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17 Jan 2022

Conférence international – Tenir le régime des mollahs responsable de génocide, terrorisme et menace nucléaire

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Conférence international – Tenir le régime des mollahs responsable de génocide, terrorisme et menace nucléaire

Maryam Radjavi : la Résistance iranienne, forte du soutien populaire, est capable de générer un changement démocratique

Le lundi 17 janvier, une conférence a été organisée en présence de personnalités internationales à Auvers-sur-Oise. Guy Verhofstadt, ancien premier ministre de Belgique, Fredrik Reinfeldt, ancien premier ministre de Suède, John Bercow, ancien président de la Chambre des communes britannique et Franco Frattini, ancien ministre des Affaires étrangères italien y ont pris la parole.
Maryam Radjavi a ouvert la conférence avec le discours qui suit :

Monsieur le Premier ministre Guy Verhofstadt,
Monsieur le Premier ministre Fredrik Reinfeldt,
Monsieur le président de la Chambre des communes britannique John Bercow
et Monsieur le ministre Franco Frattini,

Je vous remercie pour votre présence à la Maison de la Résistance iranienne. Votre position contre le fascisme religieux au pouvoir en Iran au rassemblement annuel de la Résistance a tracé une ligne de démarcation très ferme avec l’idée faillie d’accorder des concessions à la dictature religieuse.

Le résultat de la sélection de Raïssi

Honorables amis,
Au cours de l’année écoulée, le gouvernement américain et les gouvernements européens ont fait preuve d’une grande souplesse pour parvenir à un accord avec le régime iranien. Au point que, selon les émissaires de ce régime, les États-Unis se sont dit disposés à lever une grande partie des sanctions.
Le représentant de l’Union européenne a même participé à la cérémonie d’investiture du nouveau président du régime, malgré la réputation sulfureuse d’Ebrahim Raïssi de bourreau du massacre de 30.000 prisonniers politiques en 1988.
Mais cela n’a rien changé, mis à part le fait que le régime a cette année développé son programme nucléaire à une échelle beaucoup plus grande pour accéder à l’arme atomique.
La même année, il a fait d’un bourreau du massacre de prisonniers politiques son président. Et pendant cette période de négociations, le nombre d’exécutions a doublé par rapport à la même période de l’an dernier.
Il a également redoublé d’incitation à la guerre et accéléré l’armement de ses milices mercenaires dans divers pays avec une variété d’armes, notamment des drones. Il a tiré à plusieurs reprises des roquettes sur l’ambassade américaine à Bagdad ou des missiles sur des bases américaines dans divers points d’Irak.
Ces événements soulèvent une question importante : pourquoi les mollahs au pouvoir répondent-ils à la retenue de l’Occident par de la belligérance ?
Pourquoi se tournent-ils de plus en plus vers la production de l’arme nucléaire ? Et quel est leur principal dynamisme pour semer le chaos ?
Pourquoi Khamenei poursuit-il des politiques qui semblent être en premier lieu au détriment du régime ?
La réponse à toutes ces questions est que la dictature religieuse est en situation de renversement.
Oui, le grand danger qui pousse Khamenei à tenter de l’éviter en acceptant les dangers de moindre importance, est le renversement.
Par exemple, au printemps dernier, pendant la campagne présidentielle, Khamenei a éliminé les candidats et les factions soi-disant modérés au sein du régime.
Or ces factions sont toutes fidèles au guide suprême, et leur rôle particulier a été de neutraliser la menace de renversement du régime pendant de longues années.
Leur élimination a sans aucun doute été une perte politique de poids pour le régime. Mais Khamenei a conclu qu’une légère division au sommet du pouvoir porterait un coup irréparable, car le régime est en situation de renversement.

