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15 Mai 2014

Intervention de Maryam Radjavi – Audition à la sous-commission des relations internationales pour les droits de l’homme au Parlement du Canada

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Intervention de Maryam Radjavi – Audition à la sous-commission des relations internationales pour les droits de l’homme au Parlement du Canada

Après son intervention elle a répondu aux questions des parlementaires.
Trois partis principaux de Canada ont participé dans cette audition qui a été présidé par Monsieur Scott Reid de parti conservateur canadien.
Cette audition a eu lieu à la « Semaine de responsabilisation sur l’Iran ».
S’adressant aux parlementaires présents à cette audition, Maryam Radjavi a déclaré :

Monsieur le président
Mesdames et Messieurs,

Je tiens à vous remercier pour l’attention que vous portez à les violations actuelle des droits de l’homme en Iran, ainsi qu’à la crise humanitaire au camp Liberty. Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude pour tous vos efforts durant la « Semaine de responsabilisation sur l’Iran ». Ces efforts comme vous l’avez dit « font retentir l’alarme sur la quadruple menace du régime iranien : Nucléaire, terroriste, provocation, et – en particulier – les violations généralisées et systématiques des droits de l’homme. »

La situation au camp Liberty est directement liée à la crise politique en Iran. En effet, ce qui se passe au camp Liberty est l’autre face de la répression en Iran. Depuis que les Etats-Unis ont remis la sécurité du camp d’Achraf au gouvernement irakien, dans trois attaques sur Achraf et trois attaques à la roquette meurtrières sur Liberty, 116 habitants ont été tués par les forces irakiennes, 1350 ont été blessés et sept sont encore retenus en otages. Il y a maintenant huit mois qu’ils sont otages. 20 habitants ont également perdu la vie à cause du blocus médical. Les nombreuses années de blocus médical continuent d’affecter même ceux qui ont quitté l’Irak.

Mme Razieh Kermanshahi est décédée hier en Albanie, car pendant de nombreuses années qu’elle n’avait pas reçu de soins médicaux appropriés. Mohammad Babaï est décédé à Liberty le 27 avril par manque de soins médicaux. Les membres de l’OMPI paient le prix de leur persévérance pour la liberté du peuple iranien.

Le fascisme religieux au pouvoir en Iran, englouti par les crises politiques, économiques et internationales, voit dans l’OMPI sa plus grave menace. L’OMPI est considérée comme la principale force de changement en Iran. Par conséquent, le régime n’épargnera aucun effort pour frapper cette organisation. C’est pourquoi, les habitants de Liberty sont devenus les cibles privilégiées des crimes du régime.
Je voudrais aborder trois aspects de la situation à Liberty qui sont très importants : la sécurité, les conditions de vie et la réinstallation des habitants à l’extérieur de l’Irak.

La question principale est le manque de sécurité face aux attaques à la roquette sur le camp Liberty. Les baraquements sont surpeuplés, sans murs de protection, et il n’y a pas d’abris où se réfugier au moment des attaques. Les habitants sont totalement sans défense et vulnérables. Les conflits internes en Irak et la détérioration de la sécurité ont augmenté le danger pour les habitants. Les propos du ministre irakien de la Justice le 2 mars, et ceux de l’ambassadeur irakien à Téhéran le 27 avril sur l’extradition des membres de l’OMPI de Liberty est une autre indication du danger que courent les habitants.

La deuxième question concerne les conditions de vie à Liberty. Les droits humains des habitants sont systématiquement violés. Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a qualifié dans deux rapports le camp Liberty comme une prison. Les habitants n’ont pas de liberté de mouvement, pas le droit de recevoir des visites de leurs familles ou de rencontrer leurs avocats et sont soumis à un blocus médical. Le gouvernement irakien tente également de s’emparer des biens des habitants laissés au camp d’Achraf et a jusqu’à présent empêché la vente de leurs biens.

La troisième question touche à la réinstallation des habitants. Deux ans et demi après le début du transfert d’Achraf au camp Liberty, seuls 10% des 3200 habitants ont été réinstallés hors d’Irak et les perspectives pour la réinstallation des autres semblent faibles, alors que tous les habitants ont été interrogés par le HCR.

La question est : que faire maintenant ?
1. La première étape est une enquête internationale indépendante sur les tueries, en particulier le massacre de 52 personnes et l’enlèvement de sept autres le 1er septembre 2013. S’il y avait eu une enquête indépendante sur le premier massacre et si ses auteurs avaient été traduits en justice, nous n’aurions pas eu les massacres suivants. Cette enquête serait une mesure préventive. Par conséquent, j’appelle Comité international des droits de l’homme à inviter le gouvernement du Canada à faire ouvrir cette enquête par l’autorité internationale compétente.

2. Afin d’éviter un autre Srebrenica, la communauté internationale doit assurer la sécurité des habitants, tant qu’ils sont dans le camp Liberty, en postant des observateurs internationaux et une unité de Casques bleus dans le camp. En offrant un soutien financier et logistique à une telle initiative, le gouvernement du Canada peut supprimer tous les obstacles et les excuses.

3. Les violations des droits humains des habitants font partie des violations constantes des droits de l’homme en Iran. Les parents des 3000 habitants de Liberty en Iran souffrent également, beaucoup étant arrêtés, maltraités, certains exécutés et un certain nombre ayant été condamné à mort. Cette question doit être adressée au Conseil de sécurité des Nations Unies. Je demande au gouvernement canadien de soulever cette question au troisième comité de l’ONU.

Pour finir, je tiens à remercier le gouvernement du Canada et le Parlement pour leur position de fermeté à l’égard du régime iranien. Ces dernières années, le gouvernement a rompu les liens diplomatiques avec le régime des mollahs et le soutien des parlementaires à la Résistance iranienne a été un réconfortant pour notre peuple dans ses efforts pour parvenir à la liberté. Le régime a intensifié la répression parce qu’il se sent plus vulnérable.

Malgré la prétendue modération du président du régime, il y a eu plus d’exécutions au cours de la dernière année qu’aucune autre année depuis 25 ans. Le mois dernier, les prisonniers politiques de la prison d’Evine, ont été brutalement attaqués par les gardiens de prison et les mollahs ont intensifié leurs attaques contre Achraf et Liberty.
Dans ces circonstances, le soutien que le Canada apporte aux droits de l’homme en Iran, à la liberté et à la résistance iranienne sera plus efficace qu’à tout autre moment.
Notre objectif est un Iran libre et démocratique.
Une république basée sur la séparation de religion et de l’Etat, l’égalité entre les femmes et les hommes et l’état de droit.
Un nouvel Iran sans discrimination religieuses ni ethniques.
Un Iran non-nucléaire.

Je vous remercie de votre attention et j’aimerai entendre votre point de vue.

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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