11 Mar 2013

Discours à la onférence international des femmes

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Discours à la onférence international des femmes

Chères sœurs venues du monde entier et rassemblées ici. Je suis si heureuse de vous voir.

Je vous adresse mes meilleurs vœux à l’occasion de la Journée internationale des Femmes et mes vœux vont aussi à mes sœurs en Iran et dans les prisons en Iran, et à mes sœurs à travers le monde, ainsi qu’au millier de femmes courageuses à Liberty et à Achraf. En tant que militante de la cause de l’égalité, je salue cette journée historique et la perspective glorieuse qu’elle ouvre, et je rends hommage à tous les combats et sacrifices des femmes.

En même temps, mon cœur est rempli de colère et de tristesse.
– Colère et tristesse du fait qu’un siècle après la mise en place de la Journée internationale des femmes, la violence, le viol, le meurtre, les brûlures à l’acide, la torture, la discrimination et l’exploitation pèsent toujours sur la destinée des femmes dans une grande partie du monde.
– Colère et tristesse face à l’inégalité et l’humiliation chronique qui même dans les sociétés les plus développées aujourd’hui harcèlent les femmes.
– Colère contre la dureté de ce plafond de verre qui empêche une multitude de femmes compétentes dans le monde, comme les femmes éminentes de ce panel, d’occuper des fonctions à la direction et à la présidence de leur pays.
– Colère et tristesse devant la complaisance des gouvernements occidentaux avec le fascisme religieux au pouvoir en Iran qui est le cœur de l’intégrisme et de la misogynie.

Malgré tout, si nous avons le droit à l’indignation et à la révolte, nous n’avons pas le droit de désespérer. Parce que ce monde instable et injuste doit changer, parce que la responsabilité du changement repose sur les épaules des femmes et parce que les femmes sont porteuses d’un message d’espoir. C’est avec ce message d’espoir que nous nous sommes dressées face à la dictature la plus misogyne, la plus répressive et la plus épouvantable du monde contemporain.

Et à présent j’appelle toutes mes sœurs à travers le monde à rejoindre un vaste front uni contre l’intégrisme pour y jouer leur rôle historique.

Chères amies,
Certaines d’entre vous ont sans doute entendu parler de la révolution interne des Moudjahidine du peuple, que je souhaite développer aujourd’hui. Il s’agit d’une révolte contre une dictature moyenâgeuse fondée sur la misogynie et l’exportation du terrorisme et de l’intégrisme. A une époque, Spartacus s’est révolté contre l’esclavage. A une époque, ici-même en France, le peuple s’est insurgé pour briser les chaines du féodalisme. Et aujourd’hui, nous nous soulevons contre l’intégrisme islamique, la plus grande menace à la paix et la démocratie dans le monde, une calamité qui frappe les peuples du Moyen-Orient et d’Afrique du nord et même les sociétés occidentales. Elle a concentré en elle tous les aspects de l’oppression et de la répression contre les femmes de la manière la plus extrême.

Chères amies,
Il y a 34 ans, quand la direction de la révolution antimonarchique du peuple iranien a été usurpée par Khomeiny et qu’il a installé une dictature religieuse, la géographie politique de la région s’est mise à changer rapidement. Avec une idéologie ultra réactionnaire, Khomeiny cherchait, en exportant l’intégrisme et le terrorisme au Moyen-Orient, un moyen de sortir son régime de l’impasse.

Dès le premier jour, notre mouvement a mis en garde contre la vision funeste de ce régime et s’y est opposé de toutes ses forces. Ce mouvement a été et reste, tant dans son programme politique que du point de vue culturel et idéologique, l’antithèse du régime des mollahs. Nous voulons une république fondée sur la séparation de la religion et de l’Etat. Croyant dans un islam démocratique et tolérant, nous avons dénoncé l’idéologie intégriste de ce régime et comment il abuse de l’islam et nous avons mis ses projets en échec.

