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05 Sep 2010

L’Islam défend la souveraineté populaire et s’oppose au Velayat-e-Faghih

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L’Islam défend la souveraineté populaire et s’oppose au Velayat-e-Faghih

« C’est par un effet de la grâce de Dieu que tu es si conciliant envers les hommes, car si tu te montrais brutal ou inhumain avec eux, ils se seraient tous détachés de toi.

Sois donc bienveillant à leur égard ! Implore le pardon de Dieu en leur faveur ! Consulte-les quand il s’agit de prendre une décision ! Puis une fois décidé, confie-toi donc à Dieu, Dieu aime, en vérité, ceux qui Lui font confiance. » (Sourate 3 verset 159)

Mesdames, Messieurs,
Chers sœurs et frères,

Que Dieu tout puissant entende vos prières et agrée votre jeûne.

Le mois de Ramadan est un mois de piété, un mois où l’essence de l’être humain doit s’élever, où les cœurs doivent se rapprocher et la fraternité, oubliée dans nos sociétés d’aujourd’hui, doit se retrouver.

Du point de vue de l’Islam authentique, c’est le mois de l’émancipation, dans le sens pour lequel le Prophète a été choisi. Celui de supprimer les chaînes qui entravent les être humains.

En face, chez les intégristes, particulièrement le régime au pouvoir en Iran, le mois de Ramadan est l’occasion d’une répression accrue, le jeûne devenant un moyen démagogique d’enchaîner davantage les gens. Il s’agit de punitions et de ruses qui visent à préserver, sous couvert de l’Islam, un pouvoir diabolique qui touche à sa fin.

Mais en cette période de bonté et de générosité, votre présence honorable ici m’offre une occasion précieuse pour vous parler au nom de millions de mes compatriotes qui se sont révoltés l’été dernier, à propos d’une grande injustice que le pouvoir cruel des mollahs exerce sur mon peuple et ma religion au nom du Velayat-e-Faghih (la suprématie du guide religieux).

J’espère que ces propos feront entendre l’appel à la justice de millions d’Iraniens insurgés qui scandaient « A bas le principe du guide suprême » ou « A bas le principe du Veleyat-e-Faghih ». Ce slogan est la clé de la continuité de la révolte et le dénominateur commun d’une nation affligée par l’ampleur de la répression, qui crie sur les toits la nuit tombée pour condamner la répression et les exécutions des prisonniers politiques.

Pourquoi le slogan « A bas le principe du guide suprême » est-il devenu la clé de l’insurrection en Iran ? Parce qu’il y a trente-deux ans, quand Khomeiny est rentré en Iran, sa plus grande trahison a été d’imposer au peuple iranien le Velayat-e-Faghih (la suprématie du guide religieux).

A Paris, Khomeiny disait : je ne suis qu’un étudiant en théologie. Je rentrerai à Qom et je laisserai le pouvoir aux politiciens. Mais dans les faits, non seulement il a accaparé le pouvoir, mais il a jeté aux oubliettes le projet de constitution pour l’Iran et a refusé de constituer l’assemblée constituante qu’il avait promise pour instituer à la place l’Assemblée des experts avec des mollahs à sa solde dans le but d’imposer la constitution du guide suprême.

Les Moudjahidine du peuple, la force musulmane la plus étendue et la plus organisée du pays, ont alors officiellement annoncé qu’ils ne voteraient pas cette constitution en raison du principe du guide suprême qui y figure, car pour eux la souveraineté appartient au peuple et n’est issue que du suffrage universel. Aux yeux de Khomeiny, il s’agissait là du plus grand crime des Moudjahidine du peuple et la raison principale de leur répression et de leur massacre jusqu’à nos jours.

Aujourd’hui après une expérience sanglante et tragique qui a duré plus de trente ans, mon propos ne se limite pas à réfuter un postulat sans fondement. Je voudrais insister sur le fait qu’aujourd’hui, pour le peuple iranien, pour ceux qui se sont révoltés, le Velayat-e-Faghih signifie trente ans de despotisme de Khomeiny et de Khamenei ! Le monde a pu voir les Iraniens, les étudiants et les jeunes, déchirer les photos de Khomeiny et de Khamenei à l’université de Téhéran durant la révolte et piétiner leurs portraits géants.

