16 Mar 2011

Une tornade noire

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Une tornade noire

Une interview de Maryam Radjavi

Al-Majalla, 16 mars 2011 – Dans une interview avec Al-Majalla, Maryam Radjavi explique comment les mollahs iraniens ont l’intention d’exporter le terrorisme et l’intégrisme dans le monde arabe et d’entraver la vague de la démocratie qui traverse le Moyen-Orient. Toujours franche, la présidente élue du CNRI dénonce avec vigueur le régime actuel en Iran : « Ce régime est le pire ennemi de l’islam et des musulmans. C’est une tornade noire qui n’a rien apporté d’autre que la destruction et le regret au peuple de cette région ».

The Majalla : Pensez-vous que le mouvement vers la démocratie, qui a eu lieu en Tunisie et en Egypte, aura une influence sur l’Iran?

Oui. La vague de changement au Moyen-Orient, comme condition extérieure, aura une incidence sur le mouvement du peuple iranien et donnera davantage d’élan au soulèvement et aux protestations. Un événement d’une aussi grande envergure que le soulèvement du 14 février a déjà éclaté. Il est évident que les changements au Moyen-Orient pourraient affecter la société iranienne tout d’abord parce qu’il existe un mécontentement explosif au sein de la société et qu’il y a une résistance profondément ancrée qui cherche le renversement du régime du guide suprême – ainsi que l’instauration de la liberté et de la démocratie. Deuxièmement, le régime en place est complètement illégitime et abhorré, et il souffre d’un clivage incurable parmi ses dirigeants.

Q: Quelle est la position du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) sur les récents soulèvements en Iran ?
Les évènements de février et mars 2011 montrent le fort désir de la société iranienne pour le renversement du régime en place. Dans l’ensemble de l’Iran, des personnes sont descendues dans la rue en scandant « Mort à Khamenei » et « A bas le principe du guide suprême » alors que les agents répressifs tentaient de toutes leurs forces et avec une brutalité sans précédent de les faire taire.

Rien qu’à Téhéran le nombre des membres du Corps des gardiens de la révolution (CGR), la milice du Bassidj et les unités antiémeutes s’élevaient à 60 000 hommes. Cela comprenait 10.000 membres des forces de l’unité d’élite le Sarallah du CGR et 3 000 des forces de l’unité d’élite à moto du CGR. Il y avait 105 chars et transport de troupes et un certain nombre d’éléments étrangers sur les lieux.

Au travers de ces soulèvements, notre peuple a surmonté la mobilisation militaire, de sécurité et politique de Khamenei et la campagne de guerre psychologique. Cette mobilisation a été lancée il y a un an, avec des exécutions en série de prisonniers politiques – en particulier de membres de l’OMPI – et d’autres mesures répressives, qui avaient pour but selon Khamenei d’enrayer la « sédition ».

Ce soulèvement a démontré que les mollahs sont dans leur phase finale.

La preuve la plus récente en est la révocation de Rafsandjani à la tête de l’Assemblée des Experts – sur ordre de Khamenei. C’était une ablation inévitable au sein du régime et qui résulte du soulèvement populaire. Cette évolution va discréditer davantage Khamenei comme guide suprême et accélérer le renversement du régime dans sa totalité.

Q: Existe-t-il une coopération entre la résistance iranienne à l’étranger et les personnalités connues comme réformistes?
En ce qui concerne la dictature religieuse, il n’y a actuellement aucune occasion ou possibilité de réforme. Rien de moins que le renversement de Khamenei et de la totalité de son régime n’est acceptable pour le peuple iranien. Le monde entier a vu à la télévision le peuple iranien scander « Mort à Khamenei » et « A bas le principe du guide suprême ». Ceux qui veulent maintenir ce régime ou sa constitution n’ont aucune légitimité et ne seront pas acceptés par le peuple. Comme nous [la résistance à l’étranger] l’avons affirmé depuis le départ, nous soutenons toute mesure prise contre le régime du guide suprême et nous nous sommes toujours engagés dans cette politique.

