07 Mar 2021

A l’occasion de la Journée internationale des femmes

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A l’occasion de la Journée internationale des femmes

Maryam Radjavi : Les Iraniennes peuvent et doivent être les architectes de la victoire

Mes chères sœurs,
Femmes et filles d’Iran opprimées mais révoltées dans tout le pays.
Femmes courageuses qui avez créé des unités de résistance.
Je vous souhaite une bonne Journée internationale des femmes à vous et à toutes mes sœurs à travers l’Iran.
Cette année, la Journée internationale des femmes en Iran se passe au milieu des flammes du soulèvement sanglant du Baloutchistan.
Un soulèvement avec des dizaines de martyrs dans lequel de jeunes insurgés ont pris d’assaut un gouvernorat, des centres de pasdarans et des forces de sécurité pour montrer la détermination du peuple iranien à renverser la dictature religieuse.
Les habitants de la province du Sistan-Baloutchistan sont parmi les plus pauvres du Moyen-Orient et de toute l’Asie, avec une population de 70% sous le seuil de pauvreté absolue. Les deux tiers n’ont pas d’eau potable. Et beaucoup de leurs enfants ne vont pas à l’école parce qu’ils ont des problèmes de vue et n’ont pas de lunettes.

Pour les femmes baloutches opprimées, préparer la nourriture et même s’approvisionner en eau potable est épuisant. Leurs enfants souffrent de la pauvreté et de la maladie.
Et leur jeunesse fructueuse est exécutée par groupes entiers à Zahedan et dans d’autres villes. Ils ont besoin du renversement du régime non pas pour une vie meilleure mais pour survivre.
Ce qui s’est passé à Saravan et dans d’autres villes du Baloutchistan n’est pas un événement sporadique. C’est le même volcan qui a éclaté en janvier 2018 et en novembre 2019.
Désormais, la colère des hommes et des femmes va éclater dans tout le pays.
La stratégie de Khamenei, qui cherchait à faire des décès massifs dus au coronavirus un bouclier de protection pour son régime, n’a pas duré longtemps. Le feu sous la braise des soulèvements s’est rallumé.

Comme l’a dit un jeune rebelle baloutche: Le moment est venu pour le peuple iranien de s’opposer au pouvoir de la dictature religieuse.
Dans ce soulèvement, les femmes et les filles baloutches sont les soutiens et les aides des unités de résistance et de leurs frères.
Oui, le soulèvement du peuple iranien, avec les femmes en première ligne, va balayer la tyrannie misogyne de tout l’Iran.

Un bref historique des femmes en Iran

Mes chères sœurs!
Aujourd’hui, le coronavirus, la pauvreté et la répression ont assombri le visage de nos villes et villages. Mais au cœur de ces ténèbres, la détermination des femmes en Iran à obtenir la liberté, l’égalité et la transformation des relations politiques et sociales a avivé les flammes de l’espoir.
Cet espoir repose sur la volonté de la société de renverser le régime. Cet espoir repose sur la décadence du régime, qui est en phase de renversement.
Aujourd’hui, ce ne sont pas les missiles et le programme nucléaire des mollahs, ni les gardiens de la révolution de Khamenei, mais le peuple iranien, en particulier les femmes, qui changent l’équation iranienne.

Ainsi donc cette année, la Journée internationale des femmes est porteuse d’un engagement pour les femmes en Iran : elles peuvent et doivent parvenir à la victoire en tirant la liberté et l’égalité du cœur de la tragédie du coronavirus, de l’oppression et de la pauvreté.

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, je salue toutes les femmes d’avant-garde de l’histoire contemporaine de l’Iran:
– Les femmes courageuses à la pointe du mouvement du tabac à la fin du 19e siècle qui ont ébranlé la tyrannie au pouvoir.
– Les femmes responsables et combattives qui ont été extrêmement déterminantes à de nombreuses reprises dans la Révolution Constitutionnelle.
– Les femmes devenues des étoiles au firmament de la poésie, de la littérature et de la culture iraniennes.
– Les femmes d’avant-garde dans les mouvements révolutionnaires des années 1970 telles que
Fatemeh Amini, Marzieh Ahmadi-Oskoui et Mehrnoush Ebrahimi qui ont ouvert la voie au renversement de la dictature du chah. Nous saluons leur mémoire.
– Les dizaines de milliers de femmes des Moudjahidine du peuple et de combattantes torturées et exécutées dans les années 1980 dans leur opposition au régime des mollahs.
Et à leur tête, Achraf Radjavi, symbole de la résistance à n’importe quel prix contre la tyrannie sauvage en place.