Oui le Velayat-e-Faghih signifie une terrible injustice qui a jeté l’énorme potentiel naturel de mon pays dans la fournaise de la guerre, de la répression et des politiques dévastatrices. Ce phénomène a contraint à l’exil les savants et les experts, a entrainé plus de 80% de la population sous le seuil de pauvreté alors que l’Iran flotte sur un océan de pétrole et de gaz. De nombreux Iraniens sont obligés de vendre un rein pour nourrir leurs enfants ou payer leur loyer.

Pourquoi « A bas le principe du guide suprême » est-il devenu le principal slogan de l’insurrection en Iran ? Parce que le Velayat-e-Faghih est le fondement de l’injustice qui a apporté chaque jour son lot de répression, de torture, d’assassinats des enfants les plus éclairés et les plus courageux de ce pays, particulièrement les musulmans et les Moudjahidine qui étaient les croyants les plus fidèles au sein du peuple iranien.

Lors du récent meeting de Taverny, j’ai entendu mon frère Sid Ahmed Ghozali dire à l’intention des dirigeants des pays arabes et musulmans : « sachez qu’aucun pouvoir au monde n’a autant assassiné de musulmans et avec autant de cruauté que le régime iranien. »

Oui le Velayat-e-Faghih signifie une dictature déchaînée qui au XXIe siècle condamne à mort sous l’accusation de « Mohareb » (ennemi de Dieu) ceux qui ont simplement participé à une manifestation, lu un journal des Moudjahidine, ou ont un parent à Achraf, la cité de la Résistance. Ce pouvoir n’a pas hésité à torturer, violer et assassiner des jeunes manifestants au camp de la mort de Kahrizak.

Le Velayat-e-Faghih signifie le terrorisme d’Etat, qui au XXe siècle a lancé des fatwas de mort contre des écrivains, des intellectuels et des religieux chrétiens, comme le pasteur Hovsepian Mehr, et qui ne répond de ces crimes devant aucune autorité.

Le Velayat-e-Faghih signifie lancer des fatwas de génocide et de massacre de 30.000 prisonniers politiques dont beaucoup avaient purgé leurs peines et attendaient d’être libérés. Ils ont été pendus sur décret manuscrit de Khomeiny, outrepassant toute mesure judiciaire, dans les prisons de Téhéran et de province. Khamenei et l’ensemble des dignitaires et des autorités actuels du régime sont impliqués dans à ce crime horrible et n’ont révélé aucun chiffre sur ce génocide.

Le Velayat-e-Faghih signifie exporter l’intégrisme et entrainer les pays de la région dans une tornade de terrorisme et de bains de sang. Le Velayat-e-Faghih signifie le programme funeste de fabrication de la bombe atomique qui met aujourd’hui le monde en danger.

Oui, le Velayat-e-Faghih signifie l’hypocrisie qui commet tous ces bains de sang, toute cette corruption, toutes ces destructions au nom de la religion en détruisant l’image de l’Islam.
Or l’Islam n’est-il pas la religion du pardon et de la miséricorde ? Le Coran ne dit-il pas à propos du Prophète de l’Islam :

« Nous t’avons envoyé comme une miséricorde pour l’Univers »

Pour l’Islam et le Coran, la religion n’est-elle pas affaire de consultation :

L’Islam n’est-il pas la religion de la tolérance et du pardon ? Le Coran ne dit-il pas aux croyants :

« Ceux qui écoutent les paroles et choisissent le meilleur, ceux-là sont ceux que Dieu dirige. Ceux-là sont doués d’intelligence » (Sourate 39 verset 18)

En vérité quelle conscience et quel musulman croyant n’est pas blessé par autant d’injustice et de déformation faite à l’encontre de l’Islam et du Coran pour dénoncer et lutter contre ces menteurs et ces hypocrites.