Q: Assistons-nous à une baisse du rôle de l’opposition à l’étranger, face au programme montant des dissidents réformistes en Iran – ou même en raison des voix au sein du régime comme Moussavi et Karoubi ?
Je suis totalement d’accord avec vous sur le fait que la résistance en Iran est plus importante que l’opposition à l’étranger. L’inquiétude grandissante du régime iranien est précisément due au large soutien dont jouit l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI) et à son rôle décisif dans l’orientation des réseaux clandestins dans le soulèvement populaire. Le régime est conscient du fait que les évènements ayant lieu depuis 2009 correspondent à la politique et à la stratégie de l’OMPI. La société iranienne a été sur le point de renverser le régime – avec toutes ses factions internes et de révoquer sa constitution.

Lors du soulèvement de l’Achoura (27 décembre 2010), les gens étaient sur le point de prendre le contrôle des rues du centre de Téhéran et les manifestants avaient ouvertement l’intention de renverser Khamenei. Un autre exemple important est le soulèvement du 14 février, qui n’a pas de raisons communes avec un mouvement réformiste dans le cadre du maintien de l’establishment.

Aujourd’hui nous sommes témoins d’analystes étrangers déclarant que les demandes et les objectifs du peuple iranien vont au-delà des ambitions des deux noms que vous citez. En fait le peuple iranien ne se contentera de rien de moins que du renversement du régime dans son intégralité, notamment ses fondements, sa constitution et ses institutions. Or les deux qui viennent d’être mentionnés insistent sur le fait qu’ils souhaitent appliquer la constitution du principe du guide suprême et sa funeste dictature religieuse dans son cœur.

L’OMPI a de solides réseaux dans presque toutes les universités iraniennes, parmi les travailleurs, les femmes, les enseignants et toutes les couches de la société iranienne, qui jouent un rôle important dans la formation de manifestations. La résistance a également un réseau télévisé diffusant 24 heures sur 24, qui est le principal outil pour faire connaître la résistance à l’intérieur de l’Iran.

A ce stade, j’aimerais attirer votre attention sur les remarques d’un certain nombre de responsables du régime:
Dans un rapport au Majlis (parlement iranien), Saïd Mortazavi, l’ancien procureur général de Téhéran, a insisté sur le fait que lors des soulèvements les Moudjahidines du peuple « étaient organisés et que leurs mouvements étaient bien calculés ». Un membre de la commission spéciale du Majlis a déclaré à l’agence de presse IRNA que « le procureur de Téhéran a fourni un rapport sur l’arrestation des Monafeghine (référence diffamatoire aux membres de l’OMPI) qui ont opéré d’une façon très organisée ». (Quotidien Jomhouri Eslami, 4 août 2009)

Trois jours après le grand soulèvement du 27 décembre, dans une manifestation officielle, le principal orateur Alam Alhoda, membre de l’Assemblée des Experts et très influent imam de la prière du vendredi de Machad a déclaré : « Les évènements du jour de l’Achoura (27 décembre 2009) étaient précisément un acte de Moharebeh [guerre contre Dieu], peut-être diriez-vous que pour la guerre contre Dieu il faut être armé. Vous devez faire très attention au fait que les dirigeants du mouvement de l’Achoura, étaient des Monafeghine [OMPI] et pendant l’insurrection de d’Achoura ils scandaient les même slogans que ceux publiés sur leur site internet… » (Agence de presse officielle IRNA, 27 décembre 2009)

« En ce qui concerne le soulèvement du 14 février 2011, la commission spéciale du Majlis [parlement] a présenté le 2 mars un compte-rendu qui soulignait le rôle de l’OMPI. Dans ce rapport, le chef de la commission du Principe 90 fait référence au soutien des Moudjahidines à la manifestation interdite du 14 février 2011 ». (Quotidiens gouvernementaux, 2 mars 2011)

L’exécution des membres de l’OMPI ces derniers mois s’est faite en réaction à leur rôle dans les soulèvements. Ali Saremi, le prisonnier politique le plus connu d’Iran, a été exécuté pour l’anniversaire du soulèvement de l’Achoura.