Un nom qui ne cesse de briller dans la campagne pour un millier d’Achraf en Iran et à travers le monde dans le cœur et les paroles de milliers de partisans d’Achraf.
Et saluons les milliers de femmes courageuses qui se sont dressées dans les soulèvements et les mouvements de protestation contre la dictature religieuse.
Surtout celles qui ont organisé le grand soulèvement de novembre 2019 et sont tombées nombreuses en martyres pour la cause de la liberté et de l’égalité.
Les mollahs ont gardé la liste de leur noms secrète, mais le message de leur sang signe la défaite définitive de la tyrannie religieuse qui s’obtiendra avec la participation active des femmes iraniennes insurgées.

Les femmes d’avant-garde dans la résistance iranienne

Mes chères sœurs,
Lorsque nous disons que les femmes en Iran sont le porte-drapeau de l’espoir dans l’avenir et de l’espoir dans la liberté et l’égalité, en plus de leur brillant passé de lutte, nous parlons aussi de leur capacité et de leur aptitude actuelle.
On peut voir cette capacité dans le Conseil central des Moudjahidine du peuple (OMPI/MEK), composé de femmes, qui mènent une résistance nationale contre la bête immonde de la répression et de la misogynie incarnée par le régime clérical.

Malgré le siège tenu par les deux dictateurs Khamenei et Maliki, à Achraf et Liberty, elles ont maintenu un mouvement militant solide et la tête haute. Elles l’ont fait avec à leurs côtés une génération d’hommes émancipés, libérés de l’idéologie du sexisme et de l’individualisme. Elles sont semé les graines du soulèvement dans les villes d’Iran et forgé l’espoir du peuple iranien dans la liberté. Tout comme une longue ligne de femmes résilientes et militantes qui tiennent bon dans les prisons à travers l’Iran. Bien que nul ne sache leurs noms et leur histoire, elles mènent avec honneur la plus forte des résistances.
Nous avons mentionné le potentiel et la capacité des femmes. Regardez les soulèvements des deux années précédentes, de l’hiver 2017/2018 à l’hiver 2019/2020, et combien nos vaillantes sœurs et filles ont fait preuve d’héroïsme dans ces soulèvements.

La force centrale du soulèvement de décembre 2017/janvier 2018 était les femmes et les jeunes.
Nous nous souvenons tous de l’image symbolique de ce soulèvement qui était une jeune fille levant le poing dans la fumée des gaz lacrymogènes.
À cette époque, les commandants du corps des pasdarans criminels de Khamenei ont déclaré : « les femmes ont constitué le maillon principal d’incitation et de déclenchement (de ces manifestations). »
Lors du soulèvement de novembre 2019, les médias du régime ont écrit: « L’intervention et le travail particulier des femmes sur le terrain dans les troubles récents étaient frappants. »
Le ministre de l’Intérieur du régime a déclaré qu’à Téhéran, chaque « cellule de quatre, cinq ou six personnes » était dirigée par une femme.

Sur l’autoroute Sattari de Téhéran, les manifestations, les slogans et la fermeture de l’autoroute se sont poursuivis pendant sept heures sans interruption. Ce qui était remarquable dans cette longue manifestation, c’était la chaîne humaine de femmes qui barrait toute la largeur de l’autoroute Sattari vers le sud. A Karadj également, de très nombreux manifestants étaient des femmes.
Oui, la force insurgée de ce mois de novembre sanglant et enflammé est toujours présente au cœur de la société iranienne et surgit à chaque occasion comme une tempête ou un torrent rugissant. Et encore une fois, ce sont les femmes en Iran qui sont au cœur de chaque soulèvement.

Les femmes font trembler le régime intégriste en Iran

Paradoxalement, c’est la raison pour laquelle les mollahs ont peur de la force de résistance des femmes. Ils ont utilisé toute une série d’armes pour contenir cette force croissante. De la discrimination inhumaine à la répression et au contrôle permanents jusqu’à les jeter par millions dans la misère. En conséquence, nous voyons que partout où règne en Iran la pauvreté, la première victime est une femme.
Partout où des abris ont été construits au lieu de logements, ce sont encore les Iraniennes qui doivent endurer le plus la pauvreté, l’insécurité, le deuil et la souffrance.