L’économie en ruine

Un autre exemple est l’effondrement de l’économie.
Le régime évite ouvertement d’investir dans l’amélioration des moyens de subsistance, du bien-être, de la santé, de l’éducation, de l’emploi et du logement de la population. Cette situation accroît chaque jour le mécontentement. Mais Khamenei préfère par-dessus tout renforcer sa machine politico-militaire.
Car le régime est en situation de renversement.
En conséquence, nous voyons que l’eau et le pain, l’électricité et l’essence, la situation du logement et la question des salaires, tout fait l’objet de protestations générales.
Le taux d’inflation est d’au moins 50 %. Il n’y a pas de sources de financement pour la moitié du budget de l’année en cours. Et les économistes estiment que la détérioration de la situation économique ne peut plus être contrôlée.
Cependant, il est faux d’imaginer qu’une économie brisée est le facteur principal de la plongée du régime dans le tourbillon du renversement.
En fait, cette situation est le produit d’un autre facteur fondamental qui est la volonté de la société iranienne de renverser ce régime. Ce pouvoir n’a pas la moindre légitimité aux yeux du peuple iranien.

Une relation hostile envers la population

Par ailleurs, il existe une relation ouvertement hostile entre le régime en place et notre peuple.
L’attitude des mollahs vis-à-vis de la société, de l’économie, des ressources vitales, de l’environnement, de la jeunesse, des femmes et des minorités ethniques est bien pire que celle d’une puissance occupante.
Dans l’Iran d’aujourd’hui, le régime traite notre peuple par la répression, l’effusion de sang et le meurtre. Et les Iraniens lui répondent avec le langage de l’insurrection
Lors du soulèvement de novembre 2019, au moins 1 500 insurgés ont été tués sur ordre de Khamenei et des milliers d’autres ont été arrêtés.
Selon des responsables officiels, 900 centres du pouvoir ont été la cible des insurgés.
D’autre part, la politique du régime à l’égard de la propagation du coronavirus est l’une des politiques hostiles les plus évidentes qui ne peut émaner que d’une puissance occupante.

Cette maladie a ôté jusqu’à présent la vie d’environ un demi-million d’Iraniens. C’est un dixième des victimes du Covid-19 dans le monde. Dès le début, Khamenei a ouvert la voie à la propagation de la maladie pour barrer la route aux soulèvements. Il a même interdit l’importation de vaccins sous prétexte qu’ils sont américains et britanniques.
On peut voir cette hostilité partout. Il y a deux semaines, les mollahs ont bombardé au canon des habitations dans des villages du Baloutchistan. Ils ont intensifié la torture et le meurtre des prisonniers politiques. Et ils ont mis en place une politique pour faire souffrir de faim la population.

Un autre exemple est la tragédie des tirs de missile des gardiens de la révolution sur un avion de ligne ukrainien tuant les 176 passagers innocents. Deux ans après, le régime n’est toujours pas disposé à donner la moindre réponse aux familles endeuillées.
Je déclare ici que l’affaire de la destruction de l’avion de ligne ukrainien doit être renvoyée au Conseil de sécurité de l’ONU et que ses responsables et ses auteurs, Khamenei sans aucun doute en premier, doivent rendre des comptes et être sanctionnés.

Chers amis,
On peut voir le mieux cette situation de renversement du régime dans les soulèvements en cours de divers secteurs de la société iranienne.
La poursuite de ces soulèvements indique l’énorme accumulation de problèmes politiques, sociaux et économiques laissés sans réponse et le désir urgent de changement fondamental dans la société iranienne.
La poursuite de ces soulèvements signifie également l’incapacité du régime, qui n’a aucun moyen de résoudre les problèmes de la société et par conséquent aucune solution pour réprimer les soulèvements, et veut trouver une issue en se dotant de la bombe atomique.