Q : Est-ce que votre approche démocratique contre le système du Velayat-e Faqih – qui a le premier et le dernier mot dans les questions politiques et religieuses – et le fait que le peuple iranien considère les chefs religieux comme des «saints» ne limiteraient pas votre rôle à l’intérieur de l’Iran ?
C’est exactement le contraire. Le guide suprême détient seulement l’autorité au sein de l’establishment dominant. Cependant, en matière de religion, de croyance et de culture du peuple iranien, même la plupart des mollahs haut-placés émettent des objections.

En 1979, en détournant la direction de la révolution antimonarchique, Khomeiny a établi ce qu’il a qualifié de règne absolu du clergé. Mais, cette sombre dictature religieuse s’est retrouvée face à une grande résistance de la part des Iraniens dirigés par l’OMPI, dont la plupart étaient de jeunes musulmans. Rien qu’en l’été 1998, quelques 30 000 prisonniers politiques ont été massacrés.

Il s’agit d’un régime qui viole systématiquement les prisonniers, hommes et femmes. Ses représentants mentent tellement que pendant la campagne d’élection de 2009 certains au sein du régime ont déclaré que ce système n’était qu’un empire de tromperie. Le guide suprême a échoué en ce qui concerne ses prétentions islamiques. A l’opposé du régime, l’OMPI croit que le droit à la souveraineté est le plus grand droit que l’Islam reconnaît au peuple et il respecte profondément les droits qui en découlent. La liberté est la plus grande distinction entre l’islam démocratique et les interprétations intégristes de l’islam. L’islam reconnait que l’être humain est savant et libre, ce qui signifie qu’il bénéficie d’une libre volonté. D’un point de vue islamique, tous les êtres humains, hommes et femmes, toutes les ethnies et toutes les nationalités sont égaux. La valeur la plus fondamentale est la qualité humaine et les bonnes actions bonnes qui en découlent. Dans la sourate Hojarat, le Coran souligne qu’aucune différence, qu’elle soit sexuelle ou ethnique n’a de l’importance, et que la plus grande valeur est la vertu, Taqwa.
L’Islam respecte la liberté de la décision de tous les membres de la société humaine.

Bien que le Prophète (qu’il soit béni) ait reçu la révélation céleste de Dieu, il n’a jamais pris de décisions importantes sans prendre conseil. Dans certains cas, il a même accepté que le vote des autres prévale sur sa propre opinion.

Le monopole de tous les pouvoirs entre les mains du clergé et ancré dans le principe du Guide suprême n’a aucun précédent dans le véritable islam et lui est entièrement étranger. L’islam est le défenseur de la liberté de croyance et prône la tolérance religieuse et politique. Sur ce sujet, le Coran dit : «il n’y a pas de contrainte en religion » et « donc donne de bonnes nouvelles (O Mohammad) à mes serviteurs qui entendent les conseils et les suivent du mieux qu’ils peuvent ».
De plus, historiquement, le principe du guide suprême n’a pas été approuvé par les hauts dignitaires religieux chiites. Khomeiny a ravivé cette idée pour pouvoir justifier l’application d’un régime dictatorial.

Les lois auxquels les mollahs réclament une adhésion absolue n’ont rien à voir avec l’islam. Dès le début, nous avons dénoncé la loi de la charia des mollahs et les tactiques odieuses par les quelles ils imposent leur loi au peuple iranien – sous prétexte de sauvegarder l’islam et défendre le culte et les traditions.
L’OMPI croit dans un islam démocratique et tolérant, ce qui lui a valu une grande popularité, et c’est pour neutraliser cette popularité que le régime essaye de taxer l’OMPI de Monafegh [hypocrites]. Le nombre des martyrs de l’OMPI s’élève à 120.000, et nous avons eu quatre fois plus de prisonniers politiques.