Dans l’année qui vient de s’écouler (mars 2020-mars2021), où la propagation du coronavirus a provoqué les décès innombrables de nos compatriotes, nos infirmières ont fait mille fois preuve d’abnégation. Elles se sont précipitées au chevet de patients des milliers de fois sans équipement de protection. De sorte que, selon les chiffres trafiqués du régime, au moins 60.000 infirmières ont contracté le coronavirus.
Mais les mollahs les ont récompensées par une exploitation encore plus sauvage, par des licenciements et de la répression. Malgré tout, les infirmières n’ont rien cédé et en manifestant devant les centres officiels elles crient : « combien de temps encore va durer la discrimination? Donnez-nous nos droits ! »
Pendant ce temps, nos sœurs qui travaillent principalement dans des emplois non déclarés ont été les premières victimes du coronavirus. Jusqu’à l’été dernier, selon les chiffres officiels, près de 870 000 femmes ont perdu leur emploi et rejoint l’armée des affamés.

Aujourd’hui, notre pays compte quarante millions de personnes inactives, et 28 millions d’entre elles sont des femmes. Autrement on les a privées du droit de participer à la vie sociale et économique.
Le nombre de femmes chefs de famille en 2016 était de trois millions; Il a désormais atteint 4 à 5 millions de personnes, dont plus de quatre-vingts pour cent sont au chômage. Imaginez maintenant, lorsque ces femmes chefs de famille contractent le coronavirus, où les enfants vont-ils trouver l’argent pour soigner leur mère ? Comment vont-ils acheter leur nourriture?
Les paroles d’une jeune femme nommée Ziba, soutien d’une famille de trois enfants avec un mari handicapé, décrit la vie épouvantable de plusieurs millions de ménages reposant sur des femmes : « Je n’ai pas peur de la mort (à cause du Covid-19), confie-t-elle. Mais ce qui me fait peur, c’est que mes enfants aient faim sans moi. » Ce sont des paroles déchirantes. Oui, notre société est sous le fouet de l’oppression et de l’exploitation.

C’est une société bâtie sur les épaules d’esclaves qui rythment leur symphonie au claquement des fouets.
Les femmes qui dorment sur des cartons dans la rue, les femmes qui font les poubelles, les femmes victimes de la corruption de ce régime, les femmes malades qui n’ont pas d’argent pour se soigner, les villageoises du sud et de l’est de l’Iran plongées dans les jours sombres en raison de la sécheresse. Oui, les réfugiés de l’eau. Les travailleuses qui n’ont plus la force de soupirer. Les ouvrières agricoles du riz qui doivent travailler dix à douze heures par jour dans l’eau par temps froid pour conserver leur emploi.
Les petites tisseuses des tapis qui attrapent toutes sortes de maladies.
Les femmes vendant leurs produits dans la rue et qui n’ont plus de revenus depuis longtemps.
Les femmes qui au Kurdistan deviennent des porteuses de lourdes charges à travers les chemins de montagnes difficiles.

Tout comme les familles sinistrées des séismes qui n’ont toujours pas été relogées. Et en ce moment à Sisakht, près de Yassouj, les femmes et les enfants sont sans abri dans le froid de l’hiver.
Et la tragédie déchirante des filles forcées de se marier ou qui sont vendues par pauvreté.
Et les enseignantes, dont beaucoup gagnent moins d’un dollar par jour. Les étudiantes incapables de poursuivre leurs études en raison des coûts élevés. Les diplômées au chômage et les travailleuses qui risquent de chuter sous du seuil de pauvreté.
Oui, ce sont là les visages de la pauvreté douloureuse qui forme la trame de la société iranienne d’aujourd’hui.
Une pauvreté catastrophique dont les premières victimes dans tous les domaines sont les femmes. Ce sont elles qui portent le plus de blessures et de douleurs sur leurs épaules.
Ce sont elles qui endurent le plus de souffrances. Et en même temps, ce sont elles qui sont déterminées à mener cette nuit sombre vers un matin lumineux.

Elles ont aujourd’hui une vie sombre, mais comme elles l’ont montré en ce mois de novembre enflammé et sanglant en 2019, elles se tiennent du côté du jour et de la lumière.
Selon le grand poète Shamlou:
« Nous ne sommes pas du côté de la nuit
Le bois s’agite auprès du feu
la rage de la rue dans vos poings
la lumière d’un poème brûlant sur vos lèvres
Et la nuit est terrifiée par ses propres ténèbres. »

Oui, les femmes d’Iran qui regardent ces ténèbres se disent qu’elles briseront ce régime réactionnaire dans sa totalité. Elles disent aux mollahs : Ce donjon et ce fort pourris que vous avez construits sur des dépôts de poudre à canon, nous allons les détruire. Notre voix n’est plus le cri du malheur. C’est le grondement de la tempête qui écrasera l’extrémisme, l’oppression et la misogynie.