« Il est des gens qui vont t’étonner par les propos qu’ils tiennent sur la vie de ce bas monde, allant jusqu’à prendre Dieu à témoin de la pureté de leurs sentiments, alors qu’ils sont, au fond, les plus irréductibles des ennemis, car, dès qu’ils te tournent le dos, ils s’empressent de semer la corruption sur la Terre, saccageant récoltes et bétail. Dieu n’aime pas les corrompus. »
(Sourate 2, verset 204 et 205)

Oui le régime du Velayat-e-Faghih est le pire ennemi de Dieu et de l’Islam, il est
Et le Dieu du Coran et de l’Islam s’indigne de tant de corruption et d’hypocrisie.

Une autre vérité majeure sur laquelle je voudrais attirer votre attention et celle de tous ceux qui m’entendent, c’est que le fléau du Velayat-e-Faghih, ne se contente pas de commettre des crimes en Iran, mais voit sa survie dans l’exportation du malheur et des catastrophes.

Le Velayat-e-Faghih veut aussi s’armer de la bombe atomique pour, comme l’ont dit de nombreux experts et autorités de pays arabes et musulmans, menacer avant tout les pays arabes et musulmans de la région et voisins de l’Iran.

Aussi, si ce soir, en cet Eftar du mois de Ramadan, si je suis venue vous parler de cette malfaisance anti-islamique, anti iranienne et inhumaine, ce n’est pas seulement à cause des jeunes, filles et garçons, qui souffrent, qui sont torturés ou exécutés dans ma patrie, en Iran.

Pensons aux enfants, à nos sœurs et frères d’Afghanistan jusqu’en Indonésie, et d’Irak jusqu’en Palestine, au Liban et en Algérie, et jusqu’aux autres communautés musulmanes qui sont la cible sous des formes diverses des crimes, de la démagogie, des crises et du terrorisme du Velayat-e-Faghih.

Je pense que si la malfaisance, les crises, la division et le terrorisme du régime du Velayat-e-Faghih disparait et si l’Iran devient le foyer de la démocratie et de la paix, le peuple iranien et le reste des pays musulmans disposent de suffisamment de dons de Dieu, de richesses naturelles et de forces spécialisées et de main d’œuvre humaines pour construire un nouveau monde.

Je suis persuadé que la vertu politique et sociale la plus importante et la meilleure défense du respect de l’Islam et des droits des nations et des communautés musulmanes, c’est de s’opposer à l’oppression et à la démagogie du Velayat-e-Faghih au pouvoir en Iran.

Permettez-moi brièvement d’évoquer l’essence et le contenu essentiel du Velayat-e-Faghih qui est la confiscation de la souveraineté populaire et de montrer que l’Islam authentique considère que la souveraineté est le droit le plus important qui doit revenir au peuple. Nous verrons ensemble les critères de légitimité du point de vue de l’Islam et définirons la place du suffrage du peuple et la question de la législation. Est-ce que la contrainte en religion et la négation de la souveraineté populaire sont justifiées en Islam ?

Le Velayat-e-Faghih

Plus de trois décennies de pouvoir obscur du Velayat-e-Faghih en Iran, ont fourni dans la pratique une définition claire du phénomène. Il s’agit d’un système inhumain et extrêmement démagogique qui abuse de l’Islam pour préserver son pouvoir, commet tous ses crimes au nom de l’Islam et piétine l’ensemble des valeurs et critères humains, légaux et internationaux. Ce régime est le pire ennemi de l’Islam et du Coran et agresse les préceptes de la religion au point que le caractère anti islamique du Velayat-e-Faghih ne fait plus aucun doute.

Le Velayat-e-Faghih, qui auprès des ulémas chiites comme sunnites est une théorie isolée et réfutée, a été introduit par Khomeiny. Avant d’arriver au pouvoir, le Velayat-e-Faghih était récusé par la quasi-totalité des ulémas chiites, même si après la prise du pouvoir par Khomeiny certains l’ont suivi par pur opportunisme.