Leurs enfants et leurs familles constituent une base agitée et vaillante, tout en étant prudente et faisant preuve d’une capacité à s’organiser. Pour le régime, l’OMPI et ses partisans à l’intérieur de l’Iran ne sont pas juste une organisation politique d’opposition. Il s’agit d’une vaste couche sociale.

Un autre point de repère important, c’est que la résistance est financée par le peuple iranien, ce qui a parfois coûté la vie à nos compatriotes. Dans le recueil des martyrs de la Résistance, on peut voir le nom de nombreux Iraniens exécutés pour avoir simplement fourni un soutien financier à la Résistance.

Q : Comment décririez-vous la relation de l’opposition iranienne avec les religieux à l’intérieur de l’Iran ? Y en a-t-il parmi ces religieux qui soutiennent la vision politique de l’opposition pour la réforme et le changement ?
Depuis sa fondation, l’OMPI a été en contact avec les religieux progressistes et les personnalités religieuses de l’Iran. Le plus célèbre était le défunt ayatollah Taleghani qui a été emprisonné sous le règne du chah pour avoir soutenu l’OMPI. Après la révolution contre la monarchie, il avait affronté Khomeiny en soutenant l’OMPI.

Dans la lutte contre les mollahs, un grand nombre de religieux ont été exécutés pour avoir rejoint l’OMPI. Et aujourd’hui, nous bénéficions de l’appui d’un nombre significatif de religieux.

Au cours des insurrections soulèvement de 2009 en Iran, des hauts dignitaires religieux de la ville de Qom (centre d’Iran) ont soutenu le soulèvement et les manifestations populaires. Quelques mois avant sa mort, l’ayatollah Montazeri – qui était le religieux de plus haut rang parmi les chiites – a émis une fatwa exigeant la destitution de Khamenei.

Q : La Résistance iranienne a-t-elle des contacts au sein des forces armées du régime et d’autres institutions importantes ?
Le grand nombre de partisans de la Résistance iranienne dans les diverses couches sociales – et dans les rangs les plus élevés du régime – a rendu possible de révéler les secrets nucléaires des mollahs. Ces partisans sont présents parmi les technocrates, les forces militaires, et même le leadership, constituant une source d’informations intarissable pour la Résistance que les plus grandes puissances du monde ne connaissent pas. Les partisans de la Résistance à l’intérieur de l’Iran paient un lourd tribut pour obtenir ces informations. Parce que beaucoup d’entre eux ont mis en jeu tout ce qu’ils possèdent, risquant d’être arrêtés, torturés et exécutés ou de perdre leur travail et dans certains cas d’être contraints à fuir le pays.

Après que les sites nucléaires de Natanz et Arak aient été révélés en été 2002, les agents de renseignements du régime et les équipements de sécurité ont intensifié leurs mesures de contrôle autour des sites nucléaires. Cependant, depuis, des dizaines de sites nucléaires et de projets du régime ont été révélés par la Résistance.

Après chacune de ces révélations, nous avons été témoins d’une crise de sécurité dans le régime des mollahs. Quand le centre de production d’ogives a été révélé en février 2008, les mollahs ont entamé un grand projet de transfert et relocalisé ailleurs ce centre du ministère de la Défense.
Je dois mentionner la révélation sans précédent concernant l’influence et l’infiltration en Irak de la Force terroriste Qods. Nous avons rendu publics les noms et les détails de 32 .000 agents de la force Qods en Irak qui étaient à la solde du régime.