L’Iran de demain

Mes chères compatriotes,
Femmes éveillées éprises de liberté,
Nous voulons établir une république pluraliste fondée sur les droits humains à la place d’une tyrannie misogyne, une république fondée sur la séparation de la religion et de l’État.
Nous recherchons une véritable démocratie qui nécessite une participation active et égale des femmes à la direction politique de la société.

Dans l’Iran de demain, il faudra reconnaitre toutes les libertés individuelles des femmes, notamment la liberté de croyance, de religion, d’emploi et de voyage.
Les femmes seront libres de choisir leurs vêtements.
Dans l’Iran de demain, les hommes et les femmes auront des droits sociaux, politiques, culturels et économiques égaux.

Les femmes devront avoir une liberté totale dans le choix de leur conjoint et de leur mariage.
Dans la vie de famille, toute contrainte imposée aux femmes sera interdite.
Le droit égal au divorce sera reconnu pour les femmes.
La polygamie sera interdite.
La violence physique, sexuelle et psychologique contre les femmes sur le lieu de travail, dans les centres d’éducation, la famille et ailleurs sera considérée comme un délit.
Toute exploitation sexuelle d’une femme à quelque titre que ce soit sera interdite.
La charia des mollahs n’aura plus de place dans les lois iraniennes de demain.
Et les conventions internationales sur les droits et libertés des femmes, et en particulier la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, seront intégrées au droit civil.

Les femmes se lèvent en Iran

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, je salue le courage de mes sœurs et de mes filles dans les unités de résistance.
Et je vous appelle toutes, mes chères sœurs, filles intrépides et femmes insurgées, à propager le soulèvement pour renverser le régime et parvenir à la liberté et à l’égalité.
Vous enseignantes et infirmières, étudiantes et vendeuses, femmes au foyer, travailleuses et agricultrices !
Le message de cette oppression effrénée, de la douleur et de la souffrance accumulées et la situation éruptive et enflammée de l’Iran est qu’aucune force ne pourra arrêter le renversement des mollahs.
Les conditions objectives et la situation révolutionnaire sont prêtes, et avec la force consciente et combattante que vous constituez, avec l’avant-garde de vos sœurs de l’OMPI, il faut avancer rapidement vers la liberté. Les femmes iraniennes ont appris à se soulever contre la misère, la pauvreté, les abus et la répression au lieu de se replier sur elles-mêmes.

Chaque obstacle, restriction et oppression que le régime vous impose est un terrain pour tester votre volonté. Insurgez-vous contre tous ces obstacles !
La capitulation, la lassitude, le désespoir rendent l’ennemi plus audacieux.
Face au régime, vous avez souvent vu que chaque fois que vous vous soulevez et vous vous révoltez, les mollahs sont obligés de battre en retraite.
Oui, vous l’avez appris de votre avant-garde, c’est-à-dire de la génération de femmes Moudjahidine et combattantes qui résistent à ce régime misogyne depuis quatre décennies.
Cette génération est passé par les salles de torture et les pelotons d’exécution, s’est tenue sous les roquettes, les coups de fusil et de hache de l’ennemi à Achraf et à Liberty. Le corps blessé et en sang, elles se sont à nouveau levées pour reprendre la bataille.
Une seule chose compte : la poursuite de la lutte et du soulèvement.

Ce qui compte c’est d’être encore plus combattive face à l’oppression, à la douleur et à la souffrance.
Comme l’a dit Massoud Radjavi, le dirigeant de la Résistance iranienne : « Les insurgés forgent la victoire. Le sort de l’Iran est écrit avec le soulèvement de ses enfants Moudjahidine sur le terrain du sacrifice. » Oui, par vous les femmes insurgées.
Nous voulons et nous pouvons renverser Khamenei et son régime et libérer l’Iran et les Iraniens.
Vous pouvez et devez forger la victoire.

C’est vous qui pouvez déclencher des manifestations et des grèves.
C’est vous qui pouvez créer des unités de résistance et des conseils de résistance populaire.
C’est vous qui pouvez encourager les jeunes excédés à former des unités de résistance, qui pouvez les soutenir de toutes les manières possibles et prendre la responsabilité d’organiser et de faire progresser le soulèvement.

Vos souffrances forment un pont vers la liberté, et de l’autre côté du pont c’est encore vous, les femmes qui dirigeront une société libre et égalitaire.
Je vous remercie

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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