prêts pour qu’ils nous voient parmi les martyrs. »

Ici c’est la prison d’Evine à Téhéran. Monireh Radjavi a 38 ans et elle est emprisonnée avec ses deux enfants en bas âge. Elle a fini ses six années de prison, mais elle est exécutée au lieu d’être libérée. Son seul crime est d’être la sœur de Massoud Radjavi, le dirigeant de la résistance iranienne.

Là, nous sommes dans le couloir de la mort de la prison d’Evine. Au milieu d’un groupe de 60 détenus en marche, il y a Mahmoud Hassani, étudiant en économie de l’université de Téhéran. Il murmure un de ses poèmes :
Dans les ténèbres de la nuit
Quand tu vois briller une comète dans le ciel,
Souviens-toi des flammes
éteintes dans les nuits glaciales d’Evine,
pour faire naitre les étoiles du matin.

Voici une section de la prison d’Ahwaz dans le sud-ouest. Deux mollahs, des bourreaux, sont en train de hurler : « vous devez prendre position. D’un côté il y a Khomeiny et de l’autre Massoud Radjavi. Vous êtes de quel côté ? » Du fond de la salle une jeune femme crie : « Vive Massoud Radjavi, A bas Khomeiny ». Elle s’appelle Sakineh Delphi. Elle a 26 ans, elle est d’Abadan dans le sud. En l’entendant crier, les pasdaran se précipitent sur elle et la frappe violemment. Elle est gravement blessée, mais rien n’y fait. Toute la section gronde et tonne. Dans cette section de 350 personnes, 349 seront exécutées.

Voici la section 9 de la prison de Gohardacht. Dans le couloir de la mort, il y en a un qui demande : on est où, ici ? Un prisonnier lui répond : « ici c’est le bout du chemin et j’ai pris ma décision. ». Il s’agit de Mehran Bigham, il a 25 ans.

Là, ce sont les collines qui bordent le lac d’Oroumieh, dans le nord-ouest. Un grand nombre de prisonniers politiques y ont été amenés. Les gardiens de la révolution tuent les condamnés à coups de matraques et de barres de fer sur la tête. Leurs cris attirent les villageois. L’une des victimes s’appelle Bahman Shakeri. Il est en prison depuis sept ans et cela fait deux ans qu’il a terminé sa peine.

Voici la salle 19 de la section 3 de la prison de Gohardacht. Le gardien de la prison est en colère à cause d’un tableau sur le mur. Le dessinateur sera bientôt dans la file des prisonniers qui avancent pour être exécutés. Il s’appelle Akbar Latif.

Et maintenant nous sommes devant la prison de Masjed-Soleiman dans le sud. Tanine, une petite fille de 4 ans, attend avec un bouquet de fleurs de voir son papa. Mais les gardiens de prison lui donnent un Coran et un paquet de vêtements et lui disent que c’était à son père, le courageux prisonnier Shahrokh Namdari.

Voici la prison de Gohardacht. Une prisonnière envoie un message en morse à travers la cloison : « Mes amies, ils m’ont donné 20 minutes pour écrire mes dernières volontés. Ils exécutent tout le monde ici. Transmettez mes salutations aux Moudjahidine du peuple. » Elle s’appelle Zahra Khosravi.

Et voici la salle de torture. Les coups de fouet s’abattent les uns après les autres, mais aucun cri ne sort de cette prisonnière. Le tortionnaire la supplie : «On ne te demande aucune information, on veut juste que tu cries. » Mais la prisonnière garde le silence. Peu de temps après, elle se retrouve dans le couloir de la mort. Elle s’appelle Azadeh Tabib. Une jeune femme joyeuse et patiente qui a maintes fois vaincu ses bourreaux.

28 ans plus tard, dans le dialogue révélé entre les bourreaux et M. Montazeri, on entend l’un d’eux admettre avoir été dévasté par la résistance des jeunes femmes des Moudjahidine du peuple.

A présent, les Moudjahidine marchent en file indienne le long de ces couloirs trempés de sang : parmi eux, Achraf Ahmadi, déjà prisonnière politique sous le chah ; une autre est Fatemeh Zare’i, candidate de l’OMPI aux élections législatives à Chiraz ; trois autres sont de la même famille : Hossein, Mostafa et Massoumeh Mirza’i.