Si nous traduisons approximativement « Velayat » par souveraineté, cette théorie prétend que la souveraineté est un droit que Dieu a légué au mollah. Selon ce principe, la constitution du régime lègue tous les pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire, les forces armées, la police et les fondations économiques les plus importantes qui contrôlent l’économie du pays, aux mains du guide suprême religieux. Mais Khomeiny ne s’est pas contenté pas de ça et a dit : « la constitution n’a pas retenu tous les domaines du Velayat-e-Faghih, mais seulement certains domaines ». Plus tard en révisant la constitution, il modifiera le terme de Velayat-e-Faghih en Velayat-e-Motlagheh ce qui veux dire le pouvoir absolu.

Un de ses théoriciens, le mollah Azari Ghomi a écrit en 1988 : « le Velayat-e-Faghih est une souveraineté religieuse et légale. C’est une souveraineté sur le monde et tout ce qui existe dans le monde – sur tous les êtres terrestres et célestes, toute existence minérale, végétale ou animale et sur tout ce qui se rapporte à la vie individuelle et sociale des humains, et tous les domaines qui se rapportent à l’Homme, à ses attachements et ses biens. »

Ces marchand du temple qui prétendent être les représentants de Dieu sur Terre, ne reconnaissent pas la moindre légitimité au suffrage universel et soutiennent tirer leur légitimité de la révélation. Les mollahs ne considèrent par le peuple digne de légiférer. Khomeiny a déclaré une fois aux membres du Conseil des gardiens : « si cent millions de personne, si l’ensemble du monde se trouvait d’un côté et tenaient des propos allant à l’encontre du Coran, ne l’acceptez pas et répétez ce que Dieu a dit, même s’ils se révoltent contre vous. » Il est notoire que l’actuel guide suprême du régime Ali Khamenei a dit : « De quel droit la majorité du peuple voudrait approuver et rendre obligatoire la constitution ? ».

Pour le régime du Velayat-e-Faghih et les mollahs au pouvoir en Iran, il n’existe qu’un principe sacré : préserver le pouvoir, un point c’est tout. C’est pourquoi ils s’autorisent tous les crimes, toutes les ruses et les délits.

En 1988, dans une lettre à son président, Khomeiny écrivait : « Le guide suprême peut annuler unilatéralement les accords conformes à la religion qu’il a passés avec le peuple, quand ces accords deviennent contraires aux intérêts de l’Etat et de l’Islam. Le Guide suprême peut empêcher tout phénomène religieux ou non religieux qui serait contraire aux intérêts de l’Islam. Le pouvoir est une émanation du pouvoir absolu du guide suprême et prime sur tous les préceptes secondaires même la prière, le jeune et le pèlerinage. »

Comme vous pouvez le constater le conflit ne porte pas sur l’application de l’Islam, ni sur les préceptes de la religion, ni même sur ce qui est permis ou interdit en religion, mais sur une soif de pouvoir qui touche à la folie.

C’est ainsi que ces dirigeants ont exécuté 120.000 prisonniers politiques, ont commis des assassinats en série d’intellectuels et d’écrivains, ont institué le viol systématique dans les prisons et pris des otages, ont commis des attentats meurtriers, y compris aux Lieux Saints de La Mecque. L’an dernier des dignitaires du régime ont qualifié ce pouvoir dans les débats télévisés de l’Empire du mensonge.

L’Islam et la souveraineté populaire

Exactement à l’opposé du comportement hypocrites des mollahs, l’Islam reconnait la souveraineté comme le droit le plus naturel et le plus essentiel du peuple et respecte profondément les droits issus de cette souveraineté.

La philosophie qui nomme le Prophète de l’Islam « le sceau de la prophétie » porte un message éternel. L’évolution de l’humanité a atteint un tel degré qu’elle doit prendre en main son destin. Elle est capable de se diriger dans le cadre d’une vision du monde et des principes énoncés par l’Islam et le Coran. Cette philosophie est aux antipodes de tous les mensonges que Khomeiny et ses adeptes politiques et religieux des autres branches de l’Islam avancent sur le Velayat-e-Faghih ou le pouvoir islamique et qui se considèrent comme les tuteurs du peuple.