Q: Comment évaluez-vous la réaction internationale aux manifestations en Iran?
La réaction des pays occidentaux – qui met essentiellement en garde les mollahs contre la répression des manifestations – est une mesure positive, mais très insuffisante. Jusqu’à présent, avec leur complaisance vis-à-vis du régime, les pays occidentaux l’ont aidé survivre et à poursuivre sa répression. Maintenant, s’ils souhaitent laisser le douloureux passé derrière, ils doivent prendre des mesures concrètes et fermes. L’une de ces mesures est la suspension des relations avec ce régime jusqu’à ce qu’il cesse les exécutions et les arrestations. Une autre mesure est d’interdire l’achat de pétrole à ce régime.

Je leur conseille de mettre de côté la peur et l’inquiétude que leur causent les réactions du régime et de prendre le parti du peuple iranien. Ce n’est pas uniquement dans l’intérêt des Iraniens et cela servira vivement les intérêts des pays de la région.

Q: Qu’en est-il de l’Occident et des États-Unis en particulier? Recevez-vous un quelconque soutien financier de ces pays? Si oui, ce soutien se limite-t-il à une aide uniquement financière, ou comprend-il également un soutien de sécurité, logistique et de propagande?
Non. La Résistance iranienne s’appuie entièrement sur le peuple iranien et couvre ses besoins uniquement au travers du soutien volontaire des Iraniens, parfois au prix de leurs vies. Je l’ai déclaré à maintes reprises, nous ne demandons à l’Occident ni argent ni armes; ce que nous lui demandons depuis le début c’est d’être impartiale entre nous et notre ennemi. Ne pas aider ce régime par la complaisance ou le commerce, en exerçant des pressions sur l’opposition, par l’inaction face aux crimes du régime notamment l’exécution de 120.000 prisonniers politiques. C’est tout ce que nous voulons. Dans la diplomatie moderne au cours des 220 dernières années, aucun gouvernement n’a, dans la pratique, jouit du soutien de l’Occident plus que le régime des mollahs. Nous voulons que ce soutien cesse. Si ce soutien n’existait pas, les mollahs auraient été renversés depuis des années.

Q: Que pensez-vous de la position d’Ali Khamenei, le guide suprême, qui a précédemment et ouvertement provoqué la révolution contre les régimes dans les États arabes?

Aujourd’hui il accuse ceux qui désirent un changement en Iran de trahison, ou d’être les marionnettes de l’étranger, et il réprime les organes d’opposants et d’objecteurs.
Lors de la prière du vendredi 4 février, quand Khamenei a hypocritement soutenu le soulèvement en Égypte et tenté de le présenter comme issu du modèle réactionnaire de Khomeiny, il ne pouvait manifestement pas imaginer le coup violent que le peuple iranien lui infligerait dix jours plus tard. Il était très confiant sur l’impact des massacres, des tortures, et de l’effusion de sang qu’il avait organisé l’an dernier. Il ne pouvait pas prévoir que la volonté du peuple dépasserait toute cette répression. Khamenei projetait de tirer profit des soulèvements régionaux comme une opportunité pour son régime. Mais, les très fortes manifestations en Iran, et le profond désir d’un changement de régime, ont transformé cette opportunité en menace contre Khamenei.

Q: Quelle est la situation actuelle de l’opposition iranienne au camp d’Achraf?
Aujourd’hui Achraf, où résident 3400 membres de l’OMPI, se dresse comme le symbole de la résistance aux mollahs – pour le peuple iranien et les peuples de la région. Beaucoup de résidents d’Achraf sont diplômés d’universités européennes, américaines, canadiennes et iraniennes, ou ont été prisonniers politiques sous ce régime et même sous le règne du chah. Parmi eux, un millier de femmes musulmanes, chacune ayant un passé surprenant dans leur lutte.