En ces jours, Khomeiny avait donné l’ordre : « Tous ceux qui dans les prisons à travers le pays persistent à soutenir les Hypocrites (nom péjoratif donné à l’OMPI), sont en guerre contre Dieu et condamnés à mort. »

Lui et ses complices voulaient en finir avec la notion de résistance pour la liberté. Ainsi, non seulement ils ont exterminé un grand nombre de Moudjahidine du peuple et d’autres prisonniers résistants, mais ils ont dissimulé toutes les informations sur ce crime colossale et l’ont entièrement démenti. Ils n’ont encore révélé aucune information sur les emplacements des tombes. Le cimetière de Khavaran découvert grâce aux efforts des familles des victimes, est aujourd’hui le plus sacré des monuments dédiés à ceux qui ont donné leur vie pour la liberté. Nous leur envoyons des milliers de saluts, d’ici jusqu’à Khavaran dont le sol pur est rougi du sang et des larmes.

Chers amis,
La mise en ligne de l’enregistrement des déclarations de M. Montazeri a soulevé une confrontation entre le peuple iranien et ce régime illégitime et assoiffé de sang. Le conflit porte sur tout ce qui a été édifié sur le massacre de 1988. En conséquence :

• Une nouvelle vague s’est levée du sein de la société iranienne, une vague de colère, de protestation, de remise en question et un mouvement général pour demander justice.
• Des fissures sur cette question apparaissent dans le régime en de nombreux points. Au Majlis les tensions sont telles que le parlement des mollahs a annoncé une fermeture inhabituelle.
• Le décret de Khomeiny ordonnant le massacre est remis en question par le clergé et les séminaristes, et la majorité des hauts dignitaires religieux du régime se sont abstenus d’en prendre la défense.

En conséquence, nous mettons au défi le régime en lui disant : Ne considérez-vous pas Khomeiny, ce sanguinaire, comme un imam et un saint ? Alors pourquoi évitez-vous de publier son décret dans vos médias ?
Vous pourriez au minimum montrer sur votre télévision d’Etat le décret rédigé de sa main ordonnant le massacre des Moudjahidine.
Publiez les minutes des procès des personnes exécutées !
Annoncez les noms des membres des commissions qui ont tenu les procès dans toutes les provinces !
Remettez les dernières volontés des victimes du massacre à leurs familles !
Publiez la liste complète des noms des victimes et l’emplacement de leurs tombes restées cachées jusqu’à présent !

Et aux factions internes du régime et partisans de la réforme au sein de cette dictature religieuse, nous disons : si calomnier l’OMPI assure votre sécurité, ne ratez aucune occasion de le faire. Mais vous devez condamner le massacre de 1988. Après toutes ces années de complicité et de collaboration dans les méfaits du régime, pour une fois, prenez vos distances avec cette gigantesque atrocité.

Et aux religieux dans tous les séminaires, nous disons : brisez le long silence sur le massacre de 1988 et ne vous dérobez pas à votre responsabilité.

A la communauté internationale et aux gouvernements occidentaux, nous disons :
Défendre les violations des droits humains en Iran ressort également de la responsabilité des gouvernements occidentaux parce que les conséquences ne se limitent pas à l’Iran. Le terrorisme et l’intégrisme qui en émanent, ont frappé des personnes sans défense à Nice, Paris et Bruxelles. Subordonnez vos relations avec le régime iranien à la fin des exécutions en Iran. Traduisez Khamenei et ses complices en justice devant un tribunal international pour crimes contre l’humanité, en particulier en 1988. Et respectez la Résistance du peuple iranien pour un changement de régime.

Et enfin, je demande à mes compatriotes, hommes et femmes, de se lever en soutien et en solidarité afin d’étendre le mouvement pour la justice.

Exiger la justice pour les martyrs fait partie de la campagne pour le renversement du régime des mollahs et doit aller jusqu’au bout.

Juste au cours de ces dernières semaines, la campagne en Iran a réussi à identifier un nombre de membres des commissions de la mort, à obtenir de nouveaux noms et documents, y compris des photographies de victimes du massacre.

Il faut amener les mollahs au point qu’ils n’osent plus répéter ce crime. Le mois dernier une centaine de prisonniers ont été exécutés. Parmi ces victimes, 25 prisonniers politiques sunnites de la population du Kurdistan et après eux trois compatriotes de la minorité arabe du Khouzistan ont été exécutés. Il faut arrêter cette tuerie et renverser ce régime criminel.

