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03 Mar 2021

Maryam Radjavi : Gloire au grand Mossadegh, dirigeant du Mouvement national iranien

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Maryam Radjavi : Gloire au grand Mossadegh, dirigeant du Mouvement national iranien

Sincère reconnaissance au Dr Mossadegh, dirigeant du Mouvement national iranien.

A l’occasion du 5 mars, jour anniversaire du décès du Dr Mohammad Mossadegh [en 1967], et à la veille du 20 mars, anniversaire de la nationalisation de l’industrie pétrolière [en 1951] en Iran, nous rendons hommage au défunt dirigeant du Mouvement national iranien.

Comme l’a dit Massoud Radjavi, dirigeant de la Résistance iranienne: « dans le combat et la résistance pour la liberté et l’indépendance de l’Iran et dans la quête de la liberté à un niveau plus accompli, pas un jour ne se passe sans que nous nous souvenions de lui : de l’époque où l’on se battait contre la dictature du chah, sa Savak et sa cour martiale injuste, et où l’on se sentait encouragés par son souvenir en disant que « nous sommes des enfants de Mossadegh », jusqu’à aujourd’hui où dans la lutte contre le régime de Khomeiny, dévastateur de l’Iran, nous puisons pour nous en inspirer dans le trésor de ses expériences, ses enseignements et ses grandes qualités ».

Le grand Mossadegh s’est levé lors de la Révolution Constitutionnelle, puis il a été exilé en Europe lors de la période connue sous le nom de la « Petite Tyrannie ».(1) A l’époque où les dirigeants de l’Iran étaient totalement étrangers à la question du pétrole et des intérêts de l’Iran, il a étudié mot à mot tout le dossier du pétrole et a acquis une connaissance profonde des intérêts et des problèmes de notre pays dans l’industrie pétrolière. Cependant, sa plus grande marque a été son refus du compromis et son sacrifice dans la voie de la libération du peuple iranien du joug de la dépendance, de l’arriération et de la tyrannie. Il est juste de dire qu’il était l’essence de la Révolution Constitutionnelle et qu’il reflétait ses martyrs et ses héros.

L’opposition à la brutalité

Mossadegh a été la première personnalité politique à s’opposer au coup d’Etat de Seyyed Zia et Reza Khan. Lors de la 5e législature du Parlement, il s’est opposé à la montée sur le trône de Reza chah. Il avait écrit qu’avant même la tenue de la séance parlementaire, Hosssein Ala, Motamen Al-Molouk, Mochir Al-Doleh et Mostafavi Al-Mamalek ne voulaient pas se rendre au parlement, pris d’hésitation. « Je leur ai dit qu’on donnait à l’artilleur dix années d’instruction pour qu’un jour il tire une seule fois. Les députés ont pour devoir de défendre la Constitution. (Sinon) c’est comme un artilleur qui n’a pas fait son devoir en n’obéissant pas aux ordres ». (2)

Quand avec une assemblée constitutionnelle de pacotille et avec la peur et des menaces, Reza Khan a été fait roi, à l’Assemblée le cri de Mossadegh a retenti : « Il y aurait quelqu’un au parlement qui serait à la fois roi, chef du gouvernement et dirigeant ? Si c’est comme ça, on tombe sous le coup de la réaction, sous le coup de la tyrannie. Alors pourquoi avez-vous versé en vain le sang des martyrs de la liberté? Pourquoi avez-vous envoyé les gens à la mort ? Vous n’aviez qu’à dire dès le premier jour que vous aviez menti, que vous ne vouliez pas de la Révolution Constitutionnelle, qu’il y a un peuple de sauvage et qu’il faut le mâter à coup de bâton. »

Lorsque Reza chah a déterminé un itinéraire pour le chemin de fer national qui servait non pas le développement économique et social du pays, mais les objectifs coloniaux, Mossadegh s’y est courageusement opposé. Des années plus tard, le chah déposé [le fils de Reza chah] a écrit à ce sujet : « Je me souviens qu’un jour (Mossadegh) a déclaré avec insolence en ma présence que mon père avait fait preuve de trahison dans cette affaire. Quand je lui en ai demandé la raison, il a répondu que mon père avait construit le chemin de fer national uniquement pour satisfaire les Britanniques qui voulaient attaquer la Russie. » (3)