L’une des priorités du régime iranien en 2003, lors de la guerre en Irak, était l’anéantissement de l’OMPI. Dans un accord trilatéral entre les États-Unis, le Royaume-Uni et le régime iranien, qui a plus tard été révélé par les médias américains, les puissances occidentales se sont engagées à bombarder Achraf ainsi que d’autres bases de l’OMPI en Irak. Bien-sûr de leur côté, les Américains ont rempli leur part du marché, pourtant le régime iranien a intensifié son ingérence. Au cours des bombardements, des dizaines de membres de l’OMPI, notamment des femmes, ont été tués et blessés. Or avant la guerre, la Résistance iranienne avait informé les États-Unis, le Royaume-Uni et l’ONU qu’elle n’avait aucun rôle dans ce conflit et que sa présence en Irak avait uniquement pour but de lutter contre le fascisme religieux au pouvoir en Iran.

Après la guerre, les États-Unis et les organisations internationales ont reconnu que les résidents d’Achraf étaient des civils se trouvant sous la protection de la Quatrième Convention de Genève, sur cette base et selon un accord bilatéral avec les résidents d’Achraf, les forces américaines ont pris la responsabilité de leur protection.

Malheureusement, début 2009, dans un acte totalement illégal, les forces américaines ont transféré la protection d’Achraf aux forces irakiennes, qui étaient complètement sous l’influence du régime iranien.

À partir de ce jour, les force irakiennes, sur l’injonction du régime iranien, se sont engagées à imposer un siège et des mesures répressives aux résidents d’Achraf, qui n’ont cessé et se sont intensifiées jusqu’à ce jour. Voici quelques exemples :

• Les forces irakiennes ont attaqué Achraf en juillet 2009, faisant 11 morts parmi les membres de l’OMPI et 500 blessés.

• Les attaques d’octobre, novembre, décembre 2010 et de janvier 2011, ont fait 221 blessés parmi les membres de l’OMPI, dont 94 femmes.

• Le blocus médical sur les résidents, qui en décembre 2010, a entrainé la mort de 2 membres de l’OMPI. Actuellement, de nombreux patients se trouvent dans un état critique en raison de la mise en application de restrictions médicales.

• La torture psychologique des résidents d’Achraf par des agents du ministère du Renseignement (Vevak) du régime iranien avec l’aide des forces irakiennes a été continue de février 2010 à ce jour. Avec de puissants haut-parleurs jour et nuit, les menaces de mort, d’extradition et d’incendie d’Achraf, ainsi que les insultes, en particulier envers les femmes, se poursuivent.

• L’interdiction d’entrer à Achraf pour les marchandises, les familles, les militants des droits de l’homme, les parlementaires et toute autre personne, qu’elle soit iranienne, irakienne ou étrangère ; activités qui s’effectuaient normalement avant 2009.

• Une interdiction de mener un travail à but lucratif, duquel dépend l’OMPI pour gérer la vie quotidienne.

Q : Si vous parvenez un jour au pouvoir d’un Etat iranien démocratique, allez-vous travailler aux côtés de vos anciens ennemis, ou cela vous conduira-t-il vers une politique qui tendrait à les éliminer ?
L’Iran auquel notre résistance aspire et pour lequel 120.000 de ses membres ont jusqu’à présent sacrifié leur vie, est une république pluraliste fondée sur le vote du peuple où la liberté des activités politiques pour toutes les partis et la liberté de rassemblement, d’expression et de religion seront assurées. La Déclaration universelle des droits de l’homme sera appliquée et respectée. Dans cet Iran, aucun adepte de n’importe quelle religion ne sera supérieur à un autre. Personne ne bénéficiera de privilèges ou ne sera privé de tout privilège politique, économique ou social pour la simple raison qu’il croit ou ne croit pas en une certaine religion.

