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04 Fév 2021

Un attentat conçu en Iran, préparé en Belgique, qui devait frapper en France : 20 ans pour le « diplomate » iranien

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Un attentat conçu en Iran, préparé en Belgique, qui devait frapper en France : 20 ans pour le « diplomate » iranien

Maryam Radjavi estime que « le peuple iranien attend de l’Union européenne qu’elle révise sa politique à l’égard de l’Iran

C’est un jugement exceptionnel qu’a rendu jeudi le tribunal correctionnel d’Anvers, non pas dans son contenu, mais dans sa portée puisque c’est la première fois depuis la révolution khomeiniste de 1979 qu’un diplomate iranien est arrêté, impliqué directement dans un projet d’attentat en Europe et condamné pour terrorisme.

Assadollah Assadi, 49 ans, a écopé de la peine maximale de 20 ans de prison pour tentative d’assassinat à caractère terroriste et appartenance à un groupe terroriste. Trois Belges d’origine iranienne sont aussi lourdement condamnés : 18 ans pour Nasimeh Naami, 15 ans pour son mari Amir Saadouni et 17 ans pour Mehrdad Arefani, dit le poète, le seul présent hier dans le box des accusés, le visage tendu malgré sa tenue décontractée, une chemise en jean.
Tous les trois sont déchus de leur nationalité belge et voient les émoluments reçus du Ministère iranien des Renseignements et de la Sécurité nationale (MOIS) être confisqués par la justice belge, soit au total près d’un demi-million d’euros.

Le quatuor est condamné pour le projet d’attentat contre l’opposition iranienne, le 30 juin 2018 à Villepinte (France), déjoué in extremis grâce à la coopération de plusieurs services de renseignement et de police, dont la Sûreté belge. Un attentat conçu en Iran, organisé en Belgique et qui devait frapper en France. “Il aurait fait de nombreux morts non seulement à cause de l’explosif mais aussi du chaos” qu’il aurait provoqué dans le meeting des Moudjahidines du Peuple (MEK), a souligné le juge anversois lors du verdict.

Un chapeau de soleil sur la tête

L’explosif – 500 grammes de TATP — a été livré à la cellule belge par Assadi alors qu’il se trouvait en vacances avec sa femme et ses deux enfants à Luxembourg en juin 2018. Il avait été amené de Téhéran à Vienne dans une valise diplomatique à bord d’un vol civil d’Austrian Airlines. Chapeau de soleil sur la tête, l’agent iranien “sous couverture diplomatique” avait fourni au couple Saadouni-Naami l’explosif, mais aussi un GSM opérationnel et une somme de 18 000 euros dans un Pizza Hut de la capitale grand-ducale.

C’est ce point qui vaut à Assadi, qui avait rang officiel de troisième secrétaire de l’ambassade de Vienne, de se voir refuser l’immunité diplomatique que réclamait Téhéran. L’immunité est un accord entre deux pays, peut s’étendre à un pays tiers en cas de motif professionnel mais Assadi “était en vacances pas en mission diplomatique”, dit le jugement. “La préparation d’un attentat ne rentre pas dans les tâches normales d’un fonctionnaire de l’État”.

La main de l’Iran

Le Tribunal d’Anvers s’estime incapable de juger l’État iranien “avec les éléments dont il dispose dans le dossier” mais estime que “les quatre prévenus font partie d’un groupe terroriste plus large au sein d’un service de renseignement iranien”, une unité au sein du MOIS chargée de rassembler des informations sur l’opposition iranienne à l’étranger et de l’éliminer.
La main de l’Iran est visible à de nombreuses reprises dans le dossier : réunions préparatoires, fabrication de la bombe, transferts financiers en provenance d’Iran. S’adressant au Parquet fédéral dans une lettre versée au dossier, le patron de la Sûreté de l’État Jaak Raas avait estimé que “le projet d’attaque a été conçu au nom de l’Iran, et sous son impulsion”.
Dans les années 80, l’Iran avait été accusé de nombreux attentats contre l’opposition, mais leurs auteurs avaient toujours échappé à la justice ou étaient issus du Hezbollah et d’autres groupes opérant au service du régime iranien.

Les réactions à Bruxelles et à Téhéran

L’opposition iranienne salue “un verdict historique”. La présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) Maryam Radjavi estime que « le peuple iranien attend de l’Union européenne qu’elle révise sa politique à l’égard de l’Iran et qu’elle tienne la théocratie au pouvoir responsable de terrorisme, de violations flagrantes des droits humains, de massacre de prisonniers politiques et d’assassinat en masse de manifestants sans défense ».

L’Union européenne va également « analyser les implications du jugement », a dit un de ses porte-parole, en fustigeant les actes « inacceptables » du diplomate, qui était à l’époque en poste à l’ambassade d’Iran à Vienne. M. Assadi « figure sur la liste antiterroriste » de l’UE, a ajouté ce porte-parole, Peter Stano, interrogé lors du point presse quotidien de l’exécutif européen.

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Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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