Chantage nucléaire a

Certes, la bombe atomique ne sert à rien pour contrer les soulèvements. Mais cela sert à faire chanter les gouvernements occidentaux. Obtenir davantage de concessions des pays occidentaux est vital pour le régime clérical. C’est pourquoi il a donné à la fabrication de la bombe la priorité absolue par rapport aux autres voies. Et c’est pourquoi, dans la pratique, il a accepté l’effondrement de l’accord nucléaire.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, on a demandé au ministre nazi des Affaires étrangères : « M. Von Ribbentrop, voulez-vous Dantzig ou le corridor de Dantzig ? » Et le ministre d’Hitler a répondu : « Il ne s’agit plus du corridor ou de Dantzig. Nous voulons la guerre. »
A présent, si vous demandez aux mollahs, voulez-vous la levée des sanctions ou une bombe ? A ce jour, ils répondent les deux. En l’absence d’une politique de fermeté, ils rendent les sanctions inefficaces. Et ils font traîner les négociations pour gagner du temps pour la bombe.

Cette situation a mis le monde, en particulier les gouvernements occidentaux, à l’épreuve.
Les gouvernements occidentaux ont longtemps payé le prix de leur complaisance avec le fascisme religieux en puisant dans les ressources de la résistance du peuple iranien. Ils en ont payé le prix en gardant le silence sur les violations des droits humains en Iran, notamment le massacre de 30 000 prisonniers politiques.
Ils en ont payé le prix avec le sort des pays du Moyen-Orient et leur inaction face aux guerres du régime des mollahs dans la région.
Mais désormais, il s’agit de la sécurité et des intérêts vitaux des pays et des sociétés occidentales qui sont en jeu. Les gouvernements occidentaux veulent-ils que le fascisme religieux, banquier central du terrorisme, soit équipé de l’arme nucléaire ?
Le peuple iranien et ses revendications ont été ignorés pendant des années. Or aujourd’hui, il est le facteur le plus sérieux pour déterminer l’avenir de l’Iran.
En 1978, malgré le grand nombre de conseillers en Iran, les États-Unis ne pouvaient pas saisir la situation objective et pensaient que l’Iran était un « îlot de stabilité ».

Les États-Unis et l’Europe veulent-ils répéter la même expérience ? Nous, nous disons qu’il est nécessaire de mener une politique adéquate et responsable. Cette politique consiste à faire preuve de fermeté face au régime et à se tenir aux côtés du peuple iranien.
Pourquoi se tenir aux côtés du peuple iranien est-elle la seule solution juste, nécessaire, fiable et tournée vers l’avenir ? Parce que le peuple iranien a connu la lutte contre les deux dictatures du chah et des mollahs. Et qu’il a fait fructifier le résultat de ses longues souffrances et du sang versé dans une résistance historique et une alternative démocratique.

Historique et programme de la Résistance iranienne

Les soulèvements et le mouvement de contestation qui assiègent aujourd’hui le régime vont dans le sens de la voie que cette résistance a ouverte. Et ce avec 120.000 martyrs pour la libération de l’Iran depuis quatre décennies.
Les membres de cette résistance, en endurant la torture, les tueries, les massacres et de nombreuses privations, ont dit non à la tyrannie religieuse et créé les conditions pour l’éruption des soulèvements actuels.
Avec l’expansion du mouvement de protestation, notre résistance a pu établir un réseau organisé d’unités de résistance dans toutes les provinces d’Iran. Ce réseau ouvre la voie aux prochains soulèvements grâce à des activités quotidiennes contre le climat de répression.

Les activités des unités de résistance montrent la voie à suivre aux soulèvements et aux mouvements de protestations et les conduisent de plus en plus vers le renversement du régime.