Le Coran dit clairement que Dieu a fait de l’être humain son successeur sur Terre. Ali, le gendre du Prophète et premier Imam des chiites, souligne que l’un des objectif de la désignation des prophètes est d’épanouir le trésor de la pensée humaine , alors que l’objectif du Velayat-e-Faghih est d’humilier l’être humain et de détruire les trésors de sa pensée.

A maintes reprises le Coran insiste sur le fait que l’objectif des prophètes a été d’épanouir et d’instruire l’être humain . De l’émanciper des chaînes qui l’entravent . Dans la sourate de Qessasse, il est précisé que Dieu a placé les démunis et les déshérités comme héritiers, souverains et dirigeants sur Terre. Comment pourrait-on extraire d’une philosophie aussi élevée le pouvoir de l’obscurantisme et de corruption qu’est le Velayat-e-Faghih ?

Comme vous pouvez le constater la souveraineté populaire est un droit inaliénable dans l’islam. Un droit que l’on ne peut retirer et ni subordonner. Du point de vue des musulmans authentiques la volonté de Dieu dans le domaine social est incarnée dans l’histoire par la souveraineté des peuples.

La liberté de choix

L’Islam et le Coran considèrent que la conscience et la liberté forment des caractéristiques propres aux êtres humains. N’étant pas soumis à la contrainte, l’être humain a la capacité de changer son destin. Comme le dit le Coran, Dieu a insufflé son esprit à l’être humain . Ce qui revient à en faire le suppléant de Dieu, à son instar, sur Terre. A nouveau selon le Coran, Dieu a donné aux anges l’ordre de se prosterner devant l’être humain. Ce qui signifie que les forces de la nature sont au service de l’être humain. Ainsi, le Coran fonde-t-il sa science de l’Homme sur la liberté de choix. L’Islam accorde un profond respect à son choix et à son suffrage. Comme on peut le lire dans la sourate Hudjurat, tous les humains sont égaux, quel que soit le genre, l’ethnie ou la nationalité. Il n’existe pas de discrimination entre les adeptes des diverses religions. C’est pourquoi les choix ou suffrages de chaque personne dans la société ont tous la même importance et que l’Islam les jugent dignes de respect.

Au tout début de l’Islam, à de multiples reprises, le Prophète Mohammad a donné la possibilité aux gens qui l’entouraient de donner leur avis et de faire directement un choix. C’est dans ce sens que la tradition a institué le serment d’allégeance lors de prises de décision importantes ou de la signature d’accords majeurs. De ces serments d’allégeance les plus célèbres, on peut citer le serment de Nessa, le serment de Rezvan et le serment de Ghadir. Même si cette tradition est différente du vote et des élections qui ont cours depuis un ou deux siècles, dans le contexte politique et sociale d’il y a 14 siècles, elle respectait le choix de la population.

Malgré son lien de parenté particulier avec le Prophète, sa compréhension du message authentique de l’Islam et sa compétence personnelle qui étaient reconnus par tous les compagnons du Prophète, l’Imam Ali lui aussi, en l’an 35 de l’Hégire, et pour reprendre ses propres termes, a pris la direction des affaires uniquement après que le peuple ait insisté pendant toute une semaine alors qu’il ne voulait en aucun cas du califat.

Les châtiments que les intégristes, en particulier en Iran, impose au peuple au nom des lois islamiques, et qui sont chargés d’inégalité, de misogynie, de discrimination religieuse et de violations des droits humains, n’ont aucun rapport avec l’Islam. Oui, il me faut souligner que la lapidation n’a aucun rapport avec l’Islam et le Coran, pas plus que les amputations ou le viol des prisonniers, que ce soit des femmes ou des hommes.

Ces châtiments datent de la Jaheliat, l’ère pré-islamique de l’ignorance, et sont venus au cours des siècles justifier les intérêts des tyrans. Dans le meilleur des cas, il y a des décrets inchangés que les mollahs, sans tenir compte du dynamisme du Coran et de l’Islam, veulent appliquer tels qu’ils étaient il y a 14 siècles.