J’appelle les Iraniens épris de liberté et tous les membres et sympathisants de la Résistance iranienne, en Iran et dans le monde, à étendre le mouvement pour la justice en faveur des victimes du massacre de 1988. Vous devez insister sur cette demande, persister et faire campagne jusqu’à ce que justice soit faite concernant les violations des droits humains commises par la tyrannie religieuse.

Chers amis,
Ce qui est arrivé dans cette crise ce n’est pas simplement des confessions de bourreaux sur ce massacre. L’évènement principal est d’une part la deuxième mort de Khomeiny, le déclin de l’esprit dominant du régime, et d’autre part l’épanouissement de la Résistance iranienne.

C’est ce qu’a clairement souligné Khamenei quand il a dit : « Les passionnés de l’OMPI à l’intérieur du pays souhaitent les purifier et leur donner une image légitime et innocente tout en déformant l’image de l’imam (Khomeiny). »

L’Assemblée des Experts, la plus haute institution du régime du guide suprême, a également écrit dans sa déclaration officielle : ceux-là ont l’intention de « saper d’une part le régime islamique, le principe du guide suprême et le statut élevé du guide (…) dans la population, et d’autre part, redorer l’image de ce courant (l’OMPI) en les présentant comme des victimes de l’injustice ».

En 1989, Khomeiny expliquait la raison majeure de l’éviction de M. Montazeri dans une lettre en déclarant : « vu qu’il est clair qu’après moi, vous (Montazeri) remettrez l’Iran aux libéraux et à travers eux aux Hypocrites, vous avez perdu la compétence et la légitimité d’assumer le futur leadership du régime. ».

Par la suite, les responsables du pouvoir ont répété des milliers de fois avoir anéanti l’OMPI et la Résistance iranienne, mais ont été frustrés par la persévérance inébranlable de l’OMPI dans les camps d’Achraf et de Liberty, durant ces quatorze dernières années.

Il y a deux jours, c’était le troisième anniversaire de l’exécution collective de 52 membres de l’OMPI à Achraf. Dans l’attaque menée sur ordres de Khamenei, six femmes et un homme ont été pris en otages. Depuis, aucune information n’a percé sur le sort de ces otages.

Ce massacre à Achraf faisait partie d’un plan plus vaste du régime iranien pour anéantir entièrement les Moudjahidine du peuple. Mais le plan a échoué et aujourd’hui, encore une fois, les dirigeants du régime sont principalement préoccupés par la place que tient l’OMPI à l’intérieur de l’Iran.

Chers compatriotes,
Vingt-huit ans après le massacre des prisonniers politiques, le mouvement pour obtenir la justice en leur faveur, et la vague générale de respect et d’admiration qu’ils suscitent attestent une vérité fondamentale.

La vérité est que le sang de ces âmes pures court toujours dans les veines de notre nation et que pas une seule goutte de ce sang n’a été gaspillée, que leur souffrance et leur endurance n’auront pas été vaines.

La vérité est que les mensonges des mollahs et de leurs complices déclarant que la résistance pour la liberté est inutile, ont été discrédités. Ceux qui ont dissimulé le massacre, ou tenté de le justifier et de légitimer, ou blâmé l’OMPI pour cela, sont maintenant devenus la risée de l’histoire.

Ils pensaient que personne n’entendrait jamais les cris de ces combattants de la liberté dans ces salles et terrains d’exécution. Ils pensaient que l’on pouvait enterrer ce zénith d’humanité et d’honneur dans les salles de torture et des cachots d’isolement.

Mais le soleil ardent de la vérité s’est levé de la profondeur des donjons, des ténèbres des salles d’exécution, des bennes qui transportaient les corps ensanglantés et des fosses communes couvertes de chaux et de ciment, parce que l’endurance et le sacrifice pour la liberté ne peuvent être ni anéantis ni niés.

Aujourd’hui, ces souffrances et ces combats ont abouti à bloquer la voie du régime et à ouvrir la voie de la liberté.

Cette résistance a porté ses fruits dans la force et le progrès du mouvement de la résistance en ce 51e anniversaire de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran et va établir une république de liberté et d’égalité; une république fondée sur la séparation de la religion et de l’Etat, sur l’égalité des femmes et des hommes, sur l’égalité des droits et l’autonomie des minorités ethniques dans le cadre d’un Iran uni, et sur l’abolition de la peine de mort.

L’histoire nous montre toujours la grandeur des hommes et des femmes qui l’ont fait. Et ces 30 000 ont fait l’histoire de l’Iran vers la liberté.

Vive la liberté !
Vive les martyrs !
Vive le peuple iranien !

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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