Malgré la répression sauvage durant toutes ces années, menée par le régime, notre résistance a su préserver son indépendance dans le domaine politique et le domaine financier. Ces derniers jours, la chaine satellite Sima-ye-Azadi a organisé son 26e téléthon, avec des vagues de soutien financier et d’affection abondant de diverses villes d’Iran et du monde. Cela montre le capital de sympathie dont bénéficie la Résistance auprès des Iraniens.
Avec son soutien et ses racines profondément ancrés au cœur de la société iranienne et s’appuyant sur un mouvement de jeunesse insurgée et militante dans la plupart des provinces, la Résistance iranienne prépare le moment du renversement du régime.
Tous les paramètres se dirigent vers ce point et le régime ne pourra pas y échapper. Outre l’abnégation des femmes et des hommes qui la composent, et au-delà de l’organisation et de la cohésion de ses rangs, la Résistance iranienne représente l’avenir libre, prospère et démocratique de l’Iran.

Le Conseil national de la Résistance iranienne, alternative démocratique au régime clérical, appelle à une république fondée sur la séparation de la religion et de l’État, l’égalité entre les femmes et les hommes et l’autonomie des minorités opprimées. Oui, un Iran non nucléaire qui coexiste en paix avec tous les pays du monde.
Beaucoup réalisent aujourd’hui que la lutte contre l’extrémisme au nom de l’islam passe avant tout par la nécessité du rôle des musulmans. Par conséquent, l’existence d’une alternative à cet égard est d’une importance cruciale. Mais une telle alternative n’est pas seulement une solution théorique, elle doit aussi s’appuyer sur un mouvement qui s’est soulevé contre la source de l’intégrisme islamiste et a en payé le prix et qui est en mesure d’apporter des changements dans la société.
Dotée de ces caractéristiques, notamment avec un soutien social suffisant et la capacité d’apporter un changement démocratique en Iran, la Résistance iranienne a été capable de vaincre intellectuellement et idéologiquement l’extrémisme sous couvert de l’islam en Iran et de le dénoncer au Moyen-Orient.

Les devoirs de la communauté internationale

Avant de conclure mon discours, permettez-moi de souligner les aspects les plus importants d’une politique appropriée que la communauté internationale devrait mener vis-à-vis du régime des mollahs.
Premièrement, les projets nucléaires du régime sont totalement contraires aux intérêts nationaux du peuple iranien. Négocier avec un régime qui n’adhère à aucune règle, ni loi, ne fait que lui permettre de gagner du temps. Activer les six résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur les projets nucléaires en Iran, l’arrêt complet de l’enrichissement d’uranium et la fermeture des sites nucléaires, couplés à des inspections inconditionnelles, sont nécessaires pour empêcher le régime d’acquérir une bombe atomique.

Deuxièmement, la violation brutale et systématique des droits humains en Iran doit figurer à l’ordre du jour du Conseil de sécurité de l’ONU. Les dirigeants du régime doivent être traduits en justice pour quatre décennies de crimes contre l’humanité et de génocide, notamment le massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988 et l’assassinat d’au moins 1 500 manifestants en 2019. J’appelle tous les gouvernements et parlements, en particulier en Europe, à reconnaître le massacre de 1988 comme un crime contre l’humanité et un génocide.
Troisièmement, reconnaître la lutte du peuple iranien pour le renversement de ce régime et l’instauration de la démocratie et de la souveraineté populaire dans son pays. C’est le droit inaliénable du peuple iranien.

Chers amis,
Nous approchons de la date anniversaire du 20 janvier 1979, marquant la libération du dernier groupe de prisonniers politiques de la dictature du chah et dont Massoud Radjavi (le dirigeant de la Résistance iranienne) faisait partie. Dès l’arrivée de Khomeiny, Massoud a fondé et mené un mouvement qui allait résister au monstre de la tyrannie religieuse pendant plus de 40 ans. Il a organisé une résistance qui a propagé les soulèvements et les protestations et remonté le moral du peuple malgré une répression cruelle.
Nous sommes convaincus de la victoire de cette voie, c’est-à-dire de la résistance pour la liberté du peuple iranien. Cela développement favorisera la liberté, la démocratie et la paix dans le monde entier.
Je vous remercie.

Maryam Radjavi

Maryam Rajavi

Présidente-élue du Conseil
national de la Résistance
Iranienne

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