Les questions des libertés et des femmes ont été dès le départ un des conflits fondamentaux entre nous et Khomeiny. Pour imposer son hégémonie sur la société, il avait besoin de réprimer les femmes et de nier leurs libertés et leurs droits les plus élémentaires. Au début il a imposé le foulard. Les femmes des Moudjahidine du peuple qui portent elles-mêmes le foulard, ont défendu avec les autres Iraniennes la liberté vestimentaire.

Dès les premiers mois du régime des mollahs, les bureaux et les centres des Moudjahidine du peuple ont attiré de nombreuses femmes et jeunes filles. Alors que le conflit avec le régime s’intensifiait, les femmes et les filles ont fait preuve d’un courage et d’un mérite indescriptibles, des femmes qui se sont opposées aux bourreaux et qui ont préféré la mort à la soumission, des lycéennes de 17 ans, comme Homeyra Echragh, jusqu’à des doyennes âgées de 70 ans comme Mme Zakeri.

En s’appuyant sur la tuerie, la répression et la démagogie, le régime a éliminé un a un ses autres opposants ou les a réduits à l’humiliation. Face au terrorisme et aux prises d’otages de ce régime, les Etats-Unis et les gouvernements occidentaux, ont opté l’un après l’autre, pour la complaisance et les courbettes.

A la fin des années 1980, il y avait d’un côté la résistance et de l’autre un ennemi impitoyable qui dans une guerre disproportionnée disposait de tous les moyens matériels. Tandis que nous, nous ne disposions pour toute arme que de notre volonté et du soutien de notre peuple.

A cette époque deux voies s’ouvraient devant nous : Soit la soumission face au rapport de force totalement inégal, qui signifiait abandonner la lutte et donner à ce régime la possibilité historique de se maintenir. Soit de persévérer dans la résistance à ce rapport de force inégal par une révolution et une transformation. Une révolution capable de libérer une énergie inépuisable des femmes et des hommes libres et d’étendre la bataille pour le renversement du fascisme religieux. Nous avons choisi la seconde voie qui était assurément bien difficile.

Massoud Radjavi, le dirigeant de la Résistance iranienne, a défini cette transformation comme une ligne de démarcation avec le monde des mollahs et de l’intégrisme. Il a souligné que son but était « d’écarter le facteur d’exploitation sexuelle incarné par les mollahs et leurs pasdaran ». C’est cette pensée qui a ouvert la voie à la lutte pour l’égalité des femmes.

Je parle d’un mouvement qui dans les années 80 cultivait dans son sein les relations les plus progressistes entre les femmes et les hommes. Cependant, malgré une présence active dans la résistance, les femmes étaient encore loin de l’égalité totale et de la direction du mouvement. Cette révolution visait à combler ce vide et à libérer l’énergie humaine.

Les Moudjahidine ont fait cette découverte déterminante que s’ils voulaient résister à la tyrannie religieuse, ils devaient lutter contre le patriarcat et l’intégrisme, c’est-à-dire l’idéologie sexiste. Cette révolution interne émane de la vision qu’à l’OMPI des êtres humains et qui est à l’antipode de la vision réactionnaire de Khomeiny. Certes, les êtres humains naissent d’un point de vue physiologique femmes ou hommes, mais ils sont égaux en humanité.

L’idéologie sexiste, elle, croit dans la supériorité du genre masculin sur le genre féminin. C’est une conception érigée par l’histoire et la culture de l’oppression et de l’exploitation qui a contribué à enchainer les femmes, les hommes et toute la société. Par conséquent, l’idéologie sexiste ne concerne pas les instincts humains, ni le genre ni la nature de la femme ou de l’homme, mais bien la conduite, l’état d’esprit et la culture forgés par l’oppression et l’exploitation.

Dans l’idéologie intégriste de Khomeiny, les hommes tirent leur identité de la répression, en particulier de la domination des femmes. C’est ce qui les dirige. Cela signifie que la personnalité et l’identité de l’homme dépend de la répression et de l’exploitation de la femme et sans le sentiment de supériorité par rapport à la femme, il se sent vide et dépourvu d’une véritable confiance en soi.

