30 Avr 2018

La liberté des travailleurs viendra avec la chute de la dictature religieuse en Iran

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La liberté des travailleurs viendra avec la chute de la dictature religieuse en Iran

Travailleurs et ouvriers d’Iran,
Mes sœurs et frères,

J’adresse à chacune et chacun d’entre vous mes vœux les plus sincères en cette Journée internationale du Travail. Cette journée annonce la bonne nouvelle d’un avenir où l’exploitation, le pillage et la répression seront remplacés par la liberté, la justice et l’égalité, ainsi que par la fraternité et la sororité.

Je salue l’ensemble des travailleurs et travailleuses qui se sont dévoués cette année à cette noble cause ; celles et ceux qui ont dû endurer les prisons de Khamenei et celles et ceux qui ont été licenciés et victimes de toutes sortes de discriminations. Je salue particulièrement les jeunes travailleurs et les jeunes chômeurs qui sont courageusement descendus dans la rue lors du soulèvement de décembre et janvier et dont un certain nombre ont sacrifié leur vie.

Saluons les travailleurs qui pour obtenir leur salaire n’ont cessé de mener des grèves et des manifestations : ceux d’Hepko et d’Azarab de la ville d’Arak, les sidérurgistes du Khouzistan et les salariés de la pétrochimie de Mahchahr et de Gatchsaran, les ouvriers d’Assalouyeh et de la canne à sucre de Haft-Tapeh. Et je salue les agriculteurs d’Ispahan qui poursuivent depuis deux mois leurs protestations et leurs manifestations.

Travailleurs en colère,

Le soulèvement de décembre et janvier dernier dans 142 villes d’Iran a ouvert un horizon lumineux au mouvement national pour la liberté et particulièrement à la lutte des travailleurs. Une grande partie des manifestants étaient les travailleuses et les travailleurs les plus conscients d’Iran. Avec leurs slogans « A bas le dictateur ! », « A bas Khamenei et Rohani ! », toutes et tous ont réclamé le renversement du régime dans sa totalité.

Ce soulèvement a montré la justesse de la voie qui mène à la libération, et la restitution des droits des travailleurs et de l’ensemble du peuple opprimé. Cette voie est le renversement de la dictature religieuse qui pourra se réaliser avec un soulèvement organisé.

La poursuite et le développement du mouvement de protestation donnent justement cette perspective. Les protestations de nos compatriotes arabes du Khouzistan, les manifestations de Kazeroun et les grèves dans les villes diverses du Kurdistan, de Kermanchah et de l’Azerbaïdjan occidental en soutien aux Koulbar opprimés (les porteurs transfrontaliers) traduisent la détermination de la nation iranienne à renverser ce régime.

Vaillants travailleurs,

La libération des travailleurs en Iran demande en premier lieu le renversement de la dictature religieuse. L’histoire de ce régime depuis son arrivée au pouvoir a démontré cette nécessité jour après jour, car il s’est attelé à détruire avec férocité l’ensemble des droits et des libertés des travailleurs. Comme l’a dit Massoud (Radjavi) : « les travailleurs de notre pays subissent la forme la plus sauvage d’exploitation et d’oppression, dans des conditions inhumaines qui font penser, sans exagérer, au moyen-âge. »

Ce régime n’a laissé aucun interstice pour l’obtention des droits élémentaires des travailleurs, de telle manière qu’aujourd’hui même le versement à date fixe du salaire est devenu une revendication difficile à obtenir. Les salaires ne sont pas versés durant des mois, voire une année et parfois même plus. Les travailleurs n’ont d’autre choix que d’emprunter et de rembourser chaque mois les intérêts de cet emprunt. Ils n’ont d’autres choix que de vendre un rein ou un œil ou de s’immoler par le feu.

Il y a trois semaines, le discours d’une femme courageuse à la mosquée Khorasgan d’Ispahan a fait pleurer plus d’un agriculteur. « Pour rentrer à la maison, a-t-elle expliqué, le père doit attendre jusqu’à une heure avancée de la nuit que tout le monde soit endormi pour ne pas avoir honte devant ses enfants. » S’adressant aux responsables du régime qui pillent les richesses du pays, elle a lancé : « Est-ce qu’ils ont eu une grande fille chez eux qui refuse de se marier à cause de la pauvreté ? Est-ce que dans leur famille ils n’ont pas eu de divorce à cause du chômage ? Pourquoi est-ce qu’ils ne nous répondent pas ? »

Les travailleurs ont toujours connu cette situation. Depuis la guerre antipatriotique de huit ans de Khomeiny jusqu’à tous les gouvernements soi-disant de « construction » et de « réforme », les travailleurs ont été les premières victimes de ce régime. Ils leur ont fait signer des contrats d’embauche provisoires sur des feuilles blanches. Ils ont éliminé la sécurité de l’emploi, de telle manière qu’aujourd’hui 95% de la main d’œuvre en Iran n’a pas de contrat à durée indéterminée.

Les mollahs qui se prétendent modérés, main dans la main avec leurs rivaux conservateurs, ont imposé leurs propres compagnies de recrutement sur le marché de l’emploi en Iran qui confisquent une partie importante des salaires des travailleurs. Ces compagnies appartiennent aux gardiens de la révolution.