Le traité qu’Ali ibn Abitaleb adresse à Malek Achtar quand il l’a nommé gouverneur d’Egypte, montre le degré de mensonge et de démagogie des mollahs criminels en Iran qui se prévalent de lui aujourd’hui.

La législation par le peuple

Les lois que les intégristes font régner au nom de l’Islam sur la vie sociale et politique des citoyens, considérant que ces derniers doivent s’y soumettre de façon absolue, n’ont rien à voir avec l’Islam. Dans des cas limités, le Coran a prononcé des préceptes qui couvrent un épisode précis de l’histoire et qui sont qualifiés d’un bond en avant ou d’ouverture progressiste dans les relations humaines.

La mission essentielle que se donne le Coran, c’est de clarifier une conception du monde, de la philosophie, de l’évolution et du sens émancipateur de la marche de l’Histoire, la responsabilité de l’Homme pour accéder à la liberté, à l’égalité et à l’édification d’une société donnant la priorité aux valeurs humaines. Cependant, la définition des relations sociales, économiques et politiques est confiée aux humains afin qu’ils les établissent en s’inspirant des dites valeurs et conformément à chaque épisode de l’Histoire.

L’Islam défend la souveraineté populaire et s’oppose au Velayat-e-Faghih

Le refus du despotisme

Par le respect de la souveraineté populaire, l’Islam rejette toute forme de despotisme et de totalitarisme. Le Prophète de l’Islam bien que lié à la révélation divine, ne prenait pas de grandes décisions sans avoir consulté. Dans certains cas, il faisait même prévaloir l’avis des autres sur le sien.

S’adressant au Prophète, le verset 159 de la sourate Al-Imran dit « C’est par un effet de la grâce de Dieu que tu es si conciliant envers les hommes, car si tu te montrais brutal ou inhumain avec eux, ils se seraient tous détachés de toi. Sois donc bienveillant à leur égard ! Implore le pardon de Dieu en leur faveur ! Consulte-les quand il s’agit de prendre une décision ! »

Vous constatez que le Coran recommande la consultation, non seulement avec les amis et ceux qui s’accordent, mais aussi avec les opposants et ceux qui ont porté préjudice au Prophète.

Une sourate intitulée « Ash-Shoura » (la Délibération) parle au verset 38 de « ceux qui répondent à l’appel du Seigneur, observent la prière, se consultent entre eux au sujet de leurs affaires et qui dépensent de ce que Nous leur avons donné en œuvres charitables ».

Par ailleurs le Coran refuse toute contrainte en matière de conviction et d’opinion, notamment dans le verset 256, de la sourate de La Vache, Al Baqara : « Point de contrainte en religion » ou encore dans le verset 18 de la sourate des Groupes, Az-Zumar : « Fais-en l’heureuse annonce à Mes serviteurs qui écoutent la parole et se conforment à ce qu’elle contient de meilleur », où la liberté d’opinion est soulignée.

Il est dit dans le Sourate de Jonas, Yûnus, au verset 99 : « Et si ton Seigneur l’avait voulu, tous les hommes peuplant la Terre auraient, sans exception, embrassé Sa foi ! Est-ce à toi de contraindre les hommes à devenir croyants ? ».

Exemples historiques

Au cours des siècles et particulièrement ces dernières décennies, de nombreux dignitaires religieux qui ne voulaient pas mettre leur conviction au service du pouvoir en place, ont souligné ces vérités. L’ayatollah Naïni un des plus grand marja’a du chiisme du début du siècle dernier a voulu s’opposer à ceux qui cherchaient une justification religieuse au sombre despotisme monarchique en rédigeant un ouvrage en 1909 sur la nécessité de fonder un régime parlementaire et de rejeter les régimes totalitaires. Il démontre en s’appuyant sur des arguments logiques, des versets du Coran, des hadiths (citations du Prophète) et la théologie chiite que :
– L’Islam rejette tout pouvoir totalitaire
– L’Islam respecte la liberté et l’égalité
– Un pouvoir basé sur l’état de droit et un parlement est le meilleur système de gouvernance pouvant exister en notre temps.
Dans ce livre, une fois condamné le despotisme qui s’appuie sur la religion, il précise : « Les ulémas despotes sont comme des bandits de grand chemin pour la religion qui dévoient les faibles » ; ou encore : « Eradiquer l’arbre néfaste du despotisme politique dans un pays est beaucoup plus facile que déraciner le despotisme religieux ».