Dans cette idéologie, les femmes aussi considèrent logique et naturel d’être dominées par les hommes et de leur être inférieures. Par conséquent, les femmes conçoivent un caractère autre que leur humanité. Un caractère d’objet évalué à sa valeur marchande par les autres. En d’autres termes, les femmes sont aussi prisonnières de cette conception qu’elles ont d’elles-mêmes. Comme le disait Simone de Beauvoir : « On ne nait pas femme, on le devient. »

En vérité, les relations entres les femmes et les hommes sont extrêmement éloignées de leur nature humaine. Cela veut dire que ni la femme se considère comme un être égal, ni l’homme ne considère la femme comme un être égal.

Le résultat de cette vision, c’est d’accorder une priorité aux caractéristiques génétiques et héréditaires propre à la personne, comme le sexe, l’apparence, la nationalité, l’ethnie et la langue. Cela signifie accepter un destin aveugle. Alors que de notre point de vue, c’est le choix et l’action de la personne qui forgent son humanité et son caractère.

A chaque fois qu’un être humain réussit à écarter cette fabrication sociale et historique, cela génère de la liberté pour tous, hommes et femmes.

Nous avons discerné que l’idéologie sexiste, à savoir justement cette conception rétrograde que les mollahs ont de l’être humain, empêche les capacités humaines de se manifester. Quand cet obstacle a fini par être écarté dans une lutte longue et collective, les femmes au lieu de se résigner et de fuir les responsabilités, ont acquis un sens des responsabilités et se sont chargées dans tout le mouvement des rôles les plus cruciaux. Par la suite, les hommes aussi ont pu prendre leurs distances avec la vision et la conception arriérée des femmes et dans la pratique sont devenus des défenseurs de la cause de l’égalité. Ce sont les femmes qui doivent payer le tribut de la liberté, de l’émancipation et de la foi en soi et ce n’est qu’ensuite que cette voie s’ouvre pour les hommes.

Oui, c’était une révolte contre cette pensée réactionnaire et une révolte contre ces chaines qui asservissent. Comme la formule de transformation de la matière en énergie E=MC2, elle a libéré une énergie torrentielle à l’intérieur du mouvement qui est devenu la source de son endurance face à ce régime inhumain.

Ce processus qui est la plus grande expérience de ma vie, a démontré dans la pratique ma vision de l’être humain, à savoir que tout le monde a la capacité de régénérer son essence humaine. Et cela m’a permis d’espérer et de croire cent fois plus dans la capacité des gens à changer. Cette conception se résume dans la devise « on peut et on doit ». Cela veut dire qu’une personne doit être ce qu’elle peut être. Et l’être humain recèle un océan de capacités pouvant le mener à réaliser tous les impossibles.

Mes chères amies,
Nous sommes en proie à un terrible combat contre le fascisme religieux et notre mouvement compte 120.000 martyrs. Cependant malgré ce danger, au fil de cette bataille, nous avons obtenu un acquis extraordinaire, à savoir les relations inédites qui se sont instaurées entre les membres de ce mouvement sur la base de valeurs nouvelles. Le plus grand acquis de cette révolution a été le sens des responsabilités et l’hégémonie des femmes à une grande échelle et non limité à un cas unique.

Notre expérience c’est qu’il est impossible de briser le sceau de l’inégalité sans une mutation. Il faut confier sans la moindre crainte les fonctions de la direction aux femmes les plus compétentes. En tant que bouleversement structurel, l’hégémonie des femmes dans cette résistance, leur a ouvert la voie aux responsabilités dans tous les domaines.

Sous l’effet de cet élan, elles ont réussi à acquérir des valeurs nouvelles et à se débarrasser de valeurs obsolètes et rétrogrades ; en premier lieu, elles ont cru en elles-mêmes et en leurs capacités. Et alors qu’elles saisissaient combien leur rôle responsable était nécessaire pour faire progresser la lutte contre la tyrannie religieuse, elles ont abandonné le monde de l’irresponsabilité et de la résignation, un monde où les femmes ne tirent leur crédibilité qu’en dépendant d’un autre, pour passer dans le monde des femmes responsables qui dirigent une lutte avec toutes ses conséquences.

