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11 Juil 2016

Tout comme le Ramadan se termine, le faux ‘Jihad’ doit prendre fin

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Tout comme le Ramadan se termine, le faux ‘Jihad’ doit prendre fin

Le 6 juillet, des milliards de musulmans dans le monde ont célébré l’Aïd al-Fitr, qui marque la fin joyeuse du mois sacré de Ramadan. Pour les pratiquants de toutes les branches de l’islam, le Ramadan est un mois de compassion, de progrès personnel et de communion avec les autres, des valeurs totalement dénigrées par la persistance du terrorisme et de la tyrannie sous le couvert de l’islam.

Les éclats de violence à Orlando, Istanbul, au Bangladesh et, plus récemment, en Arabie saoudite, sont le résultat délibéré d’une conception du monde effrayante et agressive qui offre une image déformée de l’islam. Ses fantassins dépouillent les versets du Coran et la tradition du Prophète de tout contexte dans une tentative illégitime et vaine de justifier assassinats, conquête et asservissement.

Ce n’est pas l’islam.

Les Irakiens ont célébré la prière du vendredi 8 juillet 2016 sur le site d’un attentat suicide à Bagdad revendiqué par Daech, qui a tué 292 personnes peu avant la fête de l’Aïd el-Fitr qui marque la fin du mois sacré du Ramadan pour les musulmans.

Dès le départ, quand le Prophète Mohammad a lancé à tous l’invitation d’accepter un seul Dieu, il a assuré aux gens que cela leur apporterait le salut. Dieu dit dans le Saint Coran que le Prophète est venu ouvrir les chaînes qui entravent les mains et les pieds. Avant cela, Jésus avait dit : «Aimez-vous les uns les autres comme Dieu vous aime.» Avant lui, Moïse avait invité à une religion qui considérait les êtres humains comme membres d’une seule famille, expliquant que les divers peuples, ethnies et tribus étaient des branches remontant à une même et unique source.

Ainsi, en tant qu’enfants d’Abraham, nous sommes tous frères et sœurs. Ce qui est essentiel dans les relations entre les êtres humains ce ne sont pas les châtiments, la tyrannie et l’exploitation, mais la liberté, la compassion et l’unité.

Malheureusement, les dirigeants et les forces oppressives ont interprété les versets coraniques au fil du temps à l’aune des écoles de pensée les plus réactionnaires. Au cours de ce conflit, deux versions diamétralement opposées de l’islam ont vu le jour. L’une est basée sur la tyrannie, l’autre sur la liberté.

Des mollahs au pouvoir à Téhéran au Hezbollah libanais, en passant par Boko Haram et Daech, tous affichent un engagement funeste à une interprétation oppressive et tyrannique. Mais il suffit de regarder le Coran pour se rendre compte qu’ils sont en opposition frappante avec l’islam authentique.

L’islam authentique

Ce que les extrémistes présentent aujourd’hui comme le « djihad » n’est rien d’autre que du terrorisme et de la brutalité à l’état pur. La signification du djihad dans le Coran est de se dresser contre l’injustice, quelque chose que consacre même la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Le Coran autorise le djihad uniquement aux victimes d’injustices, de meurtres ou d’exil forcés loin de leur pays. Il est paradoxal que ce soit les musulmans qui s’opposent au pouvoir des religieux ou des califes, ainsi que les non-musulmans qui refusent de s’y soumettre, qui soient les principales cibles de ce qui est faussement qualifié de «djihad».

Les extrémistes adhèrent également à l’inégalité brutale et aux violences faites aux femmes, les privant de leurs droits fondamentaux, leur interdisant les rôles de leadership, et les opprimant comme des citoyens de seconde classe. Or l’islam a joué un rôle d’avant-garde dans l’ouverture aux femmes de la voie vers la liberté et l’égalité. Dès les premiers jours, des centaines de femmes ont pris de l’importance en jurant allégeance au Prophète et en assumant des responsabilités dans les domaines politique, social et militaire.

Une autre horreur des extrémistes repose dans leur tentative de discréditer les principes moraux, humanitaires et islamiques dès leur arrivée au pouvoir. Avant de devenir le leader de l’Iran, dans un livre intitulé « L’État islamique » Khomeiny a rendu les massacres admissibles s’il s’agit d’assurer la survie de l’État ou, comme il le dit, pour « déraciner la plupart des races corrompues qui sont nuisibles à société ».

Mais les religions monothéistes n’ont-elles pas été révélées dans le but d’imprégner des êtres humains de codes moraux et de principes humanitaires ? Est-ce que les Dix Commandements de Moïse ou tout ce que Jésus et Mohammad ont dit ne cherchaient-ils pas à contenir les tendances agressives, avides et oppressives des êtres humains afin d’inaugurer une voie vers la liberté ?

Cela m’attriste profondément que les extrémistes de tous bords se présentent comme les défenseurs des normes islamiques et morales. Afin de mettre en œuvre une violence injustifiée, qu’ils décrivent à tort comme des « châtiments islamiques », ils ont amputé, crevé des yeux et lapidé des femmes à mort avec une barbarie indescriptible.

Personne n’aura autant piétiné la loi islamique que ces groupes. Comme le dit le Coran : « Il y a parmi les gens, celui dont la parole sur la vie de ce monde te plaît, et il prend Allah à témoin de ce qu’il a dans le cœur, tandis qu’il est le plus violent des adversaires. Et quand il détient l’autorité, il parcourt la terre pour y semer le désordre et saccager culture et bétail ; et Allah n’aime pas les troubles. » (Coran 2: 204-205).

L’esprit de bonne volonté

Il est essentiel pour les vrais adeptes de l’islam de se dresser contre les perversions de notre foi. Beaucoup de groupes s’y efforcent, notamment l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), la principale composante du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI). Depuis sa fondation en 1965, l’OMPI a entrepris un effort théorique pour comprendre l’islam authentique et effacer les lectures dogmatiques et statiques du Coran. L’OMPI a réussi à promouvoir dans la société iranienne la conception crédible de l’islam sur la liberté, les droits humains, la justice sociale, l’égalité des sexes, les droits des minorités ethniques et religieuses et d’autres points.

Les musulmans du monde entier doivent s’unir pour rejeter le sectarisme et les conflits religieux. Nous devons déclarer que la lutte n’est pas entre chiites et sunnites, ou musulmans et chrétiens, ou les peuples et la culture du Moyen-Orient contre les peuples et la culture de l’Occident. Au contraire, la lutte principale se déroule entre la tyrannie et l’extrémisme, d’une part, et la démocratie et la liberté d’autre part. Et comme ce mois de Ramadan arrive à son terme, il ne faut pas permettre à l’esprit de bonne volonté de nous quitter avec lui.

Mme Radjavi est la Présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI).

http://www.forbes.com/sites/realspin/2016/07/10/as-ramadan-ends-so-must-falsely-labeled-jihad/#7778366b20db

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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