L’ayatollah Taleghani, le véritable esprit de la révolution antimonarchiste en Iran, avait prononcé un discours resté fameux au grand cimetière de Behecht-e-Zahra au sud de Téhéran quelques jours avant sa mort, alors que six mois à peine après la révolution de février 1979, Khomeiny avait commencé à détruire les libertés fondamentales. Il avait dit notamment qu’une dictature religieuse est la pire des dictatures. Il avait précisé que le plus dangereux, c’était d’imposer au nom de la religion alors que le message de l’Islam est une invitation à la miséricorde et à la liberté.

La position du dirigeant de la Résistance

Le dirigeant de la Résistance Massoud Radjavi a dit à ce sujet : « Le désaccord principal entre le peuple iranien et le régime de Khomeiny a porté dès le premier jour sur le choix suivant : soit la souveraineté populaire avec le suffrage du peuple, soit la suprématie du guide religieux avec le régime des mollahs. C’est l’essence et l’esprit même de notre lutte et de celle de notre nation depuis trente ans. Un combat pour lequel sont tombés 120.000 martyrs. »

En pleine révolution anti monarchiste en 1979, Khomeiny avait fait parvenir par divers moyens et notamment via son fils Ahmad, un message aux Moudjahidine et à Massoud disant que s’ils acceptaient la suprématie du guide religieux et Khomeiny comme leader, toutes les portes et les postes du pouvoir s’ouvriraient à eux. Khomeiny savait parfaitement qu’avec toute la crédibilité et la renommée que les Moudjahidines avaient acquises dans leur lutte contre le chah et leur conception de l’Islam, ils pouvaient lui être de la plus grande aide. Mais la réponse des Moudjahidine qui a fait à Khomeiny l’effet d’une douche froide, fut qu’ils acceptaient de collaborer avec lui à la seule condition que le principe directeur entre eux soit le libre choix et le suffrage populaire.

Mais Khomeiny n’a pas accepté et s’est mis à réprimer, à tuer et à imposer sa tyrannie. Cela a permis de démontrer combien il était juste et nécessaire de se démarquer de lui. C’est pourquoi je salue le dirigeant de la résistance du peuple iranien, Massoud Radjavi, qui a fait il y a 32 ans de la démarcation ferme et sans compromis avec le Velayat-e-Faghih la clé de la résistance et de l’honneur des Moudjahidine et du mouvement de résistance du peuple iranien.

La fidélité de la faction vaincue au guide suprême

Au cours de l’an passé, le peuple iranien a manifesté plusieurs fois contre le régime aux cris de « A bas le principe du guide suprême ». Un slogan qui exprime la vérité la plus importante de notre époque, à savoir la nécessité de renverser ce régime anachronique.

Les dirigeants de la faction vaincue du régime qui ont accompagné quelques temps le soulèvement pour protester contre les fraudes électorales, continuent toujours à exprimer leur fidélité à la constitution du guide suprême, et répète en boucle qu’ils veulent conserver le régime actuel et qu’ils s’efforcent de s’opposer à la volonté générale et en particulier à celle des jeunes, de changer de régime. En même temps, ils affirment être des défenseurs de l’Islam. Or la fidélité à ce régime inhumain va à l’encontre des valeurs de l’Islam qui appelle à l’éviction des tyrans et des bourreaux.

Je le répète, la souveraineté est un droit de la nation. Tous les partisans de la liberté et de la démocratie et tous ceux qui croient en un Islam authentique doivent nécessairement être partisans du renversement du régime du guide suprême, de la suppression de la constitution de la suprématie du religieux et doivent défendre la souveraineté populaire en Iran.