Elles se sont débarrassées des contre-valeurs que sont la jalousie, la rivalité, le poids des aspects physiques comme l’apparence du visage et du corps, la jeunesse et la vieillesse qui dévorent l’énergie des femmes. Elles ont aussi réussi à transformer l’instabilité et la fragilité en aplomb et en solidité.

Elles ont repoussé la peur de l’échec et d’exposer leurs faiblesses face à l’avalanche de difficultés et au lieu de s’effondrer, elles ont appris à cultiver en elle la force de surmonter l’échec. Elles ont appris qu’à la place du désespoir, il fallait toujours garder l’espoir et déployer beaucoup d’efforts sur la voie de la victoire.

Dans notre mouvement, les relations entre femmes ont changé à la manière de sœurs de sang qui travaillent côte à côte, qui s’écoutent et se soutiennent les unes les autres et qui assument de cette manière les responsabilités les plus difficiles. Elles ont rejeté les rivalités négatives de telle sorte que la promotion de n’importe quelle femme est un facteur d’encouragement et de motivation pour toutes les autres. Et les efforts collectifs pour développer les responsabilités des autres femmes sont devenus une valeur.

Elles sont parvenues à cette conviction qu’en se soutenant et en coopérant avec les autres femmes, elles renforcent leurs capacités. Dans cette voie, elles ont acquis cette grande faculté de pouvoir se dévouer à leurs sœurs. C’est pourquoi elles ont dirigé Achraf dans les batailles les plus difficiles et les plus complexes pendant les dix dernières années. Et maintenant elles dirigent Liberty avec Achraf.
C’est aussi la raison pour laquelle elles ont réussi à atteindre un nouveau niveau dans la direction et la gestion de tous les domaines politiques et organisationnels et dans l’action juridique et diplomatique.

Discours à la onférence international des femmes

Chers amies,
Le but de la révolution interne n’est pas de remplacer les hommes par les femmes ni de rivaliser avec le modèle existant. Il s’agit plutôt de bâtir des relations fondées sur la liberté, l’égalité et la démocratie. C’est pour cela qu’il me faut dire qu’un autre acquis de cette révolution a été la présence d’une génération d’hommes émancipés qui pratiquent l’égalité. Des hommes qui ont pris leurs distances avec les valeurs obsolètes et oppressives du monde patriarcal, de la domination et de la soif de l’hégémonie. Avec leur foi dans l’égalité et la vision humaine des femmes, ils ont atteint un degré nouveau d’émancipation et d’épanouissement de leur humanité. Ils se sont affranchis de la rivalité, de l’ambition, de l’étroitesse d’esprit et de l’élimination les uns des autres. Ils ont acquis une confiance en soi riche et authentique. Ils ont choisi de parcourir ce chemin ardu avec une volonté d’airain.

Je suis heureuse de dire que dans le rayonnement de ces relations dénuées d’oppression et d’exploitation, les membres de la résistance ont pu développer à un nouveau stade leurs capacités de travail en groupe. Je dois souligner que la participation active de chacun et de chacune pose d’une part une base démocratique dans les relations humaines et d’autre part constitue une condition déterminante au succès de toutes les activités.

Les femmes et les hommes de cette résistance, en abandonnant l’exigence destructrice du « d’abord pour moi » donnent en premier lieu la priorité aux autres, c’est-à-dire qu’en se sacrifiant pour les autres, ils ont réussi à accomplir un haut degré de travail en groupe. C’est le fruit d’une lutte contre l’égo négatif et réducteur. Cette révolution embellit et fait s’épanouir les femmes et les hommes et développe en permanence leur volonté et leur motivation. Tout comme face à la cruauté et la haine que répandent les réactionnaires, elle a instauré l’affection et l’abnégation entre eux.

Il ne fait aucun doute que nous sommes encore à mi-chemin. Nous avancerons jusqu’au renversement des mollahs et pour utiliser tous nos acquis dans l’Iran libre de demain.