Mossadegh, qui avait connu l’exil et la prison durant de nombreuses années sous le règne de Reza chah, est retourné à Téhéran après septembre 1941 [l’abdication de Reza chah] accueilli par d’immenses foules. Pendant les douze années qui ont suivi, il a véritablement été le dirigeant de la société iranienne.
Durant la 14e législature, il a établi la doctrine de « l’équilibre négatif » [ou doctrine du non alignement], qui était sans précédent dans l’histoire de l’Iran et des nations orientales. Et comme il l’a expliqué lui-même cela signifiait « l’établissement des principes de constitutionnalisme et de liberté en politique intérieure, et la poursuite d’une politique d’équilibre négatif en politique étrangère. » (4)
En 1950, lorsque Razmara est devenu Premier ministre, il a dit à Mossadegh dans une conversation: « Ce que vous dites ne va pas remplir le panier des gens du jour au lendemain ». Mossadegh lui a répondu : « Il se peut que le gouvernement de la coercition et de la brutalité donne du pain aux gens du jour au lendemain ou pendant plusieurs années, mais tant que les gens ne pourront pas intervenir dans la gestion de leurs propres affaires, ils ne seront jamais maitres de leur pain et devront toujours s’endormir le ventre vide. »

Le serviteur de la société

Lorsqu’il est devenu Premier ministre, le premier jour et pas un jour plus tard, il s’est rendu à la prison centrale de Téhéran où il a été impressionné par la vue de centaines de prisonniers politiques. Puis, se référant à cette prison, il s’est adressé aux députés lors de la session suivante au parlement en leur disant : « Vous devriez vraiment avoir honte. »
Mossadegh disait qu’aucun plaisir ne peut égaler la liberté d’opinion et d’expression. (5) Par conséquent, après avoir été élu Premier ministre, il a ordonné à la police de tout le pays : « Il ne doit y avoir aucune objection ou hostilité sur ce qu’on écrit sur ma personne dans la presse iranienne, quel qu’en soit l’auteur.» (6) Il disait aussi : « Le poids de chaque membre de la société se mesure à l’aune du service rendu et des souffrances endurées en faveur de la société.» (7)

Nationalisme authentique et progressiste

A cette époque, Mossadegh faisait face à l’hostilité des plus grands gouvernements étrangers, aux complots de la cour du chah et de ses factions, à l’opposition des mollahs de l’acabit de Khomeiny, aux obstructions quotidiennes des traîtres du parti Toudeh et à la faiblesse de certains de ses proches.
Malgré tout cela, à lui seul, il a pu porter seul le poids d’une écrasante mission à son terme. Dans ses discours, il a persuadé la majorité du parlement, qui s’opposait à lui, d’approuver et de signer ses propositions, il a écarté les premiers ministres fantoches, a isolé la cour royale, mis en échec les puissances coloniales et inspiré et porté le peuple iranien vers de nouveaux sommets.
En fait, il a combiné la politique sous l’une de ses formes les plus nobles avec une approche sans compromis des intérêts de la nation et un nationalisme authentique et progressiste.

Nous vouons une reconnaissance sincère au grand Mossadegh, feu dirigeant du Mouvement national iranien, à travers notre lutte sans répit pour le renversement de la dictature religieuse et l’instauration de la liberté et la démocratie en Iran. Dans cette voie, nous renouvelons notre engagement vis-à-vis de ses objectifs démocratiques et patriotiques et son amour passionné pour la liberté et l’indépendance de l’Iran.

Notes

1-Une référence à la période entre 1908 quand le Parlement nouvellement établi a été bombardé par les vestiges de la monarchie Qadjar, jusqu’à 1909 quand les constitutionnalistes ont libéré Téhéran.
2-D'après les discours et les lettres du Dr Mossadegh, joints à la réunion sur le changement de monarchie, p.2
3-Mohammad Reza Pahlavi, Mission pour ma patrie, chapitre 3 - 1963
4-Mehdi Azar, "Mémoires de travail avec le Dr Mossadegh", Journal des Sciences et de la Technologie, Année 6, Numéro 35 (octobre 1984), p. 28
5-Message du Dr Mossadegh au peuple iranien, journal Kayhan, 24 avril 1952.
6-Message du Dr Mossadegh au peuple iranien, journal Kayhan, 20 mai 19521
7-Débats au parlement, Session 185, 9 septembre 1951, journal officiel

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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