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07 Déc 2021

Maryam Radjavi : les manifestants en Iran donnent vie à la Déclaration universelle des droits de l’homme

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Maryam Radjavi : les manifestants en Iran donnent vie à la Déclaration universelle des droits de l’homme

Discours à une conférence au Parlement européen à la veille de la Journée internationale des droits humains

Mesdames et Messieurs les eurodéputés,
Mesdames et Messieurs,
C’est un grand plaisir d’avoir une fois de plus l’occasion de m’adresser à vous – représentants des peuples européens – pour aborder la situation des droits humains en Iran et de la résistance du peuple iranien pour la liberté contre une dictature brutale.

À la veille de la Journée internationale des droits humains, le peuple iranien s’est soulevé dans la ville historique d’Ispahan pour réclamer les droits qui lui ont été volés. Dans cette lutte, les Iraniens font des sacrifices et endurent de nombreuses souffrances pour donner vie aux mots de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.
C’est ce qui se passe à Ispahan et à Shahrekord, et ce qui s’est passé en juillet dans les villes du Khouzistan et des dizaines d’autres villes d’Iran.
Lorsque les mollahs au pouvoir répondent par des balles parce que le peuple demande de l’eau, mes compatriotes n’ont d’autre choix que de se soulever contre l’oppression et l’injustice, comme le stipule la Déclaration universelle des droits de l’Homme.
C’est pourquoi je viens vers la Maison de la démocratie en Europe pour vous demander instamment, à vous les représentants des peuples européens, de soutenir les manifestants iraniens face aux arrestations, à la torture et au massacre dans les rues.
Plus de 1500 jeunes et adolescents ont été assassinés lors du soulèvement de novembre 2019 sur ordre de Khamenei et de son président actuel, Ebrahim Raïssi. Plus de 40 jeunes Baloutches ont été tués par des pasdarans en mars. Au moins 14 jeunes Arabes du Khouzistan ont été abattus pour avoir protesté contre le manque d’eau.
Oui, ils écrivent tous l’histoire des droits humain.

Le massacre de 1988, un crime qui se poursuit

Le massacre de 30.000 prisonniers politiques en 1988 est le pire des innombrables crimes des mollahs. Et ce crime est toujours en cours.
Le carnage a été mené sur la base de deux décrets de Khomeiny visant à massacrer tous les prisonniers qui soutenaient les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK). Il s’agit d’un génocide patent, qui a été suivi par l’exécution de prisonniers d’autres groupes politiques.
L’un des auteurs du massacre de 1988 est en procès devant la justice à Stockholm depuis quelques mois. Certaines audiences du procès ont été tenues au tribunal de Durres en Albanie pour entendre les témoignages de plusieurs membres de l’OMPI à Achraf-3 s’étant portés partie civile dans cette affaire.
Le bourreau qui est actuellement jugé a reconnu cette réalité essentielle en Iran : « Toute personne qui parle des Moudjahidine du peuple sera arrêtée, et le pouvoir judiciaire est extrêmement sérieux à ce sujet. »
Depuis des dizaines d’années, sous le régime des mollahs en Iran, il est interdit de mentionner le nom des Moudjahidine du peuple. Cette interdiction est un aspect de la politique de génocide menée à l’encontre de l’OMPI.
En juin dernier, Khamenei a choisi l’un des principaux bourreaux impliqués dans le massacre de 1988 comme président du régime.
A contrario de la dictature religieuse, le peuple iranien a lancé son mouvement pour la justice qui appelle à poursuivre en justice Khamenei et Raïssi pour génocide et crimes contre l’humanité.

Maryam Radjavi : les manifestants en Iran donnent vie à la Déclaration universelle des droits de l’homme

L’inaction de l’Europe a encouragé le régime dans ses crimes

En ce qui concerne la communauté internationale, le silence et l’inaction face à ce crime abominable est un signe de la politique de complaisance avec les criminels au pouvoir en Iran.
En septembre 2020, sept rapporteurs spéciaux de l’ONU ont souligné un moment important de l’histoire de cette politique sans vergogne. Ils ont rappelé que malgré l’adoption par l’Assemblée générale de l’ONU d’une résolution sur ce massacre en décembre 1988, l’Assemblée générale et la Commission des droits de l’homme n’ont pris aucune mesure. Cette inaction a conforté le régime iranien et a conduit à l’aggravation de la situation des droits humains en Iran.

Les gouvernements européens sont restés silencieux, fermant les yeux sur le massacre des prisonniers politiques et la répression des manifestations. Ils ont ainsi permis au régime d’avoir les coudées franches. Ils pensaient que les violations des droits humains se limiteraient à l’intérieur des frontières iraniennes. L’expérience de ces trente dernières années a prouvé qu’il s’agissait d’une vision et d’une politique erronées. Les mollahs y ont vu un signe de faiblesse de l’Occident.

Ils ont découvert qu’ils avaient la voie libre pour fabriquer des bombes et porter atteinte à la stabilité et la souveraineté nationale des pays du Moyen-Orient.

L’an dernier, la justice belge a condamné un diplomate terroriste du régime à 20 ans de prison pour un projet d’attentat à la bombe dans un but meurtrier. Pourquoi l’Europe n’a-t-elle pas pris de mesures sérieuses contre ce terrorisme d’État ? Pourquoi ne met-elle pas fin à l’impunité des assassins au pouvoir en Iran ?

Or récemment, la plus haute instance judiciaire suisse a ordonné que l’enquête sur l’attentat terroriste contre le Pr. Kazem Radjavi, représentant à l’époque du Conseil national de la Résistance iranienne en Suisse, et assassiné en 1990 par le régime des mollahs, soit réouverte dans le cadre de crime contre l’humanité et génocide.

Appel à juger les dirigeants du régime devant un tribunal international

J’attends des députés européens qu’ils défendent la dignité de l’Europe face à la politique de complaisance en défendant les droits humains du peuple iranien.
Je vous exhorte à prendre l’initiative et à lancer un mouvement pour placer l’Europe aux côtés du peuple iranien, des familles et des survivants des 30 000 prisonniers politiques massacrés en 1988, des femmes et des jeunes qui manifestent, et des personnes et des enfants innocents d’Ispahan blessés aux yeux ou rendus aveugles par les tirs de fusils à plomb des pasdarans.
Je vous demande instamment d’adopter une résolution au Parlement européen, reconnaissant le massacre de 1988 comme un génocide et un crime contre l’humanité.
Je vous exhorte à soutenir la demande du peuple iranien que Khamenei et Raïssi soient poursuivis par la justice internationale pour le massacre des prisonniers politiques et les tueries de novembre 2019.
Je vous demande instamment d’appeler les gouvernements d’Europe à conditionner leurs relations et leurs négociations avec le régime clérical à la fin des arrestations de manifestants et des tortures et exécutions dans les prisons en Iran.
En conclusion, permettez-moi de répéter que le peuple iranien est déterminé à renverser la dictature religieuse. Il veut instaurer une république fondée sur des valeurs démocratiques, où le peuple sera le seul décideur.
Dans l’Iran libre après les mollahs, le Conseil national de la Résistance iranienne s’engage à organiser des élections libres et à respecter les droits de toutes et tous. Nous nous engageons en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. Nous rejetons la peine de mort et la charia des mollahs. Nous plaidons pour un Iran non nucléaire.

Je vous remercie.

Maryam Radjavi : les manifestants en Iran donnent vie à la Déclaration universelle des droits de l’homme

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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