Le salaire minimum en 2018 équivaut à un quart du seuil de pauvreté absolue (1). Le gouvernement de Rohani ne s’est pas contenté de cela et en lançant un plan pour l’emploi, il a autorisé les patrons à embaucher les diplômés universitaires à un tiers du salaire qui leur revient, sans la moindre assurance sociale. Ce plan, à en croire les dirigeants du régime, s’inscrit dans ceux visant à réduire le coût salarial.

Ces pressions sont bien plus importantes quand il s’agit des femmes au travail. 70% des feuilles blanches signées en guise de contrat d’embauche sont imposées aux femmes. Des jeunes filles avec un Bac+4 ou Bac+5 sont rémunérées avec à peine 150 ou 300.000 tomans (25 à 50 €) par mois et chaque mois on exige d’elles des chèques pour s’assurer qu’elles ne portent pas plainte.

Au fait, pourquoi les mollahs maintiennent-ils en permanence les travailleurs dans la peur et la pauvreté ? Pourquoi considèrent-ils l’organisation des ouvriers en syndicat comme un délit ? Et pourquoi ont-ils démantelé la main d’œuvre à peu près organisée de l’industrie pétrolière qui avait eu un rôle brillant dans la révolution antimonarchique ?

Une partie de la réponse c’est que les mollahs ont sacrifié la classe ouvrière à leur politique de pillage. Khamenei et les gardiens de la révolution qui ont la mainmise sur l’économie iranienne, tirent leurs profits astronomiques du sang et des souffrances des ouvriers.

Mais une autre motivation majeure du régime pour réprimer et détruire la classe ouvrière, c’est qu’il veut empêcher le rôle d’initiateur de la révolte propre aux travailleurs pour le renversement de la dictature religieuse. C’est pour cette raison que les droits des travailleurs, tout comme la liberté, la démocratie et la justice pour l’ensemble du peuple d’Iran sont directement liés au renversement de cette tyrannie.

Travailleurs héroïques,

Avec le développement du mouvement de protestation, le temps est venu de faire un grand pas en avant et de focaliser votre lutte contre la source principale du pillage et des jours sombres. Se satisfaire de concessions minimes dans le cadre de la situation actuelle ne mènera à rien la lutte des travailleurs.
Car face à chaque petit pas que vous effectuez avec tant de souffrances pour obtenir vos droits sociaux et économiques, la dictature religieuse et ses complices avancent de 10 nouveaux pas pour vous priver de vos droits.

Ni les promesses des bandes du régime ni l’espoir dans des illusions, ne mettront fin à la pauvreté et à l’insécurité de l’emploi. Cela n’améliorera pas la vie misérable des familles et cela ne sauvera pas les enfants ouvriers. On ne peut pas se croiser les bras en attendant le jour où les conditions idéales se présenteront d’elles-mêmes. Ces conditions, c’est vous vaillants travailleurs qui les créerez avec votre force de combat et votre résistance pour le renversement du régime. Vous vous libérerez en vous appuyant sur vos propres forces.

Pour y parvenir, il faut vous organiser. Le secret pour avancer face aux attaques sauvages du régime des mollahs et des gardiens de la révolution, c’est de lier vos protestations à la lutte pour le renversement de ce régime.

Ainsi donc, où que vous soyez, solidaires et unis avec les autres travailleurs, créez des foyers de révolte et utilisez toutes vos forces pour créer des soulèvements.

Aujourd’hui, la demande commune de tous les travailleurs en Iran, c’est la fin des contrats temporaires sur pages blanches signées, la dissolution des compagnies de recrutement, l’augmentation des salaires et du pouvoir d’achat et le droit de s’organiser et de former des syndicats libres et indépendants.

Les efforts pour faire aboutir ces revendications font partie de la lutte pour le renversement du régime. Aussi, ouvriers des unités de production dans tout le pays, déclenchez des protestations et des grèves. Etendez les manifestations dans les provinces en visant cet objectif.

Pour aider nos compatriotes, dans chaque ville, créez un fonds de financement pour subvenir aux besoins des familles des travailleurs en grève et encouragez l’ensemble des Iraniens à obtenir la libération des travailleurs arrêtés et la réintégration dans l’entreprise de ceux qui ont été licenciés.

C’est la lutte unifiée des travailleurs liée à la résistance organisée, aux foyers de révolte et à l’armée de libération, en solidarité avec la révolte des agriculteurs et des opprimés d’Iran qui conduira à la victoire. Le renversement du régime des mollahs, le plus grand ennemi des travailleurs en Iran, est à portée de main. La fête de la liberté et de l’égalité est proche.

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1 – Le salaire minimum pour l’année iranienne 1397 (mars 2018-mars 2019) s’élève à un peu plus d’un million de tomans, soit 165 euros par mois. Or, selon les calculs des économistes iraniens, toute famille dont les revenus mensuels sont inférieurs à 4 millions de tomans est considérée sous le seuil de pauvreté absolue, à savoir qu’elle est incapable de subvenir à ses besoins les plus élémentaires.

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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