Achraf

L’Islam démocratique auquel croient le mouvement axial de cette résistance, les Moudjahidine du peuple, n’est pas une simple théorie. Ce mouvement a concrétisé sa conception de l’Islam démocratique dans une lutte aussi longue que difficile contre le fascisme religieux en Iran, une lutte jonchée de multiples sacrifices. C’est ainsi qu’elle a réussi à faire échouer l’intégrisme et l’islam de Khomeiny d’un point de vue social et culturel.

C’est pourquoi les Moudjahidines constituent l’antithèse de ce régime. C’est pourquoi aussi, tout au long des trente dernières années, ils ont été la principale cible de la répression. En 1988, quand Khomeiny a massacré 30.000 prisonniers politiques, il avait avant tout pour objectif d’éliminer ceux qui adhéraient à cette conception. Les attaques et les intrigues sans répit des mollahs contre Achraf viennent de là.

Au cours des sept dernières années, les mollahs ont essayé à maintes reprises de détruire Achraf. Notamment avec l’attaque des forces irakiennes les 28 et 29 juillet 2009, à la demande de Khamenei. Une attaque qui a fait 11 morts et 500 blessés parmi les résidents. Aujourd’hui, cela fait 18 mois qu’Achraf est soumis à un blocus inhumain.

Face à toutes ces pressions, Achraf a fait preuve de persévérance. Cette persévérance atteste en soi de ses racines sociales et de sa capacité politique. A mes yeux, la vertu majeure des Moudjahidine d’Achraf repose dans le fait qu’ils sont la force d’avant-garde dans la lutte contre le guide suprême et que face à la moindre compromission ou capitulation, ils opposent leur mot d’ordre : la mort plutôt que l’humiliation. C’est la raison pour laquelle les Achrafiens sont la cible des pressions infernales du régime des mollahs.

Face à ces attaques, le peuple irakien a apporté un soutien massif aux Achrafiens et considère la persévérance d’Achraf comme faisant partie de sa propre résistance à l’influence catastrophique des mollahs en Irak. 5,2 millions d’Irakiens en 2006 et 3 millions de chi’ites irakiens en 2008 ont souligné dans leurs déclarations qu’Achraf constitue un barrage puissant culturel, religieux et social à l’avancée du phénomène funeste de l’intégrisme religieux dont la source est à Téhéran sous le pouvoir des mollahs et qui vise toute la région, le monde et spécialement l’Irak, un pays frère.

Permettez-moi au nom du peuple iranien et de sa Résistance, de demander ici à l’ONU, aux gouvernements, aux peuples du monde et surtout aux musulmans de faire lever le blocus d’Achraf. Je demande en particulier à l’ONU, en soulignant à nouveau que les Achrafiens sont des personnes protégées par la 4e convention de Genève, d’interdire tout déplacement forcé des résidents d’Achraf sur le territoire irakien et l’exercice de toute violence à leur égard et d’installer une équipe de surveillance à Achraf.

Je demande aux Etats-Unis, dans le cadre de leurs obligations internationales et à cause de l’accord signé avec chacun des Achrafiens, de garantir la sécurité des résidents d’Achraf et de l’équipe de la MANUI. Je demande au monde de les pousser à remplir ces obligations.

Je demande à nos frères musulmans et arabes, où qu’ils soient, de voler au secours de leurs sœurs et de leurs frères musulmans d’Achraf. Défendre Achraf est le passage obligé de la campagne contre l’intégrisme sauvage et effréné qui menace toute la région et le monde.

Je vous remercie tous et à l’approche de l’Aïd al-Fetr, je prie pour que Dieu accorde la victoire au peuple iranien qui s’est soulevé pour la liberté, et qu’Il fasse régner la paix et l’amitié sur la Terre.

Seigneur, parfais-nous notre lumière et pardonne-nous. Car Tu es Omnipotent. (Sourate 66 verset 8)

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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