Mes chères amies,
Depuis le début, notre objectif est de renverser le fascisme religieux en Iran. Mais pour édifier l’Iran de demain il faut se doter de cette vision pour pouvoir instaurer les institutions démocratiques de la société. Cela veut dire que notre résistance est aussi chargée de cette mission de bâtisseur et de fondateur.

Si la démocratie n’est pas fondée sur l’égalité des femmes et des hommes, la participation égale de tous, le libre choix de toutes les composantes de la société et la libre expression sans conditions, elle déviera rapidement et fera marche arrière.

Aujourd’hui, l’égalité dans notre mouvement annonce de bonnes nouvelles à la société iranienne, surtout aux femmes et à la jeunesse. Quand on prend le sexisme pour cible, on détruit la pierre d’angle du régime du guide suprême. Quand on vise la misogynie des mollahs, on vise le cœur de leur idéologie. De cette manière ni le guide, ni la charia des mollahs, ni les lois, ni la culture intégriste n’auront plus rien sur quoi reposer.

Cela explique clairement pourquoi les mollahs ne cessent de s’en prendre à une grande échelle et avec démagogie aux Moudjahidine du peuple. A leurs yeux, le premier crime de cette organisation, c’est son engagement sans limite au changement en Iran. Mais en plus de cela dans la charia des mollahs, les moudjahidine sont coupables d’un péché mortel, parce que la résistance iranienne est convaincue que les Iraniennes méritent et doivent occuper la direction de l’Iran démocratique de demain.

Dans la charia du régime, les Moudjahidine du peuple sont aussi coupables d’un péché mortel parce que contrairement à la culture intégriste des mollahs, ils sont convaincus que la nature humaine des hommes ne les condamne pas à être esclaves de leurs instincts et que la supériorité et la violence des hommes vis-à-vis des femmes prônées dans la charia des mollahs, n’ont rien à voir avec l’islam.

C’est à cause de ces péchés impardonnables que les mollahs, avec une colère et une haine sans fin, incriminent les Moudjahidines du peuple, les taxent de secte et les répriment. Cela fait des années qu’ils les visent dans une campagne de diabolisation et de désinformation, parce que ce mouvement s’est insurgé contre la conduite et l’idéologie en place pour déraciner ce pouvoir, l’oppression et l’inégalité.

Chères amies,
Je terminerai mon intervention en rappelant les points de vue de la résistance iranienne. Nous voulons une république laïque, pluraliste et pacifique. Un Iran sans exécutions et sans nucléaire. En ce qui concerne la liberté et les droits des femmes, nous insistons sur ces points :
1- Les femmes doivent de manière égale bénéficier de tous les droits et libertés fondamentaux, notamment élire et être élue et juger.
– Les femmes de toutes les ethnies, religions et couches sociales doivent bénéficier des droits égaux à ceux des hommes.
2- Les femmes doivent au même titre que les hommes être protégées par la loi. Les femmes doivent avoir la possibilité de recourir à des procédures judiciaires sûres en cas de violence, viol, ségrégation ou privation des libertés.
3- Les femmes sont libres de choisir leur vêtement. Abrogation de la loi sur le voile obligatoire.
4- Les femmes doivent bénéficier du droit de participation égale à la direction politique de la société.
5- Les femmes doivent bénéficier de droits égaux à ceux des hommes en ce qui concerne l’héritage, la signature des accords et la gestion des biens. Sur le marché de l’emploi, les femmes doivent bénéficier de chances égales à celles des hommes.
6- Les femmes doivent bénéficier du droit unilatéral de choisir librement leur époux, leur mariage et leur divorce et avoir le droit de garde des enfants. La polygamie est interdite.
7- Toutes les formes de violence contre les femmes, les menaces et les privations de liberté sont considérées comme des délits.
8- Le commerce du sexe et toute forme d’exploitation sexuelle sont interdits.
9- Les règlements de la charia (jurisprudence) des mollahs n’auront plus lieu d’être dans la législation de l’Iran de demain. Les lois ignobles et sauvages comme la lapidation seront abolies.
10- Les femmes doivent jouir de l’assurance sociale, notamment en ce qui concerne la retraite, le chômage, la maladie et la vieillesse.