Je tiens à vous rappeler que la Résistance iranienne a même traité les forces du régime iranien – qui ont été capturées dans des affrontements avec l’Armée de libération nationale iranienne (ALNI) – avec la plus grande humanité et conformément aux enseignements islamiques du pardon et de la miséricorde. Alors que de son côté, Khomeiny était occupé à massacrer nos prisonniers. Une question majeure est le développement de la fraternité et de l’amitié en Iran où durant 32 années les mollahs n’ont apporté que mort, violence, dépression, tristesse, division et hostilité. Par conséquent, le problème n’est pas ceux qui sont contre nous ou qui sont nos ennemis. Tous ceux qui ont été impliqués dans des crimes contre le peuple iranien doivent être poursuivis devant des tribunaux publics et équitables en présence d’observateurs internationaux.

Q: Quelle est votre position au sujet du programme nucléaire de l’Iran? Approuvez-vous l’enrichissement d’uranium en Iran ou soutenez-vous la proposition d’enrichir l’uranium à l’étranger?
L’enrichissement de l’uranium par les mollahs en Iran ou ailleurs ne doit pas continuer parce que cela les aidera à obtenir des armes de destruction massive.
Ce régime a secrètement construit des centres d’enrichissement et produit des matériaux et des équipements nécessaires. Le monde n’a découvert ces activités que lorsque la Résistance iranienne a révélé les sites secrets de Natanz et d’Arak en 2002.

Comme l’a annoncé Rafsandjani durant sa présidence, les mollahs veulent un programme nucléaire pour leur survie. Le régime du guide suprême ne peut survivre que par la répression, le terrorisme et un programme nucléaire.

Il est clair que les mollahs ne veulent pas d’armes nucléaires pour mener une guerre destructrice contre les Etats-Unis et Israël, ils veulent plutôt les utiliser comme un moyen d’intimidation pour influencer et dominer les pays de la région.

Q: Dans les années quatre-vingt-dix, il y avait des relations relativement étroites avec les pays arabes du Golfe qui se sont tendues depuis qu’Ahmadinejad est arrivé au pouvoir. Quelle sera votre politique envers les pays arabes, en particulier envers les pays du Golfe, si vous parvenez au pouvoir ?
Notre politique vis-à-vis des pays voisins sera basée sur le bon voisinage, la fraternité et la paix. Nous sommes déterminés à mettre fin à l’hostilité que les régimes du chah et de Khomeiny ont nourri contre les pays de la région, y compris contre l’Irak et l’Arabie au cours des 70 dernières années.

En ce qui concerne nos pays voisins et les pays arabes, à partir de maintenant leurs relations fraternelles et amicales avec le peuple iranien devraient être fondées la prise de distance avec ce régime qui est le pire ennemi du peuple iranien et des peuples de la région.

Le régime iranien représente la principale menace pour l’existence de tous les pays de la région parce qu’il ne peut se maintenir au pouvoir en Iran sans répression interne ni exportation du terrorisme.

La constitution des mollahs insiste sur l’instauration d’un pouvoir islamique internationale, ou la domination de l’intégrisme et de la violence dans le monde islamique. Les instigations et les opérations terroristes de ce régime à Gaza, au Liban, en Egypte, au Yémen, en Arabie saoudite et surtout en Irak où des milliers de nos frères arabes ont perdu la vie, sont fondées sur cette politique.

Cependant, un régime démocratique en Iran est capable de résoudre toutes les divergences et les problèmes avec le monde arabe d’une manière qui servirait les intérêts de tous. Nous croyons que les intérêts d’un Iran démocratique ne vont pas à l’encontre des intérêts de nos frères arabes, mais que nous avons plutôt des intérêts communs et que nous pouvons progresser ensemble en nous aidant les uns les autres.

Bien sûr, ce n’est pas une question seulement concernant la période suivant le renversement du régime iranien. Il est aujourd’hui tout aussi important de former un front uni et solidaire contre le phénomène inquiétant de l’intégrisme – et le régime des mollahs comme son point centrale – et de considérer cela comme une nécessité pour l’instauration de la démocratie et de la paix dans la région. Le peuple iranien et sa résistance ont été et sont l’élément essentiel de ce front.

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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