Chères amies,
Les mollahs au pouvoir sont en proie à de graves crises à l’intérieur et l’extérieur du régime. D’un point de vue politique, économique et régional, ils sont dans la phase de leur renversement. C’est pourquoi ils lancent de plus en plus d’attaques et forgent de plus en plus d’intrigues contre le mouvement capable d’orienter une société mûre vers leur renversement.

A l’heure actuelle, après un déplacement forcé, plus de 3000 résistants sont menacés par une nouvelle catastrophe au camp Liberty. Le représentant spécial est complice dans le massacre du 9 février et allié du gouvernement irakien. Le Secrétaire général de l’ONU doit au plus vite nommer un représentant impartial. A l’heure actuelle le problème des habitants de Liberty n’est pas réglé et nécessite une action urgente.

Je vous demande à toutes et à tous, ainsi qu’à mes sœurs à travers le monde, aux défenseurs des droits des femmes et des droits humains, à l’ONU, au Conseil de sécurité et au gouvernement américain de remplir leurs obligations, de mettre rapidement sur pied une commission d’enquête pour dénoncer les mains tachées de sang et, pour assurer la sécurité des Moudjahidine du peuple, de les ramener à Achraf ou de les transférer tous aux Etats-Unis, jusqu’à ce qu’ils puissent de là, être envoyés vers des pays tiers.

Défendre le millier de femmes d’avant-garde d’Achraf et de Liberty, est aujourd’hui un devoir urgent du mouvement de l’égalité. Des femmes qui pour des centaines d’entre elles ont connu les prisons des mollahs, et des femmes porteuses d’acquis précieux pour le mouvement de l’égalité. Je leur rends hommage à toutes et je salue la mémoire des martyres des deux dernières attaques : Pouran, Sabah et Mahdieh, Chabnam et Assieh, Fatemeh et Faezeh, Nastaran et Marzieh.

En cette occasion, je voudrais aussi saluer la lutte de mes sœurs et de mes filles courageuses à travers l’Iran. Beaucoup se trouvent dans les prisons de Khamenei, notamment à Evine et Gohardacht.

En cette journée internationale des femmes, je salue mes sœurs résistantes en Syrie, en Irak, en Palestine, en Egypte et toutes mes sœurs dans le front anti-intégriste qui se battent pour la liberté et l’égalité.

A cette heure, souvenons-nous des dizaines de milliers de femmes courageuses qui ont été torturées et exécutées par les mollahs, et rappelons la mémoire de Sedigheh et Neda qui sont la fierté des femmes iraniennes.

Nous saluons aussi les femmes d’avant-garde qui ont ouvert la voie de cette lutte et sont tombées au champ d’honneur. Des héroïnes comme Fatemeh Amini et Marzieh Oskou’i, Azam Rouhi Ahangaran, Mehrnouch Ebrahimi et notre hommage à Achraf Radjavi, la plus grande révolutionnaire iranienne de l’époque contemporaine.

Je salue les femmes et les filles du soulèvement de 2009 en Iran, de Neda Agha-Soltan et Taraneh Moussavi jusqu’à Chabnam Sohrabi. Et nous adressons nos salutations chaleureuses aux vaillantes jeunes filles qui mettent sur pied les unités de la résistance à travers tout l’Iran, des filles qui ont décidé d’écrire un nouveau destin pour leur peuple et leur nation.

Ainsi donc, je dis à mes sœurs à travers l’Iran que le but n’est pas seulement de libérer les femmes, le but est de libérer toute la société du fléau de l’intégrisme. C’est cela la responsabilité qui repose sur vos épaules. C’est vous qui écrivez l’avenir. Vos sacrifices et vos souffrances sont un pont vers le futur. Alors soulevez-vous et allumez partout la flamme de la résistance !

Vive la liberté !

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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